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Yatandou

Yatandou, huit ans, vit dans un petit village malien au milieu du désert. Elle travaille dur pour aider sa mère : faire le ménage, garder les chèvres et surtout piler le mil pendant de longues heures afin d’obtenir la farine nécessaire à nourrir toute la famille. Yatandou rêve de pouvoir aller à l’école au lieu de passer ses journées à faire de la farine.

L’arrivée d’une machine à piler le mil, achetée grâce aux ventes sur le marché, révolutionne la vie du village. La plate-forme multifonctionnelle est gérée sous forme de coopérative par les femmes du village. Le temps libéré par cette innovation et l’arrivée d’une institutrice permet à Yatandou d’apprendre à lire et écrire et lui donne l’espoir qu’un jour ses enfants pourront aussi bénéficier d’une pompe à eau, d’un générateur électrique et ainsi se consacrer uniquement à leur éducation et vivre pleinement leur enfance.

Gloria Whelan nous fait découvrir le quotidien d’une petite fille, qui comme la majorité des femmes en Afrique, doit assurer, par des travaux longs et pénibles, la survie de tout un village en eau et en céréales. C’est aussi l’occasion pour l’auteur de promouvoir le PNDU (Programme des Nations Unies pour le développement) qui permet par la généralisation des machines à piler et la construction d’écoles, une scolarisation de plus en plus grande des enfants africains.

Les peintures à l’huile de Peter Sylvada rendent toute la lumière et la chaleur du ciel malien. Les tons rouges, jaunes, ocre et marron invitent à un voyage au cœur de l’Afrique australe et rendent des plus réalistes ce conte ethnique.
 

Yatandou, de Gloria Whelan (illustrations de Peter Sylvada), Le Sorbier, 2008.
36 pages. 13 euros. Dès 8 ans.

 

 

Les nouvelles aventures de Jimmy Tousseul

Jimmy Tousseul a passé une grande partie de son adolescence en Afrique. Obligé de retourner pendant quelques années en Belgique suite à un coup d’état, il revient pour la première fois sur ce continent qui le fascine. Accueilli par son vieil ami Schatzy et Hermann, un lion domestique qui sera son plus fidèle allié, Jimmy va devoir suivre les rites d’initiation réservés aux membres d’une tribu ancestrale. C’est en effet la seule solution pour sauver Suzy, son amour de jeunesse séquestrée dans un pensionnant de jeunes filles.

Entre complot politique, rivalité amoureuse et découverte des traditions de l’Afrique profonde, Jimmy va devenir un adulte sans doute plus vite qu’il ne l’aurait souhaité.

Les nouvelles aventures de Jimmy Tousseul poursuivent la série originelle imaginée par Desberg et Desorgher à la fin des années 80. Certes, le scénario de Despas est moins maîtrisé que celui de Desberg. Néanmoins, on retrouve avec plaisir l’ambiance typique de l’Afrique noire du début des années 60 : maisons coloniales, voitures et vêtements d’époque… Les décors naturels sont également très réussis avec des couleurs chaudes et une restitution fidèle de la savane et de la brousse.

Au final, beaucoup d’action et d’aventure pour une série dépaysante.
 

Les nouvelles aventures de Jimmy Tousseul,
de Daniel Desorgher et Benoît Despas, Éditions Glénat.
48 pages. 9,40 euros. Dès 9 ans. 3 albums parus.

 

 

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Le jour où Lania est partie

Lania vit dans un village africain avec ses quatre frères et sœurs. Elle s’occupe des tâches quotidiennes et aide ses parents aux champs. Une longue saison des pluies menace les récoltes. Alors lorsque des « étrangers » proposent à la mère de Lania de l’emmener travailler à la ville pour rapporter de l’argent à sa famille, celle-ci n’hésite pas.

La jeune adolescente débarque dans un univers totalement inconnu : un appartement froid (à cause de la climatisation), des vêtements serrés (l’uniforme de la femme de ménage) et un décor triste (un intérieur monochrome et sans chaleur). Elle découvre son nouveau métier de bonne à tout faire chez une riche famille. Ses employeurs la persuadent de la chance qu’elle a d’être là plutôt qu’à la charge de ses parents. Lania, soumise et isolée dans ce monde inconnu, essaye de remplir le plus parfaitement possible sa tâche.
Mais un jour qu’elle est exceptionnellement autorisée à sortir, une irrésistible envie de rejoindre sa brousse natale se fait sentir. Lania décide alors de s’enfuir.

Carole Zalberg offre un récit d’esclavage moderne malheureusement encore trop courant. L’histoire de Lania n’ai pas larmoyante, c’est au contraire une leçon de courage et d’espoir où l’optimisme est de rigueur.
Les enfants pourront facilement se mettre dans la peau de Lania, perdue dans un milieu qu’elle ne connait pas, et ainsi apprécier un peu plus la chance qu’ils ont de pouvoir aller à l’école au lieu de travailler.
Finalement, l’auteur cherche à faire passer un message universel : seule l’éducation et l’école, par leur ouverture sur le monde, le développement de la réflexion et de la pensée qu’elles offrent, permettent aux hommes d’être libres.

Le jour où Lania est partie, de Carole Zalberg, Nathan poche, 2008.
70 pages. 4,20 euros. Dès 10 ans.

 

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Mon petit cœur imbécile

Sisanda a 9 ans et elle vit dans un petit village d’Afrique avec sa mère Maswala, sa grand-mère Thabang et son oncle Bénia. Son père travaille à des milliers de kilomètres sur des chantiers et il ne rentre que très rarement.  Sisanda souffre d’une malformation cardiaque depuis sa naissance. Elle ne peut pas courir, crier ou jouer avec ses camarades. La moindre activité la fatigue. Elle passe des heures allongée sur son lit à écouter les battements de ce petit cœur imbécile qui l’empêche de vivre normalement. Quand elle se sent bien, elle peut aller à l’école. C’est son oncle qui la porte sur son dos pour faire le trajet entre la maison et la salle de classe.

Le docteur qu’elle voit une fois par an est formel : seule une opération dans un hôpital spécialisé à l’étranger pourra la sauver. Mais une telle opération coûte beaucoup trop cher. Sisanda semble donc condamnée à vivre avec son cœur malade jusqu’au jour où sa mère apprend qu’un marathon se court chaque année dans la grande ville de Kamjuni et que le vainqueur remporte une somme colossale. Or, Maswalla est surnommée « l’antilope » par tous les villageois car chaque matin elle part courir pieds nus dans les collines. La famille de Sisanda décide de vendre une chèvre pour payer les frais d’inscription au marathon et Maswalla s’entraîne comme jamais auparavant pour avoir la chance de remporter le premier prix. Mais à moins de trois semaines de la course, la jeune femme est piquée par un scorpion et sa participation semble totalement compromise…

Un récit plein d’humanité et d’optimisme ou la solidarité et l’entraide ne sont pas de vains mots. Touchant.
 

 Mon petit cœur imbécile, de Xavier-Laurent Petit, L’école des loisirs, 2009.
134 pages. 8,50euros. Dès 9 ans.