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Les appartements du château


Ils sont situés dans la partie la plus ancienne du château, le petit château édifié à la Renaissance par Jean Bullant pour le Connétable Anne Montmorency. On ne les visite qu’en compagnie d’un guide du château.
Les appartements du premier étage ont été aménagés à partir du XVIIe et pendant le XVIIIe siècle. Dès le milieu des années 1840, le duc d’Aumale aménage, pour son propre usage, le rez-de-chaussée. Beaucoup plus petits, ces appartements privés ne peuvent se visiter que par groupe de 12 personnes. Afin de soutenir les nombreuses campagnes de restaurations menées dans ces espaces et protéger ce patrimoine, l’accès à ces appartements se fait avec un billet spécial.
Le principe d’aménagement est le même à chaque niveau : une enfilade de pièces sans couloir de service. C’est pourquoi un couloir extérieur en bois a été construit au rez-de-chaussée : la galerie Duban.


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Les salles des grands appartements


1. L’Antichambre (salle n°1)

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© Lynda Frenois


Comme le Cabinet des Livres (salle n° 2), et la Salle des Gardes (salle n° 3), l’antichambre a été conçue pour relier l’ancien château Renaissance (petit château) au grand château reconstruit au XIXe siècle par le duc d’Aumale. (Voir plan)

On y trouve quelques témoignages du mobilier et du décor de l’ancien château détruit sous la Révolution :
De chaque côté de la porte d’entrée se trouvent deux tableaux de chasse L’hallali du loup et L’hallali du renard, de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), l’un des plus célèbres peintres animaliers du XVIIIe siècle. Ils nous rappellent que Chantilly était avant tout une résidence de chasse.
Un meuble minéralogique offert en 1774 par le Roi de Suède Gustave III au prince Louis-Joseph de Bourbon-Condé pour son Cabinet d’Histoire Naturelle. Saisi en 1793, il lui fut restitué en 1814.
Deux dessus de portes représentant des chiens de la meute de Condé : Briador et Batlthazar, identifiables par la marque en forme de triangle qu’ils portent au flanc. Le duc d’Aumale les a fait également figurer à l’entrée du château sous forme de sculptures en bronze.

2. Le Cabinet des Livres (salle n°2)

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© Hermine Cléret

Aménagé en 1876-1877, il fut conçu à la fois pour recevoir la collection de livres du duc d’Aumale et pour être un lieu de lecture et de travail. Il contient 13 000 volumes, dont 1500 manuscrits (le plus ancien date du XIe siècle) et 11500 imprimés, parmi lesquels 700 incunables (livres imprimés avant 1501).
Le plafond est orné des écussons des compagnons d’armes du Grand Condé, dont on retrouve le buste par Coysevox, sur la cheminée.
Sur un chevalet, un tableau peint par Gabriel Ferrier représente le duc d’Aumale dans son cabinet des livres, en compagnie de son secrétaire, Cuvillier-Fleury.

3. La Salle des Gardes (salle n°3)

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© Lynda Frenois

Comme son nom l’indique, elle évoque le passé militaire des princes de Chantilly. Seule une mosaïque, provenant d’une villa de Stabies, ville proche de Pompéi et représentant L’enlèvement d’Europe par le dieu de l’Olympe Jupiter qui a pris la forme d’un taureau, diffère de cette thématique.
La vitrine de gauche présente des drapeaux de régiments du XVIII
e siècle, un tambour des gardes suisses, et des équipements provenant de l’armée des princes de Condé émigrés sous la Révolution.
Le duc d’Aumale a présenté dans la vitrine de droite des témoignages des campagnes d’Afrique : 2 canons en bronze pris à Mascara en 1835, ainsi que des souvenirs personnels, armes, tambours et équipements.
Enfin le Grand Condé est abondamment représenté :
Portraits de Louis II de Bourbon, prince de Condé, dit le Grand Condé (1621-1686), par Juste d’Egmont, au-dessus de la vitrine de gauche, en armure, par David Teniers et par un anonyme, à droite en entrant.

4. La Chambre de Monsieur le Prince (salle n°4)

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Elle a été remeublée après la Révolution, mais elle a conservé ses boiseries d’origine, exécutées au début du XVIIIe siècle. Les peintures décoratives représentant des animaux exotiques dans un décor de pagodes orientales sont des œuvres de Christophe Huet (1700-1759). Elles illustrent ce goût, qui émerge au XVIIIe siècle, pour les pays lointains et la faune exotique.
A la place du lit disparu se trouve une commode en marqueterie (1775) de Riesener, provenant de la chambre du roi Louis XVI à Versailles. Jean-Henri Riesener (1734-1806) est un ébéniste d’origine allemande qui travaillait surtout pour la Cour avant la Révolution et qui connut une grande vogue, inspirant le style dit néo-classique.

5. Le Grand Cabinet (salle n°5)

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© Lynda Frenois

Cette pièce d’angle a été décorée vers 1720. Les boiseries blanc et or, ornées de motifs relatifs à la chasse, sont caractéristiques du début du XVIIIe siècle.
Les dessus de portes représentent des scènes militaires aux XVII
e et XVIIIe siècles.
Les sièges sont recouverts de tapisseries de Beauvais.

6. La Grande Singerie (salle n°6)

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© Hermine Cléret

Le décor de ce salon, composé de singes et de chinois, est typique d’un goût pour l’exotisme oriental qui se développa au début du XVIIIe siècle, sous la Régence puis au début du règne de Louis XV. Il est dû à Christophe Huet, auteur des panneaux décoratifs de la Chambre de Monsieur le Prince, qui décora dans le même style d’autres châteaux d’Île de France et l’Hôtel de Rohan-Soubise, qui abrite aujourd’hui les archives nationales.
La Grande Singerie est formée d'allégories des Sciences et des Arts, notamment de la Guerre, de la Chasse, de la Peinture, de la Sculpture, de la Géométrie, de la Chimie, et d'autres sujets où les Chinois sont accompagnés de singes. Du côté des fenêtres, ce sont les humains qui servent les singes. Ce décor complexe recèle plusieurs significations :
Des clins d’œil au maître du lieu : en particulier l’alchimiste et le singe peintre en porcelaine, qui évoquent la manufacture créée à cette même période par le commanditaire de ce décor, Louis-Henri de Bourbon.
Une évocation des cinq sens (l’Ouïe, le Toucher, le Goût, l’Odorat, la Vue)
Une présentation des quatre parties du monde, figurées dans les animaux peints dans les médaillons en camaïeu de gris qui séparent les panneaux.



7. La Galerie des Actions de Monsieur le Prince (salle n°7)

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© Martine Savart

Cette salle présente une série de onze toiles illustrant les principales victoires du Grand Condé. On peut y voir La bataille de Rocroy(1643), Fribourg (1644), Nordlingen (1645), Dunkerque (1646), Lens (1648), Le blocus de Paris (1649), La conquête de la Franche-Comté (1668), Le passage du Rhin (1672).
La chronologie de ces actions débute vers la gauche, se poursuit jusqu’au fond et revient, du côté des fenêtres, du fond à la porte d’entrée.

Une toile fait allusion à la Fronde (1648-1653), révolte des princes contre Louis XIV, dont le Grand Condé prit la tête : Le Repentir.: On y voit le prince empêchant l’Histoire de publier ses actions de rebelle et invitant la Renommée à proclamer son repentir. Ce tableau fut commandé après la mort du Grand Condé par son fils.

8. le salon de Musique (salle n°8)
Il occupe l’emplacement de l’ancien Cabinet de Curiosités, où se trouvait notamment le meuble minéralogique actuellement dans l’antichambre. Il est consacré à l’évocation du dernier héritier des Bourbon-Condé, le duc d’Enghien, fusillé dans les fossés de Vincennes sur ordre de Bonaparte en 1804. Il est représenté portant la tenue de chasse de Chantilly.
Le circuit s’achève au rez-de-chaussée par la visite de la galerie Duban, couloir extérieur qui longe les petits appartements.

Les salles des petits appartements


En novembre 1844, le duc d'Aumale revenu d'Algérie épouse sa cousine Marie-Caroline Auguste de Bourbon-Siciles, princesse de Salerne. Il fait aménager par Eugène Lami huit pièces situées au rez-de-chaussée du Petit Château de Chantilly pour sa jeune épouse et lui-même. Ces petits appartements, achevés en 1846, ne seront pas habités longtemps : en septembre 1847, le duc d'Aumale quitte la France pour prendre ses fonctions de Gouverneur Général de l'Algérie; c'est de ce pays, qu'après la révolution de 1848, ils s'embarquèrent pour un exil anglais (1848-1871) dont la duchesse ne devait pas revenir. Le duc d'Aumale se réinstalle en 1876 à Chantilly, qu'il habite jusqu'à son décès en 1897. Depuis cette date les petits appartements, précieux témoignage sur les arts décoratifs sous la monarchie de Juillet, sont restés intacts.

Le salon de la Duchesse de Guise

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© Lynda Frenois


De chaque côté de la porte, deux portraits exécutés par Robert Fleury en 1831 représentent le duc d'Aumale à l'âge de neuf ans (soit un an après qu’il ait hérité de Chantilly) et son frère le duc de Montpensier, à l'âge de sept ans.
Sur les murs de droite et de gauche, deux portraits des fils du duc d'Aumale, par Jalabert, le prince de Condé (mort à Sydney en 1866 à 21 ans) et le duc de Guise (mort en 1872 à 18 ans). Leur disparition précoce explique la donation à l’Institut de France.
Les dessus-de-porte commandés à des artistes du XIXe siècle évoquent le passé de Chantilly : le château de Chantilly au temps du Grand Condé, le Hameau et la meute sortant des Grandes Ecuries.
Le mobilier comprend deux pièces signées des frères Grohé, célèbres ébénistes de la Restauration : une table de milieu et une armoire-bahut en palissandre et ébène, ornée de riches motifs de bronze.

La chambre de la Duchesse

CHAMBRE-DUCHESSE


Le lit à baldaquin est accompagné de fauteuils de style Louis XV. Deux grands portraits montrent le duc et la duchesse d'Aumale au moment de leur mariage.
Le plafond peint par N. Diaz de la Pena (1808-1876) en 1845 représente deux oiseaux se balançant sur une guirlande de roses entourant le chiffre C.A. (Caroline-Auguste, la duchesse d’Aumale). Paysagiste de l’école de Barbizon mais également intéressé par les thèmes issus de l'Orient, l’art de Narcisse Diaz de la Pena représente une synthèse entre l’impressionnisme et l’orientalisme.
L’armoire à plaques de porcelaine de Sèvres et la table à écrire en bois de rose sont signées Grohé Frères. D’origine allemande, Guillaume et Jean-Michel Grohé s’établirent à Paris comme ébénistes en 1827. Leur réussite fut rapide et considérable, puisqu’ils devinrent, en quelques années, les fournisseurs officiels du roi Louis-Philippe, puis de l’empereur Napoléon III et de la reine Victoria d’Angleterre.

Le boudoir de la Duchesse (Salon violet)

SalonViolet
© Lynda Frenois

C'est dans cette pièce que naquit le 2 août 1772 le duc d'Enghien, dernier descendant mâle de la famille de Condé. On peut le voir enfant sur un pastel à gauche de la porte.
Le piano en marqueterie de bois de rose (1847), signé Grohé frères, figure parmi les premiers pianos droits, apparus sous le règne de Louis-Philippe. Sa forme cintrée montre qu'il a été conçu pour cette pièce.



La petite singerie

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© Hermine Cléret

Ce boudoir a été peint pour le duc de Bourbon en 1735 probablement par Christophe Huet, comme la grande singerie qui se trouve dans les grands appartements à l'étage supérieur. C'est la seule pièce des petits appartements qui garde son décor du XVIIIe siècle : elle sépare l'appartement de la duchesse de celui du duc. Le décor peint met en scène des singes, surtout des "singesses", comme on disait alors, imitant les faits et gestes de l'aristocratie. Les six panneaux mêlent des représentations des saisons et des loisirs princiers à Chantilly :
Le plafond est illustré de motifs tirés des fables de La Fontaine : Le Renard et la Cigogne, les deux Pigeons, la Poule aux oeufs d'or, le Renard et le Buste, et à nouveau le Renard et la Cigogne.

La salle de bain du duc d'Aumale

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© Lynda Frenois

Innovations très modernes pour l’époque, cette baignoire et ce lavabo étaient pourvus d'eau courante, chaude et froide. Vous pouvez encore observer la robinetterie d’origine.

La chambre du duc d'Aumale

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© Lynda Frenois

Les boiseries sont du XVIIIe siècle mais les quatre dessus-de-porte sont dus à des peintres du XIXe siècle.
Au dessus du lit militaire du duc d’Aumale est placé le portrait de sa mère jeune, la future Reine Marie-Amélie, alors duchesse d'Orléans, peint vers 1820 par le baron Gérard.
Le grand bureau à cylindre, par Grohé, a été donné en 1845 au duc d'Aumale par son père Louis-Philippe.
Dans une vitrine au fond de la pièce est exposé le moulage mortuaire du visage du duc d'Aumale, décédé en Sicile le 7 mai 1897. On y voit également le drapeau tricolore ayant enveloppé son cercueil lors du retour de Sicile.
Aux murs et sur la cheminée figurent des miniatures, photos et souvenirs de sa mère de sa femme et de leurs deux enfants.


Le salon de Condé (Salon du duc)

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© Lynda Frenois

Dans cette pièce ont été réunis divers portraits des princes et des princesses de la maison de Bourbon-Condé. L’imposante cheminée de style Renaissance date du XIXe siècle. Le buste placé dessus représente le dernier duc de Bourbon (1756-1830), qui légua Chantilly à son neveu, le duc d’Aumale.

La chambre de marbre

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© Laurence Borgioli

Cette pièce, pastiche XIXe siècle du style renaissance, fut la salle à manger privée du duc d'Aumale, puis sa bibliothèque. Le mobilier également de style renaissance, est signé Grohé et date de 1880 environ.
Sur un socle est représentée la tête en marbre du duc d'Orléans, frère aîné du duc d'Aumale, mort d'un accident de cheval, porte des Ternes à Paris en 1842.