OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Portraits

BERGER Alfred Louis
[Soldat] [Mort pour la France] [personnel de la préfecture] [6e RI]

Né à Semussac (Charente inférieure) le 18 janvier 1876, adjudant après 16 ans de services militaires, il est mis à la disposition du ministère pendant cinq ans en tant que titulaire d'une pension de retraite. Employé auxiliaire à la préfecture de la Charente puis commis aux écritures à l'asile de Clermont, il entre par permutation en préfecture de l'Oise le 15 février 1910 où il exerce la profession d'expéditionnaire au 3e bureau de la 2e division. Sous-lieutenant au 6e Régiment d'Infanterie, il est tué d'une balle au front à Soupir (Aisne) le 5 janvier 1915.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014

BLANCHARD Xavier Jules Désiré
[Soldat] [Mort pour la France] [personnel de la préfecture] [128e RI]

Né à Forges-les-Eaux (Seine Inférieure, Seine Maritime) le 23 novembre 1893, commis auxiliaire de la préfecture de l'Oise. De la classe 1913 (matricule 5158 au corps), recruté à Beauvais sous le n°898, ce sergent au 128e Régiment d'Infanterie, tué au Bois de la Gruerie (Vienne le Château) le 8 novembre 1914. Son nom figure à côté de celui de son frère Fernand sur le monument aux morts de Forges-les-Eaux et sur un tableau d'honneur dans la mairie.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014

BON Ernest Augustin Laurent
[Soldat] [Mort pour la France] [personnel de la préfecture] [128e RI]

Né à Cayeux-sur-Mer (Somme) le 28 avril 1880, chef de bureau à la préfecture de l'Oise, ce sous-lieutenant au 128e Régiment d'Infanterie est porté disparu le 24 juin 1915 à la Tranchée de Calonne (Meuse). Son figure sur le monument aux morts de Cayeux-sur-Mer.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014

BOY Jacques Joseph
[Soldat] [Mort pour la France] [personnel de la préfecture] [9e RIC]

Né à Bordeaux (Gironde) le 2 juillet 1875, rédacteur à la préfecture de l'Oise, ce sergent au 9e Régiment d'Infanterie Colonial est tué à l'ennemi le 12 août 1915 à La Fontaine-Houyelle (Marne). Il est détenteur de la médaille militaire.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014

BRIEST Marcel Georges (1893-1916)
[Soldat] [Mort pour la France] [8e BCP] [ARCY] [REMY]

Né à Rémy (Oise) le 13 janvier 1893, demeurant à Arcy, inscrit au recrutement de Péronne au n°942, chasseur de 2e classe au 8e BCP sous le matricule 2460, il est tué à l'ennemi à Rancourt (Somme) le 28 septembre 1916. Il était titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre.
L'historique régimentaire du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied rapporte les circonstances du combat de Rancourt au cours duquel il fut tué : « Le 12 septembre 1916, le bataillon débarque à Formerie. Une semaine de repos à Moliens, dans l'Oise, et le voilà dirigé vers la ligne de feu. En cours de route, les chasseurs rencontrent de nombreux soldats anglais avec qui ils échangent des propos aimables, empreints de la plus loyale camaraderie. Ils se rendent compte de l'immense effort fourni par les Alliés, ils admirent au passage, ces nouvelles machines, ces bizarres tanks dont on commence à parler. Dans la nuit du 19 au 20 septembre, le bataillon traverse les champs de bataille des journées précédentes : Maricourt, Maurepas, Le Forest. Le 20 au matin, il occupe ses positions devant Rancourt qu'il aura mission d'attaquer, le 25. Il semble que les Boches sentent l'imminence d'un nouveau coup de bélier. Ils essaient de le parer par un violent bombardement d'obus de gros calibre et d'obus asphyxiants qui précède une très grosse attaque d'infanterie. Ce bombardement fait quelques victimes, mais n'ébranle la confiance d'aucun chasseur. Le 25 septembre, heureux anniversaire de l'offensive de Champagne, le bataillon se trouve rassemblé, dès 3 heures du matin, dans la tranchée de départ. L'aumônier passe dans tous les rangs et absout les chasseurs qui se signent. La majestueuse simplicité de ce geste laisse entendre à tous que l'affaire va devenir sérieuse. Le soleil se lève radieux et inonde de ses rayons la campagne qui ne semble pas trop dévastée par la mitraille. En avant, à gauche, Rancourt est assis dans un nid de verdure, à droite on voit la route de Béthune et l'on distingue nettement les ruines de Bouchavesnes. Dans le fond, à flanc de coteau, les premiers arbres du bois Saint-Pierre-Vaast ferment l'horizon. Notre artillerie donne sans arrêt. Les chasseurs attendent en devisant et boivent un dernier quart de vin. Le sérieux profond, précurseur des heures graves, qui est empreint sur leurs visages et rend leurs yeux rêveurs, est, cent fois, chassé par les vives saillies d'un camarade boute-en-train. Midi trente-cinq ! C'est l'heure de partir. La haute silhouette du commandant de GRILLEAU apparaît soudain au-dessus du parapet. Sans un mot, il agite par deux fois sa grosse canne et s'avance d'un pas assuré, tranquille, calme. A droite et à gauche, à quelques mètres les uns des autres, les commandants de compagnie imitent les gestes du chef. Les chasseurs suivent par files parallèles. Le tir de barrage que l'on redoutait arrive trop tard et est très mal réglé. Le bataillon va de l'avant, il franchit un long glacis de 800 ou 900 cents mètres, incline à gauche et, sans perdre un seul homme, arrive à l'entrée du village. Tout à coup, d'une tranchée presque invisible, qui serpente le long d'un petit chemin creux, les mitrailleuses ennemies font entendre leur bref crépitement. On est obligé de manœuvrer et l'on tâche de tourner l'obstacle. A l'ouest, le capitaine L'HUILLIER, d'un mouvement habile, aborde Rancourt et installe solidement sa compagnie dans les vergers. Une attaque de nuit sur la tranchée receleuse de mitrailleuses boches échoue sur des fils de fer tendus au ras du sol. L'obstacle ne diminue pas le courage des chasseurs, mais ancre plus profondément dans leur âme la volonté de vaincre. Le 26, vers 16 heures, une nouvelle poussée à la grenade est menée avec un entrain splendide. Un groupe de trois chasseurs s'empare de quatre mitrailleuses boches et fait une cinquantaine de prisonniers dont deux officiers. A la faveur des ténèbres, les autres éléments du bataillon progressent. A la tombée de la nuit, la route de Béthune est dépassée, le village complètement occupé. Au petit jour, les reconnaissances atteignent les lisières du bois Saint-Pierre-Vaast. Le bois est formidablement organisé, puissamment défendu de toutes parts par d'épais réseaux de fil de fer et des flanquements de mitrailleuses. Le morceau est d'importance. Les chasseurs y mordent avec obstination durant trois jours, les 27, 28 et 29 septembre, et, lorsque dans la nuit du 29 au 30 le bataillon est relevé, ils ont le droit d'être fiers de l'ouvrage accompli. Tous les objectifs fixés ont été atteints, le terrain conquis a été intégralement conservé et solidement organisé. Le 8e se retire sensiblement diminué dans son effectif, grandi dans son honneur, dans sa juste fierté et dans son légitime orgueil. »

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2015

BRIEST Maurice Ernest (1895-1917)
[Soldat] [Mort pour la France] [127e RI] [ARSY]

Né à Arsy le 10 novembre 1895, soldat au 127e Régiment d'Infanterie recruté à Péronne sous le matricule 238, inscrit au corps sous le matricule 11383, il est tué à 22 ans au plateau de Vauclerc à Oulches (Aisne) le 16 avril 1917. Il était titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre.
L'historique régimentaire du 127e RI, publié en 1920, raconte la journée du 16 avril 1917 au cours de laquelle Maurice Briest perdit la vie :
« OFFENSIVE DU 16 AVRIL 1917
Le 16 Avril, à 6 Heures, l'attaque d'infanterie est déclenchée. Le 1er Bataillon s'élance des tranchées et en quelques minutes, malgré les feux ennemis, atteint la tranchée Von Schmettau, première tranchée ennemie. La régiment de droite, gêné par les mitrailleuses (bois B. I.), progresse difficilement. Les difficultés de direction et de liaison sont rendues très difficiles à cause des énormes entonnoirs creusés par la préparation de notre artillerie. La gauche du 1er Bataillon, continuant sa progression, enlève la tranchée des Friches, puis la tranchée de l'Abri qu'elle dépasse de 200 mètres environ et pénètre dans la forêt de Vauclerc. La droite progresse plus difficilement par les boyaux, tout en continuant à assurer la liaison avec le Régiment de droite, toujours arrêté par les feux des mitrailleuses de la première tranchée allemande, dont les défenseurs, l'abri dans de profonds tunnels et dans de fores casemates, prennent le 127e Régiment d'Infanterie de flanc.
L'ennemi réagit énergiquement, son artillerie bombarde violemment le plateau et empêche la nôtre de s'y installer. Des fractions de nègres, de la Division de gauche, privées de leurs cadres blancs qui ont été tus, égarées dans la bataille, viennent se jeter dans nos lignes et formant sur le plateau de gros rassemblements très visibles, attirent, tout particulièrement sur le Régiment d'Infanterie, la réaction de l'artillerie. Les 1e et 2e Bataillons subissent de fortes pertes. Le 2e Bataillon, derrière le 1er , occupe la tranchée des Friches et s'y maintient malgré les tirs d'enfilade des mitrailleuses et le bombardement auquel est soumis tout le plateau.
Le 3e Bataillon occupe la tranchée Von Schmettau et établit la liaison avec le 2e Bataillon d'une part et le Régiment de droite.
En fin de journée, aucune progression n'ayant pu être réalisée malgré plusieurs tentatives du Régiment de droite, la gauche du 1er bataillon se replie dans la tranchée de l'Abri où elle est relevée par les éléments du 273e Régiment d'Infanterie chargée d'assurer la liaison de gauche.
Le 1e Bataillon, avec son Chef, le Commandant de Bouchony, par l'énergie et la vaillance qu'il a déployées en cette journée a mérité d'être cité à l'ordre de la Division. »

Jean-Yves Bonnard
CANOPE-CDDP de l’Oise, 2015

Butin Ernest Clotaire Aurélien (1877-1918)
[Soldat] [Mort pour la France] [117e RIT] [Chevincourt]

Né le 20 octobre 1877 à Chevincourt (Oise), domicilié à Cahaignes-en-Vexin, Clotaire Butin est incorporé le 15 novembre 1898 dans le 45e RI, régiment qu’il quitte le 24 septembre 1901 avec un certificat de bonne conduite. Il accomplit une période d’exercice du 20 mars au 16 avril 1905 au 54e RI, une deuxième période du 26 août au 22 septembre 1907 au 54e RI puis une troisième période du 33 au 30 mai 1913 au 18e RIT.
Ce maçon de profession est mobilisé le 1er août 1914 et gagne le 13e RIT le 14 août suivant. Il passe au 30e RIT le 8 juillet 1915, au 311e RI le 1er juin 1916, au 123e RIT le 25 octobre 1917 puis au 117e RIT le 5 février 1918.
Il est blessé le 9 juin 1918 à Chevincourt (Oise) par des éclats d’obus qui lui occasionnent des plaies superficielles.  Il meurt à l’hôpital complémentaire n°55 au Havre le 30 août 1918 à l’âge de 40 ans des suites de maladie contractée au service. Clotaire Butin est détenteur de la médaille militaire et de la croix de guerre. Son corps repose dans le cimetière de Chevincourt. Mort pour la France, son nom est inscrit sur le monument aux morts communal et sur le tableau commémoratif de la mairie.

Jean-Yves Bonnard
CANOPE-CDDP de l’Oise, 2014