Les séismes


Lisabona, 1er novembre 1755 (gravure colorisée allemande du XVIIIe siècle).
© Agence AKG.

26 décembre 2004, Indonésie : un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter libère, en trois minutes, une quantité d’énergie équivalente à 23 000 bombes atomiques similaires à celle d’Hiroshima. Les conséquences sont catastrophiques : dégâts considérables causés par une vague géante dans la région de Sumatra et 300 000 à 350 000 tués ou disparus.
Toussaint 1755, Portugal : un séisme de grande ampleur, suivi d’un tsunami puis d’incendies, détruit Lisbonne. On dénombre 60 000 morts.
Une litanie de lieux, de victimes, de dégâts dus aux séismes, peut être dressée à l’instar des quelques exemples proposés ici.
Ces manifestations brutales, dramatiques mettent en évidence l’activité interne – d’aucuns disent les « colères » – de la Terre. Un séisme correspond à un mouvement bref du sol (quelques secondes), engendré par l’arrivée en surface d’ondes se propageant dans le globe depuis un point de rupture.
On distingue les séismes naturels (tectoniques et volcaniques), dont les mécanismes sont étudiés par la sismologie, des séismes artificiels (induits par l’activité humaine) étudiés par la sismique.
Ces séismes, qui ne sont pas répartis au hasard, font l’objet d’études instrumentales. On enquête auprès des populations et on fait appel à des systèmes de mesure variés (de la jarre chinoise avec dragons aux sismomètres électroniques). Le décryptage des éléments enregistrés permet de comprendre l’origine et la nature des ondes sismiques.
Face aux séismes, dont les causes explicatives évoluent au fil du temps (de la « punition divine » aux mouvements des plaques lithosphériques), l’homme subit, se sent impuissant, réagit. Au XVIIIe siècle, la controverse entre Rousseau et Voltaire, à partir du long poème de ce dernier sur le Désastre de Lisbonne, va jouer un rôle important dans le développement des idées, ainsi qu’en ce qui concerne l’évolution de la société et de son économie. La thématique « Ordre et désordre dans la nature » entre pour longtemps dans le champ d’étude des intellectuels.
Aujourd’hui, la connaissance des mécanismes, les progrès de la technique permettent à l’homme d’utiliser les séismes à son profit. L’étude de la propagation des ondes sismiques permet d’ausculter la planète et les modèles de la structure interne du globe sont de plus en plus précis. Ainsi, dans le cadre de l’EEDD (éducation à l’environnement pour un développement durable), si l’on connaît les zones à risques sismiques, on peut mener des actions de prévention telles qu’évaluer l’aléa sismique, établir des règles de construction parasismiques, éduquer la population et peut-être, à l’avenir, empêcher l’énergie de s’accumuler.
Dans les classes, cette énergie, cette agitation tellurique effrayantes, peuvent donner lieu à des représentations qui mêlent étroitement réalité et imaginaire : dessins d’élèves de CM 1, recherche de la symbolique du séisme en éducation musicale, modélisation de la colère de la Terre par le maître céramiste Gil Browaeys, visuels et poésie d’Alain Devaux. Cette catharsis (au sens d’exorcisme des craintes) opérée, on peut inviter les élèves à mettre en jeu leur réflexion et leur esprit critique en sciences de la vie et de la Terre au collège (cycle central) et au lycée (première et terminale S), en histoire-géographie (seconde), en physique (terminale S) et autres dispositifs pédagogiques pluridisciplinaires : IDD (itinéraires de découverte), TPE (travaux personnels encadrés), thèmes de convergence, AST (ateliers de culture scientifique et technique).