Demain, la révolution

Un directeur remplace une directrice déchargée de classe où régnait la convivialité. Ce dernier déclare que « cette convivialité promue par les méthodes soi-disant modernes, tout cela est désastreux et ne favorise qu’une chose : le bavardage, l’agitation, bref, l’anarchie ! »  (page 28). Cependant les élèves de l’école Jean Moulin résistent et l’influence du journal télévisé leur fait penser que la contestation de l’autorité appelle l’idée de révolution. Ceci est l’occasion d’une recherche personnelle par les jeunes chez eux sur le contenu de ce mot et la mise en évidence de la supériorité du bon vieux dictionnaire sur internet pour trouver une réponse claire et rapide sur les sens de ce mot. Le jour de la révolte est programmé pour le 2 mai, lendemain de la fête du travail ; la présence inattendue de l’inspecteur dans l’école permet de trouver une solution au conflit, ce dernier désavouant les méthodes employées par le directeur de transition et renvoie ce dernier vers d’autres fonctions.      


On relève la sempiternelle erreur qui consiste à affubler un inspecteur primaire de circonscription du titre d’"inspecteur d’académie" ; il est souhaitable que soit mise fin à cette confusion dans la littérature de jeunesse, ceci d’autant que depuis 2012 ce dernier titre a disparu au profit de celui de Directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN). Les pouvoirs en matière d’exigences pédagogiques du directeur d’école sont très exagérés mais cet élément fictionnel permet d’imaginer un rejet commun aux élèves et professeurs des écoles du nouveau directeur de l’école Jean Moulin. 


Il est possible de prolonger la lecture de cet ouvrage par un ouvrage qui dépeint l’école d’avant mai 1968, on pense sur le mode comique pour un milieu urbain aux "Récrés du Petit Nicolas" ouvrage sorti en 1961 et pour l’univers rural au "Mystère de la Berlurette" de Pierre Gamarra paru en 1957, mais aussi pour des actions dans un passé plus lointain à "La communale" de Jean Lhôte (action dans les années 1930) ou à "Souvenirs" de l’historien Ernest Lavisse (vers 1850) dont on trouvait souvent des extraits dans les manuels de lectures choisies jusqu’en 1939. Par ailleurs l’idée d’organisation d’une conspiration pour mener une révolte existe dans "Maxime fait de la politique" de Brigitte Smadja, titre de l’École des loisirs comme "Demain, la révolution".  

      

 

Demain, la révolution de Valérie Zenatti. École des loisirs, 2013.
95 pages. 8,20 euros. A partir de 9 ans.

 

 

 

Category: Vivre aujourd\'hui
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