Archive for the Category »Manga «

Anne Frank – Au pays du Manga

Depuis sa première publication en 1952, le journal d'Anne Frank est le plus lu et le plus étudié des livres étrangers au Japon. Toutes générations confondues, tout le monde connaît la petite fille d'Amsterdam et son destin tragique. Un best-seller, également disponible en manga, mais dans lequel Anne Frank est simplement perçue comme l'héroïne d'un roman à succès à la conclusion cruelle et émouvante. Au pays du soleil levant, peu nombreux sont ceux qui connaissent la Shoah. Une histoire bien trop lointaine pour les Japonais, malgré leur alliance avec le Troisième Reich. Ils ne semblent pourtant pas non plus bien connaître leur propre histoire: "La guerre, c'est horrible. Et nous en avons été les plus grandes victimes lorsque les Américains ont largué leurs bombes atomiques sur nous.", dit Makoto Otsuka, le directeur du mémorial à Anne Frank et à la Shoah, situé non loin d'Hiroshima et unique en Asie. Et c'est l'idée vague qui fait à peu près consensus au Japon.

Racontant à la première personne le voyage de ses auteurs, cette BD documentaire interactive explore les représentations du passé dans la société japonaise d’aujourd’hui. Le Japon a adopté Anne Frank, figure universelle, pour en faire un manga — une forme spécifiquement japonaise mais que le monde entier s'est désormais approprié. Pied-de-nez, mais aussi véritable tentative de jeter un pont entre deux cultures, les auteurs racontent leur parcours d'Occidentaux au Japon en "web-manga", mêlant dessins, photographies, sons et vidéos, pour dissiper le brouillard du relativisme culturel qui nimbe généralement l'Asie lorsqu’elle est observée depuis l'Occident.

Lancer la BD interactive : http://annefrank.arte.tv/fr/

(Source ARTE.tv)

 

La Balade de Yaya T5 : La Promesse

 

Depuis que le premier tome de La Balade de Yaya a été chroniqué ici début mars 2011, la série a collectionné les prix, séduisants autant les collégiens de la Somme que les élèves nivernais de l’école élémentaire ou les jeunes fréquentant le réseau des bibliothèques issu des mouvements catholiques (prix Livrentête) et les professionnels du prix Millepages. 
Dans le deuxième tome les deux petits héros ont réussi à quitter Shanghai et Zhu qui les séquestrait. Les gens d’un cirque qu’ils rencontrent au volume suivant sont pour eux prévenants, mais un pêcheur dérobe à Yaya son trésor. Comme dans les bons feuilletons chaque volume se termine par un suspense et dans ce tome les deux jeunes héros dérivent dans la barque de leur voleur sans la présence d’aucun adulte à leur côté.
 
À partir du quatrième tome on assiste à la montée en puissance de Yaya dans les initiatives ; la dimension de voyage initiatique pour l’héroïne s’est accentuée. Tuduo, dont la personnalité rappelle San Mao (Trois Cheveux, héros extrêmement populaire de la bande dessinée chinoise du milieu du XXe siècle), montre les limites de ses habiletés et se voit alité en tombant malade de la dengue dans le volume cinq. Ayant réussi avec une jeune femme Chan à fuir l’îlot, où elle devait remonter des coquillages contenant des perles pour le compte d’un patron imposant le travail forcé à ses ouvrières, Yaya ne s’attend pas à être victime d’un danger venu d’une personne en qui elle a mis sa confiance.
 
Il est possible que Yaya et Tuduo soient définitivement séparés pour les tomes six à huit et ne se retrouvent que dans le neuvième et dernier volume. Pipo l’oiseau narrateur n’apporte plus dans ce volume sa touche habituelle d’humour, comme pour souligner que les dangers n’ont jamais été aussi importants. Avec de trois à six images par page dans un format à l’italienne, les couleurs lumineuses attirent l’œil et une dominante de couleurs est propre aux pages concernant une même action. Le lecteur âgé de sept à huit ans ne risque pas d’être déstabilisé par la mise en pages et si le contenu du récit est dramatique, il est présenté de façon distanciée et le style du graphisme ne prend jamais des aspects terrifiants tout en valorisant la succession des sentiments qui agite l’esprit des héros. Le style du dessin rappelle toujours celui de Hayao Miyazaki un des maîtres du manga.


La Balade de Yaya T5 : La Promesse de Jean-Marie Omont et Golo Zhao. Éditions Fei, 2012. 92 pages. 8, 50 euros. À partir de 7 ans.

 

 

 

Category: Manga  3 Comments

Mini manga

Quatre petits livres de 190 pages au format de 11 X 8 cm réunis dans un coffret.

Chaque ouvrage développe un thème : bases de l’anatomie, visages et coiffures, mains et pieds, vêtements et accessoires. Le style manga et les objets propres à la culture japonaise à travailler progressivement en 4 à 8 étapes à partir de la forme globale.

Un texte au contenu précis, idéal pour apprivoiser en douceur le dessin propre aux mangas. On apprécie l’existence d’un index.

Mini manga d’Yishan Li. Éditions Ouest-France, 2012.
Coffret (4x 190 pages). 18 euros. À partir de 9 ans.

Category: Manga  3 Comments

Chi, une vie de chat T1

Chi est un mignon petit chaton. Lors d’une sortie avec sa maman et ses frères et sœurs, il se retrouve perdu et seul. C’est alors que débute un difficile périple à travers la ville. Il rencontre un petit garçon, Yohei et est recueilli par la famille… provisoirement, car on n’a pas le droit d’avoir des animaux dans leur immeuble. Il pense et rêve beaucoup à sa maman qu’il aimerait rejoindre. Chi, en même temps que le petit garçon, fait l’apprentissage de la propreté. Finalement, la famille décide de le garder et ils deviennent très amis. Le petit chat est amené chez le vétérinaire. Il (ou plutôt « elle » car c’est une femelle) a maintenant sa carte d'identité : Mlle Chi Yamada. Mais Chi voudrait bien aller faire un petit tour dehors…

Simple et fort bien construit, voila un manga idéal pour les jeunes lecteurs qui découvrent le genre. Le sens de lecture à l’occidental et la touche de couleur rendent l’ensemble encore plus facile à appréhender. L’auteur a par ailleurs su décrire avec beaucoup d’expressivité les attitudes de la petite Chi.

Chapitres courts et très rythmés, ambiance bon enfant, héroïne adorable… que demander de plus ? Assurément une découverte à partager en famille. 

 

Chi, une vie de chat T1, de Kanata Konami, Glénat, 2010.
168 pages. 10,55
euros. Dès 8 ans.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

Category: Manga  8 Comments

Magi : the labyrinth of magic T1

Aladin est un jeune garçon semblant sorti de nulle part. Avec pour seul bagage une flûte, il parcourt les déserts et s’arrête dans les différents villages proches des oasis. Quand un danger s’annonce, il souffle quelques notes de musique dans son instrument pour faire apparaître Hugo, un djinn à la force herculéenne. Lorsque la route d’Aladin croise celle du cocher Ali baba, ce dernier voit dans la flûte un moyen rapide d’obtenir gloire et fortune. Il propose donc à Aladin d’aller explorer un labyrinthe renfermant de nombreux trésors mais dont personne n’est jamais ressorti. Commence alors pour les deux compagnons une quête mouvementée au cœur du labyrinthe…
  
Un manga qui revisite avec beaucoup de libertés l’univers des mille et une nuit. Un jeune héros naïf possédant de grands pouvoirs, une grosse dose d’humour et d’action et des obstacles à affronter toujours plus difficiles : c’est un fait, Shinobu Ohtaka n’a rien inventé. L’originalité est plutôt à chercher du coté des éléments fantastiques, notamment ces étranges labyrinthe qui apparaissent soudainement pour ne disparaître que lorsqu’une personne est parvenue à les explorer complètement. Ce premier volume pose les bases de la série et laisse en suspend de nombreuses questions : Qui sont vraiment Aladin et Hugo ? Que cache le labyrinthe ? Comment les deux garçons vont-ils se sortir des pièges qui les attendent ?

Le découpage est fluide et le dessin très lisible. Les scènes d’action ne sont pas surchargées de hachures pour souligner les mouvements comme cela est trop souvent le cas dans de nombreux mangas.

Un shonen certes très classique mais qui saura séduire les amateurs du genre. A noter que les deux premiers tomes sont sortis en même temps. Idéal pour les impatients qui trépignent entre chaque nouveau volume de leurs séries préférées !  

Magi : the labyrinth of magic T1, de Shinobu Ohtaka, Kurokawa, 2011.
198 pages. 6,70 euros. Dès 10 ans.

 


 

Nanja Monja T1

Taro est un collégien qui a grandi dans le paisible village d’Hananoki avec son grand-père. Celui-ci vient de mourir. Il se prépare, entouré de son chat et de ses amis à affronter sa nouvelle vie. Une nuit, il met un disque et enveloppé par la musique, il observe de sa longue vue le ciel et les astres, comme il le faisait avec son papy. Subrepticement, il la dirige vers le Nanja Manja, l’arbre majestueux qui veille sur le village. Et là, il aperçoit une fille en train d’y grimper et soudain, tomber…

Un manga où le fantastique et la magie se mêlent à la vie quotidienne pour former un cocktail étonnant. Les personnages sont attachants et le dessin est à la fois expressif et très lisible. Ce premier tome de mise en place des différents éléments a comme un arrière goût de "pas assez" tant il laisse en suspend un nombre incalculable de questions. Heureusement, dès le début du second volume (trois sont pour l'instant disponibles en français) tous les éclaircissements nécessaires sont apportés afin que le lecteur puisse bien saisir les enjeux de l'intrigue. Une série originale et pleine de fraîcheur qui, si elle ne révolutionne pas le genre, fait néanmoins passer un agréable moment. A découvrir. 
 
Nanja Monja, tome 1, de Shizuka Ito, Glénat, 2011.
228 pages. 7,50 €. À partir de 11 ans.

 

 

 

 

Nausicaä de la vallée du vent T1

Le gigantisme de la société industrielle a épuisé les ressources naturelles et engendré un conflit qui a plongé l’humanité dans une ère crépusculaire. La planète est aujourd’hui envahie par une forêt répandant des spores mortels pour ceux qui les respirent. Quelques petits royaumes subsistent encore sur les dernières terres habitables. La princesse Nausicaä est l’héritière de l’un des ces royaumes. A l’heure où l’empereur Tolmèque convoque ses alliés pour mener une guerre sans merci contre les Dorks, Nausicaä doit mener les siens au combat. Mais la jeune femme, en plus d’aptitudes hors norme pour le pilotage des engins volants, semble développer une relation particulière avec les insectes protecteurs de la forêt toxique…
 
Ce premier volume présente la richesse de l’univers imaginé par Hayao Miyazaki et les traits de caractère des personnages principaux. Nausicaa est déjà la figure centrale de l’œuvre. Elle est persuadée que l’équilibre entre l’homme et la nature est possible et que tous les êtres vivants quels qu’ils soient méritent d’être respectés. On décèle dès cette introduction l’humanisme et les considérations écologiques qui traversent les différents tomes de cette série d’une qualité exceptionnelle.
 
Cette version française est identique à l’édition japonaise et comprend notamment les aquarelles de l’auteur. L’encrage au ton sépia donne une patine particulière au dessin. Le format des pages, plus grand qu’un manga classique, permet notamment d’apprécier davantage les magnifiques scènes de combats aériens.

Plaidoyer pour la nature et la protection de l’environnement, Nausicaä reste, près de trente ans après sa première publication, une œuvre majeure que tout amateur de manga se doit d’avoir lu un jour.

Nausicaä de la vallée du vent T1, de Hayao Miyazaki, Glénat, 2009.
130 pages. 10,55 euros. Dès 11 ans.

 

 

Category: Manga  Tags: , , ,  3 Comments

Grimms Manga T1

On aura tout vu ! Voila sans doute ce que penseront certains en découvrant ces contes des frères Grimm en manga. Mais après tout, pourquoi pas ? Les contes traditionnels ont toujours été adaptés, réécrits ou détournés. Walt Disney en a fait son fond de commerce. Il n’y a donc rien de choquant à offrir une version en manga. Et puis, avant de clouer au pilori ces Grimms Manga, prenez le temps de les lire, vous risquez d’être agréablement surpris.

Ce premier volume regroupe cinq contes : Le petit chaperon rouge, Raiponce, Hansel et Gretel, Les douze chasseurs, Deux frères. C’est un fait, ces adaptations ont de quoi décontenancer les puristes. Le loup et le petit chaperon rouge tombent amoureux, Raiponce devient un garçon, l’affreuse sorcière d’Hansel et Gretel est en fait une châtelaine qui s’éprend du jeune homme, etc. Une réécriture en profondeur qui, couplé au dynamisme du trait et du découpage propre au manga, bouscule les codes et offre une vision totalement nouvelle.

Élément important, l’éditeur a regroupé en fin de volume les textes originaux des frères Grimm. Une initiative pertinente qui permet de mettre en parallèle les deux versions et qui éclaire d’autant plus les variations effectuées par Kei Ishiyama.

Une belle occasion de redécouvrir un patrimoine littéraire incontournable sous un nouveau jour.

Grimms Manga T1, de Kei Ishiyama, Pika, 2010.
228 pages. 9,90 euros. Dès 10 ans.

 

 


 

La balade de Yaya T1 : La fugue

Shanghai, 1937. Tuduo le garçon des rues gagne quelques sous en faisant le pitre devant les touristes. Logé dans un taudis avec son petit frère Xiao, il tente de survivre dans un environnement difficile. Yaya, fille d’un riche commerçant, a pour sa part d’autres soucis. Alors qu’elle s’apprête à passer un important concours de piano ses parents lui annoncent que la famille va devoir s’exiler car la guerre approche. Désespérée par la nouvelle, Yaya s’enfuit alors que les bombardiers japonais survolent la ville. Perdue dans des rues qu’elle ne connaît pas, elle ne devra son salut qu’à l’intervention de Tuduo. Ensemble, les deux enfants vont devoir affronter des événements qui les dépassent. 

Les toutes jeunes éditions Fei ont choisi pour chacune de leur publication d’associer un scénariste français et un dessinateur chinois. La balade de Yaya n’échappe pas à la règle et force est de reconnaître que l’alchimie fonctionne. Ce premier tome à l’intrigue très linéaire constitue une entrée en matière alléchante. Les personnages sont bien définis et même si leur rencontre ne survient qu’à la fin du volume, on se doute que de grandes aventures les attendent.
 
Au niveau du dessin, le trait  de Golo Zhao rappelle les dessins animés du studio Ghibli. L’atmosphère du Shanghai d’avant guerre est bien rendue dans les premières pages et les couleurs sont somptueuses. Le format atypique de l’ouvrage (un  petit format souple à l’italienne avec des demies-planches) lui donne un cachet particulier et le rend très agréable à manipuler.
  
Une seule et importante question reste en suspens lorsque l’on referme ce joli objet-livre : à quand la suite ?

 

La balade de Yaya T1 : La fugue, de Jean-Marie Omont et Golo Zhao, Éditions Fei, 2011.
94 pages. 8,50 euros. Dès 8-9 ans.

 

 

 

 

Fairy Tail

 

Au royaume de Fiore, la jeune Lucy n’a qu’un rêve : intégrer la guilde des magiciens de Fairy Tail. Cette dernière est considérée comme la meilleure des guildes, même si ses membres se font souvent remarquer par les dégâts qu’ils causent lors de leurs interventions. Lucy est elle-même une magicienne qui peut, grâce à des clés magiques, invoquer des esprits combattants lorsque la situation l’exige. Mais on ne peut se prétendre réellement magicien tant que l’on n’est pas membre d’une guilde…

Un concours de circonstances va faire apparaître sur la route de la jeune fille Natsu, un magicien du feu et son acolyte Happy, un chat volant ayant le pouvoir de se faire pousser des ailes. Ces deux joyeux lurons sont membres de Fairy Tail et ils vont permettre à Lucy d’être intronisée dans la guilde de ses rêves. A la suite de cette rencontre, le trio va multiplier les missions de plus en plus périlleuses.

Fairy Tail c’est un concentré d’action et de bonne humeur. La galerie de personnages est extrêmement variée. L’humour est très présent et fonctionne parfois sous la forme de running gag, comme par exemple le mal des transports qui vient frapper Natsu à chaque fois qu’il monte dans un véhicule. Autre point important, le déroulement et l’enchaînement des combats. Ils sont nombreux mais ne sombrent jamais dans le brouillon illisible. L’énergie propre aux mangas est utilisée à bon escient et le trait reste suffisamment clair pour que l’on suive les différentes phases des affrontements avec facilité.

Humour, action trépidante et personnages attachants. Que demander de plus à un shonen ? Finalement, Fairy Tail est le manga idéal pour ceux aimant les séries au long cours (18 volumes parus en France, 24 au Japon) ou cherchant une alternative aux incontournables One Piece et Naruto.

Fairy Tail T1, de Hiro Mashima, Pika, 2008.
190 pages. 6,95 euros. Dès 9 ans.