CDDP de l'Oise      
Concours National de la Résistance et de la Déportation

 

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Témoignages

 

L'aide aux aviateurs alliés, aux réfractaires au STO et aux résistants
par Max Brézillon, résistant de 23 ans en 1944

 
" L'aide aux aviateurs..."
 

 

 
"L'aide aux réfractaires au STO..."
 

 

 
"Les parachutages ... "
 

 

 
"L'arrestation..."
 

 

Résumé
Ce témoignage évoque l’activité clandestine des Brézillon père et fils, tous deux résistants à Noyon, qui ont apporté leur aide à des réfractaires au STO, à des aviateurs alliés et aux hommes du maquis des Usages.

Contexte
A Noyon, durant la seconde guerre mondiale, plusieurs anciens combattants de la Grande Guerre s’organisent dans l’ombre pour mener des actions de résistance notamment la récupération d’armes de 1940 et des parachutages. Parmi eux, André Brézillon utilise les laissez-passer octroyés par les Allemands pour l’exercice de sa profession d’entrepreneur pour sillonner le Noyonnais à la recherche d’informations, pour ravitailler les hommes entrés en clandestinité, transporter des aviateurs ou des armes. En outre, plusieurs réfractaires STO munis de faux papiers sont employés dans l’entreprise tandis que la famille héberge un aviateur tombé dans les voisinages. Dénoncés aux Allemands par un résistant en 1944, les Brézillon sont passés à tabac à la prison de Compiègne, incarcérés quelques jours au camp de Royallieu avant d’être déportés par le dernier train pour Buchenwald le 17 août 1944.

Personnes citées
Georges Beneth ; André Brézillon ; Max Brézillon ; Marcel Fourrier ; Georges Delneff ; André Philippon ; abbés Tarven ;

Lieu cités
Lagny ; Crisolles ; Maquis des Usages (Crisolles) ; Varesnes ;

Index
AS : Armée Secrète = organisation de la résistance
Ausweis : Papier d’identité et laissez-passer
« Colis » : personnes à cacher ;
OCM : Organisation Civile et Militaire = organisation de la résistance
VOP : Volontaires Ouvriers Paysans = organisation de la résistance

Max Brézillon
Fils de l’entrepreneur de Travaux Publics André Brézillon et d'Isabelle Rauch, Max Brézillon est né à Noyon le 30 mai 1921. Il fait sa scolarité à l'école primaire de Noyon, au collège Paul-Bert puis intègre l'École Spéciale des Travaux Publics à Paris. Dès mars 1941, il participe avec son père à des sabotages, transports d'armes, parachutages et sauvetage d'aviateurs alliés en détresse. Réfractaire au STO, il prend une fausse carte d'identité et se cache dans Noyon avant de reprendre son activité dans l’entreprise de son père. Dénoncé par le traître Souris, il est arrêté, interrogé par la Gestapo à Compiègne, détenu dans le camp de Royallieu puis déporté par le dernier train du 17 août 1944 à Buchenwald. Il est libéré par l'armée américaine le 29 avril 1945. Le 17 mai 1945, de retour à Noyon, il intègre le Comité local de libération dont il sera élu président le 7 juin suivant avec comme vice-président René Philippon. Le 15 décembre 1945, il épouse Colette Paternotte. Chevalier de la Légion d'honneur, il reçoit en décembre 1946 la Medal of Freedom. Il sera décoré de la médaille militaire, de la croix de la guerre 39-45, de la médaille de la résistance, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la médaille de la déportation. Gérant de la Société Brézillon en 1958, il en devient PDG l'année suivante. Parallèlement, Max Brézillon mène une carrière politique comme conseil municipal de Noyon de 1959 à et conseiller général de l'Oise de 1961 à 1997 où il est rapporteur général du budget à partir de 1964. Nommé officier de la Légion d'honneur, il devient président en 1969 du Lions Club de Noyon et du Sporting-club noyonnais.

Date de l’entretien
3 octobre 2007.

Pour en savoir plus
Le Messager de l'Oise Illustré n°2, Medal of Freedom, 15 décembre 1946.
Le Progrès de l'Oise, Médaille militaire, 30 juillet 1952, n°81.
Aviateurs alliés tombés dans l’Oise en 1944, par André Naudin, 2000.
L’Oise, septembre 1940 – septembre 1944, par Jean-Pierre Besse, 1994.

Précautions pédagogiques
Les témoignages gardent une valeur historique et éducative bien que des passages contiennent des erreurs sur des noms de personnes, de lieux ou de dates en raison de la fragilité de la mémoire, plusieurs années après les événements.

Réalisation
JYB/CDDP de l’Oise, avec l’aimable autorisation de Max Brézillon


En annexe
 

BREZILLON André Constant
(Vincennes 10 juin 1889 - Noyon 6 septembre 1952)

Entrepreneur de bâtiment, il prend la direction de la subdivision des sapeurs-pompiers de Noyon en 1924, succédant à M. Cléret démissionnaire et au sergent Leroy qui assura l'intérim. Conseiller municipal démis en 1940 avec l'ensemble de la municipalité, il devient membre de l'OCM, sous-chef du sous-secteur de Noyon, puis en devient chef lorsque Fourrier prend le maquis. Dénoncé par le traître Souris, arrêté le 18 juillet 1944, il est déporté par le dernier train du 17 août suivant à Buchenwald. Libéré par les Américains, il rentre tuberculeux en France. En 1946, il est nommé au titre du Ministère de l'Intérieur chevalier de la Légion d'honneur: "Inspecteur adjoint des services d'incendie de l'Oise ; 42 ans de services militaires, de guerre, de pratique professionnelle, et 22 ans dans un corps de sapeurs-pompiers". Il reçoit en décembre 1946 la Medal of Freedom.

 

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