A l'occasion de l'adoption à Yokohama (Japon) du volume 2 du cinquième rapport du GIEC le 31/03/2014, nous vous proposons une présentation de quelques points saillants de ce texte que vous trouverez ici.

Sylvie Joussaume (climatologue, directrice de recherches au CNRS) précise ce qu'il faut comprendre par le sous titre de ce rapport (« Les impacts, les vulnérabilités, l'adaptation »). Pour les impacts, il s'agit des effets du changement climatique sur les milieux, sur les sociétés. Avec les vulnérabilités, l'objectif est de comprendre jusqu'à quel point ces milieux et sociétés sont affectés, vulnérables, sensibles... Et l'adaptation doit permettre de réfléchir aux mécanismes d'ajustement pour limiter les effets du changement climatique ou, éventuellement, pour saisir les opportunités bénéfiques liées à ce changement. Annamaria Lammel (Maître de conférence à l'Université Paris 8) souligne que l'être humain est cause de ce changement, mais aussi qu'il va y être confronté. Il faut donc une réflexion sur les moyens de s'adapter à ce changement, à toutes les échelles. Elle insiste sur le besoin de réflexion commune de l'humanité. Jean-François Soussana (Directeur scientifique de la structure environnement – collège de direction de l'INRA) insiste sur les éclairages nouveaux que l'on obtient sur les phénomènes observés et l'attribution au changement climatique de ces phénomènes. Par exemple, pour l'agriculture, il évoque la détection des impacts du changement climatique et l'effet sur les rendements. Pour lui, c'est dans ce contexte qu'il faut poser la question de la sécurité alimentaire mondiale. Dans l'hypothèse (pessimiste) d'un réchauffement de 4° C d'ici la fin du siècle, l'insécurité alimentaire mondiale augmenterait considérablement avec une multiplication du nombre de personnes en situation de sous-alimentation chronique (et sans doute, pouvons-nous ajouter avec des conséquences sur les flux migratoires, les conflits pour l'eau et les ressources...). Il y a beaucoup d'efforts de recherches qui sont faits actuellement pour trouver des variétés qui résistent à la sécheresse, qui soient tolérantes aux vagues de chaleurs... Mais c'est difficile et il n'y a pas lieu actuellement d'être optimiste. Virginie Duvat (Professeur de géographie à l'Université de la Rochelle – laboratoire LIENSs, CNRS) quant à elle se penche sur les impacts sur les petites îles. La vitesse d'élévation du niveau de la mer est très variable selon les archipels. Les valeurs passent du simple au quadruple. Donc, l'amplification du risque de submersion est bien réelle, mais elle est variable. La fréquence et la gravité des submersions devraient augmenter dans le futur. L'adaptation dans les petites îles va d'abord passer par une politique de réduction des risques côtiers (en réduisant les risques actuels, on réduit les risques futurs). Il faut y associer des politiques de préservation de l'environnement.

Pour Jean Jouzel (Paléo-climatologue) le principal message est que si on reste sur les trajectoires d'émissions sur lesquelles nous sommes actuellement, les conséquences seront telles que l'on ne pourra pas s'y adapter. Avec une augmentation de 4° C les difficultés d'adaptation seront pratiquement insurmontables. Avec un réchauffement limité à 2° C, les possibilités d'adaptation sont plus importantes.

Pour en savoir plus, voir le site de l'ONERC (Observatoire National des Effets du Changement Climatique) du ministère du développement durable.

 

 

 

Les dernières actualités