L’Envolée sauvage T3 : le Lapin d’Alice

Le second tome de la série voyait en son début, dans le wagon qui le mène au camp de concentration, le héros Simon (un jeune garçon d’environ 10 ans) faire la connaissance d’une fillette de son âge, Ada. Dans ce second cycle, c’est l’histoire récente d’Ada avant sa rencontre de Simon qui nous ait contée. Le récit démarre avec la Rafle du Vel d’Hiv à Paris, l’héroïne et sa jeune sœur sont sorties du vélodrome grâce à une action dissimulée de leur tante. Cette dernière les confie à une cinquantenaire d’un village vraisemblablement bourguignon. Toutefois le fils de la villageoise qui les recueillies est un collaborateur parisien et imprudemment les filles ont gardé une photographie compromettante aux yeux de cet homme.

Les albums de cette série tentent une approche sobre et adaptée à un jeune public du problème des enfants juifs cachés durant la Seconde Guerre mondiale et de leur arrivée dans les camps de concentration. On notera dans ce tome un clin d’œil à la "Guerre des boutons", la vision de "La Fille du puisatier" de Marcel Pagnol et l’approche sous l’angle des contes de fées que sont censées faire les deux enfants de leurs aventures.

Le dessinateur a changé mais l’illustration continue à présenter des décors fouillés et les personnages sont croqués dans un style à mi-chemin entre les rondeurs de la BD pour enfants et la rudesse réaliste des traits de la BD historique traditionnelle. Un petit souci du côté de la précision historique est à relever à la marge. En effet page 6 des miliciens participent à la rafle de l’été 1942, or la milice est crée en janvier 1943 et ce qui est son ancêtre (sans les mêmes objectifs policiers, à savoir la Légion française des combattants) a une action strictement limitée à la zone libre. Par contre page 25 la cinquantenaire déclare que son mari a été envoyé travailler en Allemagne dans le cadre du STO ; en fait les Français, qui sont partis en Allemagne dans cette large mesure n’avaient pas tous une vingtaine d’années. Si pour ce tome il est inutile d’avoir lu les volumes un et deux, par contre pour aborder le tome 4 il sera conseillé de le faire.  

Une lecture à mettre en parallèle avec le magnifique album L’enfant cachée de Dauvillier et Lizano.

L’Envolée sauvage T3 : le Lapin d’Alice de Galandon et Hamo.
Grand Angle, 2012. 48 pages. 13, 90 euros. À partir de 9 ans.


Category: BD
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2 Responses
  1. Noukette dit :

    Ce qui me fait penser que L'enfant cachée fait un bon "démarrage" auprès de mes collégiens ! Suis ravie !

  2. [...] en parle sur les blogs : A propos de livres, Lire pour le plaisir (CRDP Amiens), Vive les bêtises, Les chroniques de [...]

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