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L’image traditionnelle du
mois – la moisson – est mise en scène, avec la tonte
des moutons, dans une autre propriété du duc de Berry. Nous
pénétrons là encore dans un espace poétisé,
un espace où se ressentent les bienfaits de la politique pacificatrice
du duc de Berry.
Sur les bords du Clain, devant le
château aujourd’hui disparu que Jean de Berry se fit construire
dans sa jeunesse, deux moissonneurs coupent le blé à la
faucille en s’aidant d’une baguette pour redresser les tiges
de blé. L’artiste a représenté les bleuets
et les coquelicots qui poussaient alors dans les champs.
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Au premier plan, dans le triangle
de droite, une femme en robe bleue, de dos, et un homme agenouillé
tondent des moutons à l’aide de forces.
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A l’arrière-plan,
le paysage montagneux est conventionnel et ne reflète pas la réalité.
La miniature donne une vue fidèle d’un château typique
du XVe siècle : il perd la fonction militaire qu’il avait
au haut Moyen-âge pour devenir une résidence moderne. Le
château est bâti – comme à Chantilly –
sur un éperon rocheux qui lui donne sa forme triangulaire, au confluent
du Clain et de la Boivre.. L’extérieur garde une allure austère
avec ses ouvertures rares et étroites. On y entre par une longue
passerelle, que protège une tour rectangulaire, et par un pont-levis.
Un petit pont permet d'accéder à la tour avancée.
La vie de cour, dans un décor somptueux se concentre de l’autre
côté des murailles. A droite du château, on distingue
un ensemble de bâtiments, dont une chapelle. L’architecture
de ce château aux lignes épurées obéit encore
aux exigences d’un ouvrage défensif mais les larges fenêtres
ouvertes dans les tours et garnies de vitraux ou placées sur le
toit des bâtiments fermant la cour intérieure, ainsi que
les éléments de style gothique témoignent d’une
préoccupation nouvelle en ce qui concerne l’habitat seigneurial,
beauté architecturale et confort intérieur . Autres nouveautés
: un grand degré, c’est-à-dire un escalier monumental
permettant l’accès à la grande salle où le
pouvoir princier se met en scène lors des grandes occasions ; des
galeries et des jardins, des étuves confortables et des toilettes.
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Maîtrisant la perspective linéaire,
l’artiste s’attache aussi à poétiser la réalité
grâce à l’emploi des couleurs, à la luminosité
et aux détails apportés pour enrichir le paysage : deux
cygnes, les osiers et les roseaux de la rivière, les haies d’arbres
taillés qui délimitent les lopins de terre, les ombres sur
l’eau et sur les prairies verdoyantes d’où se dégage
une sensation de fraîcheur.
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