L’établissement en démarche de développement durable une construction collective
Partie 1 - 1.3 - page 84

Geneviève Tourtet

Principal du Collège Marc Sangnier, Seyssins (Isère)

Faire réfléchir ensemble (et même travailler) des enseignants avec les agents et avec les personnels de la vie scolaire me semblait un vecteur facilitateur pour créer un peu plus de liens. Un agent ne doit pas être considéré par l’enseignant uniquement comme celui qui vide la poubelle de sa salle de classe ou qui fait le ménage. J’ai donc proposé avec la gestionnaire une réunion commune et ensuite une journée (ou demi-journée) de formation pour tous les volontaires. Il m’a fallu d’une part trouver une plage horaire compatible avec la présence des agents à un moment où ils pouvaient ne pas effectuer leur service et d’autre part libérer les enseignants de leurs cours donc faire les modifications nécessaires à l’emploi du temps sur ce moment de la journée. Puis il a fallu voir avec la vie scolaire lorsque ça engendrait des heures de permanence pour certaines classes. Nous avons pu former un groupe d’une quinzaine de personnes dont les agents et 7 ou 8 enseignants. Tous les agents se sont sentis concernés y compris le chef de cuisine et l’ouvrier de maintenance.

Au collège Marc Sangnier, il a fallu trois années complètes pour que le principe soit accepté de tous.
Nous avons commencé par le tri du papier en classe, les agents ont été sollicités pour mettre un carton spécial dans chaque salle. Estimant que c’était peu, j’ai demandé à ce que ce soit plus important en gérant les déchets à la cantine. La mise en place d’un compost s’est faite avec l’aide du Conseil Général, de la Métro et de la Municipalité. Nous avons organisé (avec l’aide du Conseil Général) la visite du collège de Monestier de Clermont qui était très à la pointe sur ce sujet. J’ai appelé mon collègue et nous avons visité (avec quelques agents et quelques enseignants) l’organisation du tri et du compost. Devant la réussite de leur projet et la bonne gestion faite par les classes de 6° et leurs enseignants de SVT, j’ai cherché à mettre en place le même type d’organisation ici. J’ai donc sollicité individuellement les deux professeurs de SVT pour qu’ils trouvent comment faire avec leurs groupes de 6°. De ce jour tout s’est mis en place et a bien fonctionné. L’année d’avant rien ne se faisait correctement : les bacs n’étaient pas bien installés et les élèves volontaires du club développement durable n’avaient pas la possibilité d’imposer leur façon de faire. Ils n’étaient pas suffisamment encadrés. L’enseignant responsable en a un peu pris ombrage mais je l’ai guidé sur un autre projet touchant le développement durable et tout le monde a pu cohabiter sans souci.
Son projet a mis en scène toutes les classes de 5° sur une journée complète il y a 3 ans, puis sur une demi-journée il y a 2 ans ainsi que pour les classes de 4°. L’an dernier il y a eu une ½ journée pour les classes de 4° en juin (un peu trop tard). Pour organiser ces journées, la première année, les élèves sont venus me demander l’autorisation de la mettre en place. Puis il a fallu que je libère les cours, les enseignants et que je trouve les enseignants qui allaient encadrer les groupes. Tout le travail de logistique que les enseignants ont du mal à réaliser. J’ai laissé faire en partie l’enseignant responsable qui voulait se charger de toute la logistique. Devant les « ratés », j’ai repris les rênes pour les années suivantes. Avec plus d’habitude tout s’est bien passé et je n’ai froissé aucune susceptibilité (enfin je l’espère).

Pendant trois ans nous avions droit à une aide partagée du Conseil Général et du Rectorat. La première année j’ai libéré deux journées complètes les agents et les enseignants qui le souhaitaient en fermant même la cantine pour que tous puissent y participer (contre l’avis oral du Conseil Général) : il faut mettre les moyens nécessaires pour arriver à un objectif correct. Ces journées étaient coanimées par le Rectorat et le Conseil Général. Les deux premières journées se sont très bien déroulées : les agents et les enseignants ont bien collaboré et ont préparé la journée « banalisée » des 5°. La deuxième année, seuls les agents volontaires ont participé et la cantine n’a été fermée que sur le premier jour. Le travail s’est poursuivi pour préparer les demi-journées en 5° et 4°, l’ambiance s’est dégradée lors de la deuxième journée : la cantine n’a pas été fermée et les agents n’ont pas trouvé leur place dans cette journée « trop intellectuelle » à leur goût et peu intéressante au goût des enseignants (suite à un « flottement » au niveau des intervenants). Il a donc été décidé de ne pas refaire de journée de formation avec les institutions mais de les faire "entre nous" à la demande. Cette troisième année a bien débuté : j’ai fait venir Madame Francine Pellaud de Suisse qui a présenté une conférence sur ses recherches à propos d’éducation au développement durable. Elle a permis de remettre du lien dans l’équipe qui a ensuite demandé à se réunir un après-midi. J’ai donc libéré les deux dernières heures pour tous les volontaires. Je n’ai pas assisté aux journées de préparation et de réflexions des enseignants pour deux raisons principales : il est très difficile de se libérer sur des journées entières et de rester dans l’établissement et d’autre part je ne voulais pas avoir l’air de surveiller ce qui se disait. Je n’ai rejoint le groupe qu’à deux reprises, une fois pour l’ouverture des travaux et une autre fois lors d’une fin de journée pour la présentation des décisions prises pour validation.