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HUMANISME ET RENAISSANCE
LHumanisme se développe au XVème siècle en Italie, et se diffuse dans toute lEurope grâce à limprimerie. Cest à la fois une philologie (étude et critique des textes anciens) et une philosophie (lhomme est au cur de toutes les réflexions). La Renaissance artistique, dont le berceau est également lItalie, est une redécouverte de lAntiquité.
Au XVIème siècle le mot humaniste sapplique aux érudits qui remettent à lhonneur létude des textes anciens. Cette redécouverte commence en Italie avec Boccace et surtout Pétrarque(1304-1374). Le premier traduit en latin des auteurs grecs, tels que Homère ou Hérodote, tandis que le second, grand collectionneur de manuscrits, remet à la mode la philosophie de Platon. Ce mouvement samplifie au XVème siècle sous linfluence de plusieurs personnages importants comme Lorenzo Valla ou encore Pic de la Mirandole. De plus la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453, provoque lexode de savants grecs dans la péninsule italienne. Ils y apportent des manuscrits dans leur langue dorigine. Certains princes italiens protègent ces humanistes. Cest le cas des Médicis (Cosme et Laurent) pour la ville de Florence, qui voit la création dune académie platonicienne, animée par le philosophe Marsile Ficin. En France, larrivée dans les universités dérudits italiens ou grecs va inaugurer lenseignement des langues et de la littérature ancienne. Ils vont avoir pour élèves Jacques Lefèvre dEtaples et Guillaume Budé. La récente découverte de limprimerie procure aux humanistes un formidable instrument de diffusion. Certains dentre eux deviendront célèbres comme le Vénitien Alde Manuce ou les Parisiens Robert et Henri Estienne. Les humanistes sont de grands voyageurs européens, à la faveur de missions diplomatiques ou religieuses. Lénorme correspondance quils échangent contribue à la diffusion de leurs idées.
Le plus illustre cest Erasme(1469-1536). Surnommé " le prince des Républiques des Lettres ", il se crée des liens dans toute lEurope humaniste et marque son temps par limmensité de son uvre. Très admiratif de Platon, Socrate et Cicéron, il collectionne et critique les manuscrits anciens. Il prône un retour aux textes originaux, à lEcriture Sainte. Toute sa pensée tend vers une réforme des murs et des institutions, doù son " Eloge à la folie ", en 1511, qui est une critique du clergé et une satire sur la société. Mais Erasme est un pacifiste et il a une conception optimiste de la nature humaine. Lhomme collabore à son salut par ses bonnes uvres, de ce point de vue il reste fidèle à la théologie catholique traditionnelle. Sur le plan politique, il insiste sur les devoirs du prince vis à vis de ses sujets et de Dieu. Pour lui, lidéal du chevalier chrétien est dimiter en tout point Jésus Christ dans son action, dans sa façon de vivre. En 1516, il publie lInstitution du prince chrétien destiné au futur Charles Quint. Son uvre, abondante et variée, témoigne des ambitions humanistes : philologue, avec la publication de textes anciens, mais aussi moraliste, théologien et conseillers des princes. En France, un autre humaniste se distingue par son uvre, cest Jacques Lefèvre dEtaples(1453-1537). De par ses fréquents voyages en Italie, et notamment à Florence où il rencontre Marsile Ficin et Pic de la Mirandole, il prend contact avec le platonisme et se lance dans les études hébraïques. Après lItalie, il part en Europe du nord où il fait la connaissance dhumanistes allemands tels que Reuchlin, proches de la " devotio moderna ", piété qui insiste sur lexpérience religieuse personnelle. Il va, comme Erasme, sattaquer à lEcriture Sainte. Il publie des Commentaires sur les épîtres de saint Paul et sur les quatre Evangiles, et entreprend la traduction de la Bible en français, ainsi que les uvres dAristote. Toute cette uvre lamène à réfléchir sur la théologie, sur la réforme de la pratique religieuse et de la piété. Il est assez proche de la doctrine luthérienne sans pour autant rejeter limportance des bonnes uvres. Il reste attaché à une morale centrée sur limitation du Christ.
Les cours princières. François Ier, homme lettré qui sintéresse à lart, joue un rôle protecteur vis à vis de lhumanisme, sous linfluence de sa sur Marguerite dAngoulême(photo). Femme très pieuse, inclinée au mysticisme, elle condamne les persécutions religieuses et publie un ouvrage en 1531, le miroir de lâme pécheresse, dans lequel elle exprime une attitude évangéliaire. A la cour, Guillaume Budé est le plus ancien humaniste français. Il devient le bibliothécaire favori de François Ier à Fontainebleau, et le pousse à créer le Collège des lecteurs royaux(1529). Cest un collège indépendant de luniversité parisienne, ou les professeurs sont payés par le roi. Au départ il y a 6 lecteurs royaux : trois pour lhébreu, deux pour le grec et un pour les mathématiques. Des collèges trilingues voient également le jour, où on y enseigne le latin, le grec et lhébreu. On y pratique linterprétation des Ecritures Saintes.
LItalie est aussi le berceau de la Renaissance artistique. Tout comme lhumanisme, le modèle est lAntiquité. Au Xvème siècle, trois grands artistes, Brunelleschi, Masaccio et Donatello, inaugurent la Renaissance du Quattrocento, à Florence, dans les domaines de larchitecture de la peinture et de la sculpture. Deux autres puissantes personnalités dominent la fin du siècle : Botticelli et surtout Léonard de Vinci. Lart florentin essaime à travers toute la péninsule et lItalie devient la " mère des arts ".
A la suite des guerres dItalie menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier, le style italien est imité. Les rois de France veulent vivre dans un luxe comparable à celui des grands dItalie. Des artistes de renom sont attirés en France (Léonard de Vinci, le Primatice) et lAntiquité gréco-romaine revient au goût du jour. On assiste à une transformation radicale de la place de lart et de lartiste dans la société. A la cour de François Ier, les fonctions curiales et en particulier celle de valet de chambre permettent de faire vivre des poètes (Clément Marot) ou des sculpteurs. Le titre de " peintre du roi " dont jouit Jean Clouet confère à ce dernier un statut social et une pension. Les mécènes consacrent une partie importante de leur richesse à embellir leur cadre de vie. Cette renaissance artistique se manifeste par la construction ou la rénovation des résidences royales. La politique artistique du roi se reflète par lédification du château de Fontainebleau, mais aussi dans la décoration et la constitution des collections. En effet, un nouveau genre se développe autour de " lEcole de Fontainebleau ". De nombreux créateurs italiens (Le Rosso, Nicolo DellAbate) appelés par François Ier, eux-mêmes inspirés par des grands maîtres comme Michel-Ange et Raphaël, influencent les architectes, peintres et sculpteurs français. Le plus célèbre est Jean Goujon, réalisateur de la fontaine des Innocents à Paris. Il devient larchitecte de Henri II et décore le Louvre tandis que Antoine Caron devient le peintre de Catherine de Médicis.
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