OISE 1914-1918
Mémoire et Histoire

Jean-Louis LEFORT (1875-1954).

Beauvais, 1918

L’Auteur
Jean-Louis LEFORT (1875-1954).
Bordelais de naissance, on le sait membre du Comité des Indépendants et de la Société des aquarellistes français, président de la Société des peintres du Paris moderne et du Salon des Tuileries. Ses œuvres tout en couleur sont exposées au Musée Carnavalet, au Musée d’Art Moderne de Paris, au Musée d’Histoire contemporaine, mais aussi dans les musées de Bordeaux, Hanovre et Strasbourg.

Ancien combattant de la Grande Guerre, il sera décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 et fait chevalier de la Légion d’honneur. Parmi ses œuvres de guerre, il a réalisé plusieurs aquarelles et toiles peintes sur l’Oise dont « Beauvais, place de la cathédrale le 3 avril 1918 », « Beauvais, boulevard du Palais de Justice ». Il est aussi l’auteur d’un carnet de croquis en partie réalisé à Beauvais. Il est surtout connu pour avoir illustré l’ouvrage Les Croix de bois, chef d’œuvre littéraire de Roland Dorgelès.

Une œuvre
Beauvais, la place de la cathédrale, le 3 avril 1918

Huile sur toile – H 0,73 ; L 0,54
Beauvais, Musée départemental de l’Oise

Cette toile datée et localisée représente une foule amassée au pied de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul et de l’ancien palais épiscopal de Beauvais. On y voit des femmes en grand nombre, des enfants et quelques hommes ainsi que des animaux de trait, en l’occurrence des chevaux et, au premier plan, des vaches. Les personnes représentées sont vêtues comme des gens de la campagne : pour les femmes, fichu sur la tête, châle, robes épaisses et tablier ; tous portent un sac, une musette ou un barda. L’élément le plus marquant est ce groupe, à droite, formé par une vache, une femme et un enfant, un veau et un cheval, et derrière eux, une charrette aux bras reposant sur le sol, pleine de sacs. On reconnaît surtout un matelas et une chaise.

La scène se situe le 3 avril 1918, durant la quatrième année de guerre, dans un département de nouveau inquiété par une offensive allemande lancée depuis Saint-Quentin (Aisne) le 21 mars précédent. A la date du 3 avril, le front est stabilisé dans le Noyonnais, mais les armées alliées affluent pour contenir les coups de boutoirs ennemis. La population est évacuée vers l’arrière.
Beauvais devient alors un lieu de passage pour les foules en exode. Les populations du nord-est du département doivent tout emporter avec elles afin d’échapper au pillage des armées. Beauvais est une halte sur leur itinéraire, mais la ville ne peut contenir plus d’habitants en raison des bombardements aériens. Alors les gens se massent sur les places pour se reposer, se ravitailler en eau et en nourriture, mais aussi pour reposer les animaux emmenés avec eux.

Pour citer cet article : Jean-Louis LEFORT (1875-1954).
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