Ariol T7 : Le maître chien

Dans ce nouvel album, Ariol fait du skate, va chez le coiffeur et change de manteau. Il participe aussi à la fête de l’école et passe de belles vacances chez ses grands parents. Quatorze histoires en tout qui ne décevront pas les aficionados du petit ânon à lunettes.

Pourquoi Ariol fait un malheur auprès des petits lecteurs ? Tout simplement parce que cette série leur parle. Le regard posé sur l’enfance par le scénariste Emmanuel Guibert est d’une rare justesse. L’univers est familier et rappelle forcément des souvenirs personnels. Beaucoup d’enfants ont connu les séances d’essayage pénibles dans les magasins de vêtements ou la hantise du coiffeur (« le truc où il faut mettre la tête en arrière pour faire le shampoing » et les cheveux coupés qui grattent dans le cou). Autre point important apprécié par les lecteurs, le fait que les adultes soient ici très présents. Les relations entre Ariol et les membres de sa famille sont souvent mises en avant (voir dans ce volume l’épisode intitulé « Le saut à l’asperge ») ce qui est rarement le cas dans nombre d’autres séries jeunesse.

Humour, tendresse et simplicité des situations rendent les aventures d’Ariol attachantes. Finalement, c'est un peu comme un bon copain avec lequel on sait d'avance d’avance que l’on va passer un agréable moment.


Ariol T7 : Le maître chien d’Emmanuel Guibert et Marc Boutavant. Bayard, 2012.
124 pages. 11,50euros. Dès 8-9 ans.
 
 
 
 
 
 

 

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Qui a tué Michka ?

Pour Nora, la vie est devenue difficile depuis le déménagement. La famille a quitté un appartement pour une belle maison mais cela ne l’a pas réjouie pour autant, loin de là. La jeune fille regrette son ancien foyer, ses voisins d’origines différentes et ses copines qui habitaient dans l’immeuble. De plus, Nora est persuadée que l’arrivée dans la maison a coïncidé avec le fait que sa mère ne l’aime plus. Avant, elle était son cœur, son bonbon au miel, sa poupée, son trognon d’amour, etc. « Maintenant, plus rien. Enfin si. Je suis Nora, un point c’est tout. » Et pour finir, le plus important à ses yeux, c’est que sa peluche Michka a disparu. Quand elle a ouvert les cartons pour installer ses affaires dans sa nouvelle chambre, plus de Michka ! Une vraie catastrophe car ce nounours était son confident le plus intime, celui qui gardait tous ses secrets…

Irène Cohen-Janca analyse avec finesse la difficulté des relations mère-fille. Elle a de plus l’intelligence de partager les torts entre chacune, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Un petit roman intimiste, rédigé à la première personne et très agréable à lire. Une belle réussite en somme !


Qui a tué Michka ? d’Irène Cohen-Janca. Rouergue, 2012.
62 pages. 6,60 euros. Dès 9 ans.

 

L’histoire de France pour les nuls en BD T1 : Les Gaulois

La célèbre collection d’ouvrages « pour les nuls » se décline maintenant en BD. Premier titre adapté dans ce nouveau format, L’histoire de France pour les nuls.

Tout commence en – 800, lorsque les celtes quittent l’Asie centrale pour migrer vers l’ouest. En -390, les gaulois prennent Rome. Cet événement sera le point de départ de la conquête de  la gaule par les armées romaines au cours des siècles suivants. Le massacre de 200 000 Helvètes par les troupes de Jules César en -58 sera l’un des faits d’armes marquant du plus célèbres des empereurs avec la reddition de Vercingétorix en -52. Ce premier tome s’achève sur la mort de Clovis en l’an 511. Les lecteurs découvriront aussi le nom du dernier empereur romain en 476 et apprendront que cette date représente la fin de l’antiquité et le basculement vers le Moyen âge…

Difficile de faire tenir une si longue période en seulement 48 pages. Les auteurs ont évidemment fait quelques sauts de géants dans le temps mais ils ont aussi su trouver un équilibre entre les événements historiques et les anecdotes. En mêlant vie quotidienne, scènes épiques et quelques passages humoristiques, ils conjuguent l’essentiel et l’accessoire saupoudrer leur propos une légèreté bienvenue . De même, l’emploi du présent donne plus de proximité entre le narrateur et son lecteur. 

Le dessin, réaliste, est très précis pour tout ce qui concerne l’habillement et les objets. Il y a certes beaucoup de cases par page mais le découpage reste efficace et rend l’ensemble parfaitement lisible.

Une belle entrée dans l’histoire de France pour les petits lecteurs pas forcément intéressés par la question. Sans compter que nombre de parents pourront eux aussi y trouver leur compte.

L’histoire de France pour les nuls en BD T1 : Les Gaulois de Julaud, Parma et Queyssi.
Éditions First, 2011. 56 pages. 11,90 euros. Dès 9-10 ans.

Un grand merci à Babelio et aux éditions First pour la découverte !

 

 

 

 

La Ribambelle reprend du service !

La Ribambelle a 50 ans ! C’est en effet en 1962 que Roba, le papa de Boule et Bill, a réalisé la première aventure de cette bande de gamins altruistes et forts sympathiques. Aujourd’hui, la série est relancée par Zidrou (scénario) et Krings (dessin). Les protagonistes et leur environnement n’ont pas changé. La Ribambelle est toujours composée de Phil, le leader charismatique, d’Archibald le fantasque écossais, de Dizzy le jeune trompettiste noir, de Grenadine, l’indispensable fille de la bande et des jumeaux asiatiques Atchi et Atcha, les spécialistes en arts martiaux. Les Caïmans, ces garnements menés par le terrible Tatane, sont eux aussi de la partie dans ce nouvel album. Toujours plus bêtes que méchants, ils finiront, comme d’habitude, lamentablement vaincus par la Ribambelle.

Aux pinceaux, Krings a l’intelligence de ne pas se muer en copiste. Certes, l’univers mis en place par Roba se reconnaît au premier coup d’œil, mais en reprenant la série, le dessinateur a su garder sa propre identité graphique.

Si l’on devait soulever quelques réserves, elles concerneraient le scénario. Trop fidèle à l’original, ce dernier reste dans l’ensemble fort policé et semble terriblement daté par rapport à la production jeunesse actuelle. Phil et les siens sont sans doute trop sages, trop pétris de bons sentiments pour emporter l’adhésion des lecteurs d’aujourd’hui. Il n’empêche, cette reprise quasi « patrimoniale » est l’occasion de faire découvrir à un nouveau lectorat une série phare du journal de Spirou des années 60. Rien que pour cela, la Ribambelle mérite que l’on s’attarde sur son cas.

 

La Ribambelle T7 : La Ribambelle reprend du service  de Zidrou et Krings.
Dargaud, 2011. 48 pages. 10,45 euros. Dès 9 ans.

 

 

 

 

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Cruelle Joëlle T1 : La vie n’est pas si simple, Mme Lamort !

Madame Lamort élève seule sa fille Joëlle. Elle travaille pour Trépas, une société dont les salariées délivrent les très redoutées cartes noires aux personnes dont le nom a été inscrit dans le grand livre des destins. Faire passer de vie à trépas ses concitoyens, voila donc le drôle de job de Mme Lamort. Persuadée de décrocher le titre d’employée du semestre, cette opératrice zélée tombe de haut lorsqu’elle découvre que la récompense lui échappe parce que l’un de ses « clients », Mr Bavasse, s’est soustrait à son funeste sort en jouant sa mort aux échecs et en trichant pour éviter de se voir délivrer sa carte noire. En apprenant que le « tricheur » est le père d’un camarade de classe de Joëlle, Mme Lamort organise en urgence une fête d’anniversaire pour sa fille en insistant pour que le petit Grégory Bavasse soit de la partie. Elle imagine déjà que quand le père de ce dernier viendra le chercher en fin d’après-midi, elle pourra définitivement lui régler son compte. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on l’espère…

Une BD jeunesse aux tonalités gothiques surprenantes. Humour noir et cynisme dans un décor digne de la famille Adams, il fallait oser ! Beaucoup de rythme, une intrigue alliant légèreté et moments de tension et surtout un graphisme nerveux où les bouilles tout en rondeur des personnages sont d’une grande expressivité, voila les principales caractéristiques de cette nouvelle série.

Un album déroutant où, malgré le titre, c’est bien Mme Lamort et non sa fille qui fait figure de personnage principal. Là encore, l’originalité est de mise : une maman ambitieuse, sans état d’âme et manipulatrice c’est loin d’être la panacée dans les séries jeunesse actuelles. Cruelle Joëlle est donc une sorte d’OVNI qui, c’est un fait, ne plaira pas à tout le monde. En tout cas, les enfants apprécient puisque ce 1er tome a remporté le prix D-lire / Canal BD 2011, un prix, décerné par de jeunes lecteurs de 9-13 ans dont les résultats ont été annoncés lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.   

Cruelle Joëlle T1 : La vie n’est pas si simple, Mme Lamort  de Davide Cali et Ninie.
Sarbacane, 2010. 40 pages. 12 euros. Dès 9 ans

 

 


 

Je suis pas petite !!! T1

Bibi est une petite fille espiègle et polissonne. Ses activités préférées ? Maltraiter son doudou, et embêter le fils des voisins, un bébé du nom d’Isidore. Elle aime aussi jouer de mauvais tours aux animaux qui croisent son chemin. Grande voyageuse, elle a visité le Pérou, le Québec, l’inde et l’Afrique. A chaque fois des rencontres hautes en couleur avec la population et la faune locale. Mais Bibi est aussi une petite fille comme toutes les autres : elle adore que sa maman la borde chaque soir et elle se demande quel camarade de classe va devenir son prince charmant.

Avec Bibi, Bruno Duhamel a créé une petite fille moderne, bien dans sa peau et qui n’a pas sa langue dans sa poche. Une belle impertinence et un sens prononcé de la répartie font de cette gamine un sacré numéro. L’album contient dix histoires de six planches, autant d’occasion pour l’auteur de traiter avec un humour parfois piquant des situations légères mais non dénuées de sens. Entre la Nathalie de Sergio Salma et un Pico Bogue plus pragmatique que philosophe, cette nouvelle héroïne de papier qui n’est PAS PETITE !!! a sans doute de beaux jours devant elle. 

Je suis pas petite !!! T1, de Bruno Duhamel.
La boîte à bulles, 2011. 64 pages. 13 euros. Dès 8-9 ans.

 

 


 

 

Les métamorphoses d’Ovide

« Les métamorphoses » ! Fantastique !
Si c’était juste des mots ce serait cheval de course course à pied pied à terre terre de feu feu follet lait de vache vache de ferme ferme…etc…
Mais ce sont des hommes et des Dieux alors c’est un bellâtre qui se transforme en fleur, un chasseur en cerf ou Daphné en laurier (plus tard, presque à notre époque il y a eu un écrivain qui s’appelait « Daphné du Maurier ») sans doute encore une métamorphose.
Et vous ? Vous allez vous métamorphoser en quoi ?
Lisez ce livre il vous donnera des idées si vous n’en avez pas encore.
Personnellement je connais plein d’enfants et d’adolescents qui un jour vont se métamorphoser en hommes ou en femmes, c’est selon…
Encore faut-il affronter les Dieux. Il y a de l’orage dans l’air.
Lisez déjà « Deucalion et Pyrrha l’histoire des nouveaux hommes » tout au début et vous ne lâcherez plus le livre jusque la fin : des os qui deviennent des pierres qui redeviennent des os dans l’eau et ainsi de suite…

Les métamorphoses d’Ovide, de Laurence Gillot, Nathan, 2011.
240 pages. 7,50 euros. Dès 10 ans.

 

Le goût de la tomate

Dans le monde de Marius et de son fils Clovis, le gazon synthétique a remplacé la pelouse naturelle et le ciment a recouvert l’ensemble des potagers. Les autorités imposent aux citoyens d’aller chercher fruits et légumes dans des centres commerciaux où les prix sont imposés et la population n’a plus le droit de cultiver quoi que ce soit à la maison. Décidés à braver l’interdiction, père et fils se lancent dans la culture clandestine de tomates. Après avoir récupéré graines et terreau au marché noir, Marius et Clovis passent de longues semaines à surveiller leurs semis…   

Un tout petit texte d’anticipation qui fait froid dans le dos. Difficile d’imaginer qu’un jour les multinationales de l’agroalimentaire puissent imposer leurs diktats avec l’aval d’un gouvernement. Malgré tout, on est en droit de se poser la question.

Au final, Clovis et son père parviendront à mener leur tâche à bien. Un acte de résistance qui sonne comme une lueur d’espoir et qui, quelque part, garde une portée universelle en tous points salutaire.

 

Le goût de la tomate, de Christophe Léon, Thierry Magnier, 2011.
44 pages. 5 euros. Dès 9 ans.

 

 

Azur T1 : Providence

Nikki arrive dans la ville de Providence pour retrouver son grand père. Elle apprend peu après que le vieil homme est mort et, en visitant sa maison, elle trouve une dague dont le pommeau est orné d’une perle. Sans le savoir, elle vient de mettre la main sur la larme de la déesse, un artefact sacré que voudraient à tout prix récupérer les terribles orcs. Lorsque son chemin croise celui du ténébreux Sam, un  contrebandier prêt à vendre père et mère en échange de quelques deniers, Nikki ne se doute pas qu’elle vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage. Suite à une dénonciation, la jeune femme est capturée par les gardes royaux de l’empire de Mycia qui sont pour leur part à la recherche d’une mystérieuse carte dont son grand-père semble avoir été le dernier détenteur. Prisonnière dans la geôle sordide d'un énorme vaisseau de l'empire, Nikki ne devra son salut qu’à l’intervention de Sam et de son Loup Garou Issuzu… 

Ce tome d’introduction met en place un univers riche de promesses. L’histoire n’est certes pas follement originale mais la mise en scène s’avère redoutable d’efficacité. Action, nombreux rebondissements, personnages hauts en couleur et suspens final insoutenable, tous les paramètres sont en place pour susciter chez le lecteur l’envie de découvrir la suite. Le trait de Philippe Ogaki, à l’évidence fortement influencé par le manga, est souple et dynamique. Son découpage très cinématographique donne à l’album un rythme proche du dessin animé.

Une nouvelle série jeunesse pêchue et bien dans l’air du temps. Nul doute que ce mélange de science fiction et d’héroic Fantasy mâtinée d’un soupçon de piraterie ravira les enfants. A noter que le second volume est sorti à peine quatre mois après le premier. Un argument supplémentaire qui devrait convaincre les indécis de se lancer sans réserve à la découverte des aventures de la belle Nikki.   
 

Azur T1 : Providence, de Philippe Ogaki. Éditions Delcourt, 2011. 48 pages. 10,50 euros. Dès 9-10 ans.

 

Un grand merci à Babelio et aux éditions Delcourt pour cette belle découverte.

 

 

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Les sorcières de Skelleftestad T1 : L’étrange mariage de Nils Swedenborg

Vous aimez les histoires de sorcières vous ? Pas moi ! Mais j’ai quand même lu celle-ci intitulée « Les sorcières de Skelleftestad » – un nom illisible et imprononçable – et finalement elle m’a beaucoup plu.

Parce qu’en réalité toutes les sorcières ne sont pas de vieilles mochetés avec des verrues sur le menton et du poil aux jambes, le nez crochu, un œil en verre et un affreux balai pour taper tout le monde et puis disparaître dans les nuages obscurs d’un orage en un éclair.

En réalité les sorcières, les vraies, nous les connaissons…nous vivons avec elles…ça change tout. Nous les croisons tous les jours.
Dans ces conditions là, pas étonnant que le mariage, qui est un lien sacré, comme chacun sait, devienne un de leurs atouts et les inspire.
En plus elles savent parler avec les chats !
Et leur gestation n’est que de trois mois !
Vive la magie !
Et à quel âge devient-on une sorcière ?
A seize ans. Seize ans ! Le bel âge !

Les sorcières de Skelleftestad T1 : L'étrange mariage de Nils Swedenborg, de Jean-François Chabas.
L’école des loisirs, 2010. 104 pages. 8,50 euros. Dès 11 ans.