Le grand Joseph

Beyrouth, 1973. Joumana se souvient. Elle avait presque 10 ans ce matin-là. Sa grand-mère Téta Soraya lui avait demandé de la rejoindre dans sa maison de la rue Georges-Zaïdan pour l’aider à préparer le repas d’anniversaire de son oncle Bachir. Joumana se rappelle de cette Mamy, fumeuse invétérée, qui passait son temps à se plaindre de tout et de rien mais possédait au fond un cœur gros comme ça. Et que dire de Geddo Joseph, ce grand-père débonnaire mesurant plus de deux mètres. Une sorte de vieux géant qui ne pouvait presque plus marcher mais qui gardait pour sa petite fille une infinie tendresse. Une enfance heureuse dans ce Liban où il faisait bon vivre.

Mais à peine deux ans plus tard, la guerre a éclaté et Joumana a dû fuir le pays avec ses parents. Elle s’est retrouvée dans un collège français près de Versailles et là, le choc fut rude. Ne comprenant pas, au départ, le mode de vie à l’occidental de ses camarades, la jeune fille va peu à peu s’intégrer, quitte à oublier d’où elle vient.
   
Un récit touchant sur la perte d’identité et l’importance des racines. Une écriture magnifique à la première personne qui va droit au cœur. Comme quoi, la littérature de jeunesse n’a parfois rien à envier à la littérature tout court.

Le grand Joseph, de Kochka, éditions Thierry Magnier, 2010.
110 pages. 8,50 euros. Dès 10 ans.

 

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