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Le prince amoureux

Le Prince Frederico et la Princesse Serafina forment un parfait couple princier. Leur royaume est prospère et le peuple les adore. Ils se marient le jour de l’an, dans une liesse populaire indescriptible. Mais une année plus tard, tout a changé. La princesse souffre d’une profonde dépression. Elle ne sourit plus jamais, ayant sombré dans une incompréhensible mélancolie. Le Prince cherche par tous les moyens à comprendre le mal qui frappe son épouse mais la jeune femme refuse de parler. La situation ne cesse d’empirer car Serafina ne se nourrit presque plus et sa santé se dégrade très vite.

A l’approche de Noël, le médecin du palais annonce à Frederico que la princesse aura surement succombé avant la nouvelle année. Désespéré, il part à cheval à travers la campagne pour tenter d’oublier le malheur qui le frappe. C’est alors qu’il rencontre une famille de bohémiens à qui il va confier sa terrible histoire. Grâce aux conseils avisés du doyen de la famille, le Prince retourne au château plein d’espoir et espère pouvoir sauver la princesse…

Un conte de noël traditionnel dans un tout petit album au format carré (16×16 cm) avec une très belle jaquette. Un joli cadeau à déposer au pied du sapin.

 

Le prince amoureux, de Michael Morpurgo (illustrations d’Emma Chichester Clark).
Éditions Gallimard Jeunesse, 2009. 48 pages. 7 euros. Dès 8 ans.

 


 

Le Kami de la Lune

Maître Muraki possédait une célèbre auberge où de nombreux visiteurs aimaient venir se restaurer et profiter de la source chaude présente dans son jardin Cette source était réputée car elle était placée sous la protection du Kami de la lune, une divinité céleste inspirant une crainte respectueuse. Tout aurait donc pu aller pour le mieux si Yukiko, la fille de l’aubergiste, n’était pas si coquine. A force de faire sans cesse des bêtises, elle a fait fuir le Kami et précipité son père vers la ruine. Chassée de chez elle, elle décide de réparer sa faute et part sur les traces du Kami afin de le convaincre d’éclairer à nouveau l’auberge de sa lumière d’argent…

Récit initiatique, ce conte d’inspiration japonaise offre aux enfants  une première approche de la culture du pays du soleil levant. Les événements s’enchaînent grâce à des doubles pages très aérées où les textes ne viennent jamais réellement empiéter sur les illustrations. Celles-ci sont splendides, alternant entre le blanc du jour et le bleu de la nuit.

Ce Kami de la Lune est un récit contemplatif et joyeux. Nul doute que le jeune lecteur passera un délicieux moment en compagnie de Yukiko, petite héroïne aussi espiègle qu’attachante.

 
 
Le kami de la lune, de Nathalie Dargent (ill. Sandrine Thommen).
Picquier Jeunesse, 2011. 40 pages. 14,50 €. Dès 7-8 ans.
 
 

 

Le coupeur de bambous

Il était une fois Kaguya-Hime, une jeune fille aussi fascinante que mystérieuse. Son père la trouva un jour au creux d’un bambou. Elle mesurait à peine 10 cm. En grandissant, elle devint la plus belle femme du royaume. Les prétendants se succédaient afin de lui faire la cour mais personne ne put jamais l’approcher. Devant l’insistance des trois derniers soupirants qui chaque jour depuis plusieurs années tentaient d’attirer son attention, elle finit par céder. Elle accepta de les recevoir mais pour être certaine qu’aucun d’eux ne devienne son époux, elle leur donna une tâche impossible à accomplir. C’est ainsi que le prince Kuramochi, le ministre Abe et le grand conseiller Ôtomo échouèrent à relever les défis proposés par Kaguya et durent renoncer au mariage. Et lorsque l’empereur en personne voulu l’épouser, elle dut avouer que si elle n’avait jamais accepté la moindre demande, c’est parce qu’elle venait d’un autre monde et qu’en tant que princesse du peuple de la Lune, il lui était impossible de se lier à un humain.

Écrit entre 850 et 950 après J-C, Le coupeur de bambous est considéré comme le conte japonais le plus ancien. Une œuvre inclassable qui, sous une forme des plus classiques, mêle des éléments traditionnels et d’autres relevant du récit fantastique. Le dessin et les couleurs de Nishimura Eri offrent un bel écrin à cette étrange histoire, même si les personnages sont parfois représentés d’une manière trop « froide » et manquent de ce petit supplément d’âme qui les rendrait davantage attachants.

Au final, ce conte médiéval japonais qui explore les thèmes les plus classiques de la science fiction se révèle être une œuvre incroyablement en avance sur son temps. Une bien jolie découverte à faire partager !

Le coupeur de bambous, de Nishimura Eri et Ihara Daisuke, Éditions Delcourt, 2011.
48 pages. 13,95 euros. Dès 11 ans.

 


 

 

L’oiseau bleu

"Il était une fois un roi fort riche en terres et en argent ; sa femme mourut, il en fut inconsolable…"

Le prince « Charmant » chevauche le pays par monts et par vaux, à la recherche de sa future épouse. Il arrive au royaume du roi et de sa fille Florine. Le roi s’est remarié et la nouvelle reine, magicienne, a elle-même une fille, Truitonne. À la nouvelle de l’arrivée du prince Charmant, la reine pare sa fille des plus beaux habits et fait voler ceux de Florine. Celle-ci, honteuse dans une vielle robe crasseuse, reste dans son coin à l’arrivée du roi Charmant. Cependant, il ne manque pas de la remarquer et tombe immédiatement sous le charme. Désespérée et furieuse, la reine fait tout d’abord enfermer Florine dans un donjon et,  avec l’aide de Soussio la marraine de Truitonne, tente, d’abord par des présents sans pareille, puis par la tromperie, de ramener Charmant à sa fille. Mais rien n’y fait.

À bout d’arguments, Soussio oblige le prince à choisir entre sa filleule et sept ans de pénitence. Charmant lui répond alors : « Faites de moi tout ce que vous voudrez, pourvu que je sois délivré de cette maussade. » Et Soussio, en colère, le transforme en oiseau bleu pour sept ans.

Une réédition du texte original, dans sa version intégrale,  qui célèbre l’amour entre deux êtres, tout de même préférable à l’hymen « par intérêt ou par caprice ». Le texte pourra ainsi nous faire redécouvrir des modes peu usités actuellement, comme le subjonctif. Le langage précieux et d’un niveau très soutenu peut faire sourire, mais c’est après tout ce qui fait le charme des douceurs passées.

L'oiseau bleu, de Madame d'Aulnoy, Éditions PEMF, 2010. 
88 pages. 2 euros. Dès 10 ans.

 


 

 

Grimms Manga T1

On aura tout vu ! Voila sans doute ce que penseront certains en découvrant ces contes des frères Grimm en manga. Mais après tout, pourquoi pas ? Les contes traditionnels ont toujours été adaptés, réécrits ou détournés. Walt Disney en a fait son fond de commerce. Il n’y a donc rien de choquant à offrir une version en manga. Et puis, avant de clouer au pilori ces Grimms Manga, prenez le temps de les lire, vous risquez d’être agréablement surpris.

Ce premier volume regroupe cinq contes : Le petit chaperon rouge, Raiponce, Hansel et Gretel, Les douze chasseurs, Deux frères. C’est un fait, ces adaptations ont de quoi décontenancer les puristes. Le loup et le petit chaperon rouge tombent amoureux, Raiponce devient un garçon, l’affreuse sorcière d’Hansel et Gretel est en fait une châtelaine qui s’éprend du jeune homme, etc. Une réécriture en profondeur qui, couplé au dynamisme du trait et du découpage propre au manga, bouscule les codes et offre une vision totalement nouvelle.

Élément important, l’éditeur a regroupé en fin de volume les textes originaux des frères Grimm. Une initiative pertinente qui permet de mettre en parallèle les deux versions et qui éclaire d’autant plus les variations effectuées par Kei Ishiyama.

Une belle occasion de redécouvrir un patrimoine littéraire incontournable sous un nouveau jour.

Grimms Manga T1, de Kei Ishiyama, Pika, 2010.
228 pages. 9,90 euros. Dès 10 ans.

 

 


 

Odd et les Géants de Glace

En Norvège, il y a fort longtemps, vivait le jeune viking Odd, un enfant peu épargné par le sort : son père meurt lors d’une expédition, son nouveau beau père le traite comme un moins que rien et un arbre lui tombe sur la jambe, le rendant définitivement boiteux. Ne supportant plus sa condition, Odd décide de quitter les siens pour se rendre dans une cabane de bucheron en pleine forêt. C’est là, en délivrant un ours pris au piège, que le garçon va se voir entraîner dans une quête fantastique où son chemin croisera celui des dieux et des géants de glace…

Neil Gaiman, auteur anglais mondialement connu, propose un conte d’inspiration nordique assez traditionnel dans la forme mais plus drôle et enlevé que nombre de classiques du genre. Le jeune Odd rappelle parfois le vaillant petit tailleur des frères Grimm. C’est en effet grâce à la ruse et au bon sens qu’il triomphe des géants et obtient la reconnaissance éternelle des Dieux. Ceux qui connaissent la mythologie nordique ne seront pas dépaysés. Ils croiseront Odin et Thor, le perfide Loki, la belle princesse Freya et s’inviteront à un fastueux banquet au cœur d’Asgard, le royaume des Dieux.

A recommander chaudement pour tous les amateurs de légendes venues du froid !

Odd et les Géants de Glace, de Neil Gaiman, Albin Michel Jeunesse, 2010.
142 pages. 10 euros. A partir de 9 ans.

 

La princesse sans nom

Il était une fois en Albyssinie un roi et une reine qui régnaient tous deux pour le plus grand bonheur de leur peuple. Il faut dire que la reine était fille de fée et le roi un être majestueux, magnanime et toujours très juste. C’est pourquoi le jour où l’on annonça que la reine était enceinte fut un moment de joie mémorable pour tout le royaume. La grossesse se passa sans encombre mais le jour de la naissance, les parents, envoutés par des sorcières, furent incapables de se rappeler le nom qu’ils avaient choisi pour leur petite fille. Cette situation irrita au plus haut point le couple royal et les affaires de tout le pays commencèrent à aller à vau-l’eau. Seule l’intervention d’un chevalier qui chuchota le prénom tant attendu à l’oreille de la reine parvint à briser le terrible sort.

La princesse sans nom est un superbe conte respectant les canons du genre. C’est aussi et surtout un magnifique objet-livre aux illustrations exceptionnelles. Une belle histoire de princesse dans un album grand format au magnifique papier gaufré qui séduira les petites filles et leurs mamans.

La princesse sans nom, d’Hugues Paris et  Anne Romby, Milan Jeunesse, 2008.
54 pages. 14,95 euros. A partir de 8 ans.

 

 

 


 

Eco T1 : la malédiction des schakeboltt

Eco est la fille unique des Schaklebott, une riche famille de couturiers. Ses parents, trop occupés par leur commerce, ne s’occupent jamais d’elle. Un jour, son père vient la trouver et lui demande de livrer trois petites poupées que Monsieur le Ministre a commandées pour sa fille. Se sentant investi d’une importante mission, la petite part en limousine et demande au chauffeur de passer par le chemin du puits. Arrivée devant un pont de pierre, la voiture doit s’arrêter car une mendiante tenant un enfant dans les bras barre le chemin. Bouleversée par la vision d’une telle pauvreté, Eco décide d’offrir à la bohémienne les poupées destinées à la fille du Ministre. En échange, la vieille femme lui donne 4 amulettes sacrées (un bulbe de cactus, un cocon de verre à soie, un morceau de silex, une petite noix). 
 
Le geste altruiste de la petite fille a des conséquences irréparables pour ses parents. Furieux de ne pas avoir été livré, le Ministre retire toutes ses commandes et les autres clients en font de même. Ruinés, les Schaklebott voient leur empire s’écrouler. Le père sombre dans la folie et la mère accuse sa fille d’avoir provoqué leur chute. Se réfugiant dans la solitude de sa chambre, Eco décide de quitter son foyer et prend la direction de la sombre forêt…
 
Réécriture très libre de Jack et le haricot magique, Eco est un conte très sombre qui propose un univers à la Tim Burton. Le jeu sur les couleurs et l’absence de luminosité renforce l’ambiance pesante. La citation de Kafka qui précède le premier chapitre résume sans doute le mieux cette fable atypique : « Il n’existe que des contes de fées sanglants. Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur. »
 
Après Jack et le Haricot magique, le second volume s’inspirera du Petit Chaperon Rouge. Un troisième tome conclura cet ambitieux projet mené par deux jeunes auteurs qui n’hésitent pas à secouer une production littéraire pour la jeunesse parfois un peu trop ronronnante.
 
 
Eco  T1 : la malédiction des Schakelbott, de Jérémie Almanza et Guillaume Bianco,
Éditions Soleil, 2009. 72 pages. 14,90euros. Dès 9 ans.
 

 

Ibou Min' et les tortues de Bolilanga

Il y a très longtemps vivait sur une petite île indonésienne une jeune femme prénommée Min’.
Mariée à un pêcheur de tortues et mère d’un petit garçon, Min’ était aimée par tous les villageois pour son courage et sa gentillesse. N’ayant pu avoir qu’un seul enfant, elle cherchait toujours à venir en aide aux tout-petits en leur faisant de modestes cadeaux. Considérée comme une tante, une marraine, une deuxième mère, tous l’appelaient Ibou Min’, ce qui signifie « Mère Min’ ».

Un jour, Ibou Min’ et son fils partirent à la pêche. Le soir, personne ne les vit revenir. Le lendemain, on retrouva leur pirogue retournée qui dérivait dans le courant. Tout le village pleura longtemps cette disparition, mais un matin, des pêcheurs observèrent quelque chose qui bougeait dans le lagon. La créature avait le visage d’Ibou Min’, mais son corps était celui d’une tortue. Et dans son sillage se trouvait une jeune tortue. Dans les jours qui suivirent, plusieurs autres villageois observèrent cette drôle de tortue.  Persuadés qu’Ibou Min’ et son fils n’étaient pas morts mais c’étaient transformés en tortues, les pêcheurs firent le vœu de ne plus ôter la vie à l’une de ces créatures devenues à leurs yeux merveilleuses.
 

Un très joli conte aux somptueuses illustrations. Dépaysement garanti !

 

 

Ibou Min’ et les tortues de Bolilanga, de Franck Prévot (illustrations de Delphine Jacquot), Éditions Thierry Magnier, 2009.
28 pages. 15 euros. Dès 8 ans.
 

 

 

Contes de la banlieue lointaine

 

Bienvenue dans la banlieue lointaine. Approchez, venez découvrir le buffle d’eau qui, dans son terrain vague, vous indiquera toujours la bonne direction.
Vous ferez la connaissance d’Eric et du scaphandrier, près du passage souterrain. Vous apprendrez ce que deviennent les poèmes que les gens écrivent et ne font lire à personne. Vous assisterez au sauvetage d’un Dugong et de bébés tortues. Vous saurez à quoi ressemblent certaines cours intérieures.
Vous verrez qu’il est très simple de fabriquer un animal de compagnie et que l’on s’attire les pires tourments si l’on bat son chien à mort.Et puis vous rencontrerez les filiformes, et aussi un grand père à l’imagination débordante.
 

L’écrivain australien Shaun Tan vous emmène dans sa banlieue lointaine pour un voyage onirique plein de surprises dans un recueil à la beauté envoûtante. Laissez-vous guider.   

 Contes de la banlieue lointaine, de Shaun Tan, Gallimard Jeunesse, 2009. 90 pages.
18,00 euros. Dès 9 ans.