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Secrets de la marraine (pas si) maléfique de la Belle au bois dormant

La fée Carabosse n'est pas restée toute sa vie le diabolique instrument du mal qu'elle fut dans l'histoire de "la Belle au bois dormant".

Toutefois, alors qu'elle est devenue une bienfaitrice, elle se voit accuser de vilains dessins en particulier par le roi (père de Belle). Heureusement pour son moral, Belle a gardé confiance en elle, alors que son état empire :

« Non, papa! Bleutée et Carabosse m'ont affirmé que quelqu'un m'avait jeté un autre sort. Je dois trouver une potion magique pour m'en sortir !
Ces chipies ne cherchent qu'à se disculper de leurs mauvaises actions en te faisant croire que quelqu'un d'autre est impliqué. Tu es bien naïve, ma chérie ».  (page 50)    

La forme prise est celle du journal intime et il court en gros sur la seconde moitié du mois d'octobre ; c'est la fée Carabosse qui le tient. De petits dessins représentant un objet en rapport avec le récit agrémente ponctuellement des pages toutes de couleur rose qui portent de plus une frise de roses. Ce côté accentue la dimension de « roman pour filles ». Malgré tout, on pourrait, après avoir fait ce qui tient de l'évidence,  prendre appui sur cet ouvrage en classe pour justement proposer une suite à la "Belle au bois dormant" qui plairait à coup sûr aux garçons.

Une petite dizaine de pages, faiblement illustrées, donnent des recettes de cuisine appartenant, non au domaine des fées et des sorcières, mais à celui de la réalité de notre époque. De plus des pistes pédagogiques sont exposées sur cinq pages.
 

Secrets de la marraine (pas si) maléfique de la Belle au bois dormant de Catherine Girard-Audet.
Goélette, 2013. 126 pages. 7,00 euros. A partir de 8 ans

 

 


 

 

Le thé des poissons

Vingt histoires, exposées en quatre à six pages, où sont revisités certains thèmes traditionnels. Ce peut-être une pensée philosophique comme  cette carotte qui rêve qu'elle est un papillon,  à moins que ce ne soit un papillon qui rêve qu'il est une carotte. C’est aussi l’histoire d’une petite menteuse :


Lisa était une petite fille joyeuse et aimable, qui avait juste un grave défaut : elle adorait inventer toutes sortes d'histoires. A l'école, elle racontait aux autres enfants :  « Chez moi, sous le tapis, il y a un crocodile qui pond des caramels.»  À la maison, elle se plaignait à sa mère : « Au lieu de faire son cours, la maîtresse se promène à quatre pattes dans la classe et elle mord les enfants. » Dans le magasin, elle disait à la vendeuse : « Il y a un nid de souris dans votre rayon de pâtisserie, elles ont déjà mangé la moitié des gâteaux ! » Elle allait aussi trouver l'agent de police qui surveillait le carrefour, et elle lui déclarait : « Un éléphant grand comme une montagne est en train de faire des ravages sur la place de l'Hôtel de Ville. Tous les policiers sont là-bas et essaient de l'arrêter, mais il a escaladé le beffroi et il les bombarde avec des œufs pourris.» Les autres enfants croyaient Lisa, sa mère aussi, la vendeuse et le policier aussi, et tout cela causait des ennuis sans fin.


Le nonsense est très présent, il nous fait toucher à l'absurdité ou à l'excentricité de certaines situations. L’illustration ajoute régulièrement une touche d’humour complémentaire avec le contenu du texte. 


Le thé des poissons de Raud Piret. Rouergue, 2013.
64 pages. 9 euros. A partir 7-8 ans.

 

 

 

 

Ma tata Thérèse

Le narrateur raconte sa vie entre 1960 et 1966. Il avait alors entre 5 et 11 ans. Juré-craché il dit que tout est vrai. Comme si ! Il a un frère, Régis ; sa « tata Thérèse » est la sœur de leur mère. Il lui prête des excentricités. A peine croyables ! La tata aurait des baguettes magiques… Elle s'occupait d'animaux : des chats, des souris, des fennecs, des perroquets, des pigeons… Tout cela en plein Paris !

Mais si elle avait voulu elle aurait pu transformer un enfant qui n'aime pas lire en sale gosse qui dévore les livres…Choisissez votre camp…

 

Ma tata Thérèse de Fabrice Nicolino et Catherine Meurisse.
Sarbacane, 2012. 87 pages. 14,50 euros. A partir de 9 ans

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mon chat, mes copines et moi

Les « 3 A » portent des « Lulu Castagnette » et un « New Vibu Cimarron ». Le collège quoi ! Un sac tendance jungle simili zèbre game Daktari. Les « 3 A » sont Alizée, Aicia et Aude. Elles préfèrent les chats aux chiens. Barbara veut rentrer dans la bande des « 3A ». Il lui faut réunir deux conditions : être au top de la mode et avoir un chat.

Le chat de Barbara s’appelle Raoûl, ce qui devient « mon gros minet à moi » ou «  mon gros Raoûlounet d’amour » et ses ronronnements sont qualifiés de « tonnerruesques » par l’auteur… Mais Raoûl est trop gros et Barbara se fait recaler à cause de lui…

Et vous, vous êtes plutôt chat ou chien ? Vous pourriez faire partie de la bande ?


Mon chat, mes copines et moi de Marc Cantin. Rageot, 2008.
120 pages. 6,10 euros. A partir de 9 ans.

 

 

C’est dur d’être un vampire

Lorsqu’on n’a pas la vocation de devenir vampire alors que ses parents le sont, on leur cause beaucoup de soucis. Toutefois en plus d’accepter par amour que leur fils ne soit pas fidèle à la dynastie familiale, les parents font l’effort supplémentaire de s’adapter. Les modifications d’apparence se font en conjuguant prise de médicaments visant à les transformer en de banals humains, et trucs comme se faire pousser une moustache très large pour cacher des canines volumineuses chez le père et porter constamment des lunettes de soleil pour ne pas être ébloui même par temps nuageux. Les changements de comportement sont obligés de suivre. Si le jeune garçon était ébloui par les charmes de la vie diurne, il s’en lasse un peu à force de la consommer sans modération ; par exemple l’école fréquentée de façon régulière lui devient moins attrayante.

Les illustrations occupent près de la moitié de la surface du livre, toutefois le volume non négligeable de texte et la présentation avec un format de roman (et non d’album), font que cet ouvrage pourra être accepté par des élèves de cycle III ou de sixième de SEGPA. Sa lecture peut permettre d’engager des débats sur les désirs contradictoires entre parents et enfants sur leur avenir. Le graphisme,  sait rendre les personnages avec la juste connotation de vampire pour pouvoir les faire évoluer sans trop les transformer. Du rictus on passe au sourire franc et joyeux. Selon les éditions, on a choisi comme nom de l’illustratrice Boiry ou Véronique Cau, il s’agit en fait de la même personne. 

 

C'est dur d'être un vampire de Pascale Wrzecz et Boiry (ou Véronique Cau).
Bayard poche, 1994 et 2011. 42 pages. 5, 50 euros. À partir de 7 ans

                                                                                                    
 

 

Dom do dom !

Paru en français pour la première fois en 2005, ce texte d'Ervin Lazar, publié en magyar en 1985, est connu de la plupart des Hongrois. Un cheval bleu, un sapin mobile, un colosse, une petite fée, un homme qui ne s’exprime que par une seule onomatopée (qui donne son nom à l’ouvrage) font d’autant bon ménage dans la forêt qu’ils y sont arrivés très souvent du fait du rejet qu’ils ont subi de la part de la société.

Il s’agit là d’un ouvrage, qui après un premier chapitre de présentation, propose neuf aventures pouvant être lues de façon individuelle. Une table des matières aurait été fort utile pour cette raison.

Ces histoires comprennent très majoritairement des dialogues, si bien que le texte est très aéré. Les problèmes rencontrés par les héros trouvent souvent leur solution grâce à une stratégie imaginative des personnages dans des aventures poignantes, fantaisistes, humoristiques ou poétiques.

Dom do dom ! d’Ervin Lázár, Joie lire, 2012. 243 pages. 10,90 euros. À partir de 8 ans.

 

Madame Pamplemousse et ses Fabuleux Délices

Madame Pamplemousse est une drôle de commerçante. Dans sa petite boutique parisienne, elle prépare et propose à la vente « les plus étranges, les plus délectables, les plus époustouflants, les plus exceptionnels délices au monde ». Un petit inventaire non exhaustif ? Saucisses de bison au poivre noir, salami de minotaure à la sauge et au thym sauvage, queues de vélociraptor salées, tigre à dents de sabre fumé, etc. Quand Monsieur Lard, un restaurateur peu scrupuleux et bien piètre cuisinier prend connaissance des talents de Madame Pamplemousse, il envoie sa nièce l’espionner afin, imagine-t-il, de récupérer une recette miracle qui fera de son restaurant le plus célèbre de la capitale française. Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite… 

Un petit roman drôle et enlevé où les caractères des personnages sont très marqués : le méchant vraiment méchant, la jeune fille souffre-douleur et débrouillarde, la cuisinière aguerrie faisant figure de maître spirituel, le chat roublard, le critique culinaire impitoyable, etc. Les situations s’enchainent sans temps mort et l’humour est omniprésent. 
 
Une lecture facile avec un lexique relativement simple et de courts chapitres parfaitement adaptés aux petits lecteurs. Exploitant intelligemment et de façon décalée la mode actuelle des récits culinaires, Rupert Kingfisher a su concocter une recette efficace et savoureuse qui devrait réjouir petits et grands. 

 

Madame Pamplemousse et ses Fabuleux Délices,  de Rupert Kingfisher (ill. de Sue Hellard).
Albin Michel jeunesse, 2012. 126 pages. 8,50 euros. Dès 9 ans.

La vengeance poilue

Depuis que le chef des loups s’est autoproclamé Roi, la vie de ses sujets est devenue un enfer. Dès son arrivée sur le trône, sa majesté Loupissime a décrété que les lapins avaient cessé d’exister. Le mot « lapin » fut même rayé de toutes les pages des livres et quiconque affirmait avoir vu un de ces mammifères mangeurs de carottes subissait une terrible punition. Pour le vieux singe, les ennuis ont commencé lorsque le Renard, conseiller de sa majesté, lui a annoncé qu’il avait été désigné photographe officiel du Roi. Car sur chaque cliché du tyran on distinguait un bout d’oreille ou une tête de lapin qui faisait un clin d’œil. Plus il prenait de photos et plus le nombre de lapins apparaissant dans un coin de l’image ne cessait d’augmenter. Pour éviter le courroux du Roi, le singe retouchait chacun de ses tirages. Mais à force, la situation est devenue intenable…

Un tout petit texte qui se lit d’une traite. On rit de ce tyran de pacotille dont l’égo n’a d’égal que la stupidité. Mais on peut aussi s’interroger sur sa volonté de faire disparaître un pan entier de la population de son royaume. Il n’est jamais innocent de vouloir bâillonner certaines minorités en fonction de leur origine. Le petit lecteur passera sans doute à coté de cet aspect assez complexe à appréhender. Mais une chose est sûre, il se régalera de la chute du despote et de la rébellion de ces lapins entrés en résistance. 

Drôle mais pas seulement…

 

La vengeance poilue, d’Ariel Dorfman (ill. Hervé Le Goff).
Milan, 2011. 62 pages. 5,90 euros. A partir de 8-9 ans.

 

PS : cet ouvrage a été publié en 2004 par le même éditeur sous le titre « Les lapins n’existent pas… n’est-ce pas ? ».
 

 

Le petit Gus en grandes vacances

Pour Gus, le CM2, c’est fini. Mais en attendant « la merdouille du collège », il y a les vacances. Direction la Bretagne et la maison de grand père avec papa, maman, Delphine la grande sœur (15 ans) et Romain le grand frère (18 ans). Chez Papy, l’ambiance est souvent tendue et les chamailleries familiales sont légions. Heureusement, il y a le cousin Elliot. Avec lui, Gus est certain de s’amuser et de faire les quatre cent coups.

En observateur ironique et sans langue de bois, Gus dresse un tableau cataclysmique de son environnement. Personne n’échappe à son regard acéré. Le gamin se moque du nouveau copain de sa sœur (un rasta dont les dreadlocks ressemblent « à des bâtons de réglisse qu’on a mâchouillé pendant une semaine »), du voisin de papy ou encore des « feesenozes » où les parents se ridiculisent en dansant comme des ringards. Il dénonce aussi les algues vertes, l’inhumaine corvée du cahier de vacances et la pêche à la crevette à pied avec papa, une tradition à laquelle il aimerait bien pouvoir se soustraire.

Le futur collégien déroule les tranches de vie en ricanant. Une sorte de journal intime à la fois acide et truculent. Les amoureux du langage châtié peuvent passer leur chemin. Gus parle comme beaucoup d’enfants de son âge et il ne fait pas dans la dentelle. Un recueil très drôle, très politiquement incorrect, qui ravira les amateurs d’humour tendance poil à gratter. Un bon rafraîchissement estival à déguster avant que les vacances se terminent.

Le petit Gus en grandes vacances, de Claudine Desmarteau, Albin Michel, 2011.
156 pages. 12,90 euros. Dès 10 ans.

 

Big Nate T1 : Le champion de l’école

Nate est un collégien américain qui se qualifie lui-même de « standard ». Un élève de sixième moyen, voire un peu moins, restant persuadé qu’il est promis à la gloire et ne voyant pas l’intérêt de faire des efforts inutiles à l’école. Problème, à force de faire le strict minimum, il risque de passer ses vacances en classe d’été pour se remettre à niveau.

Mais quand son copain Teddy lui offre un biscuit chinois contenant une prédiction, Nate comprend que son grand jour est arrivé. En effet, le petit bout de papier enfermé dans le biscuit est sans ambigüité : « Aujourd’hui, vous surpasserez tous les autres ». Voila donc le jeune garçon embarqué dans une journée de classe qui restera en tous points mémorable…
   
En imaginant les (més)aventures de Big Nate, Lincoln Peirce plonge les turpitudes de la préadolescence dans une bonne dose d’humour ravageur. Rédigé sous la forme d’un journal intime mélangeant texte et dessins, ce premier volume est comparable au Journal d’un dégonflé de Jeff Kinney. Une référence qui incitera sans doute nombre de petits lecteurs à jeter un œil attentif à cette nouvelle série.

A la fois drôle et distrayante, voila une lecture idéale pour les vacances.

Big Nate T1 : Le  champion de l’école, de Lincoln Peirce, Gallimard Jeunesse, 2011.
214 pages. 12 euros. Dès 9 ans.