Interview de Sylvie Albou-Tabart

Passionnée par l’Egypte, Sylvie Albou-Tabart aime emmener ses lecteurs, petits ou grands, aux temps lointains des pharaons. Pour son premier roman jeunesse, Voyage dans l’au-delà, elle s’est librement inspirée d’un conte égyptien vieux de plusieurs millions d’années et retrouvé sur un papyrus du Musée Britannique. 

 
« L’idée n’était pas d’aborder la conception de la mort en particulier, même si effectivement les aventures de Sénosiris le mènent dans un au-delà empreint de magie et de danger. »
 
Notre site  présente des ouvrages pour les enfants de 9 à 12 ans. Que lisiez-vous à cet âge-là ?

Difficile de répondre précisément, car cela remonte à quelque temps déjà ! Une chose est sûre, plus jeune, j’ai commencé par dévorer les collections de la fameuse bibliothèque rose, pour passer ensuite à la bibliothèque verte. J’adorais, entre autres, Fantômette et le Club des Cinq, que je lisais jusque tard dans la nuit, en cachette, glissée sous les draps et éclairée par une petite lampe électrique. Bref, un exemple à ne pas suivre.

Et j’ai toujours beaucoup aimé toutes les littératures de l’imaginaire, du fantastique à la fantasy en passant par la science-fiction.

 
 
Comment est née votre passion pour l’Égypte ?

Un peu par hasard, même si j’ai toujours trouvé cette civilisation fascinante.
En fait, on m’a proposé de collaborer à l’écriture d’une collection de fascicules sur l’Égypte ancienne, et j’en suis venue petit à petit à m’intéresser tout particulièrement à la femme, une femme remarquablement libre et indépendante pour l’époque. J’ai ensuite co-écrit un ouvrage sur le sujet, Femme en Égypte au temps des pharaons, paru aux éditions Altipresse.

Je me suis également passionnée pour la littérature, découvrant des écrits foisonnant de magie et de merveilleux. Et quoi de plus fascinant que d’imaginer ces scribes penchés sur leur papyrus ou leur ostraca, des tessons de poterie qui leur servaient de cahiers de brouillon, il y a plus de 4000 ans ! J’ai donc commencé par résumer ces récits pour les faire connaître. Puis j’ai eu envie de les mettre à la portée des enfants, car ils ont au départ été écrits par des adultes pour des adultes, dans un style soutenu et complexe, avec très peu de dialogues.
Tout en restant fidèle aux récits d’origine, j’ai ainsi adapté neuf contes, qui sont parus aux éditions Albin Michel Jeunesse sous le titre de Contes d’Égypte.

 

 
Comment expliquez-vous que cette civilisation fascine autant les enfants ?
Pour de nombreuses de raisons je pense. La mythologie égyptienne y est sans doute pour beaucoup avec ses incroyables dieux, mi-hommes mi-animaux, dotés de pouvoirs tous plus extraordinaires les uns que les autres, et capables d’intervenir dans le monde des vivants. Sans oublier les momies et l’embaumement, que j’ai pris beaucoup de plaisir à décrire dans mon roman pour y ajouter ce petit frisson que les enfants – et beaucoup d’adultes également – aiment tant !
 Vous avez publié un recueil de contes et un ouvrage sur la femme en Egypte au temps des pharaons. Pourquoi avoir choisi cette fois-ci le roman ?

Lors de l’écriture de Contes d’Égypte, je n’ai pas pu tous les adapter. Pourtant, l’un d’eux avait particulièrement retenu mon attention. Il s’agit en fait d’un cycle de trois histoires, dont celle de Satni et de son fils Sénosiris. C’est un récit qui fut découvert sur un papyrus du Musée Britannique et dont j’ai lu plusieurs traductions, dont celle de Gaston Maspero, un célèbre égyptologue français aujourd’hui disparu.
Ce récit se prêtait merveilleusement bien à l’idée de base d’un roman, avec ce jeune garçon, Sénosiris, dont même la naissance est miraculeuse, et qui devient rapidement un magicien particulièrement doué. Mais, cette fois, je ne me suis que très librement inspirée du texte original, prenant de nombreuses libertés avec l’histoire afin d’en faire un roman passionnant et plein de rebondissements. Tout en veillant cependant à rester fidèle au contexte historique et au mythe des dieux égyptiens.

Vous abordez dans Voyage dans l’au-delà le thème de la conception de la mort chez les Égyptiens. D’où vous est venue l’idée de parler de ce thème si particulier ?
L’idée n’était pas d’aborder la conception de la mort en particulier, même si effectivement les aventures de Sénosiris le mènent dans un au-delà empreint de magie et de danger. L’aventure commence alors que son père regarde passer deux cortèges funéraires : celui d’un riche que l’on mène au tombeau avec faste et honneur, et celui d’un indigent enroulé dans une simple natte. Alors que son père envie l’enterrement du plus riche, Sénosiris décide de lui montrer que ce n’est pas l’important et ce que jugeront les dieux. Il utilise donc une formule magique pour l’emmener à la rencontre des dieux de l’Égypte et assister au jugement des morts dans la salle de justice. C’est tout cet univers incroyablement riche, semé d’embûches et de rencontres surprenantes, voire terrifiantes, qui m’a donné l’envie d’en faire un roman.
Lorsque vous rencontrez vos jeunes lecteurs, quelles sont les questions ou les commentaires qui reviennent le plus souvent ?
Ils me demandent presque toujours où je trouve mes idées. Et je réponds : « dans ma tête, dans mes rêves » même si pour ce roman en particulier je me suis basée sur un récit existant.
L’important est de laisser parler son imagination, et les personnages prennent vie !
Quelle sera votre actualité littéraire en 2011 ?
En fin d’année paraîtra, toujours aux éditions Les Lucioles, un album pour les plus petits avec des héros récurrents, dont un lutin nommé Topinambour en raison de sa ressemblance avec la patate du même nom. Ce qui d’ailleurs, bizarrement, est chez les lutins gage de beauté. L’idée est ici d’aborder de façon amusante un thème plus sérieux, comme de découvrir pourquoi diable le ciel est bleu ! L’enfant est amené à donner son avis et à choisir entre les différentes propositions, plus ou moins farfelues, des personnages.
Sénosiris reviendra quant à lui pour de nouvelles aventures en 2011 ou début 2012.
J’ai également écrit d’autres romans, dont certains devraient voir le jour prochainement.
 
Le site de Sylvie Albou-Tabart : http://www.auteur-albou-tabart.com

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One Response
  1. [...] petit plus de Véro… Vous trouverez ici une interview très intéressante de l’auteur réalisé par Jérôme ! This entry was posted [...]

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