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Le déserteur du Chemin des Dames

Craonne, juin 1917. (Connaissez-vous la chanson de Craonne ? Non ? Dommage ! Vous pourrez y remédier… Ce sera intéressant de le faire quand vous aurez lu ce livre…).

Un soldat s’est « perdu »…Beaucoup « perdent » la vie au combat. On descend dans les tranchées et on se fait descendre en montant au front. Et rien ne peut expliquer ni justifier la « boucherie ». On peut essayer de raconter…Il paraît que jamais un deuxième obus ne tombe au même endroit qu’un premier. On peut se mutiler. On peut se mutiner… On peut aussi fuir, abandonner ses amis… ça reste malgré tout une preuve de courage (et de lucidité).

Deuxième récit du livre : « Promesse de Gitan ».

Les nazis, les camps d’extermination, la deuxième guerre mondiale. La guerre, encore la guerre. Qui va y « passer » ? « Wagons plombés nuit et brouillard » Vous en avez déjà entendu parler ?

Pourquoi le vieux Manolo va s'asseoir près de la gare abandonnée chaque lundi soir depuis plus de soixante-dix ans ? Le petit Joselito veut éclaircir ce mystère.

Fin du récit : « le vieux Manolo et le petit Joselito restent là assis un long moment sans rien dire. Ils se tiennent la main comme deux petits garçons, deux petits copains de dix ans. »

 

Le déserteur du Chemin des Dames suivi de Promesse de gitan de Serge Boëche.
Sedrap, 2012. 48 pages. 7 euros. A partir de 8 ans.

Anne, fiancée de Louis XIII

Si ce livre n’avait qu’un seul mérite, ce serait d’apprendre aux jeunes qu’Anne d’Autriche était espagnole et qu’elle doit son qualificatif au fait que sa mère était une Habsbourg mariée au roi d’Espagne. Cette collection a déjà présenté la vie de jeunes filles autour de leur quinzaine année qui ont une place directe ou indirecte dans l’histoire ou l’histoire des arts : Marie Stuart, Marie-Antoinette, Constance (fiancée de Mozart), Mathilde (liée à l’épisode de La Commune), Pauline (en relation avec les impressionnistes) … 

La forme est toujours celle du journal intime, les faits liés à un destin en plus et les inquiétudes existentielles en moins.  La narratrice n’hésite pas à consacrer trois pages à un jour, ce qui permet d’avoir un développement de l’idée qui l’anime et du contexte dans lequel elle vit ce moment (jalousie, rancœur, espoir ou tristesse …).

La période est particulièrement bien choisie puisqu’elle va de la mi-octobre 1615 où la princesse arrive pour se marier avec Louis XIII à fin avril 1617 qui marque avec son assassinat la fin du pouvoir occulte des Concini et l’influence de Marie de Médicis (mère de Louis XIII). La question de la place des protestants dans le royaume de France une vingtaine d’années après la proclamation de l’édit de Nantes est après la lutte contre les Concini et l’humeur du jeune roi (second fil rouge) le troisième pôle d’intérêt.

Bien que la période historique soit traitée au CM 1, la richesse de la dimension historique fait que l’ouvrage n’est abordable de manière autonome que par des élèves de dernière année d’école primaire. Par contre en lecture suivie en deuxième année de cycle 3, il présente un intérêt certain. Comme pour tous les titres de cette collection, les aides possibles pour mieux comprendre le récit sont placés en fin de volume sous le chapeau “pour aller plus loin“, elles gagneraient sans doute à être placées au début du livre.

 
Anne, fiancée de Louis XIII d’Isabelle Duquesnoy. Gallimard jeunesse, 2012.
158 pages. 9, 95 euros. À partir de 10 ans.