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Textes
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Extraits des carnets de guerre du soldat Charles Barberon. Charles Barberon est instituteur et secrétaire de mairie à Orveau, dans le Loiret. Il est mobilisé en août 1914 à lâge de 30 ans. Il laisse derrière lui son épouse Angélique, institutrice elle aussi à Orveau et un petit garçon denviron 5 ans. Bilingue, il parle couramment lallemand, a une bonne connaissance de la civilisation allemande et en apprécie la culture. Cest un hussard noir de la République qui a foi en la mission de celle-ci. Pourtant dès le début de la guerre, il porte un regard critique sur le rôle civilisateur que la propagande attribue au conflit. Il est témoin des pillages, des dégradations que commettent les soldats ; il assiste à des scènes de beuverie, au détroussement de cadavres. Il rapporte en termes parfois crus les horreurs quil voit mais ne peut que constater sa propre indifférence et le fatalisme provoqués par la banalisation de la guerre. Il montre du doigt ce que la guerre révèle de la nature humaine : la paresse, le jeu, la cupidité montés en institution. Dune manière plus générale la dégradation des mœurs du soldat, brute dominée par son instinct. Pour ce qui est du commandement, Barberon le juge incapable et irresponsable, préférant attribuer aux traîtres et aux espions sa propre incurie. En tant que sous-officier, il côtoie ces gradés quil juge plus préoccupés de leur avancement que du sort de leurs hommes. Il ny a que pour lennemi fait prisonnier quil éprouve une sincère compassion, car cest un pauvre bougre comme lui, presque un frère. Ce pourrait être lui-même quon exhibe et fait défiler devant des civils haïssables par leur comportement et leurs propos à légard du vaincu. Lui, responsable dans les civils de lélévation morale de la jeunesse ne peut rien quand il assiste à des scènes quil naurait pu imaginer avant août 1914 : soldats apprenant des injures à des bambins, enfants de 8 ans fumant avec des fantassins hilares, garçonnet répondant des grossièretés à sa mère, encouragé en cela par la troupe. Ces enfants sont aussi des victimes directes de cette guerre faite en leur nom, pour protéger leur avenir comme le martèle la propagande. Et lenfant qui cherche dans le soldat quil croise son père parti au front perd au change, et tellement ! |
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| © CRDP de lacadémie dAmiens - Les Enfants dans la Grande Guerre, juin 2003. Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire. |