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Aristote in love

Jour de rentrée en sixième. Le collège : une autre planète. Mais pas tant que ça, au début ! Aristote, c'est son prénom, se demande qui était Aristote. Il regarde sur internet pour le savoir bien sûr.

Aristote est le narrateur de l'histoire. Quand il est puni, le prof lui demande évidemment de faire des recherches sur le philosophe « Aristote ». Et le garçon se rend compte que « porter ce prénom, c'est un peu comme escalader la face nord de l'Himalaya en pantoufles. » (pages 19-20)

A la maison sa mère lui dit : «  Aristote, tu penseras à mettre tes slips dans la machine ? A moins que tu attendes encore un mois ou deux, histoire qu'il leur pousse des pattes et qu'ils y aillent tout seuls ? » (Page 21)

Heureusement, Yasmine trouve que ce prénom a du style, c'est même un vrai prénom de guerrier selon elle. Et pour le sourire de Yasmine, Aristote est prêt à philosopher, à réfléchir à des questions fondamentales, comme par exemple, de savoir si Yasmine est amoureuse d'Aristote…

Aristote in love d'Anne-Gaëlle Balpe. Rouergue, 2012. 80 pages. 7,00 euros. A partir de 9 ans.

 

Mammy

Du point de vue de la forme, ce livre est un petit bijou pédagogique : il commence avec un journal tenu sur vingt pages par Claire, un des deux personnages principaux, et se continue sur environ cent-quarante par un récit où le narrateur externe est omniscient. Au milieu de l’ouvrage est présenté un échange de lettres entre Jacky (le véritable héros, âgé de dix ans en 1940) et  Claire (plus le frère de Claire). Les dialogues abondants sont porteurs d’un souffle qui dynamise l’action. De plus les chapitres sont d’une trentaine de pages avec un titre soit très évocateur de son contenu (comme « La nouvelle famille », « Heures d’exil ») soit partant d’une expression familière pour donner envie d’en savoir plus (avec le pot aux roses ou retour au nid). Il nous conte comment un enfant belge vécut l’Exode puis l’Occupation dans son pays. L’ouvrage court sur la période allant des premiers jours de mai 1940 à septembre 1944 (libération de la Belgique), il y a trois lieux d’action : un village du nord de la France (sans plus de précision mais baptisé Chauvy-la-Douce), le village de Loverval situé sur la commune alors rurale de Gerpinnes (dans la province du Hainaut) et Bruxelles.
Gerpinnes fut durant la Seconde Guerre mondiale un lieu clé pour la Résistance belge et l’ouvrage implique Jacky dans une aide à cette dernière lorsqu’il a quatorze ans. En fait Jacky, déjà orphelin, voit ses grands-parents mourir sur les routes de l’Exode ; il est recueilli par une jeune fille appartenant à une famille wallonne très catholique qui décide de s’en occuper et qu’il appelle Mammy. Toutefois un industriel bruxellois prend prétexte qu’il était ami du père de Jacky pour en réclamer la garde. Si ce dernier se livre à une collaboration industrielle au départ, il décide ensuite de fonder un journal financé par les autorités d’occupation et son fils Bob est en lien avec des partisans actifs de la victoire de l’Allemagne qui traquent les résistants.
Cet ouvrage, écrit en 1947 par un jésuite belge, nous montre un jeune héros élevé par des parents et grands-parents mécréants, recueilli par intérêt financier par un bourgeois de la capitale tout autant athée (comme son propre fils). C’est auprès d’une famille catholique qu’il découvre des valeurs et voit agir le sens du patriotisme. En mettant en avant ces aspects l’ouvrage nous rappelle aujourd’hui l’importance qu’avait la religion catholique aussi en Belgique qu’en France à cette époque ; cet aspect est quasi complètement gommé dans la littérature de jeunesse qui aborde aujourd’hui la Seconde Guerre mondiale.   

Mammy du Père Albert Hubblet. Éditions Saint Rombaut (à Malines en Belgique), 2012. 170 pages.12 euros. À partir de 9 ans.

 

Maëlys et le joueur d’échecs

"Maëlys et le joueur d'échecs" est le second roman d'une sympathique série qui désire inciter les jeunes à s'interroger sur des faits délicats de société. Le premier tome "Maëlys et ceux des caravanes" avait vu l'héroïne Maëlys lutter contre les préjugés à l'encontre des roms, le second volume aborde le cas des sans-papiers vivant en France.

Elle et ses amies font la connaissance d'un jeune bengali, Iqbal Lakashmi, surdoué en matière d'échecs. Ceci permet de reconstituer non seulement les bouleversements politiques qui ont suivi la disparition de l'empire anglais des Indes qui a donné naissance finalement à trois états (Inde, Pakistan et Bengladesh) mais aussi les conséquences dramatiques de la montée des eaux dans le golfe du Bengale et de l'exploitation sauvage dans les usines locales de textile qui va avec la pollution des rivières due au rejet de produits chimiques servant à teindre les vêtements.

Si l'action au présent se déroule à Champfleury-sur-Seine, agglomération fictive de Seine-et-Marne, par contre de nombreuses pages décrivent la vie d' Iqbal Lakashmi et de sa famille en Asie. Finalement, la France sera heureuse de compter un finaliste aux championnats européens d'échecs. Cette fiction s'inspire d'un fait divers réel, le jeune Bengladais Fahim Mohammed, qui était scolarisé à Créteil, a reçu en 2012 une autorisation de résider jusqu'à sa majorité en France, suite à sa consécration comme champion de France des moins de 12 ans aux échecs. "Maëlys et le joueur d'échecs" a été écrit conjointement par Antoine Blocier et des élèves du collège Kervihan de Fouesnant; une demi-douzaine d'illustrations sont de Damien May.

Maëlys et le joueur d'échecs, d' Antoine Blocier.  Krakoën, 2014. 214 pages. 9, 50 euros. À partir de 10 ans.

 

Je suis en Chine

"Je suis en Chine" est un ouvrage extrême intéressant qui prend l’aspect du roman, il permet d'aborder la question des femmes battues avec une narratrice interne qui voit les violences en question subies par sa mère. Par ailleurs, son contenu textuel est très réduit, il est employé un vocabulaire de base, sans mots relevant du vocabulaire recherché. Les seules phrases, qui sortent de l'ordinaire, sont celles qui renvoient à une violence verbale :

« C'est quoi ce débit, là, sur le compte ? Deux-cent-soixante-dix euros ? Madame s'est payée un super massage avec supplément ? Il était mignon, au moins, le type qui t'a tripotée ? Ça ne le dégoûte pas, les vieilles comme toi ? Remarque, tant qu'elles paient … »  (page 37)

ou éventuellement celles portant un exotisme de pacotille :

« J'entre dans les gargotes où l'on boit du vin de riz tiède. J'entends les rumeurs sur l'Empereur et sa famille, les plaintes contre les ministres et les lettrés qui, dit-on, affament le peuple tout en s'enrichissant ». (page 36)

"Je suis en Chine" a la particularité de bien faire distinguer le réel porté par une écriture en italique de l'univers rêvé à savoir celui de la Chine dans lequel se plonge l'héroïne, fille de la femme battue, lui est en écriture bien droite. Il y a toujours la même narratrice interne d'un bout à l'autre. À la fin du récit cette dernière s’empare d’un couteau de cuisine afin de défendre sa mère.

En matière de violences conjugales, on se rappelle qu’il existe aussi un ouvrage pour des collégiens petits lecteurs "La première fois on pardonne" d’Ahmed Kalouaz et deux romans pour des adolescents bon lecteurs à savoir  "Zarbie les yeux verts" de Joyce Carol Oates et "Touche pas à ma mère" d’Hervé Mestron.

Je suis en Chine de Christine Féret-Fleuret. Oskar, 2013.
40 pages. 6,00 euros. A partir de e 8 ans

 

 

 

La violence conjugale dans les fictions pour petits lecteurs…

Voici trois ouvrages sortis récemment qui abordent la question des femmes battues, un phénomène devenu Grande cause nationale depuis 2010.


C’est par le biais d’un récit centré autour des pensées de  la jeune Jeanne (qui est la narratrice) que l’on entre dans le récit. Sa mère subit des violences conjugales, on ne sait d’ailleurs si son compagnon est le père ou le beau-père de  Jeanne. La petite fille appréhende les sujets qui seront prétexte à dispute et la perspective d’artichauts au dîner lui fait craindre le pire, car ce légume n’est pas aimé par cet homme. La violence est ici suggérée mais elle n’est pas dessinée dans la phase ultime où il s’agit de lever la main sur l’autre. Il est montré également un moment de tendresse réciproque entre les deux conjoints. Jeanne cherche à s'évader en se projetant dans sa vie possible d’adulte. Les illustrations sont faites au pastel associé à la gouache, ce qui donne des couleurs resplendissantes et une transparence aux sentiments des protagonistes. Il  serait bon d’introduire l’expression "cœur d’artichaut" qui désigne en particulier quelqu’un qui verse des larmes très souvent, et de lier l’image des larmes à celle des feuilles du légume en question. 

 

Bien que comptant moins de pages, le second ouvrage, "Les souliers écarlates", possède un volume de texte équivalent au titre précédent. Avec un narrateur externe, le récit prend ici la forme d’un conte. Un seigneur au physique d’athlète a épousé une femme au corps frêle et il se met rapidement à la malmener. Il en fait  tellement sa chose qu’elle prend un jour l’aspect d’une marionnette. Toutefois, chaque nuit elle s’évade (avec des souliers écarlates) vers un monde féérique et un beau matin elle lui déclare que n’étant plus sa poupée, elle a décidé de le quitter. Le visage de souffrance puis l’aspect réjouissant du personnage principal sont très bien rendus. On pourra évoquer avec les jeunes le fait que le sang est souvent donné de couleur écarlate, et qu’en anglais on traduit ce mot par "scarlet" par référence aux habits d’un compagnon de Robin des bois ainsi nommé. Le contenu du conte "La Princesse au petit pois" d’Andersen est à aborder car le seigneur utilise, comme explication de la mauvaise santé de son épouse, l’existence d’un petit pois dans son lit. Par ailleurs "Les Souliers écarlates" s’inspire fortement d’un conte de Grimm "Les souliers usés". 

 

"Mercedes cabossée" est un court roman (moins de cinquante pages) au volume de texte très réduit. L’enfant est visiblement scolarisé en IME, bien que cela ne soit pas explicité. Elle est devenue muette à l’âge de six ans et cela a dû correspondre avec le fait que sa mère se trouve un nouveau compagnon très violent. Cette idée l’obsède : « Cela s’appelle le tapuscrit, parce qu’on l’a tapé. Taper. Elle ne pense qu’à ce verbe ». Des désirs de meurtre l’habite « (elle) pense qu’un jour, quand elle sera plus grande, elle le plantera avec le couteau à pain, ou alors elle l’assommera avec la grosse casserole des pâtes. Le problème, c’est la police. Ils la mettront en prison et alors sa mère mourra de tristesse ». Finalement elle trouve le courage et une solution pour faire connaître ces violences conjugales à toute la ville, ceci afin qu’elles cessent. Comme souvent, l’auteur nantais Hubert Ben Kemoun choisit de dépeindre par la fiction une réalité plus ou moins douloureuse vécue par nombre d’enfants. Un passage montre bien la façon dont la mère excuse toujours celui qui la bat : «  Arrête, ce n'est rien, juste une dispute ! Et puis, ce ne sont pas tes affaires, Mercedes ! » ou « Je t'ai dit, c'est ma faute aussi! Il a tant de travail au bureau. Il a de gros dossiers à préparer, il est un peu sur les nerfs en ce moment, tu comprends? ». 

 

Les Artichauts de Momo Géraud, Didier Jean et Zad. 2Vives voix, 2012.
32 pages. 15,50 euros. De 7 à 12 ans.
Les Souliers écarlates de Gaël Aymon et Nancy Ribard. Talents hauts, 2012.
18 pages. 13,80 euros. De 7 à 11 ans.
Mercedes cabossée de  Hubert Ben Kemoun. Thierry Magnier, 2011.
48 pages. 5,10 euros. De 9 à 12 ans.

 

En matière de violences conjugales, rappellons qu’il existe aussi un ouvrage pour des collégiens petits lecteurs "La première fois on pardonne" d’Ahmed Kalouaz et deux romans pour des adolescents bon lecteurs à savoir  "Zarbie les yeux verts" de Joyce Carol Oates et "Touche pas à ma mère" d’Hervé Mestron.  

 

 

Vanilles et chocolats

Le titre ? Un jeu de mots. Les filles à la vanille et les gars au chocolat. Une classe de CM2 qui comporte autant de filles que de garçons. Julia est la narratrice de l'histoire.

C'est la rentrée. Elle raconte comment elle se passe. Elle rapporte sous la forme de dialogue principalement la conversation entre les élèves et avec la nouvelle  maîtresse. Les parents ne sont jamais loin. Après, c'est la routine et ainsi de suite enfin pas tout à fait : il y a un nouveau Bruno, et Bruno est un gros macho. A cause de lui, le bel équilibre de la composition de la classe est rompu… Julia va lancer les hostilités, une guerre sans merci entre garçons et filles. Et alors ? Et bien il vous faudra lire ce petit roman pour savoir comment l’histoire se termine.

Vanilles et chocolats de Florence Hinckel. Oskar, 2013.
150 pages. 9,95 euros. A partir de 9 ans.

 

 

 

 

 

Toufou le petit écolier chinois

La série de "Toufou le petit écolier chinois" compte six titres traduits du chinois à la fin 2013. Il s'agit de nous conter les aventures de Petit Ma, surnommé "Toufou" car à l'âge de trois mois il a fait de lui-même un grand bond sinon en avant du moins en hauteur. En grandissant son admiration pour son père, inventeur de jouets, se développe et il noue des amitiés avec trois autres garçons qui fréquentent la même école que lui. Il est à signaler que phonétiquement le nom du héros a une prononciation proche de celle du tofu (fromage de soja), que les Chinois disent à peu près "tôfou".

Eux aussi sont dotés de surnoms parlants comme "Hippo" (car il est boulimique), "Ouistiti" et "Pingouin". Si le premier tome "Un papa rigolo" raconte la vie de Toufou de sa naissance à huit ans, les autres volumes nous content ses aventures avec sa bande de copains alors qu'il a environ 10 ans. Ceci permet au jeune lecteur d'approcher certains aspects particuliers de la société chinoise conjuguant traditions et consommation ainsi que de la scolarisation dans l'empire du milieu.

Il s'avère que le volume le plus riche en allusions culturelles (toutes bien explicitées) est "Un papa rigolo" qui est d’ailleurs le premier volume de cette série débutée en 2003 en version originale.

Selon les volumes, les enfants donnent plutôt dans les héros comme avec "Les affreux jojos" (ce qui évidemment crée la surprise) ou les mauvais garnements faisant des bêtises (dans des limites relatives et dans une dimension respectueuse des adultes). "Drôles de bêtes" est plutôt une collection de nouvelles autour du personnage principal, alors que les autres volumes tiennent du roman de littérature de jeunesse. 

De nombreuses illustrations à tonalité humoristique, peu de texte globalement avec beaucoup de dialogues, une tonalité exotique  attrayante toute en étant légère avec explicitations  si besoin (ce qui facilite la compréhension des actions en évitant de renvoyer à des références culturelles que le lecteur occidental n’a pas), cette série est vraiment faite pour séduire ceux qui n’aiment pas avoir un livre qu’ils jugent de premier abord comme un pavé. On aura compris que cette série s’adresse en priorité à un lectorat de garçons.


Toufou : Un papa rigolo de Hongying Yang. Picquier, 2013. 101 pages. 5,50 €. A partir de 8 ans.
Toufou : Drôles de bêtes de Hongying Yang. Picquier, 2013. 96 pages. 9,15 €. A partir de 8 ans.
Toufou : Mes meilleurs copains de Hongying Yang. Picquier, 2013. 101 pages. 5,50 €. A partir de 8 ans.
Toufou : Les affreux jojos de Hongying Yang. Picquier, 2013. 105 pages. 5,50 €.  A partir de 8 ans.
Toufou : Maître Tonnerre de Hongying Yang. Picquier, 2006. 100 pages. 7,00 €. A partir de 8 ans.
Toufou : Une vraie chipie de Hongying Yang. Picquier, 2006. 104 pages. 6,90 €. A partir de 8 ans.

 

 

 

Ça déménage au 6B

Voilà les NAC (nouveaux animaux de compagnie) qui arrivent en littérature de jeunesse. Thierry Dedieu les avait évoqué dans un album ("J'ai adopté un crocodile") pour les 5-7 ans, Muriel Zürcher nous les introduit, pour un lectorat d'une dizaine d'années, dans la vie d'un collégien de troisième.

Ce dernier se fait bien du souci pour en particulier sa mygale, son scorpion et son python. Heureusement ce jeune Parisien du quartier de La Défense va pouvoir compter sur l'aide d'un locataire de son immeuble face à un revers du sort.

Par ailleurs le choix de son orientation se pose. Est-ce que ses connaissances en sciences naturelles pourraient peser favorablement sur son avenir ?

Voici un petit roman au niveau du texte (avec un format 11,5 x 21 cm et des caractères d'imprimerie assez gros) qui allie suspense, phénomène de mode et préoccupations d'adolescent ; il est porté par un vocabulaire très accessible.


Ça déménage au 6B de Muriel Zürcher. Thierry Magnier, 2014.
78 pages. 7,20 euros. À partir de 9 ans.

 

 

 

Mademoiselle Pif-Paf

Charles est amoureux d’Adèle mais Adèle ne lui accorde pas le moindre regard. Elle passe sa vie plongée dans les livres. Le jour où Charles décide de lui avouer ses sentiments, il voit sa bien aimée cogner un élève qui venait de l’embêter. Refroidit, il se dit qu’il va attendre un peu avant de se lancer. Et lorsqu’il retente sa chance, le résultat est cinglant :

- Qu’est-ce que tu veux toi ?
[…]
- Ben heu… rien.
- Alors arrête de me regarder. Quand je lis, faut me laisser tranquille !
- Mais tu lis tout le temps…
- Alors il faut tout le temps me laisser tranquille !

Heureusement, le pouvoir des livres (et du bibliobus !) fait parfois des miracles…

Un petit roman plein de malice où, pour une fois, les amoureux de la lecture ne passent pas pour des binoclards peureux ! Adèle l’amoureuse des livres n’hésite pas à se défendre avec panache lorsqu’on l’attaque. Quant à Charles, le narrateur, son récit est drôle et touchant. « Mademoiselle Pif-Paf » n’est certes pas aussi abouti que le fabuleux « Le bébé et le hérisson » publié dans cette même collection par Mathis il y a quelques années mais ce texte est néanmoins un petit bonbon sucré dont il serait dommage de se priver.

Mademoiselle Pif-Paf de Mathis. Thierry Magnier, 2012.
48 pages. 5,10 euros. A partir de 8-9 ans.


 

 

Pour un carré de chocolat

« même si tu dors dans un garage tu ne deviens pas une voiture. »

Le narrateur s'appelle Jean Reno, il doit avoir douze ans à peu près (la citation ci-dessus est de lui : en lisant le livre vous comprendrez certainement ce qu'elle signifie), son village s'appelle Boignykro. Il sait quel jour est né son petit frère, Séraphin, parce que leur mère est morte ce jour là, mais lui on ne sait pas. Son pays est la Côte d'Ivoire (en Afrique, n'est-ce pas ?). Son pays produit la moitié du cacao dans le monde, le cacao avec lequel on fabrique le chocolat ; mais du chocolat  Jean n'en a jamais mangé parce qu'il n'y en pas dans son pays ou qu'il coûte trop cher. Et il y a bien d'autres problèmes dans sa vie et dans son pays…même des serpents mortels.

Et quand Innocente est mordue par un serpent venimeux qu'est-ce qu'elle voudrait avant de mourir ? Devinez… Est-ce que vous croyez que Jean Reno va lui en trouver ? Est-ce qu'Innocente va mourir ?


Pour un carré de chocolat d’Elise Fontenaille, avec Clarisse Buono (Ill. Janik Coat).
Grasset jeunesse, 2012. 60 pages. 8,00 euros. A partir de 9 ans.