Territoires

dumont region 300Dans cette vidéo téléchargeable depuis le PNCR EDD, pendant un peu plus de 7 minutes, Gérard-François Dumont, géographe, professeur à l’université de Paris-Sorbonne et directeur de la revue Population & Avenir, met en exergue deux des compétences-clés de la région en France : construire/implanter/aménager des lycées, développer et assurer les réseaux ferroviaires à l’échelle régionale (les T.E.R ou transports express régionaux). Ces deux axes mettent en œuvre le développement durable dans ses trois dimensions (sociale, économique, environnementale), ce qui signifie des choix en fonction de cette conception du bien commun qu’est le développement durable.
-    Dimension sociale : d’un côté, choisir une implantation pour un lycée en tenant compte du trajet maison - lycée pour les externes, y prévoir ou non un internat (à dimension sociale) ; de l’autre – dans le cadre des liaisons domicile - travail, favoriser les transports pour les personnes de la région à revenus limités, avec des tarifs adaptés pour les actifs, pour les étudiants, pour les scolaires comme pour les demandeurs d’emploi pour faciliter leurs démarches…
-    Dimension économique : d’un côté, choisir de valoriser tel type de formation technique ou professionnelle pour tel secteur d’activité bien représenté dans la région, établir de bonnes relations entre lycées et entreprises pour multiplier les offres de stage ; de l’autre, favoriser par un réseau ferroviaire régional performant les relations entre entreprises, transporter commodément les actifs qui, moins fatigués, sont plus performants au travail…
-    Dimension environnementale : d’un côté, construire ou aménager des lycées plus économes en énergie, voire à énergie positive [des lycées produisant plus d’énergie qu’ils en consomment par exemple grâce à des capteurs photovoltaïques] ; de l’autre, promouvoir le transport ferroviaire pour diminuer un trafic routier plus polluant….
Gérard-François Dumont, pour plus de clarté dans son propos, aborde successivement ces deux compétences des régions. Il démontre que, si les lycées sont d’abord connotés socialement et les TER en premier lieu porteurs d’une dynamique économique, dans ces deux cas, les trois piliers de développement durable sont fortement présents.

Quelques références complémentaires
** La compréhension de la régionalisation et de la place des régions dans l’organisation territoriale de la France : Dumont, Gérard-François, Les régions et la régionalisation en France, Paris, Éditions Ellipses.
** La compréhension du développement durable : Wackermann, Gabriel (direction), Le développement durable, Paris, Éditions Ellipses.
** Les compétences actuelles des régions françaises actuelles :le site de vie publique (daté de 2010).
** L’ARF (Association des régions de France) et le développement durable : des articles autour du rôle des régions dans la transition énergétiques, l’économie circulaire,etc….
** TER et développement durable : l’éco-mobilité (site SNCF).

Quelques articles de la revue Population & Avenir
** « France : les régions face à l’économie de la connaissance », Population & Avenir, n° 696, janvier-février 2010.
** « Ville et développement durable : un cas exceptionnel », Population & Avenir, n° 712, mars-avril 2013.
** « Ville et développement durable », exercice pédagogique (classe de seconde), Population & Avenir, n° 716, janvier-février 2014.
« Régions françaises : petit dictionnaire des idées reçues », Population & Avenir, n° 718, mai-juin 2014.

Des dossiers pédagogiques de Canopé (ex-CRDP d’Amiens)
Les hommes dans le développement durable
http://crdp.ac-amiens.fr/hdd/
http://boutique.crdp-amiens.com/second-degre/113-afrique-developpement-mondialisation.html

Des lycées face à l’enjeu énergétique : la série « Etablissements en action » du PNCR EDD
** Le Lycée Léonard de Vinci de Soissons (Aisne, région Picardie), à travers la filière STI2D, avec la mise en place d’une seconde expérimentale autour des énergies, et d’autres actions au sein d’autres filières (ingénieur…), sensibilise les élèves au développement durable et à l’enjeu énergétique. Dans ce cadre, il fait vivre un projet européen (avec élèves français, anglais, allemands) « éco-car » autour de la conception d’une voiture hyper-économe en énergie avec bioéthanol…
** Le lycée J. Monnet d'Annemasse (Haute-Savoie, région Rhône-Alpes) développe, au sein de la filière STI2D (Sciences et technologies de l'industrie et du développement durable), une option « Energie et environnement » : lutte contre le gaspillage, éco-consommation, investissement dans les énergies renouvelables (photovoltaïque, énergie thermique, sources d’énergies récupérées et réutilisées, ampoules, base consommation …) dans tous les secteurs du lycée, y compris son service de restauration scolaire…

Dumont-1-39-300Gérard-François Dumont [biographie en ligne], Professeur de géographie et démographie à l’Université de Paris IV Sorbonne et Président de la revue Population & Avenir[1], explique pendant presque 25 minutes, réparties sur 3 vidéos, les données et enjeux actuels de la politique démographique chinoise en termes socio-économiques et géopolitiques...

Cette interview a été réalisée en juillet 2013.
Gérard-François Dumont sur la Grande Muraille de Chine à Mutianya (photo Laurent Hou)

 

 

 

GF Dumont
     1 – Gérard-François Dumont commence par rappeler que, depuis plus de vingt siècles, la population de la Chine a toujours représenté aux environs d’un cinquième de la population dans le monde. Depuis sa mise en place à la fin des années 1970 dans l’objectif de contrôler strictement l’évolution démographique, la politique dite de l’enfant unique est supervisée par une importante Administration qui sanctionne tout dépassement. Toutefois, des dérogations existent pour les minorités ethniques (moins de 10% des Chinois) et la population rurale, notamment lorsqu’un couple rural a pour premier enfant une fille.

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 2 -   La politique démographique coercitive engendre un déficit de filles (120 garçons pour 100 filles en Chine à la naissance alors que la norme biologique générale est pour 105 garçons pour 100 filles) qui se chiffre en millions car les femmes recourent fréquemment à l’avortement lorsque l’échographie prédit une fille ou les familles organisent des infanticides de bébés féminins à la naissance. Cette politique de l’enfant unique engendre aussi une forte intensité du vieillissement de la population (une Chine vieille avant d’être riche ?), et probablement sa diminution à compter des années 2030. De même, la population active, qui, longtemps nombreuse, a représenté l’atout majeur de la croissance économique de la Chine, va baisser. 

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3 -  En terme de géopolitique (interne/externe), d’une part, cette politique de l’enfant unique entraîne au sein de la population chinoise des révoltes locales (souvent masquées par les médias contrôlés par le pouvoir) par exemple lorsque l’administration accepte des naissances moyennant rétribution, mais encore faut-il en avoir les moyens… Les pauvres le vivent comme une flagrante injustice. D’autre part, les minorités, que le pouvoir a dû exempter de cette obligation, voient leur poids démographique relatif augmenter, au détriment des Hans majoritaires (90% de la population chinoise). En outre, comme les femmes à marier manquent, on va les chercher chez les pays voisins, et au sein de ces derniers d’abord chez ceux pauvres qui acceptent de se faire payer et de vendre leurs filles. Au Viêt Nam par exemple, cette pratique est peu apprécié par les autorités, ce qui envenime les rapports entre ce pays et son voisin chinois. Et comme les garçons (frustrés) sont en surnombre, le pouvoir les motive en les envoyant par exemple en Afrique participer à la politique d’investissement de leur pays.

La baisse démographique prévisible de la Chine pourrait signifier la perte de son rang de pays le plus peuplé à l’avantage de l’Inde dès les années 2030. L’Inde serait davantage encore en situation d’exiger une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
Un des effets de cette politique de l’enfant unique serait de mettre en cause l’idée souvent répandue selon laquelle le XXIe siècle serait « le siècle de la Chine » censée pouvoir dominer le monde. 

Complements

La Chine est  l'objet d'études dans une perspective de développement durable......

au collège

        en lycée professionnel ... en lycée général (dont 2nde G. & T.) [voir aussi ici]
  • En 2nde générale et technologique, en géographie : Villes et développement durable (sitographie Educasources où l'on retrouve le développement urbain inégal en Chine). Shangaï fait partie des études des cas mentionnée spar l'IGEN dans sa fiche sur Eduscol.
  • En terminale S à compter de 2014-2015 : « Japon-Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales » dans l'item Dynamiques géographiques de grandes aires continentales (Géographie : BO en ligne [fin]).
  • En terminales ES/L : "Une ville mondiale (étude de cas)" dans l'item Les dynamiques de la mondialisation (les territoires de la mondialisation) [fiche IGEN depuis Eduscol].
en lycée technologique
  • Construire selon les normes anti-sismiques en Chine dans le cadre de la série STI2D.
  • Histoire-géographie en 1ère STI2D, STD2A et STL rénovée : "Shangaï métropole : son littoral, son architecture  durable" (située aussi dans le cadre de l'histoitr des arts).
 Des outils ...

dubresson pds 135-240

 Alain Dubresson est Professeur de Géographie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il est un des grands spécialistes français de l'Afrique. Dans cette interview, il répond à la question: des villes durables sont elles possibles en Afrique?

 



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