OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Portraits

COCU Ernest (1897-1918)
[Instituteur] [Mort pour la France] [39e RAC] [212e RAC] [Crèvecœur-le-Grand] [Andeville]

Né à Crèvecœur-le-Grand (Oise) le 28 août 1897, Ernest Cocu fait ses études dans l’école primaire que dirige son père, Prudent Cocu, à Fosseuse (Oise). Il les poursuit à l’Ecole Primaire Supérieure de Beauvais puis entre à l’Ecole Normale en 1913. En 1914 et 1915, il remplace son père malade dans son école.
Engagé volontaire pour la durée de la guerre à la mairie de Beauvais le 12 juillet 1915, il rejoint le 37e Régiment d’artillerie de Campagne à Bourges (matricule 6947). Il est incorporé le 14 juillet en tant que 2e canonnier. Dix jours plus tard, le 25 juillet, il passe au 39e RAC (matricule 7192) et commence son instruction. Il est nommé 1er canonnier conducteur le 20 février 1916 puis brigadier le 11 juillet 1916.
Le 15 mars 1917, il obtient la Croix de Guerre avec étoile. La citation à l’ordre de l’Armée divisionnaire (n°645) indique : « Très belle attitude au feu dans les circonstances les plus difficiles. Le 6 mars 1917, a exécuté avec sa pièce un feu nourri et précis, malgré les pertes subies sous un feu violent de l’ennemi ». Remarqué par ses supérieurs, il est nommé aspirant à titre temporaire le 18 septembre 1917 (Décision ministérielle du 14 septembre 1917)
Passé au 212e RAC le 26 septembre 1917 (matricule 12534), il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire par décision du général commandant en chef pour prendre rang le 15 mars 1918. Il participe à la tête de la 13e Batterie de ce régiment aux combats sur le Chemin-des-Dames lors de l’offensive allemande de mai 1918. Le 27 mai, il est grièvement blessé. Transporté à l’hôpital central n°39 de Bar-le-Duc, il y décède des suites de ses blessures le 10 juin 1918. Il n’a que vingt ans et demi.
Il reçoit une seconde citation à l’ordre de la division (n°205) : « Sa batterie ayant été complètement détruire par les tirs de destruction de gros calibres ennemis, et blessé grièvement de trois éclats d’obus, a trouvé l’énergie nécessaire pour rejoindre nos lignes lorsque sa batterie fut envahie ne vouant pas tomber entre les mains ennemies ».
Il recevra la légion d’honneur et la Croix de Guerre avec palme  le 8 juin 1918, deux jours avant sa mort, avec la citation émanant du G.Q.G. (n°13.851) : « Officier d’une énergie et d’un dévouement admirable. Ayant toujours donné à ses hommes l’exemple de l’abnégation et du mépris du danger. Blessé très grièvement à son poste de combat. Deux citations. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur. La présente nomination comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec palme. » Il est représenté en médaillon avec ces deux décorations qu’il n’a pu porter.
Le corps d’Ernest Cocu repose dans le cimetière de Crèvecœur-le-Grand.  
Son nom figure sur les monuments aux morts d’Andeville (où résidait ses parents) et de Crèvecœur-le-Grand, ainsi que sur le monument commémoratif des instituteurs de l’Oise à Beauvais.

Sources :
Archives départementales de l’Oise, RP1050.
Livre d’or des Instituteurs de l’Oise, 1922.
Archives nationales, dossier LH/588/90.
Sites « Mémoire des Hommes » et Genweb.

Jean-Yves Bonnard
CANOPE-CDDP de l’Oise, 2014