OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Portraits

RAUX Fernand Jérôme Urbain (1863-1955)
[civil] [personnel de la préfecture]

Fernand Raux
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9030550r.r=fernand+raux.langFR

Né le 25 mai 1863 à Vendémian (Hérault), Ferand Raux est fils d'un instituteur public devenu par la suite directeur des services pénitentiaires (Ain, Loire, Rhône) et directeur régional.
Après avoir suivi ses études aux lycées de Nîmes, Marseille, Dijon et Lyon, Fernand Raux obtient une licence en droit (18 novembre 1887). Exempté du service militaire, il commence sa vie professionnelle comme chef de cabinet de Gustave Chadenier, préfet du Var (1er mai 1889) puis de l'Ardèche (1er octobre 1893). Sous-préfet de Bourganeuf (16 novembre 1895), il est nommé successivement secrétaire général de la Creuse (13 juin 1897), sous-préfet de Vouziers (13 septembre 1897) puis de Montargis (21 octobre 1898). Mis en disponibilité sur sa demande (26 novembre 1898), il retrouve la sous-préfecture de Montargis (20 janvier 1899) avant d'être nommé à Riom (2 février 1905).
Mis de nouveau en disponibilité sur sa demande (14 février 1905), il devient durant quelques semaines chef de cabinet adjoint du ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau (16 mars 1906). Nommé préfet du Var (30 juin 1906), il est muté dans l'Oise (25 mai 1909) où il restera huit années, dont trois marquées par la guerre.
Lors de l'invasion du département, il demeure à son poste à Beauvais, ce qui lui vaudra la citation suivante publiée dans l'Officiel le 24 janvier 1915 : « Malgré l'ordre de repliement qui lui avait été adressé par l'autorité militaire, est demeuré à son poste jusqu'au retour des troupes françaises. A réussi à assurer l'administration de son département alors que l'ennemi était à proximité immédiate. ».
Dans une lettre au ministre de l'Intérieur Malvy, il donne une explication à l'abandon de poste du maire de Creil, M. Picquot, lors de l'invasion allemande de 1914 : « Son attitude est inexcusable mais elle s'explique, M. Picquot, âgé de 68 ans, a toujours occupé des emplois subalternes. Il n'avait pas les qualités nécessaires pour assumer les lourdes charges de la première magistrature ».
Remplacé à la préfecture de l'Oise par Edmond Fabre, préfet de Maine-et-Loire, Fernand Raux est nommé préfet de police (23 novembre 1917) à la succession de M. Hudelo.
Evoquant son départ du département de l'Oise, en 1917, le bulletin des instituteurs dresse un portrait peu flatteur de l'intéressé : « M. Raux a administré le département de l'Oise pendant huit années ; il s'est montré, un peu à l'égard de tous, autoritaire, brutal et emporté. En particulier, M. Raux avait une antipathie très marquée à l'égard des instituteurs et nos camarades du Conseil départemental ont eu bien des fois à supporter ses rebuffades et les éclats de sa colère ; depuis longtemps, le Bureau de l'Amicale avait cessé toute relation avec lui. M. Raux emporte tous nos regrets, il ne nous en laisse aucun. ».
Il crée en 1921 la première section moto de la police nationale comptant alors neuf gardiens de la paix. Remplacé et nommé ministre plénipotentiaire (13 mai 1921), il devient président de la délégation française à la Commission des réparations (1er juillet 1921). Délégué français à l'office central de restitution de Wiesbaden en 1922, il décède en 1955.

Jean-Yves Bonnard
Atelier Canopé 60 - Beauvais, 2014