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Wiggins et la ligne chocolat

1889, Londres. Wiggins, modeste vendeur de journaux, rêve de devenir détective comme son idole Sherlock Holmes (rencontré dans un épisode précédent). Mais en ce dimanche de novembre, ce n'est pas un riche client qui se présente à son appartement mais sa propre mère. Aide-cuisinière auprès du comte et de la comtesse de Brazenducke, elle est accusée d'avoir voler des objets de valeur à ses patrons. Wiggins, ne supportant pas cette injustice, décide de démasquer le véritable voleur. Ses soupçons se portent rapidement sur Marjorie, la fille du comte qui a de drôles de fréquentations. Une filature, une réunion secrète, des plans, d'étranges échanges de paquets, que cache Marjorie? Pourquoi accuse-t-elle sa mère ? L'apprenti détective n'est pas au bout de ses surprises. L'affaire semble plus complexe qu'un simple vol.

Wiggins n'est pas sorti de l'imagination de Béatrice Nicodème mais celle de Conan Doyle. En effet, il apparaît brièvement dans différentes histoires de Sherlock Holmes. La romancière en a fait le personnage principal d'une série d'enquêtes policières dans le Londres de la fin du XIXe siècle. Le célèbre détective de Baker Street fait une apparition remarquée dans chacune des aventures du petit vendeur de journaux.

On plonge facilement dans l'univers de Wiggins au cœur de Whitechapel. Les difficiles conditions de vie de ce quartier pauvre de Londres (misère, faim, froid) sont très bien décrites sans surcharger le récit policier. Wiggins, garçon courageux et enthousiaste, nous embarque sans temps mort et malgré lui dans cette histoire de complot politique. Un petit roman parfait pour découvrir le genre policier et s'immerger dans l'univers de Conan Doyle et de son célèbre détective.

Wiggins et la ligne chocolat de Béatrice Nicodème, Syros, 2010.
86 pages. 4,95 euros. A partir de 10 ans. (Première édition en 1995).

 

Piège à la verticale

Freddy, en vacances dans la Drôme avec ses parents, va faire la connaissance de Céline, une jeune passionnée d’escalade. Son frère Vincent est à l’hôpital, il a fait une chute en voulant gravir un pan de rocher encore inexploré. Céline ne croit pas à l’accident mais à un sabotage. Freddy va devoir s’initier à l’escalade et faire appel à sa demi-sœur Maïté, reine de l’informatique, pour trouver la vérité et séduire la belle Céline !

Jean-Hugues Oppel propose ici une deuxième enquête de Freddy, jeune héros fan de polar. Il immerge le lecteur au cœur de la Drôme (région très bien décrite), dans un univers particulier et original : celui de l’escalade. On y rencontre de nombreux termes techniques qui sont heureusement expliqués dans un glossaire à la fin du livre et qui permettent au lecteur de se plonger totalement dans ce sport peu connu du grand public.

Un seul bémol, l’histoire policière est un peu longue à démarrer, ce qui pourrait décourager nombre de petits lecteurs. Mais au final, ce Piège à la verticale reste un bon petit polar, simple et sans prétention.

 

 Piège à la verticale de Jean-Hugues Oppel, éditions Rouge safran, 2010.
94 pages
. 6,50 euros. A partir de 10 ans.

NB : Ouvrage publié pour la 1ère fois chez Albin Michel Jeunesse en 1998.

 

 

Train mystère

Le grand-père de Violette, cheminot à la retraite ne peut se résoudre à laisser partir seule de Bretagne sa vielle locomotive, obligée de reprendre du service à la suite d’incendies en Corse. Violette est aussi du voyage, toute heureuse d’accompagner son « pounet » et de profiter de ces vacances improvisées.

Sur le bateau qui l’emmène vers l’île de beauté, la jeune fille est réveillée en pleine nuit et aperçoit de la lumière dans une rame. Elle y découvre des tâches de sang et entend d’étranges bruits. Alors qu’elle s’apprête à sortir, Violette est agressée par un mystérieux passager qui tente de la retenir dans un wagon.

Mais au petit matin plus rien! Plus de traces de sang, ni de lutte. Violette a-t-elle rêvé ? Est-ce une mouette comme le suggère papy ? La vielle loco cache-t-elle un terrible secret ?

Train mystère, de la collection « voyage en page », propose un roman policier fort bien ficelé respectant toute la mécanique du genre. Grâce au  suspense omniprésent, on suit avec intérêt  les mésaventures de Violette à travers une Corse très bien restituée (paysages, spécialités…).

On peut néanmoins regretter le dénouement un peu rapide  ainsi que quelques descriptions redondantes qui alourdissent inutilement le récit. Mais au final, le roman reste très agréable et l’on peut sans problème le recommander aux lecteurs de polar débutants.

Train mystère, d’Yves Hughes, Gallimard jeunesse/SNCF, 2010.
96 pages. 2,50 euros. A partir de 8 ans.

 

Robin dans les bois

C’est l’histoire de deux frères qui descendent d’un train un soir d’automne et qui se retrouvent perdus dans les bois…
 
Robin et son petit frère Jules ont l’habitude de prendre le train sans leurs parents pour se rendre chez leur grand-mère. Le trajet dure à peine une demi-heure et est sans danger. Mais quand Robin aperçoit Brendan Strekfus dans le compartiment voisin du sien, il est pris de panique. Brendan est le caïd de l’école et un peu plus tôt dans la journée, il a menacé Robin sans équivoque. Sa bouche a articulé en silence : « tu es mort ! ».

Le jeune garçon décide alors de quitter le train avant le terminus. Il emmène son petit frère dans une fuite éperdue à travers les bois. La situation va encore se compliquer lorsque les deux enfants vont accidentellement tomber sur un ogre forcément mal intentionné…

Malika Ferdjoukh possède un sens du suspense d’une rare efficacité. Elle propose un thriller haletant qui va captiver le lecteur jusqu’au dénouement. Le texte est à la première personne, permettant de raconter l’histoire « en immersion » à travers les yeux de Robin. D’une précision redoutable, ce roman constitue une belle découverte pour les « petits lecteurs » qui aiment se faire peur !

 
Robin dans les bois, de Malika Ferdjoukh, édition Gallimard Jeunesse/SNCF, 2010.
78 pages. 2,50 euros. A partir de 10 ans.
 
PS : Née d’une collaboration entre les éditions Gallimard et la SNCF, la collection Voyage en page existe depuis trois ans et propose plus de 25 titres pour les élèves du CE1 à la 5ème. Elle se veut l’équivalent des romans de gare pour adultes. Les textes de ces livres de poche sont toujours courts, agrémentés de jeux de voyage en fin d’ouvrage et le prix unique est vraiment riquiqui (2,50 €) !

 

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Crimes à la une

Justin Levasseur est un adolescent de 15 qui vit dans le 1er arrondissement de Paris près du quai de la mégisserie. En cette fin d’année 1909, les quatre enfants Levasseur (Justin, Pierrot, Louiset et Hortense) travaillent à la fabrique Paris-Bergelot où ils aident à la construction de meubles, de sièges et de roues de carrosses et d’automobiles. Justin s’investit très peu dans les tâches qui lui sont confiées. Son manque d’assiduité provoque son renvoi de l’usine.

Loin d’être découragé par ce coup du sort, l’adolescent décide de devenir journaliste. Il frappe à la porte de L’écho de France et finit par être engagé comme vendeur de journaux. Entre temps, une de ses tantes a été poignardée quasiment sous ses yeux. La police abandonne rapidement ses investigations et Justin sait que seul un journaliste peut relancer l’enquête. Lorsque qu’un second meurtre est perpétré dans les mêmes circonstances que le premier, l’adolescent découvre que ces crimes ont un lien avec l’histoire de ses parents. Il en vient à penser que son père ressemble au suspect idéal…  
 

Ce court récit (100 pages) propose un tableau réaliste de Paris en 1910, l’année de la grande inondation. Paul Thiès décrit avec conviction le monde ouvrier et la vie des petites gens dans les quartiers populaires de la capitale. Hommage au Rouletabille de Gaston Leroux, ce roman-feuilleton à l’intrigue parfois rocambolesque constitue une belle introduction à ce genre littéraire si particulier pour de jeunes lecteurs qui découvriront peut-être plus tard Dumas, Zola ou Eugène Sue.

Crimes à la une, de Paul Thiès, édition Seuil Jeunesse, 2009.
106 pages. 7,50 euros. A partir de 10 ans.

PS : cet ouvrage est paru en 2004 sous le titre Crimes sur Seine dans la collection J’ai Lu jeunesse policier.