CDDP de l'Oise      
Concours National de la Résistance et de la Déportation

 

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Documents littéraires concernant l'Oise

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L’aide par le renseignement

La police avec nous

En 1943, l’adjudant Hubert Laffite retrouvait un de ses anciens camarades de régiment, Firmin Flamand, lui-même agent de police. Ils parlèrent de la situation dans laquelle était tombé le pays et formulèrent chacun le vif désir de voir bientôt l’occupant déguerpir.

Flamand, depuis longtemps cherchait à entrer dans un réseau de résistance, accepta la proposition que lui fit Laffite d’entrer au F.N. Lafitte le chargea de recruter des amis sûrs et créer un groupe de F.T.P. et bientôt Flamand formait une équipe composée d’agents de police pour la plupart. Un ami commun, l’adjudant Hocquart, assurait la liaison avec les responsables avec Pourceaux à Gournay, chez lequel se trouvait un poste émetteur-récepteur. Les renseignements fournis par le groupe étaient précieux : en plus des ordres locaux et des consignes ordonnées par les Allemands, ils signalaient les mouvements de troupe que la police avait à connaître et les enquêtes sur les patriotes suspect, que réclamait la Gestapo.

L’activité des agents s’étendit aux sabotages et au harcèlement de l’ennemi. Le 7 juin 1944, ils opèrent un coup de main sur un camion allemand près de Gournay, tuant deux soldats et blessant un troisième, sabotant les voies ferrées de la ligne Compiègne-Roye, interrompant le trafic ferroviaire pendant une quinzaine de jours. A Rémy, ils firent dérailler un train de troupes qui resta immobilisé 24 heures, et le 6 juillet ils participèrent au déraillement spectaculaire d’un train de tanks de la division d’infanterie Adolf Hitler appelée d’urgence à Caen pour contenir les Alliés, et qui resta bloquée cinq jours durant, près de Roye (…) .

André Poirmeur,
Compiègne 1939-1945,
p.56-57, 1968.

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Les convoyages à Perpignan

du 2 septembre 1943 au 1 er janvier 1944

Par l’intermédiaire de Jean Olibo et d’un nommé Jacques, j’ai été mise en contact avec les guides de Perpignan. Ce sont eux qui prenaient en charge les aviateurs pour leur faire franchir la frontière clandestinement […] J’ai passé une petite semaine à Perpignan pour les rencontrer et établir avec eux les détails de la ligne : se mettre d’accord sur les dates, les mots de passe et l’organisation de chaque départ. Les convoyages ont commencé à un rythme accéléré ; un ou deux, parfois trois par semaine. Je ne dormais que dans le train de retour, n’ayant quelquefois pas le temps d’aller prendre une douche avant de repartir. J’évitais de revenir par le même itinéraire et passais par Dax et Bordeaux pour renter sur Paris afin de brouiller les pistes.

Parmi les difficultés du réseau, il fallait loger les aviateurs sur Paris ou en banlieue, les soigner, les habiller en civil et leur procurer les papiers nécessaires pour leur donner l’apparence d’honnêtes français. Pour les cacher, les lieux étaient rares car c’était un péril permanent pour ceux qui acceptaient de les héberger….

Geneviève Leberre,
Une drôle de vie
,
ouvrage publié par l’association ADECO
et imprimé par le CDDP Oise, 2007,
page 54.

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La récupération d’aviateurs

En mars 1944 (le 10 ?), nous sommes contactés par deux camarades, Serge Lefèvre et Léon Creteur qui nous apprennent que ce dernier, employé aux Ponts et Chaussées de Senlis, cache deux aviateurs américains, Jonathan Pearson et Thomas Yankus, chez lui rue Thomas Couture. Décatoire, Fossiez et moi-même accompagnés de mon père nous nous rendons chez lui pour les interroger afin de savoir s’ils étaient vraiment américains car les Allemands infiltraient les réseaux avec de faux aviateurs. Mon père, ainsi que ma mère et ma sœur, par sa connaissance de l’anglais […] nous servit d’interprète. Tout était OK, heureusement pour nous tous ! Ces aviateurs venaient à pied de Le Cateau dans le Nord où leur forteresse volante avait été abattue le 4 mars. Ils furent récupérés à Villeneuve-sous-Verberie par Creteur qui pouvait circuler avec une camionnette des Ponts et Chaussées. Nous les avons emmenés plusieurs fois avec mon beau frère aux douches municipales de l’hôpital…sans problème. Le logement, petit chez Monsieur et Madame Creteur, n’était pas confortable, surtout qu’il y avait leur gendre, Monsieur Binder d’origine juive de surcroît ce qui était très risqué….

René Charpentier,
Souvenirs de jeunesse, la guerre 1939-1945, la Résistance,

Pages de la Résistance, ANACR-Oise, n°2, novembre 2004,
page 4

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8 juin 1944, B17 bomb group 568 e Squadron, s’écrase vers Rosières

Vers 8 heures du matin, une formation de froteresses volantes B17, basée en Grande-Bretagne, était de retour d’un bombardement sur Tours. La Flak disperse les bombardiers. Celui du pilote Ewing J. Sechrist, perdu dans le brouillard, est bientôt totalement seul en plein ciel. Le navigateur Turmènes, sûr de ses calculs, annonce à l’équipage que le B17 se trouve à 20km au sud-est de Londres !

Pris de nouveau à partie par la DCA de Montdidier et d’Amy, le bombardier est touché. Les aviateurs n’ont plus d’autres alternatives que de sauter en parachute, l’avion s’écrase vers Rosières. Qu’elle n’est pas la surprise quand ils s’aperçoivent qu’ils sont tombés en France sur le territoire de Margny-aux-Cerises, canton de Lassigny. Les dix passagers du B17 connaîtront des fortunes diverse. Le navigateur Hessel a été tué dans l’avion. David H. Helps (19 ans) a été tué en percutant le sol et le co-pilote Duncan a été fait prisonnier. Les sept autres aviateurs seront recueillis dans le village, ils se sont cachés dans les fourrés et dans les blés. Le parachute de Henry Wilson était accroché dans les fils téléphoniques.

Près de Margny-aux-Cerises, Gorecki Boleslav (20 ans) était sur Sally-Saillisel. Caldwel a été chez M. Bredin, boucher chevalin à Noyon. Sechrist, chez M. Courivaux au moulin d’Epinoy à Evricourt, Wilson, Lewis et Ruta trouvaiet refuge à la ferme de M. et Mme Marcel Ledanois à Larbroye près de Noyon. Ils les ont hébergés pendant 75 jours. »

André Naudin
Aviateurs alliés tombés sur l’Oise en 1944
2000, p.110-111.

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