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Qui a tué Michka ?

Pour Nora, la vie est devenue difficile depuis le déménagement. La famille a quitté un appartement pour une belle maison mais cela ne l’a pas réjouie pour autant, loin de là. La jeune fille regrette son ancien foyer, ses voisins d’origines différentes et ses copines qui habitaient dans l’immeuble. De plus, Nora est persuadée que l’arrivée dans la maison a coïncidé avec le fait que sa mère ne l’aime plus. Avant, elle était son cœur, son bonbon au miel, sa poupée, son trognon d’amour, etc. « Maintenant, plus rien. Enfin si. Je suis Nora, un point c’est tout. » Et pour finir, le plus important à ses yeux, c’est que sa peluche Michka a disparu. Quand elle a ouvert les cartons pour installer ses affaires dans sa nouvelle chambre, plus de Michka ! Une vraie catastrophe car ce nounours était son confident le plus intime, celui qui gardait tous ses secrets…

Irène Cohen-Janca analyse avec finesse la difficulté des relations mère-fille. Elle a de plus l’intelligence de partager les torts entre chacune, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Un petit roman intimiste, rédigé à la première personne et très agréable à lire. Une belle réussite en somme !


Qui a tué Michka ? d’Irène Cohen-Janca. Rouergue, 2012.
62 pages. 6,60 euros. Dès 9 ans.

 

Quand j’étais déesse

 

A quatre ans, Rashmila est devenue une Kumari, une déesse vivante du Népal. Elle possédait les trente-deux signes de la beauté parfaite : des yeux noirs bleutés, une langue petite et sensible, les membres d’une biche, les cils de la vache, des dents blanches, etc. Dans son palais, elle est restée immobile chaque jour regardant droit devant elle d’un air hautain, dur, détaché de tout. Interdiction de rire ou de montrer la moindre émotion. Et surtout, interdiction de saigner. Un matin, on a trouvé quelques gouttes de sang sur son poignet. Les prêtres, effarés, ont dû appliquer la règle : quand une Kumari saigne, son règne prend fin.

Aujourd’hui âgée de douze ans, chassée de son trône, Rashmilla est retournée chez elle après avoir passé huit ans loin des siens. Traumatisée par la perte de son statut de déesse, étrangère dans une maison où elle n’a pas grandie, la petite fille reste dans un premier temps cloitrée dans sa chambre, refusant de rencontrer ceux qui viennent lui rendre visite.

Peu à peu, pourtant, la cicatrice va se refermer et Rashmilla va reprendre goût à la vie en arpentant les rues de Katmandou, libre.  

Irène Cohen-Janca propose une immersion dans une culture et des traditions souvent inconnues des occidentaux. On découvre la vie au Népal, rythmée par les cérémonies et les fêtes religieuses.

Le texte est rédigé à la première personne et les chapitres, très courts, donnent beaucoup de rythme au récit. Rashmilla est touchante car l’évocation de son passé et de ses interrogations sur l’avenir sonne juste. Un joli petit roman, original et enrichissant.  

Quand j’étais déesse, d’Irène Cohen-Janca, Rouergue, 2011.
95 pages
. 7 euros. Dès 10 ans.