CDDP de l'Oise      
Concours National de la Résistance et de la Déportation

 

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Témoignages

 

L'aide aux persécutés et aux pourchassés
par Lucien Roos, résistant de 18 ans en 1944

 
" Le rôle de son père médecin..."
 

 

 
"Des Français qui se consacrent à la résistance..."
 

 

 

 

Lucien Roos
en 1945

 

Résumé
Lucien Roos évoque dans un premier temps le rôle de son père médecin dans la résistance. Dans un second temps il parle des Français qui abandonnèrent leurs activités professionnelles pour se consacrer entièrement à la résistance.

Contexte
Dès le début de la guerre, alors qu’il exerce son métier à Maignelay-Montigny, le Dr Georges Roos fait des actions de résistance en facilitant le passage vers la zone libre de soldats français et de médecins juifs. Plus tard, à Noyon, il maquille les radios des poumons de ses patients pour permettre à ces requis pour le STO d’échapper au travail en Allemagne. Le Dr Roos sera arrêté et déporté à Buchenwald pour ces actes de résistance.

Au lendemain du Débarquement, le 6 juin 1944, un maquis se constitue dans les bois de Crisolles, au lieu-dit les Usages. Jeune lycéen en vacances, Lucien Roos rejoint le chef de ce foyer de résistance Marcel Fourrier. A la suite de l’attaque du maquis par les Allemands, le 23 juin 1944, Lucien Ross se voit confier la charge par le capitaine Dromas de remplacer son agent de liaison tué au combat. Commence alors pour Lucien Roos, alias Guy Boulanger, une vie mouvementée, couchant chez l’un ou chez l’autre, courant les routes sur son vélo pour apporter des messages, participant auprès du capitaine Dromas à des sabotages ou des missions de renseignements. Jusqu’au 2 septembre, date de la libération du secteur de Noyon – Chauny – Saint-Quentin, Lucien Ross n’aura plus de domicile ni d’identité. Peu après, il parvient à rejoindre la 2 e Division Blindée du général Leclerc et s’engage dans l’armée jusqu’à la fin des hostilités.

Personnes citées
Comtesse de Béna ; André Brézillon ; Max Brézillon ; Etienne Dromas ; Marcel Fourrier ; Marcel Poulin.

Lieux cités
Lagny ; Crisolles ; Maignelay-Montigny ; Maquis des Usages (Crisolles) ; Noyon ;

Lucien Roos
Fils du docteur Georges Roos, Lucien Roos (alias Guy Boulanger), 18 ans en 1944, participe à plusieurs actions de résistance avant d'être choisi par Marcel Fourrier pour rester au Maquis des Usages. Après l'attaque du maquis, le 23 juin 1944, il se réfugie quelques jours à Caisnes avant de devenir le bras-droit d'Etienne Dromas, chef du secteur B dans l'Aisne. Il sera à l'origine du bombardement par l'aviation alliée d'un convoi d'hydrocarbure en gare de Noyon. Engagé volontaire dans la 2e DB, il participera à la prise de Strasbourg. Lucien Roos sera cité à l'ordre du régiment : « Jeune volontaire de 17 ans, ayant toujours fait preuve d'une grande audace. Le 29 août 1944, a désarmé un soldat ennemi suivi à cent mètres de trois autres soldats allemands armés. Dans une rencontre du maquis dont il faisait partie, le 23 juin 1944, au Chalet des Usages, à Crisolles, avec des forces supérieures en nombre, a courageusement contribué à repousser l'ennemi ».

Date de l’entretien
4 octobre 2007.

Pour en savoir plus
L'Oise Républicaine, Citations, 21 novembre 1945

Précautions pédagogiques
Les témoignages gardent une valeur historique et éducative bien que des passages contiennent des erreurs sur des noms de personnes, de lieux ou de dates en raison de la fragilité de la mémoire, plusieurs années après les événements.

Réalisation
JYB/CDDP de l’Oise, avec l’aimable autorisation de Lucien Roos.

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En annexe
 

ROOS Georges
(Sète 1890 - Noyon, 1961)

Docteur en médecine exerçant à Grandvilliers, il s'installe à Noyon en 1940 au 16 rue Driencourt. Entré au Front National en 1943, il participe à la résistance dans sa spécialité, en falsifiant des certificats, des radiographies, apportant des soins aux clandestins. Il est arrêté le 1er juillet 1944 sur dénonciation, interrogé et incarcéré à Compiègne déporté par le dernier train du 17 août 1944 à Buchenwald. De retour en France, il témoigne de ce qu'il a enduré dans un ouvrage intitulé "Buchenwald". En novembre 1946, il est nommé représentant à Noyon de la Fédération des Amicales de réseaux de la France combattante.

Sources
L'Oise Républicaine, France combattante, 6 novembre 1946, n ° 89.

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