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L'enfant satellite

SkEye 001 est un satellite espion, conçu pour observer les positions ennemies et donner leurs coordonnées à ses frères responsables des étoiles de la mort (des lasers destructeurs). Mais c’est aussi un enfant qui survit grâce à des tuyaux et des électrodes. Un jour, il repère une fillette de sept ans, Fathia, seule rescapée d’une attaque. Elle s’enfuit à travers le désert pour  s’échapper de ce cauchemar. SkEye 001 ne peut s’empêcher de la suivre et commence à ressentir de drôles de choses qui lui étaient jusque là inconnues, comme la compassion ou la douleur. Pourtant, il n’est pas fait pour ça, c’est juste un cerveau de sept ans dans un corps amoindri, un clone né pour la guerre. Que se passe-t-il dans la tête de SkEye 001 ? Fathia n’est-elle pas une ennemie méritant de mourir ?

En 40 pages, Jeanne-A Debats réussit, à travers le monologue de SkEye 001, à ouvrir un débat sur l’humain et en particulier sur les limites des machines, le clonage et la place prépondérante des sentiments. Entre tendresse et sensibilité, on suit cet enfant prisonnier de son sarcophage volant qui peu à peu va ressentir, à travers Fathia, des émotions. Une belle victoire du cœur sur la raison. SkEye 001, en transgressant les règles, permet une réflexion plus profonde sur la désobéissance civile : doit-on respecter une loi quand celle-ci est contre la morale ou le respect de l’autre ?  Il n’y a pas de fin à proprement parler, chacun avec son vécu, ses doutes, ses espoirs, peut imaginer la suite des évènements.

Un court récit qui n’est pas seulement de la science fiction mais une vraie réflexion sur l’homme.
 

L’enfant satellite, de Jeanne-A Debats, Mini Syros Soon, 2010.
48 pages. 2,95 euros.
A partir de 8 ans.

 

Fugitifs sur Terra II

Sur la planète Terra II, un coup d’état mené par des militaires rebelles a renversé la famille royale. La princesse Balti a pu s’échapper avec l’aide de Bakounine, un orang-outan génétiquement modifié devenu un supra-guerrier créé par quelques hauts-scientifiques de l’armée. Leur route croise celle de Pablo, un jeune fermier qui leur sert de guide à travers la forêt. Un dernier personnage vient se greffer à la bande, Tiph, la fille du cuisinier en chef du palais. Au moment du coup d’état, elle s’était cachée dans la soute du vaisseau ayant permis à la princesse de s’enfuir.

Traqué sans relâche par le nouveau maître de Terra II, le quatuor va devoir faire preuve de courage et d’audace pour ne pas tomber aux mains des militaires.

Laurent Verron, qui a repris la célébrissime série Boule et Bill depuis le décès de Roba, change radicalement de genre en mettant en scène les aventures mouvementées de la princesse Balti et des trois fugitifs qui l’accompagnent. Son trait est relâché et son découpage très cinématographique, avec beaucoup de mouvement. Le scénario peut paraître bien léger, mais c’est l’action qui prime. A noter également que l’humour est assez présent et permet d’atténuer la gravité de la situation.

Il faut lire les deux volumes à la suite pour découvrir l’épisode dans son intégralité. Apparemment, une suite est à prévoir. Pour Balki et ses nouveaux amis, les épreuves ne font sans doute que commencer.

Fugitifs sur Terra II (Tome 1 et Tome 2), de Cric et Verron, Éditions Dargaud, 2009.
52 pages. 9,95 euros chaque volume.
Dès 9 ans.

 

Métalika

Salma et Robin font partie de la nouvelle promotion des Cadets de l’espace. Ils intègrent de fait la Compagnie d’Exploration des Terres Lointaines dont le but est de repousser toujours plus loin les limites de l’univers connu. Sur Métalika, leur planète, chaque personne reçoit à sa naissance un robot chargé de veiller sur lui tout au long de sa vie. Mais quelques semaines après leur intronisation chez les cadets, Salma et Robin constatent au retour d’une mission spatiale que les robots se sont révoltés et ont pris le pouvoir. Contraints de s’exiler pour échapper à l’esclavage, ils vont découvrir une nouvelle planète où la nature est reine et où les habitants possèdent des armes biologiques qui pourraient les aider à renverser les robots.

Alain Grousset se plaît à mélanger action et réflexion. Son récit se déroule tambour battant, entre batailles spatiales et affrontements avec les robots. Mais il n’oublie pas de faire passer ici et là quelques messages invitant à méditer sur le danger des technologies de pointe ou l’importance de vivre en harmonie avec la nature. L’intrigue avance vite et les événements s’enchaînent sans temps mort. C’est aussi un léger reproche que l’on peut formuler dans la mesure où le roman, sans découpage en chapitres, ne permet aucune « respiration ». Pour les petits lecteurs qui ont besoin de faire des pauses assez souvent, ce manque de repère concret peut poser problème.

Quoi qu’il en soit, les courts romans de science fiction destinés aux 9-12 ans sont suffisamment rares pour que l’on accorde à ce Métalika toute l’attention qu’il mérite.

Métalika, d’Alain Grousset, Gallimard / SNCF, 2007.
78 pages. 2,50 euros. A partir de 9 ans.

 

Collection Mini-Syros Moon : des histoires de futurs

L’enfaon, d’Éric Simard
 
Leïla est amoureuse. Mais l’élu de son cœur n’est pas un enfant comme les autres. C’est un HGM, un Humain Génétiquement Modifié. Lorsqu’il n’était encore qu’un embryon, les scientifiques qui l’ont conçu ont détecté en lui une maladie très rare, mortelle chez l’homme mais inoffensive chez les cerfs. Ils lui ont donc injectés des gènes de cerf. Il est ainsi devenu un mélange d’enfant et de faon que l’on a baptisé L’enfaon. Mais être un élève différent dans une école « normale », c’est loin d’être un cadeau…     
 
Robot mais pas trop, d’Éric Simard
 
Adam vit dans une maison entièrement robotisée : on déclenche la chasse d’eau en chantant, le lit se transforme en toboggan lorsque l’on crie « Tarzan » et un robot vous déshabille quand il est l’heure d’aller se coucher. Il y aussi Nestor, un serviteur androïde programmé pour répondre aux besoins des humains. Le problème, c’est que beaucoup d’appareils sont détraqués. Alors quand le directeur de l’école et sa femme s’invitent chez Adam pour prendre le thé, la situation devient vite incontrôlable !
 
Le Très Grand Vaisseau, d’Ange
 
Le TGV  (Très Grand Vaisseau) a quitté la Terre en quête d’un monde meilleur il y a plus de 800 ans avec à son bord, 3000 « passagers ». Guillaume y est né il y a dix ans. Et comme tous ses congénères, il connaît les consignes par cœur : ne jamais poser de questions sur l’Organisation qui dirige le vaisseau ; ne jamais ouvrir les portes rouges ; ne jamais accéder au niveau 0, celui des pilotes. Mais le jour de son anniversaire, Guillaume va devoir enfreindre ces trois consignes…
 
A la poursuite des Humutes, de Carina Rozenfeld
 
Certains humains deviennent sans raison des mutants dotés de superpouvoirs. On les reconnaît à la bosse qui s’est formée sur leur nuque. Les mutants sont pourchassés sans merci par les hommes « normaux » qui les enferment dans des prisons gigantesques dont personne ne ressort jamais. Le jeune Tommy a du mal à comprendre cette haine envers les mutants. Son incompréhension s’est peu à peu transformée en terreur depuis qu’il a senti pousser une légère excroissance à l’arrière de son cou.
 
 
Voila une nouvelle collection jeunesse idéal pour les « petits lecteurs ». Avec un texte de 40 pages que l’on va lire en vingt minutes maximum, pas le temps de se fatiguer ou de s’ennuyer (pour peu que le contenu nous intéresse, évidemment). De plus, les thèmes abordés interpellent, ils peuvent être source de questionnements et de débats (la génétique, la différence, les évolutions technologiques, l’état de la planète…). Enfin, le coût d’achat est riquiqui, ce qui n’est pas négligeable.
 
Collection Mini Syros Soon : des histoires de futurs, édition Syros, 2010.
40 pages. 2,95 euros. A partir de 9 ans.