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C’est le mois où l’on
tue le cochon. Ici, l’artiste a préféré une
scène de chasse (cynégétique) – le noir sanglier,
symbole du roi d’Angleterre n’a pas été choisi
par hasard - sur le domaine de Vincennes dont le château royal achevé
par Charles V pour y entreposer son trésor est, avec le Louvre,
l’autre grande forteresse qui défend Paris.
Cette miniature rappelle un dessin de Giovannino dei Grassi conservé
à la bibliothèque de Bergame. De plus, l’artiste a
donné à la scène le même cadre que Jean Fouquet
pour la miniature représentant Job dans les Heures d'Etienne Chevalier.
La scène de chasse à courre est dominée
par le château dont la verticalité conjuguée à
la scène d’hallali symbolise la force physique et morale
du roi.
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Au premier plan, nous assistons
à la curée du sanglier tandis qu’un veneur achève
de sonner l’hallali. Les chiens s'acharnent sur le sanglier, bête
alors très redoutée et considérée comme nuisible
puisqu’elle ravageait les récoltes et les enclos des paysans.
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Pour souligner la force sauvage
qui se dégage de la scène, un des veneurs, vêtu de
rouge, retient la frénésie du chien provoquée par
l’odeur du sang. Parmi les chiens, on note trois lévriers
; les autres sont des chiens courants.
Le plan intermédiaire est ici occupé par une épaisse
forêt dont les arbres n’ont pas encore perdu leurs feuilles.
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La chasse au sanglier se pratiquait à courre
et était une chasse d'hiver. On se servait de l'épieu ou
de l'épée pour tuer l'animal. Par rapport à la fauconnerie,
la vénerie offrait un plaisir plus sportif, plus violent et plus
dangereux. C'était pour l'aristocratie une manifestation de sa
force guerrière.
Le veneur devait soigner les chiens, entretenir les chenils, tresser des
filets, relever les traces et débusquer le cerf, crier et sonner.
Sans son Livre de la chasse (1387-1391), Gaston Phébus insiste
sur l'éducation du veneur. Un maître, dès l'âge
de sept ans, doit lui apprendre à aimer et à soigner les
chiens par tous les moyens, y compris le châtiment corporel. L'enfant
deviendra successivement valet de chien, puis vers vingt ans, aide ; enfin,
il sera veneur, portant cor, couteau. C’est l’homme le plus
important de la chasse à courre et son existence est dévouée
à son métier.
Gaston Phébus distingue cinq races de chiens de chasse : l'alan,
le lévrier, le courant, le chien d'oiseau et le mâtin. Hormis
le lévrier, ce sont des chiens lourds et lents. On choisissait
les chiens les plus forts et les plus sauvages pour chasser l'ours, le
loup et le sanglier. Le prince place en tête le lévrier pour
ses qualités esthétiques et sa sociabilité, et ensuite
les chiens courants qui sont la base des meutes.
La viande de sanglier était très appréciée
par la noblesse qui aimait beaucoup le gibier. A l’époque,
on mangeait peu de légumes et rarement des sucreries et des laitages.
Le poisson était extrêmement cher. Les paysans se nourrissaient
essentiellement de pain et de légumes secs (fèves, haricots
blancs, lentilles) agrémentés d’un morceau de lard.
Ils ne connaissaient pas encore la pomme de terre et les pâtes "étai(en)t
encore un plat exotique".
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