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L’image habituelle illustrant
le mois de juin - la fenaison ou la tonte des moutons – est intégrée
dans une composition qui prend place à Paris, devant le Palais
royal de la Cité, symbole de l’État souverain et de
la Justice royale.
Encore un hommage au pouvoir de Jean de Berry.
Au premier plan, la scène
de fenaison se situe au bord de la Seine, dans une prairie appartenant
à l’Hôtel de Nesle, une des propriétés
préférées du duc. C’est aujourd’hui l'emplacement
de la Bibliothèque Mazarine, dans l'aile droite du Palais de l'Institut.
Une femme rassemble le foin au râteau tandis qu'une autre, à
laquelle l’artiste a conféré une grande élégance
et beaucoup de grâce, le met en tas avec une fourche.
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A droite, trois faucheurs coupent
l'herbe avec une faux. Le miniaturiste a donné aux paysans une
dignité que pendant longtemps et par convention dans la peinture,
on leur refusait. La laideur et la bassesse appartenaient par définition
à la populace, jugée par les aristocrates aussi redoutable
que des bêtes sauvages.
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A gauche, au troisième plan,
la scène est animée par de minuscules personnages qui vaquent
à leurs activités : l’un s’introduit dans la
poterne qui donne sur la Seine, une femme, la tête protégée
d’un fichu, manœuvre une barque. Plus haut, une foule gravit
l’escalier couvert menant à l’étage du pavillon
d’angle.
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A l’arrière-plan, le
Palais royal de la Cité est représenté avec précision.
De gauche à droite, on distingue la salle sur l'eau, les trois
tours – la tour Bonbec, la tour d'Argent et la tour de César,
plus loin, la tour de l'Horloge, les deux hauts pignons de la Grande Salle
derrière la galerie Saint-Louis, le logis du roi et la tour Montmorency;
enfin, la Sainte Chapelle. Le Palais de la Cité était alors
devenu le siège de l'administration royale, judiciaire et financière.
Derrière les créneaux, il faut remarquer un jardin avec
le dôme et le toit d’une volière.
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La profondeur de champ est obtenue par la perspective
constituée des différents plans mais aussi par une ébauche
de perspective atmosphérique constituée de dégradés
de lapis-lazuli. Les différentes nuances de vert et de bleus rendent
parfaitement la luminosité et la transparence de l’air propre
à la saison.
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