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Le pionnier du nouveau monde

1657. Jacques a 14 ans. Il quitte avec sa famille le petit village du Perche qui l’a vu naître et embarque pour la Nouvelle-France. Il découvre une existence et un environnement rude où les hivers sont parfois interminables. Suite à une déception amoureuse, Jacques abandonne les siens et part avec un trappeur au cœur des grandes forêts canadiennes pour faire commerce de fourrures avec les indiens. L’aventure avec un grand A dans une nature sauvage et souvent hostile…

Un hommage à Jack London et aux romans d’aventure d’une redoutable efficacité. Cet hymne aux grands espaces nord-américains fait la part belle à l’amitié et à la communauté indienne aux dépens des colons venus d’Europe. Un vrai plaisir de suivre les pérégrinations de Jacques au fil des ans et des saisons. La faim, la violence, mais aussi de grands moments de joie auront jalonné une existence passée au grand air. Une belle surprise !
 
Le pionnier du nouveau monde de Michel Piquemal. Milan, 2012.
152 pages. 5,90 euros. A partir de 10 ans.
 

 

Mauvais garçon

Un homme né en 1943 est le narrateur interne de ce récit, il est le grand-père de celui à qui il raconte l’histoire de sa vie. L’ouvrage débute par la description de ce que pouvait être un élève en échec scolaire, lorsqu’on l’appelait encore cancre. Toutefois sa professeure de musique arrive à capter son attention après l’avoir initié au tambour. L’usage qu’il en fait n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui décrit dans le film germano-franco-polonais "Le Tambour" de Volker Schlöndorff, adapté du roman éponyme de Günter Grass paru en 1959. 

Progressivement, après avoir été renvoyé de plusieurs écoles, le « mauvais garçon » tombe dans la petite délinquance et il est envoyé dans une maison de redressement. C’est dans les alentours qu’il rencontre M. Alfie qui demande à ce qu’il vienne travailler avec lui auprès de ses chevaux. Il lui donne en particulier la mission d’amadouer un cheval qui a vraisemblablement subi des violences de la part de ses anciens propriétaires. Finalement il s’engage dans la cavalerie de sa majesté et, retrouvant là le cheval dont il avait fait l’éducation, c’est sur son dos, en jouant du tambour, qu’il défile lors d’une parade.

Les lecteurs habituels de Michael Morpurgo adhéreront tout de suite à ce récit et pour ceux qui ne connaissent pas les livres de cet auteur, voilà une très belle porte d’entrée dans son univers, surtout si l'on est un garçon.


Mauvais garçon de Michael Morpurgo (ill. Michael Foreman).
Gallimard jeunesses, 2012. 144 pages. 8, 50 euros. À partir de 9 ans.

 

 

 

Le gang des culottes courtes

A lire à partir de 11 ans, un peu plus, un peu moins…
Est-ce pour du vrai ou bien non ? Humour ! Par exemple « note de bas de bas de page » cela ne veut pas dire que la page a eu une note de 1 à 20 (page 8 dans le livre). C’est quoi alors ?

Zoran Drvenkar est-il le vrai auteur du livre ou le simple témoin des aventures vraies que lui racontent 4 vrais garçons canadiens : Rudolpho, Island, Snickers, et Ciment ? Drôles de prénoms, non ? Et puis ont-ils vraiment réussi à sauver des vies lors d'une tempête de neige, d'un grave accident de train, à dompter les grizzlis et à exceller dans des matchs de hockey sur glace ?

Place à leurs aventures (ce n’est pas de la rigolade). Chacun a droit à un chapitre à son nom.
C’est parti.
 
 
Le gang des culottes courtes de Zoran Drvenkar. Gallimard jeunesse, 2009.
186 pages. 6,30 euros. A partir de 11 ans.
  

J’ai tué l’océan

Pridi est un jeune chenapan. Il fait subir à tous les habitants de son village les pires farces et ceux-ci commencent à le détester sérieusement. Mais un jour, il décide de se rendre de l’autre côté de l’Ile, afin d’observer le vieux Kukrit qui fait la curiosité de tout le monde. Vingt ans auparavant, une vague scélérate lui a enlevé sa femme et son fils. Et depuis, chaque jour, il tue l’océan. La rencontre des deux individus se fait justement sur cet océan que Kukrit est allé insulter en pleine nuit alors que Pridi dormait dans sa pirogue…

Un livre étonnant qui met en présence deux individus qui n’étaient pas destinés à se rencontrer. Cet ouvrage est à réserver à nos lecteurs les plus assidus et amateurs de vocabulaire soutenu. La morale est à deviner, voire à inventer. Un avantage pour ceux qui ont de l’imagination à revendre ! 

J’ai tué l’océan de Jean-François Chabas. L’école des loisirs, 2012.
93 pages. 8,70 euros. A partir de 10 ans

La danse de Fiona

Il était une fois… (« Once upon a time » en anglais, c’est joli aussi) : le livre commence ainsi… c’est dire qu’il est pour celles et ceux qui croient aux contes de fées (ce qui pourrait ne pas être sans raison !…)

Un violoneux rencontre « la plus belle fille qu’il ait jamais vue » qui plus est, une danseuse… pour laquelle jusqu’alors aucun musicien n’a jamais été capable de jouer de son instrument assez vite pour la suivre lorsqu’elle s’élance sur la piste de danse. Est-ce que le jeune violoneux sera plus virtuose qu’eux ?

Il s’appelle Padraig O’Hara et elle Fiona O’ Brien. Si jamais il y parvient il pourra l’épouser. Tel est l’enjeu. Alors le tempo ? Pas trop rapide ? Ce n’est pas gagné. Il a fallu qu’il s’y reprenne à plusieurs fois. Mais l’amour gagne toujours…

 
 
La danse de Fiona de Nathalie Somers (ill. Daphné Collignon).
Nathan, 2011. 42 pages. 5,60 euros. A partir de 8 ans.
 
 
 
 
 

Thomas l’Aristoloche et l’affaire des bleus

Voilà un ouvrage qui propose une fiction sur environ 130 pages, avec une dizaine d'illustrations couvrant une feuille entière dont le style fait des clins d'œil à Sempé, connu en jeunesse pour les albums originaux du "Petit Nicolas" (qui n'ont que le titre en commun avec leurs succédanés proposés actuellement). Une trentaine de pages composent la partie documentaire consacrée essentiellement aux plantes utilisées comme colorants pour les vêtements ou les aliments, avec un louable souci de représentation des plantes en question.  Il y a aussi une page commune aux cinq peintres dont les tableaux sont évoqués dans le récit et à Dominique Rocheteau footballeur bien connu  dans les années 1970 (il est l'idole de Gaspar ami du héros de l'histoire). 

Le récit débute par la lecture d'une coupure de presse qui annonce un acte de vandalisme  au musée d'art moderne de Paris sur un tableau de Matisse. Le jeune héros Thomas, scolarisé en cinquième, habite près du jardin du Luxembourg et il a pour ami Gaspard, un lecteur assidu du quotidien sportif  L'Équipe. Il a également sympathisé avec le professeur Potard qui enseigne la botanique à des étudiants, or ce dernier a été contacté par la police pour les aider à trouver la piste des voleurs. En effet par dérision, ces derniers ont placé à côté d'une peinture de Manet, un tableau au contenu non figuratif qui possède des pigments bleus particuliers. Cette affaire pourrait être liée à un trafic de faux Picasso de la période bleue. Thomas, Gaspard et le  professeur Potard, ne sont pas des bleus et ils  vont petit à petit découvrir le pot aux roses. Une belle réalisation qui confirme les qualités d'une série commencée en 2006. 

Thomas l'Aristoloche et l'affaire des bleus de Guillemette Resplandy-Taï et Clotilde Perrin.
Le pommier, 2010. 174 pages. 13,90 euros. De 10 à 15 ans
 

À la poursuite de la gigantesque lamproie géante

L’idée est de proposer une fiction sous forme de BD sur environ les trois-quarts de la page et un documentaire en rapport sur le quart restant composé de clichés photographiques et de croquis.  Dans À la poursuite de la gigantesque lamproie géante, c’est essentiellement le sud du département du Loiret qui est valorisé avec en particulier le pont-canal de Briare. Toutefois une carte et des explications concernent l’ensemble des canaux autour de la Loire moyenne et on voit même le canal du Loing dont une bonne partie traverse la Seine-et-Marne. 

Nos quatre héros (un savant et trois animaux) sont secondés par une valise magique et leur locomotive circulant aussi bien sur les routes, que dans les airs et au-dessus de l’eau. Dans cet épisode ils vont devoir faire face à l’apparition dans les canaux du centre d’une gigantesque lamproie prête à avaler tout être qui passe à sa portée. Heureusement, par l’intelligente utilisation d’une écluse, la lamproie est vaincue et se voit proposer d’aller terminer ses jours comme actrice dans le Loch Ness. La grande originalité du scénario est bien relayée par un graphisme donnant une touche de fantasy. 

 Il est à noter que cette fiction sait s’appuyer sur l’importance (en nombre) des lamproies que connaissait la Loire moyenne jusqu’il y a une bonne cinquantaine d’années. Des gags dans l’illustration s’ajoutent à la donnée comique des situations ou des dialogues. Le premier volume a été déjà chroniqué ici, le tome 3 portera sur la ville de Blois et le suivant tournera autour de la cathédrale de Chartres ; les derniers tomes auront une action dans le Berry (départements de l’Indre et du Cher).

À la poursuite de la gigantesque lamproie géante de Grégoire Kocjan et Julie Ricossé. L’atelier du poisson soluble, 2012.
40 pages. 15 euros. À partir de 7 ans pour la BD et de 9 ans pour la partie documentaire
 
 
 
 
 

A la recherche des éléphants perdus

Soli vit au Cameroun. Il est en vacances chez son oncle dans la réserve d’éléphants de Kimia. Il y retrouve Bella, une jeune éléphante, sa meilleure amie. Mais une centaine de braconniers attaquent la réserve. L’heure est à l’action, et ils ne sont que trente. La résistance s’organise. Soli contacte Max, le responsable de l’association de protection de l’environnement « Les Sentinelles de la terre ». Ils ont une célèbre devise : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants… » (Antoine de Saint-Exupéry). Celui-ci leur envoie sept personnes dont un chuchoteur Masaï, Jomo, et une équipe de la télévision singapourienne. La chasse aux contrebandiers s’organise. Les premiers sont bien vite arrêtés. Le ministre des eaux et forêts intervient en personne sur les ondes et menace les voyous de lourdes sanctions. Leur attaque a été médiatisée, ils ne pourront pas sortir impunément du pays. La réserve de Kimia reçoit des messages de soutien et des aides financières du monde entier. Les éléphants sont sauvés !  

Un vocabulaire coloré pour une Afrique éclatante, une chaleureuse entente entre les amoureux de la nature et la nature elle-même. Un regard réfléchi sur ce qui se passe dans les réserves. Les braconniers ne sont pas décrits comme des monstres assoiffés de sang, mais comme des êtres humains qui doivent vivre avant tout et qui vivent malheureusement du commerce de l’ivoire. De même, ne sont pas fustigés ceux qui achètent de l’ivoire. Ils le font sans réfléchir, voilà tout. Non, ce sont les riches marchands qu’il faudrait arrêter. Un ouvrage qui permet aux enfants de comprendre comment vivent les éléphants, et qui fait aussi un état des lieux de leur situation en Afrique. Un grand plaidoyer pour cet animal en voie de disparition. Ce livre est le deuxième de la série « les Sentinelles de la Terre », après Pour l’amour d’une baleine en danger. A paraître le troisième : Une voix pour sauver les gorilles.   

Véronique Delamarre Bellégo vit en France, près de Paris. Elle a fait des études à HEC, mais a quitté son poste de directrice du marketing d’une grande société lorsque son mari a été muté à Singapour, puis au Japon, et en Australie. Après s’être occupée de ses enfants, elle a commencé à écrire des livres pour les jeunes lecteurs. De retour en France, elle publie son premier ouvrage aux éditions Oskar Jeunesse. Elle anime également des ateliers d’écriture pour adultes en entreprise.

A la recherche des éléphants perdus de Véronique Delamarre Bellégo.
Oslo jeunesse, 2011. 101 pages. 9,45 Euros. A partir de 9 ans.

 

Le câlin du Yéti

Prenant l’aspect de romans, "L'étrange voyage d'Ahmed" et "Le câlin du Yéti" ont la forme de contes de sagesse destinés à conforter le jeune lecteur dans un désir de grandir et de séparation de ses parents. Peu dense au niveau du texte ils peuvent être parcourus d’un trait par un enfant d’une petite dizaine d’années. L’auteur a parsemé son ouvrage de quelques mots d’un vocabulaire recherché ;  le jeune interrogera quelqu’un ou utilisera le dictionnaire pour connaître son sens quand il ne devinera pas de lui-même en fonction du contexte le sens approximatif du mot.

En fin d’ouvrage des pages documentaires évoquent le Népal et pose des questions autour de l’existence réelle du Yéti. Des dessins en noir et blanc d’un style très réaliste, parfois d’une pleine page, ancrent bien le récit dans l’univers décrit. Le jeune héros se donne pour défi de rencontrer le Yéti et peu après l’avoir fait, un moine l’aide à percevoir le saut symbolique qu’il vient de réaliser et il le rassure sur l’avenir d’adulte qui va être le sien.

Le câlin du Yéti de Pierre Duriot et Christophe Alvès. L’Harmattan Jeunesse, 2012.
54 pages. 8, 50 euros. À partir de 9 ans

L’inconnu des coulisses

Voilà de la lecture pour les 9-11 ans, plus ou moins…

L’inconnu des coulisses…C’est qui ? Bonne question ! Quelques titres des dix chapitres du livre pour essayer de deviner : « Le moulineur de nuages, Chantage, Rendez-vous avec un fantôme… » et le titre du dernier : « La nuit de Noël. » Cela ne vous aide pas vraiment. Le père Noël ? Vous y croyez ?

D’abord un maître et des élèves ; Mado, la gouvernante, pour s’occuper de tout ; le père, Georges, souvent absent pour affaires… Suivons Olivier, le fils. Il rentre à la maison faire ses devoirs : grammaire, phrases, et des flèches de couleurs différentes pour indiquer les fonctions des mots ; puis leçon d’histoire. Et après, enfin, lire ses emails. Bref, jusque là rien d’extraordinaire. (Ce pourrait être vous !) Que du familier certes, mais après ?

Que se passe-t-il ensuite ? Et pour finir ? Sachez juste que vous allez découvrir le Grand-Théâtre de Bordeaux. Et La flûte enchantée de Mozart, ça vous dit quelque chose ?

L’inconnu des coulisses d’Hélène Kérillis. Hatier, 2008.
95 pages. 5,30 euros. A partir de 9 ans.