On ne peut plus traiter séparément les questions de l'eau, de l'alimentation et de l'énergie. Il faut, au contraire trouver un équilibre raisonné entre les besoins de ces trois secteurs en tablant sur des synergies et en trouvant des moyens de réduire les gaspillages (partager et réutiliser l'eau plutôt que d'en faire un objet de compétition).

Selon l'ONU l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'énergie doit figurer en bonne place dans le programme de développement post 2015. En effet on ne peut éradiquer l'extrême pauvreté ni progresser sur la voie du développement durable sans un accès universel à l'eau potable, à l'assainissement et à l'énergie. Dans quinze ans (d'ici 2 030), nous aurons besoin de 35 % de nourriture en plus, de 40 % d'eau en plus et de 50 % d'énergie en plus. Pour cela, il nous faut des stratégies innovantes.

 On trouvera ici quelques pistes sur les liens entre énergie, eau et alimentation. Tout dabord, l'eau peut être source d'énergie. Voir par exemple ce dossier du CNRS. On pense bien sûr aux moulins à eau, aux barrages hydroélectriques, mais aussi à l'eau des aquifères profonds qui est donc assez chaude (moins de 150 degrès Celsius) pour alimenter des systèmes de chauffage des habitations ou pour faire tourner les turbines d'une centrale thermique si la température est suffisante (aquifères des régions volcaniques). L'eau est également indispensable à la production de l'énergie. Les Etats Unis, par exemple, consomment 1,5 milliard m3 d'eau par jour. Plus de 80 % de ce volume est de l'eau potable. Presque la moitié (49 %) est consommée par le secteur de l'énergie. Voir l'étude.

D'autre part, l'énergie solaire est indispensable pour faire fonctionner l'irrigation par pompage à petite échelle. L'intensité maximale du rayonnement solaire correspond le plus souvent à la période où l'on a le plus besoin d'eau pour la croissance des plantes. Et cette énergie est disponible juste au point d'utilisation, l'agriculteur est donc libéré des problèmes d'approvisionnement en carburant ou de la nécessité d'être à proximité des lignes électriques.

 L'agriculture peut en retour être une source d'énergies renouvelables. La production de cultures pour alimenter cette source doit être menée de façon à faciliter la croissance rurale et à fournir des emplois aux petits paysans mais en minimisant l'impact éventuel sur l'environnement. Il faut savoir que les « biocarburants » (qui n'ont rien de bio) de première génération demandent 239 m3 d'eau/MWh contre 4 pour le pétrole, 2,5 pour le nucléaire, 2 pour le charbon, 1 pour le gaz et 0,001 pour le solaire ou l'éolien. A titre de comparaison, on peut rappeler qu'il faut 1 500 litres d'eau pour produire un kilo de céréales et 15 000 litres d'eau pour produire un kg de viande de bœuf (la dépense en énergie pour produire de la viande est également beaucoup plus importante).

 On consultera également avec profit le rapport de synthèse de la FAO  sur « L'état des ressources en terres et en eau pour l'alimentation et l'agriculture dans le monde » (un fichier pdf de 52 pages en français).

 

 

 

Les dernières actualités