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Azur T1 : Providence

Nikki arrive dans la ville de Providence pour retrouver son grand père. Elle apprend peu après que le vieil homme est mort et, en visitant sa maison, elle trouve une dague dont le pommeau est orné d’une perle. Sans le savoir, elle vient de mettre la main sur la larme de la déesse, un artefact sacré que voudraient à tout prix récupérer les terribles orcs. Lorsque son chemin croise celui du ténébreux Sam, un  contrebandier prêt à vendre père et mère en échange de quelques deniers, Nikki ne se doute pas qu’elle vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage. Suite à une dénonciation, la jeune femme est capturée par les gardes royaux de l’empire de Mycia qui sont pour leur part à la recherche d’une mystérieuse carte dont son grand-père semble avoir été le dernier détenteur. Prisonnière dans la geôle sordide d'un énorme vaisseau de l'empire, Nikki ne devra son salut qu’à l’intervention de Sam et de son Loup Garou Issuzu… 

Ce tome d’introduction met en place un univers riche de promesses. L’histoire n’est certes pas follement originale mais la mise en scène s’avère redoutable d’efficacité. Action, nombreux rebondissements, personnages hauts en couleur et suspens final insoutenable, tous les paramètres sont en place pour susciter chez le lecteur l’envie de découvrir la suite. Le trait de Philippe Ogaki, à l’évidence fortement influencé par le manga, est souple et dynamique. Son découpage très cinématographique donne à l’album un rythme proche du dessin animé.

Une nouvelle série jeunesse pêchue et bien dans l’air du temps. Nul doute que ce mélange de science fiction et d’héroic Fantasy mâtinée d’un soupçon de piraterie ravira les enfants. A noter que le second volume est sorti à peine quatre mois après le premier. Un argument supplémentaire qui devrait convaincre les indécis de se lancer sans réserve à la découverte des aventures de la belle Nikki.   
 

Azur T1 : Providence, de Philippe Ogaki. Éditions Delcourt, 2011. 48 pages. 10,50 euros. Dès 9-10 ans.

 

Un grand merci à Babelio et aux éditions Delcourt pour cette belle découverte.

 

 

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Okko : le cycle de l’eau

Okko, le samouraï sans maître, arpente les terres de l’empire du Pajan à la tête d’un petit groupe de chasseurs de démons. Il est accompagné de Noburo, singulier géant qui cache son identité derrière un masque rouge, et du moine Noshin, bonze fantasque et grand amateur de saké. Ce dernier a la faculté d’invoquer et de communiquer avec les forces de la nature. Tikku, jeune pêcheur, va faire appel à Okko pour retrouver Petite Carpe, sa sœur enlevée par une bande de pirates.

Cette intégrale regroupe les deux albums qui constituent le cycle de l’eau. Le découpage ultra-dynamique, les nombreuses scènes d’action et la violence très « chorégraphiée » rappellent les plus belles heures du cinéma d’action asiatique. Visuellement, les couleurs et les décors dégagent une ambiance assez envoutante. Le dessin de Hub, dans son ensemble, est tout bonnement impressionnant.
 
Cette série comptant pour le moment six albums représente en quelque sorte un  parfait trait d’union entre le manga et la bande dessinée franco-belge. Succès garanti dans les CDI des collèges !

 

Okko, le cycle de l’eau : édition intégrale, de Hub, Éditions Delcourt, 2009.
96 pages. 19,90 euros. Dès 12 ans.

 

 

 

 

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Le coupeur de bambous

Il était une fois Kaguya-Hime, une jeune fille aussi fascinante que mystérieuse. Son père la trouva un jour au creux d’un bambou. Elle mesurait à peine 10 cm. En grandissant, elle devint la plus belle femme du royaume. Les prétendants se succédaient afin de lui faire la cour mais personne ne put jamais l’approcher. Devant l’insistance des trois derniers soupirants qui chaque jour depuis plusieurs années tentaient d’attirer son attention, elle finit par céder. Elle accepta de les recevoir mais pour être certaine qu’aucun d’eux ne devienne son époux, elle leur donna une tâche impossible à accomplir. C’est ainsi que le prince Kuramochi, le ministre Abe et le grand conseiller Ôtomo échouèrent à relever les défis proposés par Kaguya et durent renoncer au mariage. Et lorsque l’empereur en personne voulu l’épouser, elle dut avouer que si elle n’avait jamais accepté la moindre demande, c’est parce qu’elle venait d’un autre monde et qu’en tant que princesse du peuple de la Lune, il lui était impossible de se lier à un humain.

Écrit entre 850 et 950 après J-C, Le coupeur de bambous est considéré comme le conte japonais le plus ancien. Une œuvre inclassable qui, sous une forme des plus classiques, mêle des éléments traditionnels et d’autres relevant du récit fantastique. Le dessin et les couleurs de Nishimura Eri offrent un bel écrin à cette étrange histoire, même si les personnages sont parfois représentés d’une manière trop « froide » et manquent de ce petit supplément d’âme qui les rendrait davantage attachants.

Au final, ce conte médiéval japonais qui explore les thèmes les plus classiques de la science fiction se révèle être une œuvre incroyablement en avance sur son temps. Une bien jolie découverte à faire partager !

Le coupeur de bambous, de Nishimura Eri et Ihara Daisuke, Éditions Delcourt, 2011.
48 pages. 13,95 euros. Dès 11 ans.

 


 

 

Les enfants du capitaine Grant Tome 1

Lors d’une sortie en mer, Lord Glenarvan et son équipage trouvent dans le corps d’un requin une bouteille contenant un message de détresse envoyé par le capitaine Grant au  moment du naufrage de son navire deux ans plus tôt. Après avoir rencontré les enfants de Grant, le lord écossais décide de partir à la recherche d’éventuels survivants, accompagné de sa femme Lady Helena, du major Mc Nabbs, du capitaine John Mangles et de Mr Paganel, un géographe fantasque et gaffeur. Sur les traces de Grant, cette fine équipe se lance dans une aventure au long cours sur les mers du globe.

Adapter Jules Verne en BD n’est pas une mince affaire. Certes, ses écrits sont souvent très linéaires, mais ils foisonnent de détails et de considérations scientifiques assez pointues. Alexis Nesme le reconnaît, il a volontairement supprimé les passages traitant d’ethnographie, de géographie et d’histoire pour privilégier l’action et les dialogues. Son récit gagne en clarté et l’enchaînement des événements trépidants permet de garder le lecteur sur la brèche.
      
Mais le gros point fort de l’album réside dans son traitement graphique. Le choix des animaux à la place des humains pour représenter les personnages pouvait apparaître risqué mais c’est une totale réussite. De plus, l’utilisation de la couleur directe à la gouache donne au dessin une patine digne des livres anciens. Sans oublier cette magnifique couverture vermillon et or en hommage aux célèbres éditions Hetzel qui furent longtemps les seules à publier les textes de Jules Verne.

Bref, voila une adaptation réussie qui comblera petits et grands. Trois tomes sont prévus en tout, le second devant sortir en avril 2011.

Les enfants du capitaine Grant, d’Alexis Nesme, Éditions Delcourt, 2009.
48 pages. 9,95 euros. Dès 9 ans.

 

 


 

Ashrel T1

La jeune princesse Pahn, déguisée en palefrenier, s'enfuit du château de sa mère la reine Obverda pour échapper à un mariage forcé avec Alkull, seigneur en magie noire des terres de l'ouest. Elle est pourchassée par Chandras, sa tante, redoutable prévôt de la ville voisine. Elle croise la route d'Ashrel, l'assistant tavernier, lui aussi recherché par des villageois pour sorcellerie. En effet, celui-ci possède un étrange pouvoir : il peut ressusciter les morts.

Pour échapper à leurs poursuivants, ils se réfugient chez Bob, l'oncle d'Ashrel, un gnome qui l'a recueilli alors qu'il n'était qu'un bébé. Afin de trouver du travail, Bob décide de les emmener à Acrowby chez un ami plus à même de les aider. Hélas cette ville est sous la coupe de Chandras et nos trois compagnons vont rapidement devoir faire face à de graves ennuis.

On est dès les premières pages embarqué dans l'univers morne et glacial du royaume d'Orwany. L'alternance de couleurs sombres et ternes avec des couleurs vives (rouge, orange) donne un aspect dessin animé. Le découpage des cases assure un rythme dynamique (succession de plans larges, plans serrés sur les expressions du visage…). L'innocence enfantine des jeunes héros s'oppose à la noirceur de la reine et de son prévôt, même si le pouvoir d'Ashrel nous laisse présager des passages morbides.

Ce premier tome donne les bases d'une histoire qui reprend tous les canons d'un récit d'heroïc-fantasy: héros fuyant son destin, pouvoirs et créatures magiques, contexte médiéval… Le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer en suivant les péripéties de jeunes personnages attachants.

Il est fortement conseillé aux lecteurs d'avoir les deux premiers volumes sous la main avant de commencer à lire car le tome 1 laisse un goût de trop peu. On ne découvre réellement les tenants et les aboutissants de l'histoire que dans le deuxième.
Une série à recommander aux jeunes amateurs de bd de fantasy mais aussi à ceux qui veulent découvrir le genre.

NB : si deux albums sont pour l’instant disponibles, la série devrait compter à terme quatre volumes.
 
Ashrel T1 : Dragons, de Valp. Éditions Delcourt, 2010.
48 pages. 10,50 euros. A partir de 9 ans.