L’établissement en démarche de développement durable une construction collective
Partie 1 - 1.4 - page 93

En 2005, conscients de cette lacune et de l’effet de levier d’une réflexion au sein des établissements scolaires sur la diffusion d’une culture de mobilité durable, l’ADEME et la Région Picardie ont impulsé une politique d’incitation et de soutien auprès d’établissements scolaires de la région qui souhaitaient mettre en place un Plan de Déplacements de Jeunes (PDJ) et ont accompagné à titre expérimental des démarches jusqu’en 2008/2009. (…) L’ADEME et la Région Picardie définissent le Plan de Déplacements des Jeunes comme une démarche de connaissances et d’actions qui encourage les enfants et les parents à l’écomobilité (marche, co-voiturage, vélo…) pour réduire l’usage de la voiture individuelle. Lorsque cette démarche s’inscrit dans un processus de réflexion globale et structurée, à l’échelle d’un ou de plusieurs établissement(s) scolaire(s), on parle alors de Plan de Déplacements Établissement Scolaire (PDES). Pour les collégiens ou lycéens, on parle également de Plan de Déplacements des Jeunes (PDJ), d’Agenda 21 scolaire avec des actions en faveur de la marche et du vélo.

Comme toute démarche de projet, un PDES commence d’abord par l’établissement d’un diagnostic qui permet de connaître précisément les pratiques, d’identifier les marges de manœuvre et d’établir un plan d’actions. Participative, la démarche est partenariale et mobilise l’ensemble des acteurs de la mobilité scolaire (enfants, parents d’élèves, établissement scolaire et partenaires extérieurs) pour construire un plan d’actions et l’inscrire dans le long terme.

Pour aider les collectivités locales à initier des PDJ, le conseil régional de Picardie etl’ADEME ont formé un réseau d’acteurs associatifs répartis sur tout le territoire régional. Ce réseau d’acteurs associatifs a lui-même été formé par des cabinets (…) aux questions de mobilité et à la méthodologie du PDJ. Il est constitué d’associations picardes d’éducation à l’environnement et à la citoyenneté qui assument le rôle de pilote de PDJ dans une perspective de « faire faire » par les établissements volontaires.

(…) Après quatre années d’expérimentation, un premier bilan a été réalisé afin d’évaluer la contribution de ces démarches au changement de mentalités et de comportements. Le bilan était très positif : près de 75 % des jeunes avaient été sensibilisés (soit 13 000 jeunes) et près de 11 % avaient déjà intégré une mobilité plus douce dans leur quotidien (marche, vélo, bus, etc.). Avant de relancer cette dynamique, dans le cadre d’une collaboration au sein de l’Observatoire Régional des Transports de Picardie (ORT), la DREAL, la Région et l’ADEME en partenariat avec le Rectorat ont confié en 2011 une mission d’évaluation des Plans de Déplacements de Jeunes en Picardie au Centre d'Études Techniques de l'Équipement Nord-Picardie. Les premières conclusions ont montré que ces PDJ portés par les associations n’avaient eu qu’un impact ponctuel s’ils ne s’inscrivaient pas dans la culture de l'établissement ou si la collectivité locale ne s’impliquait pas.

D’après Géraldine Bodard, Sylvie Mathon « Évaluation des Plans de Déplacements de Jeunes en Picardie (PDJ), CETE Nord-Picardie mai 2012
Disponible sûr : http://www.picardie.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_-_Evaluation_2011_des_PDJ.pdf