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Carthage

En ce temps là les hommes remerciaient les Dieux. Les Dieux s’interposaient entre les monstres et les hommes, et si les monstres ne les tuaient pas, vainqueurs du combat le pouvoir des Dieux sur les hommes étaient alors encore plus grand. Grâce à leurs savoirs les hommes construisaient des bateaux, découvraient de nouvelles terres en bourlinguant sur des mers inconnues : leurs Dieux les habitaient dans leurs rêves… « Europe » même désignait une déesse…

Il arrivait aussi que des Dieux fassent le malheur des hommes. Il arrivait parfois que plus personne ne sache où commençaient et où finissaient les royaumes et les pouvoirs respectifs des uns et des autres. Pour l’amour par exemple. Et parfois c’est un horrible « carnage » (page 32) qui se produit entre les Dieux, ou entre les Dieux et les monstres, ou entre les Dieux, les monstres et les hommes…celui qui tue devient dieu, devient un « Immortel » et celui qui est tué redevient un « simple mortel » : mariages, jalousies, querelles de pouvoir…celui qui a échappé à tous les sacrifices, défié les oracles, traversé les océans, conquis de nouvelles terres, peut espérer après tant d’épreuves fonder sa ville. Après les carnages vient Carthage.

L’invention de l’écriture est passée par là : pour se concilier les Dieux en toutes occasions ? Pour communiquer avec eux d’égal à égal ? (Ca marche aussi contre les monstres !)  Alors ! Venez ! Lisez… Le reste c’est l’Histoire.

 

Carthage de Claude Pouzadoux. Nathan, 2011.
150 pages. 7,50 euros. A partir de 9 ans.
 

 

Les métamorphoses d’Ovide

« Les métamorphoses » ! Fantastique !
Si c’était juste des mots ce serait cheval de course course à pied pied à terre terre de feu feu follet lait de vache vache de ferme ferme…etc…
Mais ce sont des hommes et des Dieux alors c’est un bellâtre qui se transforme en fleur, un chasseur en cerf ou Daphné en laurier (plus tard, presque à notre époque il y a eu un écrivain qui s’appelait « Daphné du Maurier ») sans doute encore une métamorphose.
Et vous ? Vous allez vous métamorphoser en quoi ?
Lisez ce livre il vous donnera des idées si vous n’en avez pas encore.
Personnellement je connais plein d’enfants et d’adolescents qui un jour vont se métamorphoser en hommes ou en femmes, c’est selon…
Encore faut-il affronter les Dieux. Il y a de l’orage dans l’air.
Lisez déjà « Deucalion et Pyrrha l’histoire des nouveaux hommes » tout au début et vous ne lâcherez plus le livre jusque la fin : des os qui deviennent des pierres qui redeviennent des os dans l’eau et ainsi de suite…

Les métamorphoses d’Ovide, de Laurence Gillot, Nathan, 2011.
240 pages. 7,50 euros. Dès 10 ans.

 

Journal d’Adeline : Un été avec Van Gogh

Auvers-sur-Oise, 1890. Adeline Ravoux, 13 ans, tient son journal intime. A la date du mardi 20 mai, elle note l’arrivée d’un nouveau pensionnaire à l’auberge tenue par ses parents : « Un grand, roux, osseux, qui a une épaule plus haute que l’autre et des yeux bleus et fixes comme un oiseau de proie. Il ferait presque peur, s’il ne souriait pas de façon aussi désarmante. »

Cet homme étrange, c’est Monsieur Vincent. Un peintre qui passe son temps les pinceaux à la main, réalisant jusqu’à trois toiles par jour. Lorsqu’il propose à la jeune fille de faire son portrait, celle-ci ne se doute pas que le résultat va être si abominable : « J’ai eu un choc en voyant mon portrait. Il m’a barbouillé les joues de rouge et labouré les mains de traits verts. Je suis laide à faire peur. Ce n’est pas moi. […] Le tableau, je le cacherai sous mon lit pour que surtout personne ne le voie. » Habituée aux peintures d’autrefois, bien lisses, elle voit en Monsieur Vincent un laboureur de toiles dont les œuvres sont heurtées, brutales, presque sauvages. Comme s’il peignait avec sa colère ou son désespoir. Malgré tout, l’adolescente est touchée par la douceur, l’amabilité et la gentillesse de l’artiste. C’est pourquoi le 27 juillet 1890 restera pour elle une date à marquer d’une pierre noire…

Marie Sellier imagine les derniers jours de Van Gogh à travers le regard sensible d’une jeune fille. Elle distille, par le biais du journal intime d’Adeline, des éléments véridiques et d’autres totalement inventées. Un très joli texte qui permettra aux jeunes lecteurs de découvrir la nature complexe d’un homme tenant aujourd’hui une place majeure dans l’histoire de la peinture.
 

Journal d’Adeline : un été avec Van Gogh, de Marie Sellier, Nathan poche, 2011.
110 pages. 4.90 euros. A partir de 11 ans
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Lili et le loup

Dans le jardin de Lili,  «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Elle y vit avec ses parents et Pompon, le chat blanc aux yeux bleus, dans une petite maison de bois, au milieu de la forêt. La vie se déroule paisiblement entre la confection de gâteaux et de bouquets de fleurs, l’observation des oiseaux, les siestes… Et ni la radio, ni la télévision ne viennent entacher leurs paisibles journées.

Jusqu’au jour où un évènement inattendu se produit : Pompon a bondi sur le mur du jardin et Lili s’est lancée à sa poursuite. Mais aussitôt, ses parents se sont mis à crier et lui ont interdit de sortir du jardin. Pourtant, Lili voudrait bien aller voir ce qu’il y a de l’autre côté de ce mur…

Quand les enfants, trop protégés par leurs parents se frottent à la vie et ses réalités même la plus dure. Le papa de Lili lui a appris à lire, mais cela est bien insuffisant à une enfant, petit chaperon moderne, avide de découvrir le monde. Un court roman initiatique au vocabulaire très simple, idéal pour les petits lecteurs qui se découragent devant des oeuvres trop longues.

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Lili et le loup, Michèle Cornec-Utudji, illustrations Peggy Nille, nathan, 2005.
66 pages. 4,80 €. A partir de 8 ans.

 

L’ombre

Un matin devant la porte de son immeuble, Tom, 15 ans, croit voir un fantôme, celui d'une jeune fille. Se croyant victime d'hallucination due à la fatigue, il oublie. Mais l'ombre revient, le suit et semble vouloir lui parler. Le jeune garçon est terrorisé et même son meilleur ami Quentin n'est pas très enclin à croire à ses apparitions, surtout que seul Tom peut la voir.

Peu à peu, le jeune homme s'habitue à sa présence, elle devient familière, presque amicale. La découverte d'une vielle boîte à la cave va mettre Tom sur la piste de l'histoire de l'ombre, une douloureuse histoire en plein cœur de la seconde guerre mondiale.

Yaël Hassan propose un roman de forme originale : un discours à deux voix avec d'un côté Tom qui raconte sa rencontre avec l'ombre et son entêtement à reconstituer un passé que beaucoup voudrait taire (texte de Yaël Hassan) et de l'autre, l'ombre, cette jeune fille en quête de reconnaissance et pour qui Tom est le seul espoir (texte de Rachel Hausfater). Les deux protagonistes racontent tour à tour leur rencontre, leurs ressentis et les incompréhensions dues au manque de communication verbale. A noter que la mise en page et la graphie différente en fonction du narrateur permettent au lecteur de ne pas confondre Tom et l'ombre.

Entre roman fantastique et roman historique, les auteurs construisent une histoire bouleversante mais sans pathos. Elle permettra aux jeunes lecteurs de découvrir un pan de notre histoire guère flatteur à travers les yeux de Tom, un ado bien de notre époque.

L'ombre de Yaël Hassan et Rachel Hausfater, Nathan poche, 2010.
136 pages. 4,95 euros. A partir de 11 ans. (Première édition en 2005)

 

 

Vachement moi !

Comme tous les matins, Paul, dix ans, présente son code barre tatoué dans sa paume de main à Monsieur Verzy, le concierge, afin de pouvoir entrer dans l’école. Il sert à identifier chaque élève et à donner des renseignements comme les caractéristiques physiques, l’adresse et même le nombre de chewing-gums collés sous les tables. Mais ce matin, après une chute, le code barre de Paul s’abîme et au moment de la lecture, il indique qu’il n’est non pas un garçon mais une vache ! Mis au ban, Paul va devoir prouver son identité. Et s’il y parvenait grâce à « Massacrator », le taureau ?

Vous l’aurez compris, ce court roman se lit avec le sourire. Les péripéties de Paul en quête d’identité s’enchaînent sans temps mort. L’histoire peut paraître absurde et c’est sans doute le but recherché par l’auteur, mais au fil des pages, le lecteur arrive à douter. Paul est-il une vache ou un garçon ? Ce texte humoristique aussi bien dans le fond que dans la forme se veut aussi critique sur une société où la technologie prend le pas sur la raison et la réflexion.

Vachement moi ! d’Emmanuel Bourdier, Nathan poche, 2010.
78 pages. 4,60 euros. A partir de 8 ans.