Biodiversité et agriculture

 

escudier jean louis Inra 250Les vignes du futur.
Jean-Louis Escudier, chercheur à l’unité expérimentale de Pech-Rouge de l’INRA Montpellier. Le réchauffement climatique  affecte la vigne de deux manières : en avançant la date des vendanges et en modifiant la composition du vin qui contient plus d’alcool.
Il existe deux types de réponse pour atténuer ces effets. La plus simple, la réponse à la cave qui consiste à traiter le vin à l’aide de membrane ou d’électrodialyse.  Plus largement, la réponse à la vigne propose de changer la plante grâce à la recherche de cépages et d’hybridation.
Cette dernière réponse est plus longue à aboutir mais des premiers résultats prometteurs fournissent d’ores et déjà un vin  moins sucré et plus riche en polyphénols.

Torquebiau ITW 250Une agriculture climato-intelligente

Emmanuel Torquebiau, chercheur, chargé de mission “changement climatique” Cirad

Le Cirad dont l’action se partage entre la production de recherche scientifique et la coopération avec les pays en développement, cherche à répondre à deux grands enjeux : assurer la sécurité alimentaire et le développement des populations localement et globalement  tout en préservant les ressources naturelles. Michel Eddi explique que garantir un avenir meilleur aux populations passe aussi par l’agriculture.
L’agriculture est victime mais aussi responsable du changement climatique. A ce titre,  elle doit pouvoir modifier ses pratiques afin d’atténuer ses effets sur l’environnement, mais aussi savoir s’adapter au changement climatique tout en continuant à assurer la sécurité alimentaire des populations de manière durable.
Une agriculture climato-intelligente qui repose sur l’association entre adaptation, atténuation et sécurité alimentaire, permettrait de répondre à l’initiative 4 pour 1000 : augmenter de 0.04% par an le taux de carbone dans le sol.

 

grandgirard250

 David Grandgirard est chercheur et professeur à Lasalle Beauvais; Dans cette interview, il montre, après l'avoir définie, les bénéfices de l'agroforesterie en précisant que ce sont encore des travaux de recherche.

  accèder à une ressource en ligne : http://www.agroforesterie.fr/images-pages/revue/revue_3_extrait_4.pdf

 

 

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 Alain Rival - biologiste, correspondant au Cirad pour la filière « Palmier à huile » a publié (Ed Quae) un ouvrage intitulé "La palme des controverses : palmier à huile et enjeux du développement". Il est ici interviewé par Dominique Lefèvre, responsable du pôle de compétence en éducation au développement durable (PNCEDD) du réseau Canopé.

Dans la première video, Alain Rival présente le CIRAD "qui répond, avec les pays du Sud, aux enjeux internationaux de l'agriculture et du développement"et ses missions dont l’intensification écologique (avec le palmier à huile comme exemple). Il fait le point sur cette plante pérenne exclusivement tropicale (tropiques humides) , cohabitante des forêts tropicales et productrice de deux types d’huile (huile de palme rouge fruit de la pulpe du fruit [la principale d’abord concernée ici]  et  huile de palmiste extrait de l’amande). Rappelons que la plasticité de l’huilier à palme permet une adaptation à des types de cultures différents, que son extraction est naturelles et que ses fruits se conservent difficilement. La technologie pour la première est assez lourde (pression à très haute chaleur et stérilisation lui donnant sa couleur rouge, avec extraction d’oléine [huile] et de stéarine [graisse].
Deux approches
- 1 – La première question, c’est le rapport entre espace protégé et plantations où le CIRAD, par son expérience de 70 ans a un rôle majeur d’intervention dans les pays producteurs.
-2- Quelles pratiques agricoles ?
    Pour prétendre à une huile durable, il faut d’abord travailler avec la génétique de la plante et choisir dès le début les bonnes semences dans des pépinières agréées, procéder à une fertilisation raisonnée  ave un usage parcimonieux des engrais (l’excès d’engrais pollue le sol ou les cours d’eau  suite à déversement du trop plein). C’est enfin savoir recycler les déchets (par le biais de composts pour 20% de ces déchets, par d’autres méthodes dont certaines réinvesties pour produire de l’énergie).
    D’autre part, la recherche scientifique et sociologique aurait un grand avantage à étudier la réalité et la typologie des ces petits planteurs (le plus souvent familiaux) qui représentent au moins la moitié de producteurs de cette huile.  De plus on pourra évaluer si cette culture localement a contribué à  l’éradication de la pauvreté par l’observation de « success story » ou au contraire de chutes dans la pauvreté de certains de ces planteurs (une première vidéo de 10 min20.)

Dans cette deuxième vidéo, Alain Rival aborde des questions vives : peut-on parler d’huile de palme durable ?
-- Malbouffe et huile de palme : c’est un mauvais procès. Car non seulement il n’existe pas d’huile idéale (toutes les huiles ont des corps gras). Le vrai problème, ce sont les populations occidentales qui stockent l’énergie due à l’acide palmitique  mais, par leurs habitudes de vie, ne la dépensent pas  Or, l’huile de palme ne « survit »   pas sous les climats des pays riches. Pour ceux-ci, le problème est plus les plats cuisinés dans la restauration rapide dans composition desquels cette huile est ultra minoritaire. Ce n’est pas le cas des populations locales (par exemple en Indonésie) qui n’ont ni problème de surpoids ni alerte cardio-vasculaire de par leur style de vie sain. De plus, l’huile de palme est naturellement hydro oxygéné et ne contient pas d’acide gras trans.
    -- Déforestation et pépinière de palmier à huile : un autre mauvais procès ; il n’y pas de lien direct entre palmier à huile et déforestation ; celle-ci est d’abord le fait des modes actuels d’exploitation forestière aux mains de compagnies auxquelles on accorde des concessions.. D’ailleurs, la surface libérée suite à cette déforestation ne « profite » que pour 10% aux pépinières de palmiers à huile et pour 90% est usitée pour des plantations de café, cacao, par des acacias etc Pour Bornéo (la pire des situations), cet impact des palmiers à huile ne concerne la déforestation « que » pour 20% à 25% au plus (même si c’est beaucoup, mais moins eu les 60% …).
     La certification de l’huile de palme durable
La Certification RSPO (Round Table for Sustainable Palm Oil, en français : Table Ronde pour l’Huile de Palme Durable) est le système de certification de la chaîne de contrôle avec des bases partagées par les différents acteurs – aux intérêts souvent contradictoires (financiers, producteurs locaux, ONG – soit un peu plus de 1.200 adhérents. De ce fait les avancées se font « au rythme du consensus », avec deux grandes insuffisances du fait d’absents : les Etats [qui sont en train de rentrer ?] et les marchés dominants [Chine, Pakistan ; Inde, … : les plus gros consommateurs].
Autre problème pour la certification et les petits planteurs participant   : la moitié de cette huile de palme RSPO n’est pas achetée sur les marchés. L'Alliance Française pour une Huile de Palme Durable, …), reprend ces thématiques qu’elle essaie de vulgariser pour faire sa promotion et mieux la vendre.
En conclusion, on ne peut qu’espérer une meilleur connaissance scientifique de ces systèmes d’exploitation aux points de vues socio-économiques et biologiques, ce qui ne peut que favoriser la durabilité de cette huile primordiale (Une 2e vidéo de 13 minutes 38).

Pour aller plus loin

L’huile de palme : aspect nutritionnels, sociaux et environnementaux, un état  des lieux (en novembre 2012) du Fonds français pour l’alimentation et la santé.
Palmier à huile : le dossier du CIRAD.
Huile de palme : vers une filière durable ? Un article de Pour la Science par Alain rival et Patrice Levang.
L’impact de l’huile de palme, une vidéo avec Alain Rival (site de l'Alliance française ...).
Certification : le site de RSPO (en anglais).

L’huile de palme dans les programmes scolaires.

-    5e : SVT et autres disciplines
L’huile de palme : un sujet complexe qui mobilise les élèves de Carrières-sur-Seine.
Huile de palme, production d’énergies à tout prix (poster de YAB),  culture intensive de palmiers à huile à Bornéo etc. Un travail interdisciplinaire avec à Télécharger : la fiche projet (PDF - 62.6 ko), la fiche pédagogique du travail réalisé en Lettres (PDF - 3.9 Mo) et les documents utilisés en Lettres.
1ère ES/L
- GFA : Le nouvel enseignement des SCIENCES en classes de premières littéraire et économique et sociale.Proposition de progression commune SVT/SPC sur le thème commun « Nourrir l’humanité »
CHAPITRE 1 : Vers une agriculture durable au niveau de la planète (dont huile de palme) : site académique de Strasbourg.
- En Géographie (enseignement professionnel :
La terre et la production de plantes pour produire de l’énergie [diapo 26] (thuile de palme) in « Nourrir les hommes » par Y. Veyret, diaporama depuis le site académique de Lille.

Robert Barbault : Biodiversité et agriculture

Robert Barbault est professeur d'écologie à l'université Pierre et Marie Curie, à Paris, et responsable du département biodiversité des espèces au Jardin des plantes / Museum d'histoire naturelle.

Robert Barbault est un spécialiste de la biologie des populations et de l'écologie, en particulier sur la dynamique des populations de vertébrés et l'organisation des peuplements. C'est un des pionniers en France de l'approche systémique de la biodiversité, avec une volonté d'application en matière de Biologie de la conservation. Il est intervenu récemment lors des entretiens de la biodiversité (2008).
En 2010, il est professeur à l’Université  Pierre et Marie Curie (UPMC) et directeur du département Ecologie et gestion de la biodiversité au Muséum d’histoire naturelle

Bibliographie

  • Un éléphant dans un jeu de quilles - L'homme et la biodiversité. -  : Seuil, 2006. – (Ponts-sciences ;  Compte-rendu depuis le site de la Sorbonne
  • Ecologie générale : structure et fonctionnement de la biosphère. – Dunod, 2008. – 6éme éd.
  • Quels enjeux ? Quelle contribution des scientifiques? (avec A. Cornet, J. Jouzel, G. Mégie, I. Sachs et J. Weber)
  • Changements climatiques et biodiversité / Le site de l’UPMC
  • Pour que la terre reste humaine par Nicolas Hulot, Robert Barbault, Dominique Bourg, Jean-Louis Schlegel. - Biosphère endommagée, terre malade de ses déchets, manipulations génétiques autour de l’alimentation et de la reproduction (humaine ou non), principe de précaution" peu respecté…La  Terre deviendra-t-elle inhumaine ?

 

Sitographie

  • Déclin de la biodiversité, est-ce si grave ? Entretien 2010 au CNRS (vidéo en ligne)
  • Robert Barbault fait le bilan de la Convention sur la Diversité Biologique (2010) site internet
  • Biodiversité et crise de croissance des sociétés humaines à  l’horizon 2010 in Biodiversité et changements globaux. Un lien
  • Quelle politique de conservation ? 2010 [co-auteur] in Biodiversité et changements globaux. Un lien
  • Vers une stratégie nationale de recherche sur la biodiversité pour un développement durable [co-auteur]  in Biodiversité et changements globaux. Un lien
  • Robert Barbault : « la biodiversité est plus qu'un catalogue d’espèces ». Un lien
  • Définir la biodiversité et sa complexité dont vidéo en 2008. Un lien
  • Le point de vue de l'écologue sur la biodiversité (sept. 2006). Un lien
  • Le maintien de la biodiversité (2004), entretiens audio

 

Paroles de scientifiques