Archive for the Category »Interviews «

Interview de Yaël Hassan – Rue Stendhal

Yaël Hassan est née en 1952 à Paris. Elle a passé son enfance en Belgique, son adolescence en France et sa vie de jeune adulte en Israël. Elle revient en France en 1984 avec son mari et ses enfants. Victime d’un accident de voiture, elle doit mettre fin à sa carrière dans le tourisme. Elle rédige alors son premier roman : Un grand-père tombé du ciel (prix du Roman jeunesse 1996 du Ministère de la Jeunesse et des sports et Grand Prix du Jeune Lecteur de la PEEP, Prix Sorcières 1998). Depuis, elle a publié plus de quarante ouvrages.

 « Lire c’est du temps volé au temps, du temps entre parenthèse, hors tout ».

 

1-Que lisiez-vous entre 9 et 13 ans ?

Tout ce qui me tombait sous la main. Il y avait très peu de littérature dite pour la Jeunesse, alors je lisais ce qui existait : La Comtesse de Ségur, Le Club des Cinq, Heidi, Sans famille… Mais aussi des auteurs pour adultes : Les sœurs Brontë, Daphné du Maurier…  Et Le journal d’Anne Frank

2-Vous inscrivez l’intrigue de « Rue Stendhal » dans le cimetière du Père-Lachaise, aviez-vous, avant d’écrire votre ouvrage, un lien particulier avec cet endroit ? Lequel ?

Pas de lien particulier si ce n’est le fait que j’ai habité juste à côté pendant cinq ans et que j’adorais aller m’y balader.

3-L’écrivain que les enfants rencontrent à la fin du roman, c’est vous bien sûr. Avez-vous assidûment fréquenté le Père Lachaise pour écrire votre œuvre ?

 

Oui, j’y suis allée pratiquement tous les jours durant tout un été.

 

4-Avez-vous sélectionné les auteurs avant de construire votre parcours dans le cimetière ou bien est-ce l’inverse ?

 

L’inverse, j’ai sélectionné les auteurs dont je voulais parler et ai construit le parcours après.

 

5- « Rue Stendhal » s’ouvre sur un vide : l’absence du meilleur ami de votre héros. Le rôle d’un écrivain est-t-il, selon vous, grâce à ses ouvrages, de combler un manque chez son lecteur ?

L’écrivain n’a d’autre rôle, selon moi, que de donner du plaisir à ses lecteurs.

 6-La vie de l’immeuble où Esteban habite avec sa mère est particulièrement bien décrite, cela fait-il référence à votre propre enfance ?

 

Pas du tout ! Mais j’aurais adoré.


7-Le narrateur dialogue très souvent avec le lecteur dans votre ouvrage. Pourquoi ?

 

Euh….. Pourquoi pas ?


8- Pourquoi avoir choisi « Poil de carotte » de Jules Renard, au début de votre roman, pour faire entrer vos héros dans le monde des livres ?

 

C’est venu du choix de mon personnage Estéban qui est roux. L’association avec Poil de Carotte était donc évidente. 

 

9-Alors que monsieur Faure raconte « Poil de carotte » aux enfants, le temps disparaît. Est-ce ainsi que vous considérez le temps passé à lire : du temps hors du temps en quelque sorte ?

 

Lire c’est du temps volé au temps, du temps entre parenthèse, hors tout

 

10-Souhaitez-vous adresser à vos jeunes lecteurs un message en leur montrant que les personnes âgées (monsieur Faure, les vieilles dames du père Lachaise, entre autres…) peuvent leur offrir plus que ce qu’ils n’imaginent, même et surtout lorsqu’elles sont un peu étranges ?

 

Je n’écris pas pour délivrer des messages. Surtout pas, dirais-je ! J’écris pour partager mes émotions.


11-A plusieurs occasions, vous arrêtez la narration pour permettre à l’un de vos personnages de raconter l’intrigue d’un roman. Comptez-vous sur ces moments pour éveiller la curiosité de vos jeunes lecteurs et leur donner envie de lire ces textes ?

 

Non, je ne pense pas à ce genre de choses quand j’écris. Je ne construis pas mes textes. J’écris comme ça vient.

 

12-La bibliothèque idéale de l’adolescent, si tant est qu’elle existe, pourrait-elle regrouper les textes auxquelles vous faites allusion dans votre ouvrage ?

 

Il n’y a pas de bibliothèque idéale. Je n’aime pas ce genre de diktats. Les temps et les goûts changent. Mais si toutefois ces auteurs et ces textes pouvaient titiller la curiosité de certains enfants j’en serais ravie.

 

13-Pensez-vous que les adolescents ne lisent plus assez d’auteurs dits classiques ?

 

 

Pas du tout. Je comprends que les ados d’aujourd’hui ne lisent plus de « classiques ». Moi-même je n’en aurais jamais lus si je ne les avais pas étudiés à l’école. Cela dit, je suis très heureuse de les avoir lus en classe car j’en ai adoré certains qui ont contribué pour une large part à mon amour de la littérature. Je pense qu’il serait bien de continuer à les étudier comme avant en classe car ils font partie de la culture générale.

 

 

14-Souhaiteriez-vous refaire avec des enfants le parcours d’Esteban et de ses amis ?

 

Oui, je pense que ce serait très sympa !

 

15-Que leur diriez-vous au sujet des tombes que vous avez choisi de citer dans votre roman et surtout des auteurs concernés ?

 

Rien de plus que ce que j’en dis dans le livre. Je ne suis pas une spécialiste, non plus, je les ai choisies en fonction de ce que j’avais lu et connaissais des auteurs. Pour tout ce qui est anecdotiques, il y a des passionnés sur place qui font ça merveilleusement bien.


16-Vos personnages fréquentent bien vite la bibliothèque, ils sont invités à entendre une lecture, ils empruntent des ouvrages, des CD… Est-ce encore un moyen d’indiquer à vos lecteurs comment entrer dans le monde des livres et de la lecture ?

 

 Non, pour moi c’est tellement naturel de pousser la porte d’une bibliothèque que je ne m’imagine même pas qu’il faille les pousser à y entrer.   


17-Au fil du livre, les enfants s’approprient la littérature en citant eux-mêmes les textes (des poèmes de Paul Eluard, par exemple) qu’ils ont appris à l’école. Quel message est votre message ici ?

 

Pas de message. Jamais de message. Chacun le prend comme il veut.


18-Vous rencontrez fréquemment vos lecteurs. Pourquoi ?

 

J’estime que c’est une part inhérente à mon métier. On ne peut pas écrire pour la jeunesse en restant enfermé dans un bureau. Les enfants que je rencontre sont ma « matière première ».


19- Vous avez écrit près de 40 livres. Comment trouvez-vous vos sources d’inspiration ?

 

Pour la trouver il faudrait que je la cherche. Or, ce n’est pas le cas. Ça vient tout seul. J’écoute, j’observe… Je n’ai aucune imagination. Je n’invente pas grand-chose. Je suis une éponge… Je m’imbibe et recrache…


20-Quelle est votre actualité littéraire ? 

 

Sacré Hugo, chez Casterman. Encore un livre sur la lecture !

Mon rêve d’Amérique, chez Gallimard, sortie 2013

Et plein de nouveaux projets en cours très différents les uns des autres.


 

Exposition vente de l’association « Lire c’est partir » à Amiens le 12/12/2012

Le mercredi 12 décembre 2012 de 9h30 à 17 heures, la médiathèque du CRDP d'Amiens a le plaisir d'accueillir une exposition vente de l'association « Lire c'est partir ».

L'association publie des livres à petits prix pour que leur coût ne soit pas un obstacle, sous forme d'albums en couleur, de romans ou de recueils de nouvelles illustrés, les livres sont neufs et destinés à des enfants de 3 à 11 ans.

L'équipe de la médiathèque vous propose, en outre, de partager de 9h30 à 11h30, un moment convivial en dégustant un café et de délicieuses viennoiseries autour de la présentation des ouvrages.
A cette occasion, Jérôme Prévost, documentaliste au CDDP de L'Oise à Beauvais viendra présenter des activités autour du blog « Lire pour le plaisir, pour les petits lecteurs de 9 à 13 ans ».

Venez nombreux, c'est le moment de venir faire le plein de livres pour les fêtes de Noël.

Médiathèque du CRDP de l'académie d'Amiens. 45 rue St Leu 80026 Amiens Cedex.


Interview Agnès Laroche – La dragonne de minuit

Agnès Laroche est née en 1965 à Paris, mais vit aujourd’hui à Angoulême. On la dit distraite ! Ce qui pourrait être considéré comme un défaut lui profite au contraire puisque sa distraction lui permet de se retrancher dans la rêverie et d’en extraire les histoires qu’elle nous livre par la suite. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages pour la jeunesse, elle se destine aujourd’hui essentiellement à cette  littérature. 

« Ma distraction me conduit à la rêverie, la rêverie stimule mon imagination, mon imagination m’amène à inventer des personnages, des intrigues, des romans. »

        Notre site s’adresse aux enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge là ?

Hou là, c’est loin ! Vers 9 ans, bibliothèque rose et verte, Fantômette, Clan des 7, Club des 5… Puis vers 10/11 ans j’ai découvert Agatha Christie, et j’ai dévoré tous ses livres, avant de m’attaquer doucement à la « littérature pour adultes ». Il faut dire qu’il n’y avait pas énormément de livres pour la jeunesse à l’époque…

          Dans « La dragonne de minuit », votre héros est une fille. Pourquoi ?

        Parce que j’aime qu’une fille se comporte en héroïne, et que j’étais plus intéressée par un personnage de dragonne que de dragon, un peu trop banal.

            Le corbeau est un animal peu apprécié. Quelle a été votre intention lorsque vous l’avez choisi pour aider votre héroïne ?

Je trouve que les corbeaux sont de très beaux oiseaux, impressionnants, majestueux, et rarement utilisés pour figurer des personnages positifs, donc je me suis lancée ! J’avais d’abord pensé à une chouette ou un hibou, mais les romans jeunesse fourmillent de ces oiseaux-là.

         Votre œuvre s’inscrit dans une veine très exploitée actuellement : « dragons et dresseurs de dragons ». Avez-vous choisi le personnage de Mara en fonction de ce phénomène ?

Non, je l’ai choisi car il me semblait que cette transformation était la plus spectaculaire qui soit, et permettait à mon héroïne de voler  et d’évoluer dans un univers imaginaire que je pouvais inventer au fur et à mesure.

            Après « Tim sans dragon », écrit en 2008, où le héros est dresseur de dragons, vous abordez la métamorphose de l’être humain en dragon. Comment expliquez-vous cette progression ?

C’était une façon pour moi d’explorer une autre facette de l’univers « dragon », sans me répéter par rapport au roman précédent.

6-      Avez-vous l’intention d’écrire d’autres ouvrages sur le même thème ?

Je ne sais pas, car j’ignore souvent où ma plume va me mener dans les mois à venir !

7-       « La dragonne de minuit » est parue en 2011. Pourquoi avoir attendu trois années avant d’écrire une nouvelle histoire de dragons ?

Parce que j’ai eu envie d’exploiter d’autres thèmes, et de me rapprocher d’ambiances plus réalistes.

8-      Envisagez-vous des aventures similaires dans vos prochains livres ?

Aucune idée, car je ne sais pas encore ce que contiendront mes prochains livres.

9-      Vous vous consacrez maintenant plus spécifiquement à la littérature pour enfants. Pourquoi ne plus écrire pour les adultes ? Que vous apporte tout particulièrement l’écriture d’ouvrages pour enfants ?

Parce que j’y prends beaucoup de plaisir, et que je peux aborder tous les genres, policiers, réalistes, fantaisie. J’aime écrire pour la jeunesse, c’est assez naturel pour moi, une grande source d’amusement et de joie, même si ce n’est pas facile tous les jours.

10-   On vous dit distraite, cela apporte-t-il quelque chose à votre écriture ?

Oui ! Ma distraction me conduit à la rêverie, la rêverie stimule mon imagination, mon imagination m’amène à inventer des personnages, des intrigues, des romans.

11-   Avez-vous un livre en cours d’écriture ? Pouvez-vous nous révéler quelques uns de ses secrets ? 

J’en ai plusieurs, mais je n’en parle jamais, par superstition !

Son site Web : http://agneslaroche.blogspot.fr/

 

Interview de Fabrice Melquiot

Fabrice Melquiot est écrivain de théâtre. Il a écrit plus d’une trentaine de pièces, pour adultes et pour enfants, traduites et jouées dans le monde entier (Mexique, Russie, Suisse, États-Unis…). Il est également auteur de textes radiophoniques et de poésie. Associé au Théâtre de la Ville, à Paris, il est aussi le créateur de Bouli Miro et des Sales histoires de Félicien Moutarde avec son complice Ronan Badel, un roman graphique qui a remporté cette année le prix des jeunes lecteurs de l’Oise.
« J’ai un goût prononcé pour les vilains petits canards, les différents, les un peu monstres, les pas aimables tout de suite, les revêches. »
Votre petit Félicien a remporté le prix des jeunes lecteurs de l’Oise loin, très loin devant la concurrence. Est-ce une surprise pour
vous ?
Certains objets ont une vie monotone : les lampes de chevet qui sont éteintes les trois quarts du temps, les poussettes qui mènent toujours les mêmes bébés au même jardin public, les pinces à linge qui ne connaissent qu’un seul fil au cours de leur vie, les armoires normandes (encore que certaines ont des trucs à raconter), les poufs de salon, les colliers pour chien, les sabliers qu’on retourne sans arrêt, les ventouses pour déboucher les toilettes, les fleurs de plastique à la table des restaurants, les parcmètres, j’en passe.
D’autres ont la chance d’avoir une vie trépidante : les sacs de voyage, les téléphones portables, les slips, les bâtons de rouge à lèvres, les lunettes de soleil, j’en passe.
Un livre, c’est un objet qui a la plus belle des vies. Parce qu’elle ne finit jamais vraiment. Quand on referme un livre, on n’arrête pas sa respiration. Le livre continue de faire pousser quelque chose en soi, à condition bien sûr qu’on ait réussi à trouver sa place dans les pages, pendant sa lecture. Et puis, un livre a autant de vies que de lecteurs, et ça pour une armoire normande, c’est plus difficile. Alors, oui, je suis étonné, toujours par la vie des livres. Cette manière qu’ils ont d’éclore et de renaître n’importe où. On ne s’y attend pas et hop, un livre est là. Et puis là encore. Là aussi. C’est un objet qui maîtrise aussi l’ubiquité. Ça aussi, pour une armoire normande, c’est plus difficile : quand elle est là, en général elle est là. Alors qu’un livre est toujours ailleurs. Même quand on le tient dans les mains, il est ailleurs. Il dit : ailleurs. Il dit des liens. Souvent invisibles. Oui, la vie d’un livre est souvent invisible, y compris à son auteur. Alors quand quelqu’un vous dit : on l’a lu, c’est toujours un peu étrange. Et quand, comme c’est le cas dans l’Oise, vous êtes 485 à l’avoir lu et apprécié, eh bien on a envie de demander si c’est vraiment vrai et puis dans la foulée, d’embrasser 485 personnes.
Lorsque l’on interroge les élèves, tous précisent qu’ils ont adoré les histoires de Félicien parce qu’elles sont drôles et surtout parce qu’elles ne ressemblent en rien à ce qu’ils ont l’habitude de lire. Était-ce une intention délibérée de votre part de dynamiter les codes traditionnels de la littérature de jeunesse ?
Ah le mot dynamite, c’est vraiment bien. Je ne parle pas de la dynamite, mais du mot dynamite. Le mot en soi, pas la chose. On devrait arrêter de balancer des bâtons de dynamite n’importe où n’importe comment, et user du mot dynamite pour fracasser quelques idées, par exemple. Selon lesquelles, la pédagogie aurait un quelconque rapport avec la littérature, ou bien selon lesquelles on ne pourrait pas parler de tout avec les jeunes gens. Et puis, il paraît que les jeunes sont complètement incultes. Les jeunes sont quand même moins intelligents qu’avant. Toujours devant leurs écrans. Dans leur monde. C’est comme une tribu de peaux-rouges. Ils aiment quand il y a beaucoup de couleurs dans les dessins. Et ils aiment quand c’est magique. Ils sont comme ça. Et naïfs, tellement naïfs, bien sûr, ils sont tous convaincus que le monde est plein de nains qui partent au boulot en sifflotant. Il faut les protéger, il faut les éduquer, en tout cas faire ce qu’on peut pour les éduquer. Moi, la seule personne que j’ai à éduquer, c’est ma fille. Les autres enfants ou adolescents que je rencontre, mon travail, c’est de leur apprendre que le mot dynamite est un mot magnifique. Et que la littérature peut sauver un esprit à l’abandon. Que la poésie, c’est de la réalité qu’on ajoute à la réalité. Et qu’il y a à donner, ouvrage après ouvrage, dans la littérature jeunesse, la définition poétique d’une certaine révolution : celle de l’imagination critique.
 
Les jeunes lecteurs qui ont plébiscité votre ouvrage ont entre 9 et 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?
Je lisais les listes d’articles que ma mère commandait dans les catalogues de vente par correspondance. Je lisais le Club des 5. Je me souviens de Malataverne de Bernard Clavel. Gaston Lagaffe et Lucky Luke. Les albums Panini (ben oui ça se lisait quand même). Télé Poche. Et puis des petits livres sur les grandes villes du monde.
Comment est né le personnage de Félicien ?
J’ai un goût prononcé pour les vilains petits canards, les différents, les un peu monstres, les pas aimables tout de suite, les revêches. Félicien fait partie, avec Bouli, avec Catalina, de ces personnages qui sont sans doute des émanations du propre enfant de moi. De cet enfant, qu’à force de rêveries et au fil des textes, je réinvente. Je le vois comme ça sans doute parce que j’étais effroyablement banal.

Comme s’est passée votre collaboration avec Ronan Badel, l’illustrateur ?

Très bien. On ne s’est jamais rencontré dans la vraie vie, ce qui évite pas mal les disputes. Nous sommes pourtant des parents très attachés à leur enfant. C’est notre manière à nous de vivre l’amour. En tout indépendance. Trêve de plaisanterie, j’aime beaucoup ce que Ronan a inventé. Le texte me semblerait bien seul, sans ses dessins.

Deux tomes des aventures de Félicien ont été publiés à ce jour. A quand la suite ?
Dès que nous aurons le temps de nous y remettre !
Fabrice Melquiot, un univers d'auteur en partage, 1 DVD vidéo, 361 min ; 1 livret, 8 p. collection Entrer en.

Interview de Arthur Ténor

Arthur Ténor est écrivain pour la jeunesse depuis 1998. Il a publié des romans pour toutes les tranches d’âge et pratiquement dans tous les domaines. Il est cependant plus connu pour ses récits historiques, notamment sur les deux guerres mondiales, Versailles et Louis XIV ou encore le Moyen Age. Il réside en Bourbonnais, tout près de Vichy. Dans une présentation personnelle, il se décrit comme un «explorateur de l'imaginaire». Sa passion de l'écriture est pour lui « semblable à celle d'un aventurier sans cesse en quête de contrées inconnues, de rencontres inoubliables, de péripéties palpitantes ».

L'esprit qui anime ses récits est résolument positif « L'action et le suspense se mêlent toujours à l'étonnement et à la tendresse, à l'humour et à la fantaisie ». Son souhait est surtout d'exprimer son amour et son respect indéfectibles de la vie. (source CRDP de Poitiers)

 

«  Lorsque j'écris un livre, j'y mets naturellement et spontanément beaucoup de ce que j'aime, de mes expériences personnelles, de ma vie quotidienne, donc ce que je suis. »

Le site Lire pour le plaisir présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?

Je fais partie d'une génération où le choix était assez restreint. Nous lisions tous les Club des Cinq, Clan des Sept et autres séries des Bibliothèques Roses et Vertes. Il m'est arrivé, trop rarement sans doute, de faire quelques incursions dans des œuvres dites « classiques ». J'ai par exemple un souvenir ébloui des romans de Marcel Pagnol. Bizarrement d'ailleurs, car je n'aimais que l'action, les mystères, les bagarres et les courses-poursuites… mais sans doute aussi le bonheur et la poésie.

Vous publiez ces jours-ci le second volume de votre série A l’école des pages du Roy-soleil qui se déroule à Versailles sous le règne de Louis XIV. Est-ce que la rédaction d’un roman historique demande un gros travail de documentation ?

Disons, un travail certain. L'inquiétude permanente de l'auteur, lors de l'écriture d'un roman historique, est qu'à tout instant l'erreur le guette. J'ai le souvenir par exemple,  après avoir soigneusement rédigé et vérifié « Guerre secrète à Versailles » (Gallimard Jeunesse), de m'être tout à coup aperçu que je n'avais pas une vision vraiment précise d'un véhicule qui tient une place particulière dans l'histoire (d'ailleurs l'illustrateur l'a représenté en couverture). Il s'agit de la ramasse, un wagonnet qui fut utilisé (peu de temps) par des courtisans pour s'amuser à descendre à toute allure le chemin de la Ménagerie. Je m'étais imaginé qu'il s'agissait d'une petite voiture biplace, facile à manipuler. En cherchant un peu, j'ai découvert qu'en fait, elle mesurait quatre mètres, pesait une tonne cinq et roulait sur des rails. Catastrophe ! Heureusement, en poussant encore un peu plus loin la recherche, j'ai appris que le menuisier de Louis XIV, Jacques Mirel, avait réalisé un prototype biplace, facile à manipuler… Ouf ! Sauvé !

Donc oui, c'est souvent assez stressant, d'autant que je ne m'accorde pas le droit à l'erreur.


Vos romans sont tous très différents, de la fantasy au récit historique  en passant par les albums pour les plus petits. Existe-t-il un point commun qui traverse toutes vos œuvres ?  

L'auteur ! Lorsque j'écris un livre, j'y mets naturellement et spontanément beaucoup de ce que j'aime, de mes expériences personnelles, de ma vie quotidienne, donc ce que je suis. Finalement, lorsque je me lance dans une histoire d'amour ou policière ou un drame, une fois l'idée trouvée, les grandes lignes de l'intrigue imaginées, je ne fais que choisir le décor et l'époque les plus appropriés : un château médiéval, un collège de nos jours, un lointain pays du monde… Même sur la planète Zébulon, les histoires d'amour et de rivalité présentent les mêmes fondamentaux. Mon caractère me porte vers la diversité, c'est-à-dire la richesse. C'est pourquoi, je diversifie mes plaisirs d'explorations. Comme au restaurant, j'aime goûter à tout. Et quand c'est un buffet bien garni… je deviens fou !

Y-a-t-il une grosse différence de méthode entre le fait d’écrire seul un roman et celui de réaliser un album pour les plus petits avec une illustratrice ?
Précision : je n'ai jamais réalisé un album avec une illustratrice. J'écris mon texte, comme je le sens, puis le propose à l'éditeur qui le transmets à l'illustrateur (trice) qui lui/elle-même l'illustre sans que j'intervienne, sauf dans le meilleur des cas si l'on veut bien me présenter les crayonnés. Je dois préciser que l'album n'est pas ma spécialité.

Les différences de méthodes sont nombreuses et logiques. Pour l'album : simplification de l'écriture, style direct, pas de 3ème degré… C'est aussi pour moi plus difficile, car justement plus exigent sur le plan du style. Le temps passé pour écrire deux pages est souvent plus long que pour dix ou vingt de romans. Même trouver une idée qui soit adaptée aux tout petits est beaucoup plus délicat qu'on ne l'imagine.

Qu’attendez-vous des rencontres avec vos jeunes lecteurs lorsque vous vous déplacez dans les classes ?

L'une des principales évolutions du métier d'écrivain est de pouvoir sortir de sa “ bulle ” pour aller à la rencontre de ses lecteurs. Cela se fait grâce aux salons qui, en France, sont plus nombreux que partout ailleurs dans le monde, et aussi bien sûr lors des rencontres scolaires et autres (en bibliothèques par exemple). En ce qui me concerne, c'est indispensable. J'ai été instituteur, prof, formateur… Sans ces moments d'échanges privilégiés, j'éprouverais un sérieux manque. Ma première motivation, comme pour l'écriture, est le plaisir, celui du partage. C'est gratifiant aussi, puisque nos œuvres, nos « bébés » sont mis en valeur et qu'on en parle. C'est souvent encourageant dans les moments de doute, et la plupart du temps très agréable grâce à la gentillesse de ceux qui nous reçoivent. Et il arrive parfois qu'on en revienne avec une idée, mais aussi des interrogations puisqu'on recueille des avis extérieurs, souvent pertinents. Et soulignons également que sans les rencontres scolaires, nombre d'auteurs et d'illustrateurs ne pourraient pas envisager de vivre de leur métier. Subventionner les établissements qui nous accueillent, ce n'est pas seulement aider la culture et promouvoir la lecture, donc investir pour l'avenir, c'est aussi soutenir des professionnels qui ne le sont guère par ailleurs.

Allez-vous un jour écrire des romans pour les adultes ?

Il ne faut jamais dire jamais, mais ce n'est pas dans mes préoccupations. Je me sens comme un basketteur à qui l'on demanderait s'il pourrait envisager de jouer au hand-ball. Sa réponse serait certainement, « Pourquoi pas ? Mais je me débrouille mieux au basket. C'est là que je prends le plus de plaisir, où est ma place en somme ». Les tentatives que j'ai faites, avant d'être publié, ont été des échecs. Ensuite, devenu auteur pour la jeunesse, quand j'ai à nouveau tenté ma chance sur ce terrain, j'ai obtenu des accords, certes, mais pour entrer dans de nouvelles collections jeunesse. Par contre, un rêve que je nourris, serait d'écrire des scénarios de films.

Vous avez publié dix titres au cours de l’année 2010 et déjà six en 2011. Comment faites-vous pour tenir un tel rythme d’écriture ?

Quand on aime, on ne compte pas. Je n'ai pas l'impression de travailler comme un forçat. Je suis un peu comme un enfant ; quand il joue, il ne voit pas le temps passer. Il n'est jamais fatigué, et s'il n'était pas obligé de se livrer à d'autres activités (apprendre, dormir, manger…) il n'arrêterait sans doute jamais. Je dois dire que je m'efforce d'avoir une journée bien organisée. Chaque matin, je « pars au bureau ». Je m'astreins à des horaires (souples) de travail, qui incluent les soirées et les jours fériés. Cette discipline permet d'avancer, même s'il faut parfois se faire un peu violence au démarrage. Et puis surtout, surtout !, il faut renoncer à la télé, le pire chronophage que je connaisse.
 
Quelle sera votre actualité littéraire d’ici la fin de l’année ?
Je suis sur plusieurs projets (eh oui, j'aime bien varier les plaisirs). J'ai au feu un roman réaliste sur la vie de collégien, parfois un peu difficile quand ça se passe mal avec les autres, et un grand roman fantastique d'évasion en cours. De quoi occuper mes journées et mes soirées d'automnes, entre les rencontres et les salons, pour mon plus grand bonheur !

Quant aux sorties, on découvrira en octobre la première enquête des Justiciers de Gaïa, une nouvelle série (écolo), chez Oskar Jeunesse. Puis en janvier ce seront les nouvelles aventures d'un page à la cour du Roy-Soleil (le T2 vient tout juste de sortir).

 

Notre avis sur L'elfe au dragon tome 1

Notre avis sur A l'école des pages du Roy-Soleil tome 1

Interview de Séverine VIDAL

Séverine Vidal est née en 1969. Après des études littéraires, cette maman de trois enfants qui aimait jouer à la maîtresse quand elle était petite est naturellement devenue professeur des écoles. Depuis son premier roman publié en 2010, elle enchaîne les publications à un rythme impressionnant. Afin de franchir une étape supplémentaire, elle a décidé de quitter l’enseignement pour se lancer à plein temps dans l’écriture.

 «  Je suis sensible au fait de mettre une dose d'humour, pour rendre le réel supportable, et j'aime  que la grâce et l'émotion arrivent quand on ne les attend pas ! »

Le site Lire pour le plaisir présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?


Je lisais en boucle "E+mc2, mon amour" de Patrick Cauvin, sous la couette !

Vos personnages doivent souvent affronter des épreuves difficiles mais ils parviennent toujours à garder un certain optimisme. Est-il simple de mettre en scène cet équilibre précaire où l’humour et la joie de vivre viennent s’insérer au cœur de situations complexes ?


C'est une analyse très pertinente, vous avez raison. Je crois que je cherche ça : emmener mes personnages vers la lumière, ou qu'ils m'y mènent, eux. Je suis sensible au fait de mettre une dose d'humour, pour rendre le réel supportable, et j'aime  que la grâce et l'émotion arrivent quand on ne les attend pas !

Et puis, dans la vie, l'humour, la capacité à rire de soi-même sont des forces.


On retrouve dans plusieurs de vos ouvrages le thème de la séparation parentale qui perturbent parfois grandement les enfants.  Souhaitez-vous délivrer un message particulier aux jeunes confrontés à cette situation ?


Je ne suis pas sûre que la séparation perturbe grandement les enfants. Vivre avec des parents qui se disputent à longueur de journées et se détestent est sans doute aussi  très perturbant. La fille sur le fil s'en sort bien, je crois, même si je n'élude rien des difficultés liées à cette situation.  Et puis Ava dans "Comment j'ai connu papa" ou Bestiole dans "Comme une plume" ne se laissent pas démonter.  Elles savent s'entourer.

Dans la vie, je ne connais que ça : mes parents sont divorcés et j'ai trois enfants de deux pères différents. Je suis habitée de ces vies éclatées, drôles, en bazar, où les gens construisent ensemble une autre "famille", un peu différente.


Y-a-t-il une grosse différence de méthode entre le fait d’écrire seule un roman et celui de réaliser un album pour les plus petits avec une illustratrice ?

Ah, oui, c'est très différent. Ce sont des plaisirs, des contraintes différentes.

Le plaisir partagé dans le cas du travail en binôme, le plaisir solitaire, intime, dans le cas du roman. Mais dans les deux cas, j'aime l'idée d'une petite contrainte (littéraire) : un point de départ pour l'inspiration, une illustration, un titre, le nom d'un personnage. Parfois, tout part d'un détail, d'une phrase.

Avec votre dernier titre, Noël en juillet, vous vous lancez dans le polar. Un exercice difficile ?


Vous êtes très au courant, merci !

Oui, c'était un exercice exaltant, tout à fait différent de ce que j'écris d'habitude.

Une aventure géniale : une rencontre avec deux autres auteures, le désir de travailler à plusieurs. Nous avons chacune un personnage et nous le faisons vivre, un chapitre sur trois. Je suis Youri, et c'est lui qui m'embarque. On a beaucoup ri en écrivant ce texte. Et ce n'est pas fini : le tome 2 sort cet automne et le tome 3 en 2012.

 Aimeriez-vous écrire des romans pour les adultes ?

Oui ! J'aurai plus de temps l'année prochaine, j'arrête l'enseignement. J'ai une idée derrière la tête !


Vous avez déjà publié cinq ouvrages depuis le 1er janvier 2011. Est-ce que votre actualité  s’annonce aussi chargée d’ici la fin de l’année ?

Oui, une poignée de livres cet automne : une série chez Frimousse, des albums et la suite de notre polar, donc !

Et déjà une dizaine de livres prévus en 2012, la vie est belle !

 

 

Notre avis sur Comment j'ai connu papa

Notre avis sur Du fil à retordre

 

 

Interview de Claire FERCAK

Si sa Louga a des cheveux aussi noirs que ceux d’Alice sont blonds, Claire Fercak aime penser que toutes les petites filles ont le pouvoir de glisser dans un pays des merveilles. En ce qui la concerne, Claire a trouvé son propre tour de magie : côtoyer des philosophes morts, partir à La Chasse au Snark, appeler tous ses chats Edgard, suivre un groupe de rock (Tarantula Box Set, Éditions le mot et le reste). Et surtout, ne pas rebrousser chemin devant le premier Rideau de verre (Éditions Verticales) venu.
Les Chants magnétiques viennent d’être publiés aux éditions Léo Scheer. (Présentation extraite du site de l'éditeur).
 
« Le conte permet d’introduire la magie, le rêve, mais c’est important qu’il ne soit pas coupé d’une histoire humaine. »
 
Une poupée vivante et un homme-arbre qui parle… une maison dessinée dans laquelle on peut entrer et vivre, c’est original. Quelle a été votre source d’inspiration ?
Ce livre est l’adaptation d’une fiction radiophonique écrite pour France Culture, Conte noir de la poupée.  Thomas Baumgartner de l’émission les Passagers de la nuit m’avait envoyé un mail pour me commander une fiction : 2 voix, 4 épisodes de 5 minutes. Le thème était totalement libre. Quand j’ai reçu son mail, j’étais à Chicago, je logeais dans un manoir à une demi-heure de la ville.  Ma chambre donnait sur le lac Michigan, un lac comme un océan bordé par une forêt. Il y a là-bas une lumière exceptionnelle que je n’ai jamais vue ailleurs. Elle semble venir de l’autre côté du lac, mais cet autre côté, on ne le voit pas. L’idée est venue de là. J’avais envie d’aller de l’autre côté du lac, la fiction s’est emparée de cette idée. Que fait-on quand on est seul, comme abandonné, près d’un lac ? Ça ne devient vraiment intéressant pour moi que si quelque chose nous empêche de faire le tour, d’atteindre l’autre rive, nous empêche de rentrer chez nous. Être piégé dans un corps de poupée par exemple. Imaginer que l’on est piégé, contraint dans l’écriture, c’est se pousser à trouver des voix, des chemins pour en sortir. C’est ainsi que Louga est née. La contrainte imposait une seconde voix, je n’avais pas envie d’une seconde voix féminine qui aurait été comme une conscience de la poupée.  Je voulais que la poupée soit confrontée à un étranger, qu’il y ait une découverte. D’où ce personnage, William, qui erre et découvre Louga. On ne sait pas bien qui il est, mais il a l’air perdu lui aussi. Chacun cherche un abri, une maison à soi, et c’est la poupée qui va créer cette maison. Je suis donc partie de cette fiction pour écrire Louga et la maison imaginaire. Mais la narration l’a investie, les images, la poésie ont gommé le dialogue plus sec de la fiction radio, l’histoire a évolué, les personnages aussi.
Quelle est l’origine du prénom Louga ?
Louga est une ville russe dans un roman de Dostoïevski. C’est en discutant avec une amie que ce nom m’a semblé parfait pour la poupée de porcelaine de mon histoire.
Votre roman parle d’abandon, de blessure et de solitude. Est-il plus simple d’aborder ces sujets sous l’angle d’un récit empreint de merveilleux plutôt que sous une forme réaliste ?
Ce sont des thèmes que j’ai déjà abordés dans mon premier roman, qui était beaucoup plus réaliste. Je pense, en effet, qu’il est plus simple de les aborder sous l’angle du merveilleux, de l’imaginaire pour les lecteurs que sont les enfants. Je ressens une grande liberté, créée par cette part de l’imaginaire, dans l’écriture pour enfants. Il s’agit plutôt de partir des images et non des idées.
Louga est un texte est à la fois poétique et onirique pas forcément évident à interpréter pour les enfants. Avez-vous déjà recueilli des témoignages ou des interrogations de vos jeunes lecteurs ?
J’ai recueilli plusieurs témoignages de jeunes lecteurs. Ils n’ont pas eu l’air désorienté par le côté métaphorique de l’histoire. J’ai l’impression que même si quelque chose échappe aux enfants, cela ne les éloigne pas de la lecture.  Au contraire, je pense que c’est préférable de leur ouvrir de nouvelles perspectives même s’ils ne peuvent pas s’en emparer au premier abord. Le conte permet d’introduire la magie, le rêve, mais c’est important qu’il ne soit pas coupé d’une histoire humaine.
Aurez-vous de nouveaux titres publiés au cours de l’année 2011 ?
Pas au cours de l’année 2011. Je viens de terminer l’écriture de la suite de Louga, qui paraîtra, je pense, au printemps 2012. C’est l’arrivée de Louga et William de l’autre côté du lac, leur découverte de ce nouveau monde merveilleux, l’apparition de nouveaux personnages et compagnons de route !

Interview de Sylvie Albou-Tabart

Passionnée par l’Egypte, Sylvie Albou-Tabart aime emmener ses lecteurs, petits ou grands, aux temps lointains des pharaons. Pour son premier roman jeunesse, Voyage dans l’au-delà, elle s’est librement inspirée d’un conte égyptien vieux de plusieurs millions d’années et retrouvé sur un papyrus du Musée Britannique. 

 
« L’idée n’était pas d’aborder la conception de la mort en particulier, même si effectivement les aventures de Sénosiris le mènent dans un au-delà empreint de magie et de danger. »
 
Notre site  présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?

Difficile de répondre précisément, car cela remonte à quelque temps déjà ! Une chose est sûre, plus jeune, j’ai commencé par dévorer les collections de la fameuse bibliothèque rose, pour passer ensuite à la bibliothèque verte. J’adorais, entre autres, Fantômette et le Club des Cinq, que je lisais jusque tard dans la nuit, en cachette, glissée sous les draps et éclairée par une petite lampe électrique. Bref, un exemple à ne pas suivre.

Et j’ai toujours beaucoup aimé toutes les littératures de l’imaginaire, du fantastique à la fantasy en passant par la science-fiction.

 
 
Comment est née votre passion pour l’Égypte ?

Un peu par hasard, même si j’ai toujours trouvé cette civilisation fascinante.
En fait, on m’a proposé de collaborer à l’écriture d’une collection de fascicules sur l’Égypte ancienne, et j’en suis venue petit à petit à m’intéresser tout particulièrement à la femme, une femme remarquablement libre et indépendante pour l’époque. J’ai ensuite co-écrit un ouvrage sur le sujet, Femme en Égypte au temps des pharaons, paru aux éditions Altipresse.

Je me suis également passionnée pour la littérature, découvrant des écrits foisonnant de magie et de merveilleux. Et quoi de plus fascinant que d’imaginer ces scribes penchés sur leur papyrus ou leur ostraca, des tessons de poterie qui leur servaient de cahiers de brouillon, il y a plus de 4000 ans ! J’ai donc commencé par résumer ces récits pour les faire connaître. Puis j’ai eu envie de les mettre à la portée des enfants, car ils ont au départ été écrits par des adultes pour des adultes, dans un style soutenu et complexe, avec très peu de dialogues.
Tout en restant fidèle aux récits d’origine, j’ai ainsi adapté neuf contes, qui sont parus aux éditions Albin Michel Jeunesse sous le titre de Contes d’Égypte.

 

 
Comment expliquez-vous que cette civilisation fascine autant les enfants ?
Pour de nombreuses de raisons je pense. La mythologie égyptienne y est sans doute pour beaucoup avec ses incroyables dieux, mi-hommes mi-animaux, dotés de pouvoirs tous plus extraordinaires les uns que les autres, et capables d’intervenir dans le monde des vivants. Sans oublier les momies et l’embaumement, que j’ai pris beaucoup de plaisir à décrire dans mon roman pour y ajouter ce petit frisson que les enfants – et beaucoup d’adultes également – aiment tant !
 Vous avez publié un recueil de contes et un ouvrage sur la femme en Egypte au temps des pharaons. Pourquoi avoir choisi cette fois-ci le roman ?

Lors de l’écriture de Contes d’Égypte, je n’ai pas pu tous les adapter. Pourtant, l’un d’eux avait particulièrement retenu mon attention. Il s’agit en fait d’un cycle de trois histoires, dont celle de Satni et de son fils Sénosiris. C’est un récit qui fut découvert sur un papyrus du Musée Britannique et dont j’ai lu plusieurs traductions, dont celle de Gaston Maspero, un célèbre égyptologue français aujourd’hui disparu.
Ce récit se prêtait merveilleusement bien à l’idée de base d’un roman, avec ce jeune garçon, Sénosiris, dont même la naissance est miraculeuse, et qui devient rapidement un magicien particulièrement doué. Mais, cette fois, je ne me suis que très librement inspirée du texte original, prenant de nombreuses libertés avec l’histoire afin d’en faire un roman passionnant et plein de rebondissements. Tout en veillant cependant à rester fidèle au contexte historique et au mythe des dieux égyptiens.

Vous abordez dans Voyage dans l’au-delà le thème de la conception de la mort chez les Égyptiens. D’où vous est venue l’idée de parler de ce thème si particulier ?
L’idée n’était pas d’aborder la conception de la mort en particulier, même si effectivement les aventures de Sénosiris le mènent dans un au-delà empreint de magie et de danger. L’aventure commence alors que son père regarde passer deux cortèges funéraires : celui d’un riche que l’on mène au tombeau avec faste et honneur, et celui d’un indigent enroulé dans une simple natte. Alors que son père envie l’enterrement du plus riche, Sénosiris décide de lui montrer que ce n’est pas l’important et ce que jugeront les dieux. Il utilise donc une formule magique pour l’emmener à la rencontre des dieux de l’Égypte et assister au jugement des morts dans la salle de justice. C’est tout cet univers incroyablement riche, semé d’embûches et de rencontres surprenantes, voire terrifiantes, qui m’a donné l’envie d’en faire un roman.
Lorsque vous rencontrez vos jeunes lecteurs, quelles sont les questions ou les commentaires qui reviennent le plus souvent ?
Ils me demandent presque toujours où je trouve mes idées. Et je réponds : « dans ma tête, dans mes rêves » même si pour ce roman en particulier je me suis basée sur un récit existant.
L’important est de laisser parler son imagination, et les personnages prennent vie !
Quelle sera votre actualité littéraire en 2011 ?
En fin d’année paraîtra, toujours aux éditions Les Lucioles, un album pour les plus petits avec des héros récurrents, dont un lutin nommé Topinambour en raison de sa ressemblance avec la patate du même nom. Ce qui d’ailleurs, bizarrement, est chez les lutins gage de beauté. L’idée est ici d’aborder de façon amusante un thème plus sérieux, comme de découvrir pourquoi diable le ciel est bleu ! L’enfant est amené à donner son avis et à choisir entre les différentes propositions, plus ou moins farfelues, des personnages.
Sénosiris reviendra quant à lui pour de nouvelles aventures en 2011 ou début 2012.
J’ai également écrit d’autres romans, dont certains devraient voir le jour prochainement.
 
Le site de Sylvie Albou-Tabart : http://www.auteur-albou-tabart.com

Interview de Myriam Gallot

Myriam Gallot est une jeune trentenaire née à Saint-Étienne qui vit aujourd’hui à Lyon. Elle est l’auteure de deux livres pour adultes, On n’arrête pas le progrès (éditions D’un noir si bleu) et Les cœurs suspendus (éditions Noviny 44). L’heure des chats est son premier ouvrage  pour la jeunesse.  

 

« Je suis attentive aux mots que j'emploie, aux rythmes des phrases, des chapitres. Aux enchaînements. Aux non-dits aussi, car l'implicite est au moins aussi essentiel que ce qui est dit, même si le texte s’adresse à des enfants. »

 

Notre site  présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?

Bizarrement, je n'ai pas de souvenirs précis de mes lectures à cet âge. Je crois que l'offre en littérature jeunesse n'était pas du tout aussi étoffée ni aussi qualitative qu'aujourd'hui.

Le premier roman qui m'ait marqué s'appelait « Ben est amoureux d'Anna ». Je l'ai lu en CE2.

J'ai ensuite dévoré les ouvrages de la bibliothèque verte à tendance « détectives » : « Le club des cinq », les « Alice ».

  

En 5ème, je suis devenue une inconditionnelle des romans d'amour anglo-saxons pour adolescentes. J'ai lu tous ceux du CDI de mon collège.

Le côté « détective » et les sentiments, des ingrédients qu'on retrouve dans « L'heure des chats ». Comme quoi, il n'y a pas de hasard !

 

 

L’écriture, pour vous, c’est une envie qui remonte à l’enfance ?

A 10 ans, on m'a offert un journal intime qui fermait par cadenas. C'est à ce moment que j'ai commencé à écrire régulièrement, par besoin d'exprimer ce que je vivais. Je n'ai jamais arrêté longtemps, depuis. Journal intime et lettres surtout, à l'adolescence.

 

Comment est venue l’idée du roman L’heure des chats ?

J'ai d'abord « entendu » la voix d'Élise, la narratrice, et j'ai commencé à écrire en la faisant parler. Les autres personnages sont apparus à travers elle. Je n'avais aucune idée de l'histoire que j'allais raconter. D'ailleurs, ce que j'ai écrit en premier n'est pas le début du livre!

C'est assez souvent ainsi que j'écris, les mots viennent avant l'histoire. L'histoire découle intuitivement des mots, et non l'inverse. Je n'intellectualise pas au moment où j'écris. Je suis souvent surprise par ce qui apparaît. La réflexion vient après.

 

Avez-vous essuyé plusieurs refus avant de voir votre manuscrit accepté ?

J'ai proposé mon manuscrit à une dizaine d'éditeurs simultanément, et Syros m'a contactée assez vite. Je m'attendais à ce que ce soit beaucoup plus difficile d'être publiée.

Pour « L'heure des chats », je craignais que les thèmes abordés gênent (l'avortement, le cannabis), et ne paraissent pas adaptés à l'âge des protagonistes (10 ans).

 

Est-ce que, comme votre héroïne Elise, vous vous êtes posé beaucoup de questions au moment du passage de l’école au collège ?

C'est à cet âge que j'ai réalisé ce que voulait dire « jamais plus », que j'ai pris conscience du temps qui passe. Je ne suis pas sûre que je me sois vraiment posé des questions, mais j'ai eu très peur soudain. Très peur de quitter l'enfance.

Élise raconte qu'elle passe devant son école et se dit qu'elle ne fera plus jamais le trajet pour y aller. J'ai eu cette impression, en fin de CM2, que quelque chose finissait, quelque chose qui avait été bien et que j'aurais aimé voir durer encore. Mais je n'avais pas le pouvoir d'arrêter le temps, ni de revenir en arrière.

Je me souviens très bien de cette impression, encore aujourd'hui.

 

Vous portez un regard à la fois tendre et assez triste sur la vieillesse. Êtes-vous particulièrement préoccupée par cette question ?

Par le temps qui passe, oui, ça ne s'est pas arrangé depuis!

Avec Angèle, Élise prend conscience de l'effet cruel du temps sur les êtres vivants.

Elle découvre aussi une certaine forme de liberté que s'est autorisée Angèle, qui appartenait pourtant à une génération où une telle liberté n'était pas évidente, pour une femme.

Angèle est isolée. Comme beaucoup de personnes âgées, elle s'est repliée sur les animaux. Elle a connu des blessures qui expliquent cette fin de vie un peu triste. Mais c'est une femme de caractère, qui a osé s'affirmer et être différente.

Pour moi, Angèle est un personnage positif, de plus en plus positif au fil du roman, quand Élise arrive à dépasser l'apparence effrayante de la très vieille dame, et les bruits qui  courent à son sujet.

Ma grand-mère, qui a plus ou moins l'âge d'Angèle, a aimé mon roman !

 

Aurez-vous de nouveaux titres publiés au cours de l’année 2011 ?

Je travaille sur un manuscrit adultes, qui devrait être prêt d'ici la fin de l'année, mais ne paraîtra pas avant 2012, le temps que je lui trouve un éditeur.

[j’ai déjà publié pour adultes « On n’arrête pas le progrès » chez D’un noir si bleu et « Les cœurs suspendus » chez Noviny44]

Il me faut beaucoup de temps pour écrire car je suis perfectionniste! Je reviens de nombreuses fois sur ce que j'ai écrit avant d'être satisfaite. Je suis attentive aux mots que j'emploie, aux rythmes des phrases, des chapitres. Aux enchaînements. Aux non-dits aussi, car l'implicite est au moins aussi essentiel que ce qui est dit, même si le texte s’adresse à des enfants. Cet implicite permet à chaque lecteur de s’approprier l’histoire. Je reprends, je remanie. Je laisse tomber mon texte, puis j'y reviens, avec un regard neuf. Bien sûr, je fais en sorte que tout ce travail n'y paraisse plus, une fois le livre publié, et que la lecture en soit fluide.

J'ai aussi un autre roman jeunesse en tête, j'ai pris des notes mais n'ai pas commencé à le rédiger. Dès que j'ai terminé le manuscrit sur lequel je travaille, je m'y mets. J'ai pris un grand plaisir à écrire « L'heure des chats » et à me replonger en enfance. Mais le prochain roman jeunesse sera différent. Cela ne m’intéresse pas de recommencer dans le même style. J’aime bien changer, sinon je m’ennuie !


Notre avis sur l’heure des chats :

http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_petits_lecteurs/?p=906

 

Interview de Marie-Claude Bérot

Marie-Claude Bérot est née à Toulouse en 1939. Elle vit dans les Pyrénées, une région dans laquelle se déroulent plusieurs de ses romans. Mère de trois enfants et grand-mère de cinq petits enfants, cette ancienne infirmière puéricultrice a publié son premier livre à 54 ans après avoir envoyé un manuscrit par la Poste aux éditions Milan. Depuis, de nombreux autres ont suivi, avec comme inspiration principale la volonté de confronter ses jeunes héros à la « vraie vie ».

 
« Je ne suis attirée ni par la science-fiction ni par le polar. Les histoires de sorciers me laissent de marbre. Quant aux monstres je n’y comprends rien. Au fond je n’aime que les romans de la vraie vie. »
 
Notre site  présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?

Lorsque j’avais cet âge-là (il y a 60 ans !) la littérature jeunesse était bien mince. J’ai donc commencé à lire pour le plaisir avec la Comtesse de Ségur. Cet auteur-là a fait longtemps mon bonheur. J’ai lu et relu toute l’œuvre sans me lasser. A l’école on s’intéressait d’abord aux poètes, ce qui n’est pas rien. Moi, j’adorais tout ou presque.

Et puis les classiques : Racine, Corneille. (Ouf ! allez-vous penser, pourtant je vous assure que ce n’était pas une corvée de jouer Andromaque ou le Cid pour la fête de fin d’année).
Je détestais Molière et … La Fontaine aussi, je ne sais pas pourquoi. Jules Verne ne me faisait pas rêver non plus et je ne peux toujours pas approcher la science-fiction.

Par contre j’ai beaucoup aimé le « Sans famille » d’Hector Malot puisque je me souviens encore très bien de l’histoire. Je lisais « les pieds Nickelés » en douce… 

60 ans plus tard ma mémoire me joue un sale tour, je ne me souviens plus bien. Sauf pour les poèmes dont beaucoup sont bien présents dans ma tête.
Et aujourd’hui, quels sont vos genres ou vos auteurs préférés ?

Aujourd’hui, je lis peu de romans jeunesse, je l’avoue. J’ai une tendresse particulière pour Marie-Sabine Roger et son « Attention Fragiles ». Je viens de lire « Djamila » de Jean Molla que j’ai aimé. Je ne suis attirée ni par la science-fiction (déjà dit plus haut) ni par le polar. Les histoires de sorciers me laissent de marbre. Quant aux monstres je n’y comprends rien. Au fond je n’aime que les romans de la vraie vie. L’humour m’intéresse mais je suis incapable de l’écrire, dommage !

Andrée Chédid : « L’autre », « les marches de sable » (j’aime tous les romans d’Andrée Chédid) ;  Xavier-Laurent Petit : «153 jours en hiver » ; Véronique Olmi et son « Bord de mer », sublime. Et puis, pour le plaisir j’ai envie de parler de « Elle lui dirait dans l’île » de Françoise Xenakis, inoubliable (lu et apprécié par une de mes filles alors qu’elle n’avait pas beaucoup plus de 12 ans).

 
 Vous avez publié votre premier roman à 54 ans. Aviez-vous des textes dans vos tiroirs depuis de nombreuses années ?
Plein ! Et ils y sont encore.
 Vous écrivez des ouvrages pour les préados et d’autres pour les plus grands. Adaptez-vous votre écriture en fonction du public auquel vous vous adressez ?

Quand je commence un texte, je ne sais pas ce que je vais écrire. La première phrase est parfois longue à venir mais une fois lancée je me raconte une histoire dont je ne connais ni le déroulement, ni bien sûr la fin. Je ne peux donc pas savoir à quelle tranche d’âge il s’adresse. C’est mon éditeur qui sait mieux que moi. Mon vocabulaire est toujours simple. Il est évident qu’à la lecture, une fois le livre terminé, je fais tout de même la différence entre « Badésirédudou » qui s’adresse à de tout jeunes lecteurs et « Tu me plais tout simplement » ou « Aube rouge sur l’océan » pour les 13-15 ans.

Certains ne sont pas faciles à classer, je pense justement à « L’heure du renard »
En général je me laisse aller sans me poser de questions.

L’intrigue de L’heure du Renard et de La guerre de l’ours se déroule dans les Pyrénées, en pleine nature. Etes-vous plutôt rat des villes ou rat des champs ?

Sans aucune hésitation : rat des champs ! Pourtant il y a une ville où je pourrais vivre : Toulouse. J’y suis née, j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 25 ans et je continue à l’aimer de loin. J’ai suivi un montagnard qui lui aurait eu bien du mal à se passer de ses Pyrénées. Et je vis dans ces montagnes-là depuis lors… cela fait de nombreuses années !

Vous avez déclaré dans une interview que vous vous retrouviez dans le personnage d’Isa, la jeune héroïne de L’heure du Renard. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui je me sentais bien en retrouvant Isa la sauvageonne. Certains de mes personnages sont très proches de ce que je suis ou ressens. Je suis Isa dans la solitude de la montagne, je respire avec elle, je marche avec elle.
Mais je suis plus encore peut-être Léonore l’héroïne d’un tout petit roman pour les 10 ans : « Le stylo rouge ». Léonore qui est mal dans sa peau.
On n’est pas forcément dans tous les héros que l’on dépeint. Parfois, j’imagine un personnage auquel j’aurais bien voulu ressembler sans y parvenir : par exemple Victoire de « L’année de mes 15 ans ».
Quelles sont les réflexions de vos jeunes lecteurs qui reviennent le plus souvent ?
La réflexion qui revient le plus souvent : « Ca pourrait m’arriver ! »

Il y a une réflexion qui m’a beaucoup fait rire : après la lecture de « Badésirédudou » un garçon s’est exclamé : « Hé bien ! moi qui me croyais jaloux je ne le suis pas autant que Louis ! » Finalement ce roman l’avait rassuré et avait fait tomber sa honte.

Et une réflexion qui m’a particulièrement émue : « il faut beaucoup d’amour pour écrire des histoires comme ça ».
Une classe de 6ème de Paimpol en Bretagne m’a donné, sans y prendre garde, la conclusion de « L’heure du renard ». C’est formidable ! Merci en passant aux Paimpolais qui liront peut-être ceci.
Quelle sera votre actualité littéraire en 2011 ?

Pour l’instant la page est un peu blanche… Un texte chez l’éditeur pour les plus grands et pas encore de réponse. Dans ce texte qui ne sera peut-être jamais publié (il arrive qu’un manuscrit soit refusé) je me suis fait plaisir en me promenant (en rêve) dans Toulouse.

«Ninon-Silence » (dès 10 ans) publié en 2000 sera réédité dans le courant de l’année sous un autre titre pas encore choisi.
 
 
Notre avis sur L'heure du renard
Notre avis sur La guerre de l'ours