OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Portraits

Aise Marius Prosper (1879-1918)
[Instituteur] [Mort pour la France] [11e RIT] [339e RI]

Un instituteur de l'Oise
Né à Laboissière (Oise) le 27 octobre 1879, fils de Jules Léonard Aise et d'Aaugustine Marie Baude, Marius Aise fait ses études à l'école primaire de son village natal. Il entre à l'Ecole Normale de Beauvais en 1895 et en sort avec son brevet supérieur en 1898 « laissant à tous ceux qui l'avaient connu le souvenir d'un bon élève et d'un excellent camarade ».
De la classe 1899, il est incorporé à Beauvais le 14 novembre 1900 sous le matricule 2667 comme soldate de 2e classe. Il reçoit un certificat de bonne conduite et obtient les galons de caporal le 24 septembre 1901. Passé dans la disponibilité de l'armée d'active le 25 septembre 1901, il est nommé sergent le 23 avril 1902. Il n'obtiendra cependant pas son certificat d'aptitude à l'emploi de chef de section et sera désaffecté de son corps d'origine. Il accompli sa période d'exercices au 154e RI et passe dans l'armée territoriale le 1er octobre 1913.
De retour dans le civil en 1901, il occupe successivement le poste d'Instituteur-adjoint à Saint-Leu d'Esserent, à Compiègne et à Méru. Il est ensuite nommé instituteur à Glatigny puis au Déluge. Il est alors marié et père de deux enfants.

La guerre
Mobilisé le 2 août 1914 et incorporé comme sergent au 11e Régiment d'Infanterie Territoriale, il participe aux combats des débuts de guerre. Evacué le 8 octobre 1914 pour cause de maladie, il est soigné à l'hôpital temporaire de Luçon (Vendée) jusqu'au 2 février 1915 puis à l'hôpital temporaire n°11 de Fontenay le Comte (Vendée) jusqu'au 26 février 1915. Il passe au 329e RI (20 juin 1915), au 113e RI (24 juillet 1915) puis au 278e RI (3 septembre 1915). De retour au front, il reçoit un éclat d'obus qui le blesse à la nuque le 10 décembre 1916.
Il passe au 247e RI (14 juin 1917) puis au 139e RI (24 juin 1917) comme sergent fourrier. Il rejoint de nouveau le front au sein du 339e Régiment d'Infanterie le 15 mai 1918. Il reçoit la Croix de Guerre avec la citation dans l'ordre du régiment (n°321) à la date du 7 mars 1918 : « Sur le front dans l'infanterie depuis 24 mois. Courageux, dévoué. Blessé dans l'accomplissement de son devoir. »
Le 23 septembre 1918, il reçoit une citation à l'ordre de la 64e Division (n°478) tandis que le 339e RI fait face aux défenses de la ligne Hindenburg devant Saint-Quentin : « Le 6 septembre 1918, commandant une section tête d'avant-garde, à la prise de contact avec l'ennemi, s'est porté le premier à la reconnaissance d'une haie fortement tenue. Arrêté par le feu de plusieurs mitrailleuses, est resté sur place. Y a maintenu ses hommes jusqu'à la nuit ».
Il est tué le 15 octobre 1918 à Saint-Quentin et inhumé à Homblières (Aisne). Son corps sera exhumé à la demande de sa mère puis enterré au cimetière de Laboissière.

Mort pour la France, Croix de Guerre avec étoiles de bronze et d'argent, il recevra la médaille militaire à titre posthume le 31 juillet 1919. Une plaque et une photographie seront apposées dans l'école du Déluge. Son nom figure sur le monument aux morts de Laboissière-en-Thelle et sur la plaque commémorative située dans la salle des mariages de la mairie du Déluge.

Sources :
Archives départementales de l'Oise, RP892.
Livre d'or des Instituteurs de l'Oise, 1922.
Sites « Mémoire des Hommes » et Genweb.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014