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Affiche britannique
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Daddy, what did YOU do in the Great War ? Lorsque la guerre éclate, en août 1914, la Grande-Bretagne ne dispose que d’une armée de métier dont les effectifs n’excèdent pas ceux de l’armée belge (cinq divisions) et la conscription n’existe pas. Sous l’impulsion de Kitchener, le pays se lance alors dans une vaste campagne de recrutement de volontaires.Cette affiche de 1914 en est une illustration. Elle reprend le thème le plus couramment utilisé jusqu’en 1916 : la culpabilité (en janvier 1916 le service militaire est instauré, les affiches de propagande mettent alors davantage l’accent sur les valeurs patriotiques). L’enfant, ici, est instrumentalisé pour entretenir un sentiment de culpabilité chez les hommes refusant de s’engager ou hésitant à le faire. La scène se déroule dans un intérieur cossu. Alors qu’elle est en train de lire, une jeune fille assise sur les genoux de son père lui demande : « Papa, qu’as-TU fait pendant la Grande Guerre ? ». Lui, le regard perdu, semble pris de remords. Incapable d’assumer son choix, il ne répond pas. La lâcheté de son acte (ou plutôt de son absence d’acte) est renforcée par la présence du fils, plus jeune. Il joue sur le sol avec une dizaine de petits soldats et un canon de campagne. Lui accepte la guerre, ses enjeux à la différence de son père. La transposition temporelle –l’emploi du passé invite à croire que la guerre est terminée- accentue le sentiment de culpabilité ; une irresponsabilité marquée par la honte et qui restera gravée à jamais. De même quil rend décisifs les enjeux présents dune guerre portée à la postérité. Cette affiche n’est pas la seule qui ait alimenté la culpabilité par le biais de la famille. A la différence de la France, l’Etat britannique ne pouvait pas s’appuyer sur un passé national glorieux marqué des événements militaires où le sentiment national avait pu s’exprimer, voire même avait pu se construire. L’absence de service militaire et de conflit récent expliquent en partie ce recours au cadre familial. Par ailleurs, l’importance du foyer fait également écho aux principes et aux valeurs propres à la société britannique (anglo-saxonne, plus généralement) en particulier l’individualisme. La décision de l’engagement ne relève que du seul choix de ce (futur) père de famille. Au total, ce sont quelque 2,6 millions d’hommes (soit un quart de la population masculine âgée de 18 à 49 ans) qui ont constitué cette armée de volontaires appelée « armée Kitchener » ou « new army ». Sans aller jusqu’à affirmer qu’il y eut autant de raisons de s’engager que de volontaires, force est de constater que les motivations furent multiples. Parfois tentés par l’aventure ou soucieux de toucher la solde ou bien encore désireux de suivre un camarade, la plupart d’entre eux firent le choix du volontariat parce que, tributaires d’une culture particulière, ils eurent la volonté de défendre des valeurs (teintées de patriotisme et de liberté) et leurs foyers qu’ils croyaient menacés. Le recrutement se fit sur des bases sociales : le pourcentage le plus important se recruta dans les élites. Puis vinrent les classes moyennes. Les raisons pour lesquelles les classes populaires ne s’engagèrent pas autant relèvent à la fois d’un état physique insuffisant (pauvres et mal nourris, un nombre conséquent de jeunes issus de ces milieux ne franchirent pas l’étape de la visite médicale obligatoire pour l’engagement) et la nécessité, pour la plupart des hommes issus de milieu modeste, de rester auprès des leurs comme soutien de famille. Sans nier l’impact de ces campagnes de recrutement, il ne faudrait, toutefois, pas en exagérer l’importance. D’une part parce que le gouvernement n’investit pas des sommes considérables dans ces campagnes, d’autre part parce qu’à l’instar de la France, la propagande d’Etat a davantage accompagné un état d’esprit partagé qu’elle ne l’a véritablement suscité. |
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| © CRDP de lacadémie dAmiens - Les Enfants dans la Grande Guerre, juin 2003. Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire. |