L’établissement en démarche de développement durable une construction collective
Partie 1 - 1.3 - pages 72-73

Anic CHEVALIER

professeur histoire-géographie

Lycée J. Prévost Villard de Lans (38 250)

Projet et cours se complètent, se nourrissent
L’introduction du cours permet de définir les notions clé et d’élaborer un premier questionnement. Elle est nécessaire au démarrage du projet.
Le travail en parallèle du cours et du projet assure une motivation importante chez les élèves.
La phase 2 du projet, permet d’ancrer la réflexion dans le local et d’interpeller l’élève en tant qu’acteur, « consom’acteur ». Il comprend que consommer, c’est faire des choix (circuit court, AMAP, produit biologique, production locale, recherche du produit le moins cher…) Chaque choix a des conséquences sur l’économie locale, nationale et internationale.


Le cours est là pour apporter une information plus large et susciter une réflexion plus globale.
Chaque élève va à un moment du cours trouver une information qui lui permettra d’approfondir son thème de projet.
La production d’un diaporama présente plusieurs avantages :

  • elle oblige l’élève à comprendre l’essentiel du problème et à l’exprimer de manière courte et percutante : choix des mots et du support visuel
  • C’est un outil de communication efficace que la classe utilisera à l’occasion de différentes conférences et de la journée de développement durable réalisée début juin à la cité scolaire…

Le projet donne une dimension plus large à la réflexion, à la compréhension des problématiques de développement durable : il permet une implication de l’élève qui dépasse le scolaire
L’implication de l’élève est d’autant plus importante que le projet est ambitieux.
Le partenariat entre le lycée et l’association Monde pluriel a favorisé un engagement de la part de quelques élèves et un soutien unanime de la part de la Seconde.
La participation de la classe à la conférence inter-académique d’Autrans, organisée par Monde pluriel en partenariat avec les rectorats de Grenoble, Nancy, Créteil, Nice, Guyane a nécessité l’élection de représentants.
4 élèves se sont présentés. À l’occasion, d’une conférence locale, regroupant la classe de seconde et une classe de cinquième ayant réfléchi sur quelques aspects de la question, chaque candidat a essayé de se faire élire en abordant oralement un aspect des problématiques travaillées par la classe, faisant preuve d’une capacité incroyable à synthétiser les questions et à les exprimer oralement. Ils ont assuré, sans la présence des enseignants référents une présentation de leur travail pendant une journée complète devant une dizaine de classes de collège. Les collègues de collèges qui les avaient eu comme élèves ont été admiratifs de l’aisance à l’oral et des progrès réalisés.
Les 2 élus ont ensuite porté la parole de la classe à Autrans, puis l’un d’eux s’est rendu à Bruxelles pour représenter les projets français au niveau européen. Entre-temps la classe a dû réfléchir à une série de responsabilités-actions sur le thème du projet.
À chaque étape, chaque conférence, les délégués ont pris le temps d’expliquer ce qu’ils avaient fait, vu, et ont montré des photos. La classe s’est ainsi collectivement sentie impliquée dans les différentes actions.  Tous les élèves ont pris conscience que la réussite collective est le fruit du travail de chacun et que la représentativité permet de donner plus de poids au travail réalisé.
Il faut indiquer que ces deux élèves sont passés de justesse en première, ils n’ont pas réussi à transférer leur savoir-faire à d’autres disciplines. Peu scolaires, ils se sont lancés à corps perdu dans le projet, oubliant de temps en temps, qu’ils avaient d’autres leçons à apprendre…
Au final, ce travail fastidieux à 32 élèves a été mené à son terme, en ancrant comme l’ont fait remarquer plusieurs élèves, les notions vues en classe dans la réalité de leur quotidien, de leur milieu de vie.

Pourquoi utiliser une partie de l’ECJS pour travailler en projet ?

Trois raisons :
1 - Les objectifs de la démarche de projet et ceux définis par le B.O. spécial ECJS N° 9 du 30 sept 2010 coïncident parfaitement :

  • Participer à la formation citoyenne
  • Permettre à l’élève de s’approprier des valeurs et principes de la République, des savoirs et des pratiques. Il s’agit d’aider les élèves à devenir citoyen, exercer leur raison critique au sein de leur démocratie.

« La phase 2 du projet, permet d’ancrer la réflexion dans le local et d’interpeller l’élève en tant qu’acteur, consom’acteur. Il comprend que consommer, c’est faire des choix (circuit court, AMAP… bio, local…) ou subir (prendre le moins cher). Chaque choix a des conséquences sur l’économie locale, nationale et internationale. »

2 - La démarche
Les étapes du projet correspondent à la mise en œuvre proposée par le B.O. :

  • La Question de l’information : recherche, mise à distance critique, hiérarchisation des données…
  • Les enjeux démocratiques (cf. objectifs)
  • Le travail individuel et collectif (chaque élève réalise une vignette ppt qui prend du sens associée avec celles des membres du groupe)
  • Utilisation des TICE et internet (4 séances)
  • Restitution : diaporama, conférence locale devant des classes de collège, échanges avec des établissements étrangers, conférence en présence d’élus lors de la journée du développement durable.

3 - Les thématiques
Si le thème de la justice n’a pas été travaillé en tant que tel, plusieurs sous-thèmes ont été abordés très concrètement :

  • « Droit et vie en société »

Dans sa mise en œuvre, le B.O. propose d’examiner avec les élèves les droits et devoirs des lycéens dans la communauté. Ce projet a été le point de départ d’une enquête sur les comportements des élèves de la cité scolaire au self et en particulier, la question du gaspillage alimentaire et du développement durable. Trois jeunes ont animé un atelier avec le responsable de la restauration lors de la journée de juin.

  • « Le citoyen et la loi »

La classe de seconde a vécu, à travers ce projet l’exercice de la représentation politique par l’envoi de deux délégués lors d’une conférence nationale et d’un délégué à Bruxelles. La parole de la classe, puis des délégués français, a été portée au niveau européen.
Les élèves de la classe ont ensuite invité les élus du plateau du Vercors et la députer de la circonscription. Ils ont transmis les conclusions de leurs études, les engagements pris à Autrans puis à Bruxelles. Par ailleurs, les jeunes « représentants », ont été entendus au Parlement européen.
L’élève qui a fait la synthèse de son séjour a déduit qu’ensemble il est toujours possible de faire avancer les choses.