Histoires en images lues par les petits Français en âge d’être scolarisé entre 1914 et 1918

"Mon village : ceux qui n’oublient pas" est écrit en français par un Alsacien qui réside dans l’empire germanique, il paraît en 1913. À la veille de la déclaration de la Première Guerre mondiale, cette production vaudra à son auteur une condamnation à un an de prison pour haute trahison. Jean-Jacques Waltz ne l’effectuera pas car il arrivera à Belfort après un passage par Bâle. Hansi désire montrer dans "Mon village : ceux qui n’oublient" que les Alsaciens petits et grands sont restés fidèles à la fois à leurs traditions et à leur ancienne patrie la France. Tout dans leur physique, leur habillement, leurs manières d’agir les oppose aux émigrés allemands fonctionnaires (gendarme, instituteur) ou touristes présents à un moment donné dans leur village. L’esprit dans lequel ils sont caricaturés par Hansi se retrouve dans les dessins d’humour parus durant la Grande Guerre dans les journaux pour adultes et les histoires en images pour les enfants.  

Vuibert propose le début (et seulement le début) des aventures des Pieds-Nickelés durant la Première Guerre mondiale. Les originaux étaient pour la plupart des pages en noir et blanc et pour d‘autres avec des couleurs assez criardes ; cette version a été recolorisée habilement et elle a gagné en esthétique. Fuyant Paris, les trois héros se retrouvent sur le front où ils apprennent que le pays est en guerre. De multiples situations comiques servent à montrer l’intelligence (ou plutôt la roublardise) des Pieds-Nickelés et ridiculiser les Allemands souvent pris au piège en attisant un de leur défaut commun (goinfrerie, alcoolisme, vantardise, mauvaise vue…).


L’éditeur Vents d’Ouest dans "Le Meilleur des Pieds-Nickelés"  avait massacré la réédition de l’aventure des Pieds-Nickelés en Allemagne durant la Première Guerre mondiale, épisode qui suit de peu celui proposé par Vuibert. En effet le texte original déjà petit avait été réduit, des gris sales quasiment partout avaient été choisis comme couleurs, le début proposé avait une attaque peu adroite et la fin avait été également mal coupée. Bref tout cela nuit considérablement à l’envie d’entrer dans le récit et laisse la fin de l’histoire en suspend. Les références culturelles sont plus nombreuses dans cet épisode, c’est pourquoi nous conseillons cette partie (et seulement celle-là) des aventures des Pieds-Nickelés pour des collégiens.    

 

Mon village de Hansi. La Nuée bleue, 2013. 32 pages. 13,50 euros. À partir de 8 ans
Les Pieds-Nickelés s’en vont en guerre de Forton. Vuibert, 2013. 86 pages. 14,90 euros. À partir de 9 ans
Les Pieds-Nickelés chez le kaiser de Forton. 48 pages. In Le Meilleur des Pieds Nickelés, tome 7 de René Pellos et Louis Forton. Vents d’Ouest, 2008. 30 euros. À partir de 10 ans

Pour aller plus loin :

La guerre de 14 dans la BD
http://ceuxde14.wordpress.com/category/la-guerre-de-14-dans-la-bd/

 

Category: BD
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