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Comment j’ai connu papa

Ava vit avec sa mère, Hélène, infirmière de nuit à l’hôpital et très fatiguée par ses nuits de garde. Heureusement, il y a Joséfa, la tata…
« Avec Joséfa, rien n’est grave, on s’en sortira toujours et la vie est belle. Je l’adore. Elle a longtemps vécu avec nous quand elle faisait les Beaux-Arts. C’est un peu notre fée. »
Ava, la veille de ses dix ans, interroge de nouveau Joséfa sur son papa, qu’elle ne connaît pas et supposé s’être exilé en Australie. Et là, Joséfa crache le morceau. Ava apprend que son père habite non loin d’elle, dans un autre quartier de Paris, que cette histoire de conte australien avec un méchant, est inventée de toutes pièces et que son papa Antoine, avait toujours été là, à veiller sur elle, à distance… Joséfa lui sort des tonnes de courrier du placard et lui apprend que son doudou Rhinocéros, vient aussi de lui.
Alors, Ava décide de lui écrire une lettre…


Un texte bien écrit et emballant de pétillance et d’humour, dans lequel on entre de plein fouet dans le monde des adultes. Et tout est dit. Ava en veut à sa mère de l’avoir privé de son père, cette mère qu’elle semble un peu porter et en même temps, elle la comprend. Elle pense à ses larmes. Mais l’espoir guette et une fois encore, la vie reprend le dessus. Reste à démêler le fil des questions et des « pourquoi » pour mieux comprendre…
Comment j’ai connu papa de Séverine Vidal, Éditions Le Rouergue, 2010.
74 pages. 6€50. Dès 8 ans.

 

  

 


 

 

Du fil à retordre

 

C’est l’histoire d’une petite fille dont les parents sont divorcés. Entre la maison de Maman et celle de Papa, il y a un monde qui dure une semaine. Une situation difficile à vivre. L’impression d’être parfois un objet que l’on se partage : « Qui me prend pour Noël ? Qui m’aura pour le jour du réveillon de l’an ? » 

Insupportable, cette distance qui existe aujourd’hui entre ses parents. Le samedi, ils s’échangent leur fille et quelques phrases pour se tenir au courant des événements des jours précédents. Un coucou de loin. Plus de bisous, même sur la joue. La petite fille rêve de les rapprocher, de recoller les morceaux, même pour quelques instants.
 
Insupportable, la séparation pendant toute une semaine. Le parent absent lui manque trop, elle en fait des cauchemars. Mais il y a aussi de bons côtés. Deux maisons, des jouets et des habits différents. Des comportements différents aussi : chez papa, on peut se chamailler pour rire, faire des batailles de semoule, mettre le bazar partout alors que chez maman on fait des trucs de filles. Une vie en équilibre, sur un fil tendu entre deux mondes. Une vie à la stabilité fragile qui n’empêche tout de même pas de se projeter dans le futur.

Les illustrations tout en rondeur et les couleurs pastels sont d’une grande douceur. Une thématique difficile abordée avec intelligence et de façon positive sans jamais tomber dans la mièvrerie. Un album réussi, sans aucun doute !

Du fil à retordre, de Séverine Vidal, illustrations de SeL, éditions Les Lucioles, 2011.
46 pages. 14,90 euros. A partir de 8 ans.