Bourricot Blues ou les musiciens de la Nouvelle-Orléans

Vieux Bourricot attend une retraite bien méritée, mais il entend que son départ pour l’abattoir est imminent. Il s’enfuit à toutes pattes en direction de La nouvelle-Orléans où sa voix « hââr-mooo-nii-yeuse » ne peut, selon lui, que lui amener un grand succès… En chemin, il rencontre un vieux chien galeux – Chien Battu – avec lequel il forme bien vite un duo. Et le couple d’animaux sur le retour se remet en chemin. Quelques kilomètres plus loin, un troisième animal – Chat Borgne – complète la bande, puis un quatrième – Coq Rouillé.

Mais au soir, ayant bien faim, ils ont l’idée d’aller chanter sous les fenêtres d’une chaumière pour gagner leur pitance. Leur public, constitué de trois larrons, leur semble quelque peu patibulaire, mais ils entonnent tout de même la première note de leur chanson qui ressemble tellement à un cri que les trois hommes prennent la fuite. Qu’à cela ne tienne ! Nos compères se jettent sur le repas abandonné par ceux-ci. Après une course effrénée, les voleurs reprennent leurs esprits. L’un d’eux décide de retourner sur les lieux de leur larcin. A peine entré, il gratte une allumette et se trouve face à Chat Borgne qui, surpris, lui saute au visage. Chien Battu le mord ensuite, Vieux Bourricot l’envoie paître d’une bonne ruade et Coq Rouillé, pendant ce temps, crie tant qu’il peut. De retour auprès de ses collègues, l’homme ne peut conclure avec eux qu’à la présence d’un monstre affreux dans la maison. Les trois voyous s’enfuient pour ne plus jamais réapparaître dans la région. Les quatre animaux, ravis d’avoir un toit bien à eux, arrêtent là leur voyage insensé, prennent leur retraite et chantent à tue-tête jusqu’à la fin de leurs jours.

Cette histoire est inspirée du conte Les Musiciens de la ville de Brême. Le texte est savoureux et emprunte rythme et fond au blues dont il est question dans le titre. L’arrivée d’un nouvel animal dans le groupe qui se constitue petit à petit se fait au rythme d’un refrain où l’affreuse voix d’un vieil ami de l’homme est mise en avant. Tout le texte est donc construit comme une chanson. Et nous avons là du blues parce qu’il y a souffrance : celle du vieil animal dont personne ne veut plus ! L’illustration est, par ailleurs, de toute beauté. Chaque page est traitée comme une peinture à l’huile à laquelle est adjoint un jeu d’ombres chinoises. Tradition et modernité se côtoient donc dans cet ouvrage faisant ainsi écho à l’opposition soulignée par le texte entre l’ancien et le moderne. Les tons sont doux, mais lumineux. Et ce livre est un régal tant pour les yeux que pour les oreilles de nos petits.

 
Bourricot Blues ou les musiciens de la Nouvelle-Orléans de Jan Huling et Henri Sorensen.
Le Genévrier, 2012. 36 pages. 15 Euros. A partir de 6-7 ans.

 

 

 

Category: Albums
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