Le prince amoureux
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Eco est la fille unique des Schaklebott, une riche famille de couturiers. Ses parents, trop occupés par leur commerce, ne s’occupent jamais d’elle. Un jour, son père vient la trouver et lui demande de livrer trois petites poupées que Monsieur le Ministre a commandées pour sa fille. Se sentant investi d’une importante mission, la petite part en limousine et demande au chauffeur de passer par le chemin du puits. Arrivée devant un pont de pierre, la voiture doit s’arrêter car une mendiante tenant un enfant dans les bras barre le chemin. Bouleversée par la vision d’une telle pauvreté, Eco décide d’offrir à la bohémienne les poupées destinées à la fille du Ministre. En échange, la vieille femme lui donne 4 amulettes sacrées (un bulbe de cactus, un cocon de verre à soie, un morceau de silex, une petite noix).
Le geste altruiste de la petite fille a des conséquences irréparables pour ses parents. Furieux de ne pas avoir été livré, le Ministre retire toutes ses commandes et les autres clients en font de même. Ruinés, les Schaklebott voient leur empire s’écrouler. Le père sombre dans la folie et la mère accuse sa fille d’avoir provoqué leur chute. Se réfugiant dans la solitude de sa chambre, Eco décide de quitter son foyer et prend la direction de la sombre forêt…
Réécriture très libre de Jack et le haricot magique, Eco est un conte très sombre qui propose un univers à la Tim Burton. Le jeu sur les couleurs et l’absence de luminosité renforce l’ambiance pesante. La citation de Kafka qui précède le premier chapitre résume sans doute le mieux cette fable atypique : « Il n’existe que des contes de fées sanglants. Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur. »
Après Jack et le Haricot magique, le second volume s’inspirera du Petit Chaperon Rouge. Un troisième tome conclura cet ambitieux projet mené par deux jeunes auteurs qui n’hésitent pas à secouer une production littéraire pour la jeunesse parfois un peu trop ronronnante.
Eco T1 : la malédiction des Schakelbott, de Jérémie Almanza et Guillaume Bianco,
Éditions Soleil, 2009. 72 pages. 14,90euros. Dès 9 ans. |
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Il y a très longtemps vivait sur une petite île indonésienne une jeune femme prénommée Min’.
Mariée à un pêcheur de tortues et mère d’un petit garçon, Min’ était aimée par tous les villageois pour son courage et sa gentillesse. N’ayant pu avoir qu’un seul enfant, elle cherchait toujours à venir en aide aux tout-petits en leur faisant de modestes cadeaux. Considérée comme une tante, une marraine, une deuxième mère, tous l’appelaient Ibou Min’, ce qui signifie « Mère Min’ ».
Un jour, Ibou Min’ et son fils partirent à la pêche. Le soir, personne ne les vit revenir. Le lendemain, on retrouva leur pirogue retournée qui dérivait dans le courant. Tout le village pleura longtemps cette disparition, mais un matin, des pêcheurs observèrent quelque chose qui bougeait dans le lagon. La créature avait le visage d’Ibou Min’, mais son corps était celui d’une tortue. Et dans son sillage se trouvait une jeune tortue. Dans les jours qui suivirent, plusieurs autres villageois observèrent cette drôle de tortue. Persuadés qu’Ibou Min’ et son fils n’étaient pas morts mais c’étaient transformés en tortues, les pêcheurs firent le vœu de ne plus ôter la vie à l’une de ces créatures devenues à leurs yeux merveilleuses. Un très joli conte aux somptueuses illustrations. Dépaysement garanti !
Ibou Min’ et les tortues de Bolilanga, de Franck Prévot (illustrations de Delphine Jacquot), Éditions Thierry Magnier, 2009.
28 pages. 15 euros. Dès 8 ans.
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