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Le Kami de la Lune

Maître Muraki possédait une célèbre auberge où de nombreux visiteurs aimaient venir se restaurer et profiter de la source chaude présente dans son jardin Cette source était réputée car elle était placée sous la protection du Kami de la lune, une divinité céleste inspirant une crainte respectueuse. Tout aurait donc pu aller pour le mieux si Yukiko, la fille de l’aubergiste, n’était pas si coquine. A force de faire sans cesse des bêtises, elle a fait fuir le Kami et précipité son père vers la ruine. Chassée de chez elle, elle décide de réparer sa faute et part sur les traces du Kami afin de le convaincre d’éclairer à nouveau l’auberge de sa lumière d’argent…

Récit initiatique, ce conte d’inspiration japonaise offre aux enfants  une première approche de la culture du pays du soleil levant. Les événements s’enchaînent grâce à des doubles pages très aérées où les textes ne viennent jamais réellement empiéter sur les illustrations. Celles-ci sont splendides, alternant entre le blanc du jour et le bleu de la nuit.

Ce Kami de la Lune est un récit contemplatif et joyeux. Nul doute que le jeune lecteur passera un délicieux moment en compagnie de Yukiko, petite héroïne aussi espiègle qu’attachante.

 
 
Le kami de la lune, de Nathalie Dargent (ill. Sandrine Thommen).
Picquier Jeunesse, 2011. 40 pages. 14,50 €. Dès 7-8 ans.
 
 

 

Le coupeur de bambous

Il était une fois Kaguya-Hime, une jeune fille aussi fascinante que mystérieuse. Son père la trouva un jour au creux d’un bambou. Elle mesurait à peine 10 cm. En grandissant, elle devint la plus belle femme du royaume. Les prétendants se succédaient afin de lui faire la cour mais personne ne put jamais l’approcher. Devant l’insistance des trois derniers soupirants qui chaque jour depuis plusieurs années tentaient d’attirer son attention, elle finit par céder. Elle accepta de les recevoir mais pour être certaine qu’aucun d’eux ne devienne son époux, elle leur donna une tâche impossible à accomplir. C’est ainsi que le prince Kuramochi, le ministre Abe et le grand conseiller Ôtomo échouèrent à relever les défis proposés par Kaguya et durent renoncer au mariage. Et lorsque l’empereur en personne voulu l’épouser, elle dut avouer que si elle n’avait jamais accepté la moindre demande, c’est parce qu’elle venait d’un autre monde et qu’en tant que princesse du peuple de la Lune, il lui était impossible de se lier à un humain.

Écrit entre 850 et 950 après J-C, Le coupeur de bambous est considéré comme le conte japonais le plus ancien. Une œuvre inclassable qui, sous une forme des plus classiques, mêle des éléments traditionnels et d’autres relevant du récit fantastique. Le dessin et les couleurs de Nishimura Eri offrent un bel écrin à cette étrange histoire, même si les personnages sont parfois représentés d’une manière trop « froide » et manquent de ce petit supplément d’âme qui les rendrait davantage attachants.

Au final, ce conte médiéval japonais qui explore les thèmes les plus classiques de la science fiction se révèle être une œuvre incroyablement en avance sur son temps. Une bien jolie découverte à faire partager !

Le coupeur de bambous, de Nishimura Eri et Ihara Daisuke, Éditions Delcourt, 2011.
48 pages. 13,95 euros. Dès 11 ans.