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Dolorès de Villafranca

La BD Dolorès de Villafranca de Marijac (Scénario) et Gloesner (Dessin) a été rééditée fin 2012 avec une nouvelle colorisation. Elle était parue à l’origine de 1956 à 1957 dans "Mireille" un journal pour les filles. Pour le jeune lecteur d’aujourd’hui, le récit constitue une approche intéressante de Guerre d’Espagne et à ce titre sa place serait bienvenue dans les CDI des collèges où on étudie l’espagnol.

L’histoire est construite autour des sentiments passionnels qui animent une Espagnole d’une petite vingtaine d’années issue d’une famille de grands propriétaires terriens et son cousin, rejeté par une bonne partie de cette même famille parce qu’il est d’origine gitane. Dans la presse commerciale laïque pour les jeunes, que ce soit dans l’Entre-deux-guerres ou durant les Trente Glorieuses (1945-1974), lorsqu’une guerre civile sert de fond à une histoire en images, il est d’usage de répartir bons et méchants dans les deux camps. Par ailleurs très souvent le récit se clôt par un mariage entre les deux héros : la jeune personne qui professe des idées conservatrices et l’homme engagé dans le camp progressiste qui désire changer la société.

Ici ce schéma est reproduit d’une façon extrêmement fidèle. Il est à noter que tant le scénariste Marijac que le dessinateur Noël Gloesner sont des très grands auteurs de la presse enfantine de la IVe République et de la présidence du Général de Gaulle. Cette BD appartient donc au patrimoine du neuvième art. Seul regret, l’idée d’avoir confier à Félix Meynet de réaliser la couverture de l’album. Le côté James Dean du héros de Marijac et Noël Gloesner et l’aspect mi-Carmen (des opéras d’antan) et mi-infante ont été perdus là.


Dolorès de Villafranca de Marijac et Noël Gloesner. Artège, 2012. 52 pages. 11, 50 euros. À partir de 10 ans.  

 

 

 

 

 

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Le monde de Milo T1

Milo vit avec son père dans une cabane au bord d’un lac. Un jour, alors qu’il pêche les écrevisses, il découvre un œuf doré au fond de l’eau et décide de la ramener chez lui dans un sceau. L’œuf éclot et laisse apparaître un poisson d’or. A partir de là, les événements s’enchaînent. C’est d’abord un drôle de bonhomme à la tête de crapaud qui vient frapper à la porte de la cabane. Puis Milo libère une jeune fille prisonnière d’un sac avant d’être entraîner par le poisson d’or dans un monde alternatif menacé par un sombre sorcier…

Une nouvelle série jeunesse pleine de peps et qui dégage beaucoup de charme. Le dessinateur Christophe Ferreira est à l’évidence très influencé par les films d’animation japonais des studios Ghibli. Il n’y a qu’à voir la minutie de ses décors ou son travail sur l’ombre et la lumière. Une ambiance graphique vraiment fascinante.

Les grincheux reprocheront le manque d’originalité de ce récit à la trame déjà vue mille fois où un jeune garçon ordinaire bascule sans raison apparente dans un monde de féérie. Certes. Mais ici l’alliance d’un dessin séduisant et de péripéties encore enveloppées d’un épais voile de mystère a tout pour tenir le jeune lecteur en haleine.

Le monde de Milo est prévu en deux tomes, il ne faudra donc pas attendre longtemps pour connaître le fin mot de l’histoire. Une raison supplémentaire de se jeter sur ce premier volume.

Le monde de MiloT1 de Marazano et Ferreira.
Dargaud, 2013. 56 pages. 14 euros. Dès 9 ans.

 

 

 

 

 

 

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Le Musée Disney

Voilà un album qui prolonge l’exposition tous publics "Mickey, Donald, tout un art" du 40e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême tenu en janvier 2013, mais qui n’est pas un catalogue d’exposition. Non seulement ceux qui ont été élevés au "Journal de Mickey" et "Picsou magazine", mais tous ceux (quelque soit leur âge) qui ont été nourris aux dessins animés de Walt Disney goûteront ce livre. Le système fonctionne sur une double-page, à gauche la production originale et à droite l’hommage qui lui est rendu.

Les clins d’œil à l’histoire de l’art sont le seul fait des auteurs des productions Disney (Maurizio Amendola, Stefano Attardi, Alessandro Barbucci, Barbara Canepa, Enrico Faccini, Gianfranco Gireco, Roberto Marini, Paolo Mottura, Fausto Oneto, Ilaria Rondena, Silvano Scolari …) même s’ils sont réalisés  sur divers supports et qu’ils ne sont pas tirés de vignettes de BD ou d’images provenant des dessins animés. Si l’œuvre appartenant à l’histoire de l’art est nommée, sa datation est renvoyée à une information proposée en fin d’ouvrage dans les pages de crédits photographiques. On peut regretter que les productions originales ne soient pas présentées selon un ordre qui aurait pu être chronologique. On notera l’absence d’un tableau de Joan Miro (car dérobé par les Rapetou comme on le voit) face à un Mickey traité à la façon de l’artiste né à Barcelone.

Les styles et les époques sont très variés car il s’agit de découvrir Donald devenu un pharaon ; Picsou transformé en Frédéric Ier Barberousse à la manière d’une miniature provenant du XIIe siècle d’une abbaye germanique ; Dingo métamorphosé en Joconde ; Minnie et Mickey intégrant la toile "Le Colin-maillard" de Fragonard ; Daisy imitant une femme à l’ombrelle peinte en 1886 par Monet ; deux tableaux de Van Gogh ; Miss Tick se coulant dans la silhouette de "Judith et la tête de Holoperne" (une œuvre réalisée par Gustav Klimt) ; Dingo et Pluto s’inscrivant dans un tableau de Dali, etc.


Le Musée Disney (collectif).  Glénat, 2013. 160 pages. 29 euros. À partir de 8 ans.

 

 

 

 


 

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Hilda T2 : La parade des oiseaux

Hilda et sa mère ont quitté leur petite cabane dans la montagne et sont venues s’installer en ville. Un nouvel environnement difficile à apprivoiser pour la petite fille, surtout depuis que sa maman refuse de la laisser sortir seule dans le quartier. Accompagnée de ces nouveaux camarades de classe, Hilda découvre que les enfants peuvent parfois se montrer cruels, un concept totalement inconcevable pour elle. En recueillant un oiseau blessé, elle va à nouveau faire preuve d’altruisme mais ce compagnon va l’entraîner loin de chez elle. Confrontée à l’immensité de la ville, Hilda voit peu à peu la nuit tomber et est incapable de retrouver son chemin… 
 
Une drôle de série au charme inclassable. Le premier tome confrontait cette gamine attachante au roi des elfes de la vallée du nord. Dans ce second volume, la banalité de la situation de départ glisse à nouveau vers le fantastique. Peu à peu, le réel et le surnaturel se chevauchent jusqu’à la superbe scène finale proche d’un certain onirisme.

Le dessin est simple et efficace, les couleurs somptueuses et cette petite fille aux cheveux bleus véhiculant des valeurs de tolérance et de fraternité est attachante en diable.

Une vraie réussite.


Hilda T2 : La parade des oiseaux de Luke Pearson. Nobrow, 2012.
40 pages. 14,95 euros. A partir de 9 ans.

 

 

 


 

 

 

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Chats T4 : Chats touille

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, on aurait gagné à proposer le tableau de chaque chat dans une pose en rapport avec la dominante de son caractère en compagnie de sa maîtresse, le tout suivi de leurs deux noms et de leur race. Il est en effet un peu difficile de rentrer dans ce tome 4 en étant bombardé dans une succession de gags traités en une page dont les personnages principaux varient constamment.

La première planche nous conte l’aventure de Polux dont le résultat du manège autour du poisson rouge ne va pas enchanter sa maîtresse. On est là dans du très classique pour le lecteur adulte mais il ne faut pas oublier que cet album vise un jeune lectorat. La deuxième histoire nous évoque Pamplemousse surnommé  affectueusement "Pampan" qui fait profiter de ses miaulements tout un quartier. Un gag sort ensuite de l’ordinaire puisqu’il est bâti sur l’envie de Manon (qui doit avoir quatre-cinq ans) d’aller à l’école en habit costumé de chat. On poursuit avec à l’école un exposé sur les chats par le grand frère de Manon auprès d’une institutrice mégère au look d’une grand-mère. L’apport scientifique se révélant réellement inexistant, on enchaîne sur quelques caractéristiques propres à certaines races de chat (le singapura et l’angora), et on apprend au passage le nom de deux autres chats de cette fiction : Bouboule et Imnopet. À la page 8 on nous informe qu’en fait l’essentiel de l’action est à situer dans cet album sur l’île de Noirmoutier (le scénariste y a vécu une partie de son enfance). Nous découvrirons ensuite Mistigri en chasseur de perruque sur les plages du lieu. Les gags se succèdent en faisant intervenir ponctuellement des animaux comme un hérisson ou l’oncle souris qui renvoie à un peu dans sa fonction à l’oncle Paul du "Spirou" des Trente Glorieuses (1945-1974).

On voit aisément que le lecteur n’est pas  ici guetté par le risque de monotonie mais il ne sera malheureusement pas non plus assailli par les éclats de rire tant les gags sont dans l'ensemble assez médiocres. De ce tome on retiendra avant tout les pages 44 à 45 où est présenté l’alphabet des chats. Un poster reprenant ce contenu est d’ailleurs proposé avec l’album.

Chats T4 : Chats touille de Brrémaud et Antista. Hugo BD, 2012.
  
48 pages. 10, 45 euros.  À partir de 7 ans.
 
 


 

 

Espions de famille T1 : Bons baisers de papy

Difficile pour Alex de croire que son grand-père Amédée a été dans sa jeunesse un agent spécial de l’organisation ultra-secrète baptisée « Les anges de Charlie ». Après tout, il ne serait pas le premier enfant à avoir un papy mythomane. Mais lorsque toute la famille du jeune garçon disparaît, il doit se rendre à l’évidence : c’est un coup de l’infâme colonel Mordicus, un savant fou que « Les anges de Charlie » avaient mis sous les verrous il y a de nombreuses années. Pour récupérer les siens, Alex va devoir se lancer dans une trépidante course poursuite, avec l’aide de Papy et de la belle Leila… 

Une histoire très pêchue, pleine d’action et de rebondissements. On se croirait parfois dans un épisode des Totally Spies mais après tout ce n’est pas forcément une mauvaise chose… L’humour est au rendez-vous et les dialogues font souvent preuve d’une belle répartie.

Voila donc un album frais et divertissant, à réserver aux jeunes lecteurs amateurs d’aventures à la James Bond (toutes proportions gardées).

Espions de famille T1 : Bons baisers de papy de Thierry Gaudin et Romain Ronzeau.
BD Kids, 2012. 50 pages. 9,95 euros. A partir de 9 ans.

 

 

 

 


 

 

Camomille et les chevaux T2 : Sacré Pompon

Cet ouvrage plonge la jeune lectrice (plutôt que le jeune lecteur) dans une succession de  gags (un par planche). Le rythme est effréné et pour éviter la routine, notre héroïne Camomille (âgée d'une douzaine d'années) reçoit l'appui de sa jeune sœur (sa cadette d'à peu près sept  ans) à qui est offert un poney. On notera que l'action est située de façon explicite à Caen dans le texte et l'illustration (une très belle vue d'ensemble du château). L'univers de la campagne et de la côte normande sont par ailleurs présents dans d'autres pages.

On est généralement face à un comique de situation avec parfois des gags qui jouent sur le décalage entre le texte et les images. Ponctuellement le sujet permet d'aborder des points de connaissance, comme page 11 le respect du code de la route lorsqu'on est à cheval ou page 30 une typologie des races de chevaux les plus connus (mustang, shire, andalou, appaloosa …). A noter par ailleurs que les dernières pages permettent à l'enfant d’apprendre à dessiner l’héroïne et son cheval.

Voici donc un  univers comique qui plaira à l’évidence en premier lieu aux amatrices de chevaux.

Camomille et les chevaux T2 : Sacré Pompon de Lili Mésange et Turconi. Hugo BD, 2012.
48 pages. 10, 45 euros. À partir de 7 ans et plutôt pour les filles.

 

 

 

 

 

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Un bébé à livrer

Cet album a été sélectionné par des bibliothécaires pour l’édition 2013 du prix Bull’gomme 53 décerné par des élèves de la Mayenne à un auteur ayant publié au plus quatre albums de BD.

Voici le mythe un peu oublié de la cigogne apportant les bébés revisité avec l’idée qu’une aile blessée empêche l’oiseau d’assurer sa mission. Aussi la cigogne confie-t-elle cette tâche à un trio un peu limité intellectuellement composé d’un lapin, un canard et un cochon. S’en suivent des aventures rocambolesques et burlesques qui doivent amener ces personnages et le bébé en Avignon où bien sûr nous guette un gag autour du pont Saint-Bénézet  (sérieusement amputé depuis le XVIIe siècle).  Plus étonnant est le passage temporaire dans un avion à destination des Philippines qui fait suite au déguisement en humain à l’aide d’un manteau recouvrant les trois animaux montés les uns sur les autres.

Le style de l’illustration, proche de celui des dessins animés pour enfants, est totalement adapté au contenu des aventures. Chaque page contient trois ou quatre vignettes et le volume des dialogues est assez court, il n’y a aucun cartouche.  

Un bébé à livrer de Reineke. Vraoum, 2011. 300 pages. 36 euros.  À partir de 8 ans.

 

 

 


 

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Les dinosaures en bande dessinée T3

Troisième détour du coté des dinosaures en BD pour Plumeri et Bloz. Les deux auteurs appliquent les mêmes recettes que précédemment, à savoir des gags en une planche respectant autant que possible les connaissances scientifiques actuelles. 

Présentation de célèbres paléontologues, description des différentes espèces avec au bas de certaines pages une fiche d’identité très complète, focus sur les comportements parfois étranges des uns et des autres (avec une mention spéciale pour les parades sexuelles des dinos mâles cherchant à séduire les femelles), il y a une grande variété d’approches permettant d’éviter une certaine forme de monotonie. Appréciable également la figure récurrente de l’érudit et gaffeur Indino Jones qui ne cesse depuis le premier album d’accompagner les jeunes lecteurs dans leur découverte des gros lézards du jurassique. A noter également que le glossaire, fort utile pour découvrir la signification des termes les plus difficiles, est une fois de plus présent en fin d’album.

Toujours aussi instructive que divertissante, cette série mérite assurément d'être découverte, que l’on soit ou non passionné par la cause des dinosaures.   

Les dinosaures en bande dessinée T3, de Plumeri et Bloz.
Bamboo, 2012. 46 pages. 10,60 euros. Dès 8 ans.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Géo BD tome 3 : Les Enfants de l’ombre

Au début du XXIe siècle, un peintre de l’ethnie Han majoritaire arrive dans la province méridionale du Yunnan ou du Guizhou où vivent plusieurs minorités dont les Miao, connus pour l’extrême sophistication de leurs vêtements traditionnels de couleur indigo. Ces derniers sont connus dans les pays de l’ancienne Indochine sous le nom de Hmongs, ils sont certainement une douzaine de millions à ce jour dont 85 % sur le territoire chinois où se déroule l’action de cet album. 

Il n’a pas été fait le choix d’une page documentaire à la fin de cet album si bien que ces informations sont absentes. La  réalité du contrôle des naissances dans l’Empire du milieu pour les populations non-hans ne débouche que sur la tolérance d’un second enfant et ces personnes n’ont pas un choix total sur leur nombre d’enfants, contrairement à la vision que l’on a généralement de cette question. Le caractère d’exception relative débouche sur un non-respect plus aisé dans des lieux isolés. 

Le motif principal de cet album part de cette réalité sociale. Outre l’artiste han, les personnages principaux sont une jeune villageoise, Shilou, et son grand-père (ses parents sont partis dans la Chine côtière pour travailler en usine). Sont également importants mais à un degré moindre le jeune amoureux de Shilou et une tisserande âgée voisine du peintre. Pour certaines raisons Shilou n’est jamais allée à l’école, aussi en suivant le début de son apprentissage de l’écrit, le lecteur approche le sens de certains caractères chinois et la connaissance des principes de cette écriture.  Le graphisme sait très bien rendre les paysages dans leur immensité ou dans un aspect réduit.  Du fait que l’héroïne ne rencontre aucun personnage masculin de son âge et que la question de la fécondité est posée, cette BD convient mieux à un lectorat de jeunes filles.        

Géo BD, tome 3 : Les Enfants de l’ombre de Béka et Marko.
Dargaud, 2012. 48 pages. 10, 60 euros. À partir de 10 ans.