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Morgane T1 : le démon du grenier

Parce que ses parents sont débordés par leur nouvelle activité professionnelle à Paris, Morgane est envoyée chez sa grand-mère Edwige à Florac, au cœur des Cévennes. Nouvelle élève au collège de Mende, elle doit affronter les qu’en-dira-t-on des petites pestes de la classe qui accuse sa mamie d’être une sorcière. Il faut dire qu’Edwige est un peu bizarre et que le laboratoire qui occupe son sous-sol ressemble quelque peu à l’antre d’une magicienne. Mais mamie n’est pas une sorcière, c’est une chasseuse de fantômes qui traque les phénomènes surnaturels se déroulant dans la région. Et quand le ferronnier Mr Chassagnac vient demander de l’aide à la vieille femme, Morgane ne se doute pas qu’elle va vivre une aventure extraordinaire.

Entre un fabriquant de girouettes, une maison démesurée, un géant débonnaire, un oiseau fabuleux, du goudron bleu et des pierres de lune, la jeune fille va aller de surprise en surprise. Sans oublier la présence à ses cotés de Valentin, l’élu de son cœur. Mais ceci est une autre histoire…
 
Avec cette nouvelle série, Brice Tarvel met en scène une collégienne dont l’existence bascule soudain dans un environnement surnaturel. Tout sauf original pourrait-on penser tant les ouvrages de ce genre se bousculent sur les rayonnages des librairies. Et pourtant, l’auteur parvient  tout de même à tirer son épingle du jeu. D’abord, il possède un joli brin de plume. Il parvient à camper des ambiances lugubres et froides, ses descriptions sont à la fois précises et évocatrices tandis que ses personnages attirent naturellement l’empathie. Ensuite, l’huis-clos dans lequel se déroule l’histoire est bien ficelé, alternant les moments de tension et les scènes plus légères. Enfin, l’ancrage « régionaliste » donne un sympathique coup de projecteur sur les charmes de la Lozère, un département rarement mis à l’honneur dans les romans pour jeunes lecteurs.

Voila donc une entrée en matière prometteuse pour une série dont on attend la suite avec impatience.

Morgane T1 : le démon du grenier, de Brice Tarvel, Édition Les Lucioles, 2011.
192 pages. 11,90 €. Dès 10 ans.

 

Les potions de Papi-Guérit-Tout

Le grand-père d’Arthur est pharmacien. Comme ses confrères, il prépare et vend les médicaments prescrits par les médecins. Mais Papi-Guérit-Tout à d’autres cordes à son arc. Il sait fabriquer des gélules, des baumes et des potions capables de résoudre les problèmes de la vie quotidienne, comme par exemple ce sirop qui permet à celui qui le boit de parler couramment chinois ou encore cette pilule qu’il suffit d’avaler pour ne plus avoir les cheveux en pétard le matin au réveil.

Un dimanche, Arthur est allé chez Papi pour lui demander de lui concocter une potion bien particulière : il avait en effet besoin d’aide pour réussir son évaluation de grammaire prévue le lendemain. Au départ, Papi n’était pas d’accord. Pas question d’aider les gens à tricher ! Cependant, devant l’insistance de son petit-fils, il a cédé. Et l’évaluation s’est parfaitement passée. Le dimanche suivant, Arthur lui a demandé de lui préparer une nouvelle mixture pour conquérir le cœur de la jolie Élise. Cette fois, le refus a été catégorique : on ne triche pas avec l’amour ! Mais Arthur n’a pas écouté les conseils de son aîné et il a décidé de fabriquer lui-même une potion d’amour… pour son plus grand malheur !

Un texte qui conviendra à l’évidence aux enfants ayant quelques soucis avec la lecture. Le vocabulaire est simple, l’histoire, linéaire, se suit sans problème. De plus, les chapitres, ultra-courts, s’enchaînent facilement et ne laissent pas le temps à la lassitude ou à l’ennui de s’installer. Ce tout petit roman se lit avec le sourire et permet de passer un bon moment. Idéal pour oublier pendant quelques temps la console de jeux ou la télé et (re)découvrir les joies de la lecture.

 

Les potions de Papi-Guérit-Tout, d’Anne-Gaëlle Balpe, Éditions Les Lucioles, 2011.
52 pages. 7,50 euros. A partir de 8 ans.

 

Voyage dans l’au-delà

Sénorisis est assurément un enfant différent. Ce jeune scribe vivant au temps des pharaons possède d’incroyables dons pour la magie. Et quand son père l’interroge sur ce qu’il sait de la vie après la mort, le garçon use de son pouvoir pour l’emmener faire un étrange voyage dans l’au-delà. Leur chemin croisera celui du Dieu des morts Anubis et les mènera jusqu’au tribunal divin où est prononcé l’implacable jugement réservé à tous les défunts.

Difficile d’aborder la très complexe conception de la mort chez les égyptiens sans perdre en route le lecteur. Sylvie Albout-Tabart relève cette gageure avec une étonnante facilité. Le propos est à la fois clair et très précis. En choisissant le roman plutôt que le documentaire pour traiter son sujet, l’auteur allie le didactisme à la légèreté de la fiction.

Parsemé de nombreux termes propres à l’époque (scribe, Maison de vie, Livre des morts, amulette, calame…), le récit reste néanmoins très aisément compréhensible sans que l’on ressente le besoin d’ouvrir le dictionnaire toutes les trente secondes. La présentation des Dieux les plus importants en fin d’ouvrage permet en outre de mieux comprendre le rôle de chacun dans le tribunal chargé de juger les trépassés.

Ce Voyage dans l’au-delà propose une plongée au cœur des traditions de l’Egypte antique. On referme le livre en se disant que, loin des clichés les plus éculés concernant les momies et les sarcophages, il reste décidément beaucoup à apprendre sur cette fascinante civilisation.

A recommander chaudement aux petits amoureux de l’Egypte et à leurs parents.

 

Voyage dans l’au-delà, de Sylvie Albout-Tabart, Éditions Les Lucioles, 2010.
92 pages. 9,90 euros. A partir de 10 ans.