Il convient de tout mettre en uvre pour éviter
lexclusion et lisolement dans lequel la maladie
peut placer lenfant ou ladolescent et de développer
ladoption de comportements solidaires au sein de la
collectivité.
La
circulaire n° 99-181 du 10 novembre 1999 du ministère
de léducation nationale a permis de favoriser
laccueil et lintégration des enfants et
des adolescents atteints de troubles de la santé évoluant
sur une longue période pendant le temps scolaire, par
la mise en place dun projet daccueil individualisé.
Cependant, certaines difficultés persistent, notamment
en ce qui concerne la généralisation de laccueil
des enfants et adolescents atteints de troubles de la santé
dans les cantines des écoles, la prise de médicaments
ou les soins à donner en urgence.
Par ailleurs, le décret
n° 2000-762 du 1er août 2000 réformant
les conditions dautorisation et de fonctionnement des
crèches, haltes garderies et jardins denfants
(articles R.
180 à R.
180-26 du code de la santé publique) prévoit
que les établissements et services daccueil des
enfants de moins de six ans concourent à lintégration
sociale des enfants ayant un handicap ou atteints de maladie
chronique. Sil nexiste pas de droit à laccueil,
a fortiori en collectivité pour les enfants dâge
préscolaire, ni dobligation à la charge
des pouvoirs publics, la nouvelle réglementation vise
cependant à favoriser cet accueil, et demande aux établissements
et services délaborer un projet qui précise
les mesures à prendre.
Les dispositions proposées ont pour but dharmoniser
les conditions daccueil en collectivité des enfants
atteints de maladie chronique, dallergie et dintolérance
alimentaires en offrant un cadre et des outils susceptibles
de répondre à la multiplicité des situations
individuelles rencontrées. Elles doivent permettre
aux enfants et adolescents concernés de suivre leur
scolarité ou dêtre accueillis en collectivité
tout en bénéficiant de leur traitement, de leur
régime alimentaire, dassurer leur sécurité
et de compenser les inconvénients liés à
leur état de santé.
La population concernée par les dispositions ci-après
est constituée des enfants ou adolescents atteints
de troubles de la santé évoluant sur de longues
périodes (à lexclusion des maladies aiguës),
dallergie ou dintolérance alimentaires,
pour lesquels des mesures particulières doivent être
prises dans les collectivités qui les accueillent.
Cette circulaire est applicable dans les écoles, les
établissements publics locaux denseignement relevant
du ministère chargé de léducation
nationale et du ministère chargé de lagriculture,
les établissements privés sous contrat dans
le respect des dispositions de la loi n° 59-1557 du 31
décembre 1959 modifiée.
Elle sert de cadre de référence aux établissements
daccueil de la petite enfance (crèches, haltes-garderies,
jardins denfants) et aux centres de vacances et de loisirs.
La circulaire éducation nationale n° 99-181 du
10 novembre 1999 est abrogée.
1 - UNE DÉMARCHE CONCERTÉE AVEC DES SPÉCIFICITÉS
PROPRES AUX ÉCOLES, AUX ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES
ET À DAUTRES COLLECTIVITÉS
1.1 Dans les écoles et les établissements
scolaires relevant du ministère chargé de léducation
nationale ou du ministère chargé de lagriculture
Ladmission scolaire des enfants et adolescents atteints
de troubles de la santé évoluant sur une longue
période, dallergie ou dintolérance
alimentaires, seffectue selon les règles en vigueur.
À partir des informations recueillies auprès
de la famille et, selon le cas, du médecin de PMI et
du médecin prescripteur, le médecin scolaire
ou le médecin désigné par létablissement
relevant du ministère de lagriculture, de lalimentation,
de la pêche et des affaires rurales, quand celui-ci
ne bénéficie pas des prestations du médecin
de scolaire, après concertation avec linfirmière,
détermine les aménagements particuliers susceptibles
dêtre mis en place.
Lavis de léquipe éducative est également
sollicité sur les dispositions à mettre en uvre.
Les aménagements envisagés ne doivent pas toutefois
être préjudiciables au fonctionnement de lécole
ou de létablissement scolaire.
Lorsque des incompatibilités entre létat
de santé de lenfant et les capacités daccueil
de lécole ou de létablissement sont
constatées, dautres solutions doivent être
proposées à la famille dans le cadre du respect
de lobligation scolaire. La commission de léducation
spéciale sera éventuellement saisie conformément
à la circulaire n°
2002-112 du 30 avril 2002 relative à laccueil
des élèves handicapés.
Cest par une réflexion densemble et un
travail en équipe associant tous les membres de la
communauté éducative, et les inspecteurs de
léducation nationale (IEN) pour le 1er degré,
que les conditions optimales de lintégration
scolaire seront réunies.
Le projet décole ou détablissement
permettra de prendre en compte lensemble du temps de
présence de lélève : temps denseignement
et temps daccompagnement dans toute sa diversité
(accueil des élèves, récréation,
cantine, étude, internat, club, groupe dintérêts,
activités socioculturelles, sportives ...) et favorisera
une attitude douverture et de solidarité de la
part des personnels déjà sensibilisés
à ces problèmes.
Il convient de souligner le rôle des personnels de santé
et daction sociale en faveur des élèves,
dont la mission est dapporter, chacun dans son domaine
de compétence, toute lassistance requise aux
équipes éducatives et de contribuer à
la résolution des difficultés que celles-ci
pourraient rencontrer. Ils établiront toutes les liaisons
utiles et impulseront une action dinformation et de
sensibilisation auprès de lensemble des personnels.
1.2 Dans les structures daccueil des jeunes
enfants : crèche, halte-garderie, jardin denfants
Ladmission en crèche, halte-garderie ou jardin
denfants, des jeunes enfants atteints de troubles de
la santé seffectue selon les règles définies
par le décret n° 2000-762 du 1er août 2000.
Dans le cas dun accueil régulier, de type crèche,
le médecin attaché à létablissement
donne son avis lors de ladmission, après examen
médical de lenfant effectué en présence
de ses parents, conformément aux dispositions de larticle
R.180-19 du code de la santé publique.
Si ce texte prévoit que dans le cas dun accueil
dans une structure de vingt places au plus, lavis médical
peut être donné par le médecin traitant
de lenfant, il apparaît préférable,
pour ces situations particulières, que le médecin
de la collectivité daccueil rencontre la famille
et lenfant dès son arrivée. Il en est
de même pour un accueil occasionnel, de type halte-garderie,
pour lequel aucun avis médical nest exigée
par la réglementation.
Cette rencontre permettra en effet déchanger
avec la famille notamment à propos du rythme de vie
lenfant, de ses particularités, de ses possibilités
dadaptation au mode daccueil, et dapprécier
son état de santé et ses traitements éventuels,
en vue de contribuer à la mise en place du projet daccueil
individualisé en cas de maladie chronique .
1.3 Dans les centres de vacances et les centres de loisirs
sans hébergement
Lensemble des prescriptions qui permet, dans le cadre
dun projet daccueil individualisé, de favoriser
lintégration dans les établissements scolaires,
les crèches, les jardins denfants et les haltes-garderies
des enfants et des adolescents atteints de troubles de la
santé sur une longue période ne peut sappliquer
tel quel à la spécificité des accueils
en centres de vacances et de loisirs. En effet il sagit
dun accueil ponctuel, effectué durant le temps
des loisirs et les normes dencadrement portent essentiellement
sur léquipe pédagogique et technique.
Il faut notamment souligner que les centres de vacances et
de loisirs ne bénéficient pas dun personnel
médical qualifié.
Cependant, afin de favoriser et faciliter laccueil denfants
atteints de troubles de la santé en centres de vacances
et de loisirs, des recommandations ont été conçues
en collaboration avec le secrétariat détat
aux personnes handicapées. Elles ont été
élaborées en concertation avec les organisateurs
de centres de vacances et de loisirs et leurs sont destinées
ainsi quaux directeurs de séjour.
Cette démarche répond à une demande des
mineurs atteints de troubles de la santé et de leur
famille. Elle permet à tous les participants de faire
lapprentissage de la solidarité dans le respect
de la diversité et des différences.
Les recommandations figurant au chapitre 4 de la présente
circulaire sont répertoriées par période,
en incluant le temps de préparation du séjour
et par type de personne concernée.
Dans le but de renforcer le rôle éducatif des
centres de vacances et de loisirs, les principes du projet
éducatif ont été fixés dans le
décret n° 2002-885 du 3 mai 2002. Ils portent notamment
sur lorganisation de la vie collective au sein de ces
centres. Le projet est élaboré en concertation
avec les personnes qui animent le séjour. Lorsque le
séjour accueille des mineurs atteints de troubles de
la santé, le projet éducatif doit ainsi préciser
les mesures qui sont envisagées pour faciliter lintégration
des enfants concernés. Il doit être communiqué
aux représentants légaux des mineurs avant laccueil
de ces derniers.
2 - LE PROJET DACCUEIL INDIVIDUALISÉ
Le projet daccueil individualisé (PAI) est
avant tout une démarche daccueil résultant
dune réflexion commune des différents
intervenants impliqués dans la vie de lenfant
malade.
Il a pour but de faciliter laccueil de cet enfant mais
ne saurait se substituer à la responsabilité
des familles.
Le rôle de chacun et la complémentarité
des interventions sont précisés dans un document
écrit. Celui-ci associe lenfant ou ladolescent,
sa famille, léquipe éducative ou daccueil,
les personnels de santé rattachés à la
structure, les partenaires extérieurs et toute personne
ressource.
Ce document organise, dans le respect des compétences
de chacun et compte tenu des besoins thérapeutiques
de lenfant ou de ladolescent, les modalités
particulières de la vie quotidienne dans la collectivité
et fixe les conditions dintervention des partenaires.
Sont notamment précisés les conditions des prises
de repas, interventions médicales, paramédicales
ou de soutien, leur fréquence, leur durée, leur
contenu, les méthodes et les aménagements souhaités.
Le projet daccueil individualisé définit
les adaptations apportées à la vie de lenfant
ou de ladolescent durant lensemble de son temps
de présence au sein de la collectivité. Il indique
notamment les régimes alimentaires, aménagements
dhoraires, les dispenses de certaines activités
incompatibles avec sa santé et les activités
de substitution qui seront proposés.
Il est mis au point, à la demande de la famille, ou
en accord et avec la participation de celle-ci, par le directeur
décole, le chef détablissement,
ou le directeur de létablissement ou du service
daccueil denfants de moins de six ans :
- à partir des besoins thérapeutiques, précisés
dans lordonnance signée du médecin qui
suit lenfant dans le cadre de sa pathologie, adressée
sous pli cacheté au médecin de linstitution
ou désigné par la collectivité daccueil
et mis à jour en fonction de lévolution
de la maladie ;
- en concertation étroite avec, selon le cas, le médecin
scolaire, de la PMI, ou le médecin et linfirmier(ère)
de la collectivité daccueil.
Selon la nature du trouble de santé, il appartient
au médecin prescripteur dadresser au médecin
de la collectivité, avec lautorisation des parents
:
- lordonnance qui indique avec précision le médicament
quil convient dadministrer : nom, doses et horaires
;
- les demandes daménagements spécifiques
quil convient dapporter dans le cadre de la collectivité
;
- la prescription ou non dun régime alimentaire.
Cest à partir de ces éléments que
le PAI sera rédigé avec le médecin qui
y associera linfirmier(ère) désigné(e)
de la collectivité.
Le protocole durgence est joint dans son intégralité
au PAI.
Dans le cadre scolaire, ce document précise comment,
en cas de périodes dhospitalisation ou de maintien
à domicile, les enseignants de lécole
ou de létablissement dorigine veilleront
à assurer le suivi de la scolarité en conformité
avec les recommandations données dans la circulaire
n° 98-151 du 17 juillet 1998, relative à lassistance
pédagogique à domicile en faveur des enfants
et adolescents atteints de troubles de la santé évoluant
sur une longue période.
3 - DES AMÉNAGEMENTS DANS LA VIE QUOTIDIENNE
3.1 La restauration collective
** 3.1.1 Organisation générale
Il convient que tout enfant ayant, pour des problèmes
médicaux, besoin dun régime alimentaire
particulier, défini dans le projet daccueil individualisé,
puisse profiter des services de restauration collective (établissements
daccueil de la petite enfance, écoles maternelles,
élémentaires, établissements publics
locaux denseignement, relevant du ministère de
la jeunesse, de léducation nationale et de la
recherche et du ministère de lagriculture, de
lalimentation, de la pêche et des affaires rurales)
selon les modalités suivantes :
- soit les services de restauration fournissent des repas
adaptés au régime particulier en application
des recommandations du médecin prescripteur ;
- soit lenfant consomme, dans les lieux prévus
pour la restauration collective, le repas fourni par les parents,
selon des modalités définies dans le projet
daccueil individualisé respectant les règles
dhygiène et de sécurité.
Dans le cas où lalimentation en restauration
collective serait impossible, sous ces deux formes, il convient
dorganiser au niveau local les modalités permettant
dapporter une aide aux familles en sappuyant éventuellement
sur les expériences pilotes mettant en uvre un
régime spécifique.
En conséquence, dans tous les cas où un régime
spécifique ne peut être mis en place et conformément
aux dispositions de la circulaire interministérielle
n° 2001-118 du 25 juin 2001 relative à la composition
des repas servis en restauration scolaire et à la sécurité
des aliments, les paniers repas peuvent être autorisés.
Bien que cette circulaire ne concerne pas les structures daccueil
des jeunes enfants régies par le décret du 1er
août 2000, elle peut, en labsence de textes spécifiques
les concernant, donner un cadre de référence
pour la restauration dans ces établissements.
Dans ce cas quatre points essentiels sont à observer
:
la famille assume la pleine et entière responsabilité
de la fourniture du repas (composants, couverts, conditionnements
et contenants nécessaires au transport et au stockage
de lensemble) ;
tous les éléments du repas doivent être
parfaitement identifiés pour éviter toute erreur
ou substitution ;
il convient de respecter la chaîne du froid de
la fabrication (ou lachat) du repas jusquà
la présentation à lenfant mais un réfrigérateur
et un four à micro-ondes spécifiques à
ces situations ne sont pas nécessaires ;
il convient de se reporter aux dispositions de la circulaire
n° 2002-004 du 3 janvier 2002 relative à la
sécurité des aliments : les bons gestes
qui précise les modalités suivantes concernant
le transport et le stockage des aliments : les produits conservés
au froid doivent être transportés, pour assurer
un maintien à basse température pendant tout
le temps du transport et éventuellement du stockage
avant consommation, dans des glacières (caisses isothermes)
ou des sacs isothermes :
. munis de plaques à accumulation de froid (plaques
eutectiques) ;
. ou, à défaut, de bouteilles deau congelées,
en quantité suffisante.
Avant consommation, dans lenceinte de lécole,
les produits qui nécessitent une conservation au froid
doivent être entreposés dans le réfrigérateur
lorsque cet équipement existe. À défaut,
les produits sont laissés dans la caisse glacière
ou le sac isotherme jusquau dernier moment. Pendant
lattente, les caisses ou sacs isothermes sont mis à
labri de toute source de chaleur, à labri
notamment du soleil.
Dans tous les cas, il est recommandé dassocier
au projet daccueil la collectivité organisatrice
de la restauration collective.
Les principes dhygiène générale
sont à rappeler : les enfants et adolescents atteints
de troubles de la santé risquent, en effet, plus que
dautres, de nombreuses infections. En conséquence,
il convient :
. de veiller au lavage régulier des mains des élèves,
notamment avant et après chaque récréation,
repas, collation ou passage aux toilettes ;
. déviter les eaux stagnantes (fleurs coupées,
bacs à réserve deau, aquarium) ;
. de désinfecter, tous les jours, les lavabos, robinets,
toilettes, jouets ;
. déviter la présence danimaux ;
. daérer régulièrement les locaux.
** 3.1.2 Dans le cadre scolaire (écoles et établissements
publics locaux denseignement relevant du ministère
chargé de léducation nationale ; établissements
relevant du ministère chargé de lagriculture)
Sagissant des écoles maternelles et élémentaires,
il est recommandé dassocier les services municipaux
en charge du service de restauration au moment de la rédaction
du projet daccueil individualisé afin de déterminer
avec eux les dispositions à mettre en uvre à
cet effet.
En ce qui concerne la mise en place des régimes alimentaires
particuliers prévus dans le projet daccueil,
la responsabilité de lorganisation relève
:
- Pour le premier degré de la compétence de
la commune organisatrice
En cas de dysfonctionnement pouvant être rattaché
à une attribution de police municipale (sécurité,
assistance, secours), le régime de droit commun de
la responsabilité administrative sapplique, conformément
aux dispositions de larticle L 2216-2 du code général
des collectivités territoriales, lorsque les locaux
appartiennent au domaine communal.
Lengagement éventuel de la responsabilité
pénale des responsables des exécutifs locaux
sur la base de larticle 121-3 du code pénal obéit
aux règles de larticle L 2123-34 du code général
des collectivités territoriales, sagissant de
manquement à une obligation de prudence ou de sécurité.
- Pour le second degré, de la compétence de
létablissement public local denseignement
que la préparation et la consommation des repas se
fassent sur place (cuisine autonome) ou que les repas soient
préparés et livrés par un service de
restauration collective.
Dans lhypothèse où le service de restauration
a été affermé ou a fait lobjet
dautres contrats administratifs, toute mesure spécifique
pour les élèves ayant besoin dun régime
alimentaire particulier, défini dans leur projet daccueil
individualisé, pourra être stipulée dans
le contrat administratif éventuellement par un avenant
audit contrat.
Les établissements denseignement privés
sous contrat ont, quant à eux, la responsabilité
de déterminer les modalités de gestion de leur
service de restauration.
3.2 Le traitement médical
Certaines dispositions sont susceptibles de faciliter la
vie quotidienne en collectivité des enfants et adolescents
confrontés à la maladie. Celles concernant la
prise de médicaments pendant le temps de présence
des élèves à lécole ont
été précisées dans la circulaire
éducation nationale n° 92-194 du 29 juin 1992 relative
à laccueil des enfants porteurs du virus de limmunodéficience
humaine (VIH) dans les établissements denseignement
publics et privés sous contrat des premier et second
degrés. Dautre part, le protocole national du
6 janvier 2000 précise lorganisation des soins
et des urgences dans les écoles et les EPLE.
Dans le cadre du décret
du 1er août 2000 et de la circulaire
DGS/DAS du 4 juin 1999, traduisant un avis du Conseil
dÉtat du 9 mars 1999, il est indiqué quen
ce qui concerne les établissements et services daccueil
des enfants de moins de six ans (crèches, haltes garderies
ou jardins denfants), laide à la prise
de médicaments nest pas un acte médical
relevant de larticle L.372 du code de la santé
publique. Il sagit dun acte de la vie courante,
lorsque la prise de médicament est laissée par
le médecin prescripteur à linitiative
du malade ou de sa famille et lorsque le mode de prise, compte
tenu de la nature du médicament, ne présente
pas de difficulté particulière ni ne nécessite
un apprentissage. Cette aide concerne les enfants de moins
de six ans accueillis en crèches, haltes-garderies
ou jardins denfants, qui pourront recevoir des médicaments
dauxiliaires de puériculture, dassistantes
maternelles, déducateurs de jeunes enfants ou
dautres professionnels, dans le cadre de lorganisation
mise en uvre par le directeur de létablissement.
Les auxiliaires de puériculture peuvent en outre, dans
un établissement social ou médico-social, sous
certaines conditions, et conformément aux dispositions
de larticle 4 du décret
n° 2002-194 du 11 février 2002, collaborer
aux actes accomplis et aux soins dispensés par une
infirmière relevant de son rôle propre.
Il est souhaitable, pour ces enfants ou adolescents confrontés
à la maladie, que la structure daccueil apporte
son concours aux parents pour lexécution des
ordonnances médicales prescrivant un régime
alimentaire, des soins, ou un traitement médicamenteux
oral, inhalé, ou par auto-injection. Cest dans
un climat déchange et de confiance que les personnels
peuvent eux-mêmes donner, lorsque les familles le demandent
et sur prescription de leur médecin, des médicaments
à ces jeunes en cours de traitement.
Lordonnance précisant le traitement est adressée
sous pli confidentiel, selon le cas, au médecin scolaire,
ou au médecin de PMI ou au médecin de la collectivité
daccueil.
Le protocole
de soins durgence signé par le médecin
qui suit lenfant dans le cadre de sa pathologie est
adressé, sous pli confidentiel, au médecin de
la collectivité daccueil ou désigné
par celle-ci.
En cas dabsence de médecin désigné
par la collectivité, les parents ont la possibilité
dadresser lordonnance à linfirmière
de létablissement.
Il appartient au médecin prescripteur, en liaison avec
le médecin de la structure daccueil, de décider
si la prise dun médicament même en cas
durgence nécessite exclusivement lintervention
dun auxiliaire médical ou dun médecin
au regard notamment des précisions apportées
par la circulaire du ministère de lemploi et
de la solidarité (DGS-DAS) n°
99-320 du 4 juin 1999 relative à la distribution de
médicaments.
En situation durgence, sil sagit dune
pathologie chronique à risque vital immédiat
et dans le cas où le protocole de soins durgence
établi par le médecin prescripteur préconise
une auto-injection dun traitement médicamenteux,
il est important davoir prévu les dispositions
pour quelle puisse être pratiquée à
tout moment selon les instructions médicales précisées
dans le projet daccueil individualisé. Ces cas
exceptionnels et subordonnés à une situation
durgence, conduisent les adultes de la communauté
daccueil à tout mettre en uvre pour que
le traitement injectable puisse être administré
en attendant larrivée des secours ; ils doivent
être strictement définis par le protocole de
soins durgence dont lun des enjeux est de prévoir
toute assistance adéquate à lélève
en situation de danger.
Le médecin ou linfirmière de la collectivité
fournira une information aux personnels accueillant lenfant
bénéficiaire du PAI sur les modalités
de linjection.
Laide et le conseil du médecin régulateur
du SAMU peuvent être sollicités à tout
moment.
Dans le cadre scolaire, sagissant des problèmes
de responsabilité qui peuvent se poser dans ce domaine,
les personnels bénéficient, en lespèce
et sous réserve de lappréciation souveraine
des tribunaux, du régime particulier de substitution
de la responsabilité de lÉtat à
celles des membres de lenseignement public, prévu
par larticle 2 de la loi du 5 avril 1937 (article L.
911-4 du code de léducation) ou du régime
de droit commun de la responsabilité administrative
pour défaut dorgani-
sation de service ou mauvais fonctionnement de service.
3.3 Le secret professionnel
e respect du secret professionnel est une obligation générale
et absolue qui simpose aux médecins, aux infirmières,
aux autres professionnels paramédicaux et aux travailleurs
sociaux. Il importe, par ailleurs, de rappeler lobligation
de discrétion professionnelle dont tous les personnels
de la structure daccueil doivent faire preuve pour tous
les faits ou informations relatifs à la santé
de lenfant ou ladolescent. Toutefois le secret
professionnel ne peut empêcher de déterminer
avec léquipe daccueil les mesures à
prendre pour faciliter la bonne adaptation de lenfant
ou de ladolescent.
Pour cette raison, lorsque la maladie dont souffre lenfant
ou ladolescent le nécessite, et à la demande
expresse des familles, lensemble des dispositions et
informations contenues dans son projet daccueil individualisé,
à lexception de celles couvertes par le secret
médical, contenues dans un pli cacheté, pourra
être porté à la connaissance de la communauté
daccueil, et mis en uvre par celle-ci.
La décision de révéler des informations
couvertes par le secret médical à certains membres
de la communauté daccueil, qui assisteraient
les personnels de santé plus particulièrement,
ou auraient un rôle prééminent dans la
mission daccueil et dintégration de lenfant,
appartient à la famille.
3.4 Les soins durgence
Lorsque la maladie évolue par crises ou par accès,
il sera établi, dès la demande daccueil,
un protocole dintervention décrivant : les signes
dappel, les symptômes visibles, les mesures à
prendre pour assurer la mise en sécurité de
lenfant ou ladolescent, les médecins à
joindre, les permanences téléphoniques accessibles
et les éléments dinformation à
fournir aux services durgence pour une compréhension
efficace du problème. Ce protocole signé par
le médecin prescripteur est adressé au médecin
de la collectivité.
Sagissant des urgences médicales, il est rappelé
quil existe dans chaque département un SAMU joignable
24 heures sur 24 sur la quasi totalité du territoire
par le numéro dappel 15 ou le 112.
Cet appel met en relation avec un médecin régulateur
qui, sans délai aide à évaluer la gravité
de la situation, donne son avis et des conseils pour prendre
les mesures durgence et, selon le cas dépêche
une équipe médicale hospitalière avec
véhicule de réanimation ou envoie une ambulance
pour le transport vers un centre hospitalier.
Dans tous les cas, il est recommandé de disposer :
- dune ligne téléphonique permettant de
contacter le SAMU (service daide médicale urgente).
Labsence de dispositions permettant dalerter rapidement
les secours serait en effet susceptible, lorsquelle
aurait pour conséquence de retarder larrivée
des secours et de porter ainsi un préjudice à
la victime, dêtre retenu comme élément
constitutif des incriminations de mise en danger de la vie
dautrui ou de non-assistance à personne en danger
;
- dune trousse durgence contenant les médicaments
spécifiques aux élèves atteints de troubles
de la santé évoluant sur une longue période.
Cette trousse devra rester hors de portée des élèves
et il appartiendra au membre de la communauté éducative
concerné qui en assurera la garde, de veiller à
prendre toute précaution en son pouvoir pour éviter
que des élèves puissent y avoir accès.
Par ailleurs, ce personnel devra veiller, au cas où
il est absent, à ce que la trousse reste accessible
en cas durgence aux autres membres de la communauté
éducative.
Dans certaines pathologies, et selon lâge et lautonomie
de lenfant, il est conseillé quil possède,
sur lui, le ou les médicaments dont il peut avoir besoin
en urgence.
Dans le cadre scolaire, pour les établissements du
second degré, les mesures sinscriront dans le
cadre du dispositif mis en place par les établissements
en application de larticle 57 du décret n°
85-924 du 30 août 1985 et de la circulaire n° 86-144
du 20 mars 1986, qui précisent que les modalités
dorganisation de la médecine de soins dans les
établissements relèvent de la compétence
et de la responsabilité des chefs détablissements.
Dans les établissements publics denseignement
agricole, les mesures sinscriront dans le cadre de la
note de service DGER/SET/GEFIC/N90 n° 2031 du 19 avril
1990 relative aux modalités dorganisation de
la médecine de soins.
Il convient également de se reporter au protocole national
du 6 janvier 2000 relatif à lorganisation des
soins et des urgences dans les écoles et les établissements
publics locaux denseignement (EPLE) et à la note
de service DGER/SDACE/C2001-2016 du 6 décembre 2001
relative à lorganisation du service, missions
et obligations de service et congés des infirmier(ère)s
exerçant dans les établissements de lenseignement
technique agricole.
Dans les établissements et services daccueil
de la petite enfance, les modalités dintervention
médicale en cas durgence doivent être prévues
par le règlement intérieur de létablissement
conformément aux dispositions de larticle R180-11
du code de la santé publique.
Cest le médecin attaché à létablissement
qui organise les conditions de recours au SAMU (article 180-19
du code de la santé publique).
3.5 Les aménagements pédagogiques dans le
cadre scolaire
Dune manière générale, dans
le domaine pédagogique un élève atteint
de troubles de la santé devra être considéré
de la même manière que ses camarades en bonne
santé. Cest là lobjectif central
du processus dintégration.
Cependant, chaque fois que les difficultés de santé
spécifiques dun enfant ou dun adolescent
contraignent lenseignant à dispenser cet élève
de telle ou telle séquence pédagogique, il sera
souhaitable de trouver, avec laide de léquipe
éducative, le dispositif qui permettra de faire bénéficier
ce dernier de toutes les compensations dont il a besoin.
Ce sera particulièrement le cas pendant les périodes
dhospitalisation ou de maintien à domicile. Tout
devra être mis en uvre pour assurer à lélève
une réelle continuité de sa scolarité.
Divers dispositifs sont des auxiliaires précieux pour
atteindre de manière adaptée cet objectif essentiel
: la scolarisation à lhôpital, conformément
à la circulaire n° 91-303 du 18 novembre 1991 relative
à la scolarisation des enfants et adolescents accueillis
dans les établissements à caractère médical,
sanitaire ou social, les organismes habilités à
apporter un soutien éducatif, le centre national denseignement
à distance (CNED), le centre national de promotion
rural (CNPR) pour lenseignement agricole.
On recherchera toujours à éviter une rupture
brutale et prolongée et à préparer le
retour à lécole, au collège ou
au lycée conformément à la circulaire
éducation nationale n° 98-151 du 17 juillet 1998
relative à lassistance pédagogique à
domicile en faveur des enfants et adolescents atteints de
troubles de la santé évoluant sur une longue
période.
3.6 Linformation et la formation
Linformation et la formation sont des éléments
qui peuvent permettre à lensemble des personnels
de se familiariser avec les conduites adaptées, à
se sentir sécurisés, à dédramatiser.
À cette fin, il est souhaitable de mettre en place
une formation ou une sensibilisation à laccueil
des enfants atteints de troubles de la santé et aux
gestes de premiers secours.
Il appartient aux responsables des collectivités concernées
de favoriser les actions sadressant à :
- lensemble des personnels intervenant auprès
des enfants des écoles maternelles et élémentaires,
notamment les enseignants et personnels dits ATSEM (agent
territorial spécialisé dans les écoles
maternelles), intervenants réguliers. Avec laccord
de la commune, dautre personnels municipaux pourront
être associés à ces actions ;
- lensemble des personnels des établissements
du second degré, les personnels dencadrement,
déducation et de surveillance ;
- lensemble des personnels intervenant dans les établissements
daccueil de la petite enfance. Pour ces derniers, le
médecin attaché à létablissement
ou, le cas échéant, le service de PMI du département,
contribue, dans le cadre de leur mission de promotion et déducation
à la santé, à linformation et à
la formation.
Il est conseillé que soient présentes dans lécole
ou létablissement une ou deux personnes ayant
suivi une formation aux premiers secours : AFPS (attestation
de formation aux premiers secours) ou STT (sauvetage, secourisme
du travail) permettant de faire face aux situations les plus
courantes et notamment aux crises dasthme, dèmes
de Quincke et chocs anaphylactiques.
4 - ACCUEIL DENFANTS ATTEINTS DE TROUBLES DE LA
SANTÉ EN CENTRES DE VACANCES ET DE LOISIRS
4.1 Avant le séjour
Informations préalables relevant de la compétence
de lorganisateur
Pour faciliter les démarches des familles et leur permettre
de sorienter au mieux vers lorganisateur de séjours
de vacances, celui-ci pourra dans son catalogue, informer
le public de la possibilité daccueil offerte
aux enfants atteints de troubles de la santé.
Une personne référente et un numéro de
téléphone sont des mentions importantes également
pour les familles.
Inscription relevant de la compétence de lorganisateur
Au moment de linscription, pour un meilleur accueil
de lenfant, il est nécessaire que :
- la famille, ou linstitution, signale tout problème
de santé de lenfant susceptible dinfluer
sur lorganisation du séjour, en précisant
le niveau dautonomie de lenfant, les aspects qui
risquent une mise en danger de lui-même et des autres,
le cas échéant le système de communication
de lenfant avec autrui...
Afin dobtenir des renseignements médicaux utiles
sur lenfant, le représentant légal apporte
des informations nécessaires sur la conduite à
tenir en cas de difficulté de santé de lenfant.
Ces informations sont rendues à la famille à
la fin du séjour et le cas échéant, complétée
par le directeur du centre de vacances ou de loisirs ;
- la famille, ou linstitution, soit orientée
vers le directeur du séjour, et puisse ainsi entrer
en contact avec lui.
Préparation du séjour relevant de la compétence
du directeur
Le directeur doit sinformer des particularités
générées par la situation de lenfant
et du jeune.
Un système déchange dinformations
avec les parents doit être établi avant le séjour.
Il est essentiel que le dossier soit constitué par
le médecin, la famille, ou les personnes assurant le
suivi habituel, avec laide du médecin traitant.
Il permettra également de mettre en exergue les capacités
relationnelles, dautonomie et les centres dintérêt
de lenfant. Le dossier contient notamment un certificat
médical précisant toute réserve, inaptitude
ou contre-indication.
Lenfant ou le jeune sera impliqué, suivant ses
capacités, dans la démarche de mise en place
le concernant.
Le directeur doit informer léquipe dencadrement
des difficultés rencontrées par lenfant
et du type des problèmes que ce dernier est susceptible
de rencontrer. Les informations médicales diffusées
à léquipe se limitent à celles
nécessaires au fonctionnement du séjour (exemple
: en cas dallergies alimentaires, toute léquipe
doit être informée des risques encourus par lenfant
et ceci dès le premier repas). La personne chargée
du suivi sanitaire est informée de lensemble
des renseignements disponibles par le directeur.
La confidentialité des informations contenues dans
le dossier doit être respectée par toute personne
en ayant connaissance.
4.2 Pendant le séjour
Dès le début du séjour, les
animateurs doivent être sensibilisés aux diverses
procédures de la vie quotidienne.
Des contacts préalables sont pris avec le médecin
local pour définir des consignes en cas de problème.
Cette démarche est effectuée par le directeur,
ou par la personne chargée du suivi sanitaire sous
lautorité du directeur.
Les consignes sont rappelées en début de séjour
aux personnels concernés (animateurs, cuisinier...).
Les numéros de téléphone durgence
doivent être clairement affichés et accessibles
à tous.
Léquipe dencadrement doit veiller à
respecter le rythme de vie de lenfant, et prendre les
précautions nécessaires dans la vie quotidienne
et lors des activités. Elle devra être sensibilisée
au suivi du traitement médical (directeur, personne
chargée du suivi sanitaire, animateur, cuisinier selon
le cas) ou des précautions à prendre (ensemble
de léquipe).
Les informations médicales complémentaires
(ordonnance nominative, détaillée, récente...)
et les médicaments identifiés et gardés
à part, sont transmis à la personne chargée
du suivi sanitaire. Celle-ci doit sassurer quotidiennement
de la prise des médicaments par lenfant.
En cas de besoin, elle doit veiller à ce que lenfant
ait sur lui, lors de randonnées ou de sorties, le traitement
à sa portée lorsquil sagit dautomédication
(exemple : allergie aux piqûres de guêpe, asthme...).
Lattention de léquipe dencadrement
sera également appelée sur les dangers du soleil
(médicaments photosensibilisants...).
Léconome et le cuisinier devront anticiper de
façon rigoureuse sur la composition des repas en cas
dallergie alimentaire et de régime spécifique.
Vie quotidienne relevant de la compétence du
directeur et des animateurs
Les conditions de participation à certaines activités
seront déterminées en fonction des recommandations
médicales et pratiques ; lanimateur sera plus
attentif au bien être de lenfant.
Il est rappelé que des consignes précises doivent
être données à léquipe pour
lévacuation des locaux en tenant compte des divers
types de déficiences constatées. Il est recommandé,
dans la mesure du possible, dhéberger en priorité
les mineurs ayant une mobilité réduite à
proximité dune issue de secours adaptée.
4.3 Après le séjour
Tous les documents sanitaires sont rendus à la famille
par le directeur du centre de vacances et le cas échéant
complétés par des informations médicales.
Le déroulement du séjour de lenfant pourra
aussi faire lobjet de remarques, utiles tant pour la
famille, que pour léquipe qui suit lenfant
le reste de lannée.
Les préfets de département veilleront à
tenir informés les présidents de conseil général
ainsi que les maires du contenu de la présente circulaire.
Je vous remercie de porter une attention particulière
à lapplication de ces directives et de signaler
toutes les difficultés que vous pourriez rencontrer
dans son application.
Le ministre de la jeunesse, de léducation
nationale et de la recherche
Luc FERRY
Le ministre de lintérieur, de la sécurité
intérieure et des libertés locales
Nicolas SARKOZY
Le ministre de la santé, de la famille et des personnes
handicapées
Jean-François MATTEI
Le ministre de lagriculture, de lalimentation,
de la pêche et des affaires rurales
Hervé GAYMARD
Le ministre délégué à lenseignement
scolaire
Xavier DARCOS
Le ministre délégué à la famille
Christian JACOB