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Le câlin du Yéti

Prenant l’aspect de romans, "L'étrange voyage d'Ahmed" et "Le câlin du Yéti" ont la forme de contes de sagesse destinés à conforter le jeune lecteur dans un désir de grandir et de séparation de ses parents. Peu dense au niveau du texte ils peuvent être parcourus d’un trait par un enfant d’une petite dizaine d’années. L’auteur a parsemé son ouvrage de quelques mots d’un vocabulaire recherché ;  le jeune interrogera quelqu’un ou utilisera le dictionnaire pour connaître son sens quand il ne devinera pas de lui-même en fonction du contexte le sens approximatif du mot.

En fin d’ouvrage des pages documentaires évoquent le Népal et pose des questions autour de l’existence réelle du Yéti. Des dessins en noir et blanc d’un style très réaliste, parfois d’une pleine page, ancrent bien le récit dans l’univers décrit. Le jeune héros se donne pour défi de rencontrer le Yéti et peu après l’avoir fait, un moine l’aide à percevoir le saut symbolique qu’il vient de réaliser et il le rassure sur l’avenir d’adulte qui va être le sien.

Le câlin du Yéti de Pierre Duriot et Christophe Alvès. L’Harmattan Jeunesse, 2012.
54 pages. 8, 50 euros. À partir de 9 ans

Quand j’étais déesse

 

A quatre ans, Rashmila est devenue une Kumari, une déesse vivante du Népal. Elle possédait les trente-deux signes de la beauté parfaite : des yeux noirs bleutés, une langue petite et sensible, les membres d’une biche, les cils de la vache, des dents blanches, etc. Dans son palais, elle est restée immobile chaque jour regardant droit devant elle d’un air hautain, dur, détaché de tout. Interdiction de rire ou de montrer la moindre émotion. Et surtout, interdiction de saigner. Un matin, on a trouvé quelques gouttes de sang sur son poignet. Les prêtres, effarés, ont dû appliquer la règle : quand une Kumari saigne, son règne prend fin.

Aujourd’hui âgée de douze ans, chassée de son trône, Rashmilla est retournée chez elle après avoir passé huit ans loin des siens. Traumatisée par la perte de son statut de déesse, étrangère dans une maison où elle n’a pas grandie, la petite fille reste dans un premier temps cloitrée dans sa chambre, refusant de rencontrer ceux qui viennent lui rendre visite.

Peu à peu, pourtant, la cicatrice va se refermer et Rashmilla va reprendre goût à la vie en arpentant les rues de Katmandou, libre.  

Irène Cohen-Janca propose une immersion dans une culture et des traditions souvent inconnues des occidentaux. On découvre la vie au Népal, rythmée par les cérémonies et les fêtes religieuses.

Le texte est rédigé à la première personne et les chapitres, très courts, donnent beaucoup de rythme au récit. Rashmilla est touchante car l’évocation de son passé et de ses interrogations sur l’avenir sonne juste. Un joli petit roman, original et enrichissant.  

Quand j’étais déesse, d’Irène Cohen-Janca, Rouergue, 2011.
95 pages
. 7 euros. Dès 10 ans.