Édition

Jeu éducatif sur
 la maltraitance des enfants

La Philosophie du jeu

Lire interview des auteurs

Exemples de fiche

Un itinéraire

Réf : 80060004 Prix : 38 €

Nous écrire

Bon de commande

NOEL LEFEBVRE
JEAN-LOUIS DEMAREZ

Noël Lefebvre et Jean-Louis Démarez ont été les maîtres d'œuvre d'un jeu éducatif sur la maltraitance, " Je le dis, nous le disons, ils écoutent ", édité par le CDDP.

“Jeu Éducatif sur la maltraitance ”

Noël Lefebvre est responsable de la circonscription d'interventions sanitaires et sociales de Senlis. Cette structure relève de l'autorité du Conseil général. Jean-Louis Démarez y est animateur social. Tous deux ont été les coordonnateurs d'un projet ambitieux qui a vu collaborer les travailleurs sociaux et les enseignants. Le C.D.D.P. publie aujourd'hui le fruit de ce travail, sous la forme d'un jeu éducatif destiné aux 8-12 ans.

Doc'60 : Ce travail a démarré voici cinq ans. Qui en est à l'origine ?
Noël Lefebvre : Nous avons été contactés par le directeur de l'école de Saint-Maximin. Il nous a demandé d'intervenir auprès de ses élèves pour parler de la maltraitance. Parler, bien sûr, mais cette forme d'intervention que nous pratiquions depuis plusieurs années nous est apparue peu dynamique. Nous lui avons proposé de réfléchir à un concept plus ludique. Un groupe de travail mixte CISS de Senlis et circonscription de Gouvieux a été constitué.
Doc'60 : " Ludique ", n'est-ce pas un peu déplacé par rapport au thème ?
Jean-Louis Démarez : Justement non. C'est parce que le sujet est grave qu'il fallait lui enlever tout aspect anxiogène. Nous ne voulions pas seulement stigmatiser la maltraitance mais aborder toute la dimension sociale de la prévention.
Doc'60 : Ce n'était pas votre première collaboration…
N.L. : Il y a dans ce département une tradition de partenariat entre la direction des interventions sanitaires et sociales et l'inspection académique. La charte départe-mentale de prévention de la maltraitance avait marqué un premier rapprochement fort.
Doc'60 : J'imagine que parler à l'école d'attouchements sexuels ou de violences physiques n'est pas une chose facile…
J.L.D. : Vous avez raison, beaucoup d'enseignants craignaient d'aborder ces questions-là. Ils ne savaient pas comment s'y prendre et redoutaient la réaction des parents. C'est pourquoi nous avons veillé à prendre en compte, dans la réalisation du jeu, le paramètre familial.
N.L. : S'il y a effectivement, à un moment donné, pratique d'un jeu dans la classe, ce jeu est soigneusement préparé dans la classe, dans l'école et avec les familles. Il y a un protocole très rigoureux qui rend par exemple indispensable la présence d'un travailleur médico-social et d'un observateur aux côtés de l'enseignant. Disons-le clairement : ce n'est pas un jeu que l'enseignant peut pratiquer seul dans sa classe.
Doc'60 : Dites-m'en un peu plus sur le jeu lui-même.
J.L.D. : La classe est divisée en équipes qui vont avoir à répondre à diverses questions pour parcourir un itinéraire que nous avons situé dans un milieu urbain. Ces questions sont prétextes à réfléchir à de multiples situations à risque : violences physiques ou verbales, abus sexuels, racisme, malnutrition… Tous les aspects de la maltraitance sont évoqués. Le lendemain, l'animateur du jeu revient en classe pour analyser les réponses, recadrer certaines erreurs et affermir les points de repère nécessaires.
Doc'60 : Quels enseignements tirez-vous de ces trois années d'expérimentation ?
N.L. : Le premier constat est que le jeu a permis aux classes de travailler réellement, en profondeur, les thèmes abordés. Ensuite il est évident que certains tabous ont été levés, y compris dans l'approche que les enseignants pouvaient avoir de ces questions. Les enfants mettent un sens sur les mots : leurs questions ne demeurent plus sans réponse. Enfin les parents eux-mêmes sont contents que l'école mène ce travail éducatif qui reste, il faut bien le reconnaître, souvent difficile à aborder dans le cadre familial. Je le dis, nous le disons, ils écoutent

Interview réalisée par DOC'60

La philosophie du jeu

 1.      Il est conçu pour être utilisé en équipe avec les travailleurs sociaux de la DISS ou avec les membres du RASED.

 2.      Son utilisation prévoit une sensibilisation préalable des parents dans le cadre du conseil d’école.

 3.      Le jeu ne vise absolument pas à susciter des révélations. Il crée les conditions favorables pour aborder sereinement en classe ces questions délicates.

 4.      Diverses formes de maltraitance sont abordées : violences physiques et verbales, abus sexuels, racisme, malnutrition…

 5.      Chaque question est abordée à travers une « histoire » qui met en scène le personnage que chaque équipe s’est choisi. En réponse à la situation racontée, trois attitudes sont proposées, qui suscitent la discussion.

 6.      Si le vocabulaire est précis, le recours à des graphismes de style B.D. évite de créer un climat anxiogène (cf exemples).

 7.      Un observateur (travailleur social, membre du RASED) note l’ensemble des réponses.

 8.      Le lendemain, lors d’une séance de restitution, l’animateur du jeu analyse avec la classe les réponses non pertinentes et revient sur certaines notions acquises de façon incertaine.

 9.      Un travail pédagogique en amont doit être assuré par l’enseignant. Le jeu suscite à son tour de nouvelles pistes de travail à exploiter au sein de la classe ou de l’école.


Exemples de fiche (Trois exemples de questions)

Nota : les questions sont posées oralement ; les dessins jouent un rôle mnémotechnique.

Question n°2

…. et ses copains sont au centre aéré. En chemin, ils croisent Eusèbe et décident de lui casser la figure parce qu’il n’est pas de la même couleur qu’eux.

¡  … trouvait ça rigolo au départ mais se dit que finalement ce n’est pas malin de faire du mal à Eusèbe.
r … n’est pas d’accord. Elle/il explique à ses copains que c’est bête de penser ça.
o   … trouve que c’est une bonne idée. Bien fait pour lui, il n’a qu’à retourner dans son pays.

 

Question n°10

Au centre aéré aujourd’hui… et ses copains visitent un zoo. C’est l’heure du goûter. … remarque qu’encore une fois, Marcel n’a plus de goûter. C’est bizarre, Marcel n’a jamais de goûter : il se met dans un coin, ne parle à personne, comme s’il en avait honte :
.

o   … laisse Marcel tranquille, il n’a qu’à avoir un goûter comme tout le monde !
¡    … propose à Marcel une partie de son goûter et discute avec lui pour essayer de comprendre.
r   En tout cas, … parle de tout ça aux moniteurs.

 

Question n°18

Ça fait six jours que la colonie a commencé et une bande de jeunes qui veulent se moquer de … n’arrête pas de l’appeler par des gros mots, des insultes.

¡    … n’ose pas le dire aux moniteurs, elle/il est très timide ; mais elle/il le dira discrètement à Noémie, sa meilleure amie en qui elle/il a toute confiance.
o   … ne dit rien à personne, sinon les autres vont aussi se moquer d’elle/de lui.
r   … répond elle/lui aussi par des insultes.

Un itinéraire


Un numéro de téléphone utile si tu es victime de mauvais traitements 119:

Dossier réalisé par l'équipe du café pédagogique. Après une présentation des mesures officielles , et une analyse d'un sondage sur la violence effectué sur le site, un reportage sur la violence dans le premier degré, ou encore dans un collège de banlieue est réalisée. A noter, une synthèse sur la violence dans les établissements anglais ou encore sur la violence vue du côté des parents.
Site du ministère de l'Éducation Nationale. Après une présentation du comité national de lutte contre la violence, on y trouve un descriptif du plan anti-violence, ainsi que l'ensemble des textes constituant un cadre juridique pour les actions de lutte contre la violence.
Vade-mecum pour gérer les situations de crise. Possibilité de télécharger, notamment, les 15 "fiches témoignages" de directeurs d'école, de collèges ou proviseurs de lycée, ayant traversé des situations de crise.
Recommandations pour un établissement scolaire mobilisé contre la violence. Dossier de presse réalisé lors de la "Journée nationale sur la prévention et la lutte contre la violence à l'école" organisée le 20 juin 2001.